Algérie, chronique économique et sociale
Mise à jour : 3 janvier 2008
©Pascal Holenweg, Genève, 2008
Chronique économique et sociale 1995-2000
Chronique économique 2001 ad libitum
Chronique sociale
Le Code de la Famille
Chronique culturelle
La loi sur l'arabisation
Chronique de l'environnement
La catastrophe de novembre 2001
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En juin 1997, lorsqu'il avait passé en revue l'état de l'économie algérienne, le FMI était plutôt élogieux sur la gestion du président Zéroual. Rétablissement des équilibres macro-économiques, inflation ramenée à un seul chiffre, position externe singulièrement renforcée et, après plusieurs années de baisse de la production, retour de la croissance, exprimée en termes réels... que demander de plus ? Ah, si ! La "sécurité et la stabilité politique" auxquelles sont consacrées deux lignes sur les deux pages d'attendus. Avec la mise en avant de cette "précondition essentielle". Pour que les Algériens réapprennent à vivre en paix ? Non, pour favoriser les "investissements étrangers et les transferts de technologie nécessaires au développement du secteur privé"...
(Le Monde, 13 janvier 1998)
2002
(Liberté 6.1) L'inflation s'est établie en 2001 en Algérie entre 3 et 4 %, ce que le ministre des Finances, Mourad Medelci, explique par l'augmentation des salaires et des pensions, sans augmentation correspondante de la productivité.
Le ministre des Finances a également indiqué que les réserves de change de l'Algérie s'élevaient à la fin de l'année à 17,8 milliards de dollars, et le volume de la dette extérieure à 22,5 milliards de dollars.
(El Khabar 7.1) Le ministre de l'Energie et des mines, et PDG en exercice de Sonatrach, Chakib Khelil, a déclaré à "El Khabar" que Sonatrach ne sera pas privatisée.
(Nouvelle République 7.1 / Le Monde 10.1) Quelques jours après son avènement en Europe, l'Euro se retrouvait déjà dans le circuit de l'économie parallèle algérienne, note "La Nouvelle République". A son introduction sur le marché "indépendant" (c'est-à-dire non officiel, si ce n'est illégal) des changes en Algérie, l'Euro valait 85 dinars, contre 72,25 dinars dans le circuit officiel. Ce marché parallèle a été depuis l'indpépendance largement dominé par le franc français, compte tenu des échanges (humains et économiques) constants et massifs entre l'Algérie et la France (le volume des échanges de l'Algérie avec la France s'élève à 6,4 milliards d'euros, et le quart des importations algériennes vient de France). Logiquement, le marché "parallèle" (comme le marché légal) des devises devrait donc être désormais dominé par l'Euro, , la diaspora algérienne en Europe usant largement des canaux parallèles (ce qui peut se mesurer par la modicité des transactions offiiellement comptabilisées : alors qu'en 2000, plus de 700'000 Algériens de l'étranger sont venus en visite au pays, et que 250'000 ressortissants étrangers se sont rendus en Algérie, seuls 100 millions de dollars ont été drainés par les circuits officiels, soit un peu plus d'une centaine dollars par personne et par année... Parallèlement, plus de deux millions d'Algériens ont voyagé hors d'Algérie). En moyenne annuelle, les douanes algériennes comptabilisent un peu plus de 250 millions de dollars d'importation sur des comptes en devise (lesquels ont tous été convertis, s'ils étaient en monnaies de la zone euro, en Euros), soit beaucoup moins que le volume réel de la demande de devises. L'Algérie compterait plus d'un million de comptes bancaires en devises (francs français ou dollars, désormais euros), mais le marché parallèle de la devise "pèserait" plus de deux milliards de dollars. De plus, les "bas de laine" algériens (les économies personnelles et familiales thésaurisées) sont généralement constitués en francs français, et devront donc être changés en euros avant le 17 février. Beaucoup de gens se débarrassent actuellement de leurs francs français en Algérie (comme en France), souvent en achetant ou en faisant acheter des biens en France, ce qui favorise la reprise du commerce franco-algérien (l'Ambassade de France estime à 30 % l'accroissement de ce commerce en 2001 par rapport à 2000).
(La Tribune 14.1) Les recettes pétrolières de l'Algérie pour 2001 sont estimées à près de 18,5 milliards de dollars, soit près de 3 milliards de moins qu'en 2000, selon une source officielle évoquée par l'agence d'information privée AAI. Cette diminution est due à celle des cours du brut. Lors du troisième trimestre 2001, ceux-ci ont oscillé entre 16 et 22 $/baril, contre 25 à 28 les deux premiers trimestres.
(Quotidien d'Oran 16.1 / El Watan 17.1) L'ancien wali (préfet) d'Oran, puis d'Annaba, Bachir Frik, a été inculpé de fausse déclaration sur le patrimoine et écroué le 15 janvier, sous l'accusation de détournements de biens fonciers (au moins une villa, un terrain, quatre locaux commerciaux, un appartement), dont plusieurs acquis au nom de membres de sa famille. Une soixantaine de personnes ont été interpellées dans le cadre de ces affaires, révélées au début 2001 par la presse oranaise. Ce serait, selon "El Watan", la première fois qu'un "haut responsable de l'Etat est déféré devant la justice pour avoir menti sur la valeur du patrimoine", alors que "Bachir Frik n'est ni le premier responsable de l'Etat ni le seul à avoir fait une fausse déclaration sur son patrimoine". "El Watan", sous la signature de Samima Tlemçani, évoque les cas des anciens walis de Tipaza, de Relizane et de Taref et appelle la Cour Suprême, qui a "ouvert une brèche" avec le dossier de Frik, à vérifier "l'authenticité de l'ensemble des déclarations du patrimoine des nombreux autres hauts fonctionnaires de l'Etat, des ex-ministres, des ex-chefs de gouvernement, qui ont acquis des richesses colossales sur le dos des contribuables".
A Ouargla, c'est l'ancien Maire de Hassi Messaoud, Tidjani Koul, qui a été condamné en appel à 18 mois de prison pour dilapidation de deniers publics (il avait été condamné à trois ans en première instance).
(El Khabar 17.1) Le directeur de l'agence de Barika de la Banque d'Algérie a été inculpé et écroué, avec six de ses complices présumés, sous l'accusation de détournement et de gaspillage de 5,6 millions de dinars, sous forme de crédits accordés sans dossier ni garantie à des commerçants et des entrepreneurs privés.
(AAI 22.1) L'année 2001 n'a pas connu de "perturbations significatives des équilibres macro-financiers" de l'Algérie, selon la note de conjoncture du ministère de l'Economie, portant sur le 3ème trimestre de l'annle. La note relève cependant que la croissance du PIB (3,8 %) est insuffisante pour faire face aux besoins en matière d'emploi.
(Jeune Indépendant 23.1 / www.algeria-interface.com / Liberté, Le Matin 27.1) Le premier "round" des négociations sur l'adhésion de l'Algérie à l'organisation mondiale du commerce (OMC) est prévu les 7 et 8 février à Genève. Il ouvrira un cycle de négociations durant 2 ans. L'Algérie doit négocier avec les 43 membres du groupe de travail (sur 143 membres de l'OMC), et devra vraisemblablement fournir des garanties sans réciprocité pour entrer dans l'organisation. Le ministre algérien du Commerce, Hamid Temmar, a averti les députés membres des commissions économiques de l'Assemblée nationale algérienne que l'Algérie devra "faire des concessions pour adhérer à l'OMC" et que la question était de savoir "comment adhérer à l'OMC sans laisser beaucoup de plumes". Le Secrétaire général de l'UGTA, Abdelmadjid Sidi Saïd, a quant à lui déclaré, lors d'une rencontre avec le ministre du Commerce sur le thème de l'adhésion à l'OMC, que le principal syndicat algérien était favorable à cette adhésion à la condition d'être associé aux négociations.
Par ailleurs, "Algeria-Interface" annonce que, selon des "sources proches de la délégation de la commission européenne à Alger", l'idée d'un "accord intermédiaire" entre l'Algérie et l'Union européenne aurait été évoquée lors des négociations entre l'UE et l'Algérie sur l'accord d'association de l'Algérie à l'UE. Cet accord intermédiaire entrerait en vigueur sans attendre la ratification de l'accord d'association, et entraînerait un démantèlement des barrières douanières entre l'Algérie et l'Europe. Selon le Secrétaire général de l'UGTA, le démantèlement tarifaire exigé par l'UE et l'OMC pourrait propvoquer la perte d'un demi-million d'emploi "si aucune mesure de rattrapage des anomalies du tarif douanier n'est mise en oeuvre rapidement", compte tenu de la faiblesse des entreprises algériennes, surtout des PME, face à la concurrence extérieure, notamment européenne. Les patrons demandeux, eux, que les pouvoirs publics les mettent dans les mêmes conditions d'environnement économique et juridique que leurs concurrents étrangers.
(Tribune, El Khabar 31.1) Une Chambre de commerce américaine en Algérie a été créée. Elle servira de canal de communication entre les opérateurs économiques algériens et américains. Selon l'ambassadrice américaine en Algérie, Janet A. Sanderson, intervenant lors de la cérémonie d'inauguration de la Chambre le 30 janvier, l'Algérie est un marché "irrésistible" et le pays "laisse derrière lui un long cauchemar national en créant en environnement sécurisant, stable et ouvert pour tous, en libérant son économie des entraves du passé". L'investissement direct américain en Algérie se situe autour de 4 milliards de dollars, et la représentante américaine espère que ce chiffre doublera en cinq ans (les exportations américaines vers l'Algérie ayant quant à elles augmenté de 150 % entre 2000 et 2001). La présence américaine en Algérie reste cependant essentiellement concentrée dans le secteur des hydrocarbures, et l'ambassadrice n'a pas manqué d'appeler les Algériens à "réformer le système bancaire, améliorer les télécommunications, avoir un système de taxation conststant et transparent" pour éviter de décourager les investisseurs. Et de voir dans l'accord d'association avec l'UE et les négociations pour l'adhésion à l'OMC le signe d'"un engagement important du gouvernement algérien pour la libéralisation économique" et une restructuration "complète" de l'économie algérienne.
(Al Oufok 2.2 / L'Humanité) 500'000 emplois sont menacés en Algérie du fait de l'accord d'association avec l'Union Européenne et de l'adhésion à l'OMC, estiment de concert l'UGTA et le patronat algérien. Dès la signature de l'accord, l'Algérie a décidé d'abaisser ses tarifs douaniers pour 24 % des produits industriels importés d'Europe, proportion passant à 40 % dans les sept ans, et à 100 % en douze ans. La fédération patronale des industries plastiques évalue pour son seul secteur les pertes d'emplois à 100'000. Les secteurs de l'agroalimentaire, de la pétrochimie, des cuirs et peaux et du textile sont également menacés.
En matière de privatisations, "l'Argentine est un exemple (...) dont l'Algérie doit s'inspirer", déclarait (avait que n'éclate la crise argentine) le ministre de l'Energie Chakib Khelil. Le plan d'ajustement structurel appliqué de 1994 à 1998 sur injonction du FMI a, selon les syndicats, entraîné la fermeture de plus de 1000 entreprises publiques et la mise au chômage de près de 500'000 personnes, sans provoquer de relance économique.
(Les Echos 1.2) Les compagnies pétrolières algérienne Sonatrach, australienne BHP Biliton et italienne AGIP (ENI) ont retenu le groupement français formé de Bouygues Offshore et Saimpem pour réaliser le développement et la construction des installations de collecte, de traitement, de décompression du gaz, d'injection d'eau et de stockage du gisement de Rhourd Ouled Djamma et du bassin de Berkine. Il s'agit d'un contrat "clef en main" de 257 millions de dollars, partagés moitié/moitié entre les deux associés du groupement.
(AAI 6.2) Une grève générale des banques et assurances a été décidée pour les 19 et 20 février par les syndicats UGTA des finances et du plan, qui menacent de faire suivre ces deux jours de grève d'une grève illimitée si leurs revendications salariales n'étaient pas satisfaites. Ces revendications portent sur trois points : la revalorisation des salaires, la révision du rébgime des indemnités et l'octroi d'une "prime de bilan". Les syndicats notent qu'une révision de la "nomenclature" des banquiers, décidée récemment, a profité essentiellement aux cadres dirigeants, dont les salaires ont été augmenté de 25 %.
(APS 10.2 / El Khabar 11.2) Le stock de la dette extérieure algérienne est passé de 25,261 milliards de dollars (dont 22,311 mias de dette à moyen et long terme) le 31 décembre 2000 à 22,571 mias le 31 décembre 2001, soit une réduction de 2,777 mias. Le service de la dette est passé dans la même période de 4,5 à 4,461 mias de dollars. Par contre, le ratio de la dette (rapport entre les remboursements de la dette et les recettes d'exportation) a augmenté, passant de 19,8 % en 2000 à 22,21 % en 2001, du fait de la baisse des cours du pétrole (et donc des revenus pétroliers de l'Algérie). La dette réechelonnée représente 54,4 % de l'encours total de la dette, les crédits multilatéraux 24,4 %. 66,25 % des crédits proviennent de l'OCDE, dont plus de 62 % de l'Union européenne. 43,9 % du montant de la dette est constitué en dollars, le franc français, le yen et le mark allemand composant le reste. Pour 2002, on s'attend à ce que le dollar perde de sa prépondérance dans la composition de la dette, au profit de l'euro, puisque toutes les dettes exprimées en l'une ou l'autre des monnaies nationales de la zone euro seront désormais exprimées dans la monnaie unique, les dettes en franc français et en mark allemand, notamment (mais aussi en pesetas et en lires) s'additionnant désormais. Les réserves de change ont atteint 18 mias de dollars.
(AP 19.2) Le lancement des négociations bilatérales pour l'adhésion de l'Algérie à l'Organisation mondiale du commerce (OMC) est prévu pour fin avril, a annoncé le ministre algérien du Commerce, Hamid Temmar, qui prévoit des négociations pendant 12 à 18 mois. L'Algérie s'est engagée à fournir à l'OMC un rapport sur le processus de privatisation, les mesures de soutien à l'agriculture, les normes et les mesures sanitaires et phytosanitaires et la propriété industrielle. Dans les services, et selon Hamid Temmar, six secteurs sur les onze concernés par les discussions pourraient commencer à être négociés; le ministre a déclaré que l'éducation et la santé étaient encore exclues des négociations, mais que celles-ci pouvaient s'engager sur les assurances, les banques, les télécommunications, le tourisme, le bâtiment et les travaux publics.
(AAI 24.2) Selon les statistiques algériennes, portant sur le dernier trimestre 2001, la France est toujours le premier fournisseur de l'Algérie, avec 24 % des importations algériennes, loin devant l'Italie (9,37 %), les USA (8,62 %), l'Allemagne (6,66 %), la Grande-Bretagne et l'Espagne (4,64 %), les Pays-Bas (3,86 %), la Turquie (3,47 %), le Japon (3,24 %), la Chine (2,58 %) et la Belgique (2,57 %). A l'inverse, l'Italie est le premier client de l'Algérie, avec 19,7 % des exportations algériennes, devant les USA (13,2 %), l'Espagne (10,26 %), la France (8,18 %).
(Le Quotidien d'Oran 3.3) L'Espagne a décidé de convertir 40 millions de dollars de dette algérienne en inestissements. L'annonce de cette conversion a été faite le 2 mars à l'issue d'une rencontre entre le Secrétaire d'Etat espagnol au Commerce, Juan Costa Climent, et le Premier ministre algérien Ali Benflis. Dans un deuxième temps, le montant total de la dette convertie en investissements pourrait artteindre 110 millions de dollars, soit le 10 % de la dette consolidée de l'Algérie à l'égard de l'Espagne. Les investissements concernés seraient des investissements en capital dans tous les secteurs de l'activité économique, pour financer un nouveau projet, consolider le financement d'un projet existant ou prendre une participation dans une entreprise privatisable.
(Le Matin 11.3) Le dispositif réglementaire et institutionnel d'encadrement des privatisation est prêt, et les privatisations vont pouvoir commercer, a annoncé le 10 mars le ministre en charge du dossier, Noureddine Boukrouh, qui a également annoncé que les consultations avec l'UGTA commenceront dans le courant du mois de mars. Selon le ministre, tout est privatisable, et il n'y a plus d'entreprises "stratégiques" inaliénables, à la seule exception de la Sonatrach. Même Sonelgaz est désormais privatisable.
(AAI 17.3) L'entreprise publique Sonelgaz (l'équivalent algérien de Gaz de France) a été transformée, par une loi publiée le 6 février au Journal Officiel, en une holding de sociétés par action, avec l'Etat comme actionnaire majoritaire. La loi stipule que le Conseil d'administration de Sonelgaz SpA devra comporter deux représentants des travailleurs. Elle ouvre le capital des filiales chargées de la production, le transport, la distribution du gaz et de l'électricité au partenariat et/ou à l'actionnariat privé, et à la participation des travailleurs au capital, Sonelgaz elle-même devant rester majoritaire dans le capital de ses filiales.
(El Khabar 18.3) Le Conseil national économique et social algérien (CNES) a annoncé une croissance économique inférieure à 2 % en 2001, soit un recul par rapport à l'année précédente, et un résultat inférieur aux prévisions gouvernementales, cela malgré une progression dans les secteurs des hydrocarbures et de l'agriculture.
(AP 22.3) La hausse des prix en 2001 en Algérie a été estimée à 4,2 % par la Banque d'Algérie, contre 0,3 % en 2000, ce qui témoigne d'une forte reprise de l'inflation, alors que la balance des paiements et les réserves de change se sont améliorées, l'excédent de la première se montant à 6,7 milliards de $ US et les seconds à 17,9 mias $ US en 2001, malgré la baisse du prix moyen du baril de pétrole (de 26,8 $ au premier semestre 2001 à 22,4 $ au second semestre).
(AP 27.3) Le vice-président de la Banque Mondiale, Nicholas Stern, s'est félicité le 26 mars des "progrès" des réformes en Algérie, et a déclaré, après un entretien avec le Premier ministre Ali Benflis, que "même si le processus est difficile et long, les résultats sont excellents", que l'"Algérie est sur la bonne voie" et que son avenir est "prometteur". Nicholas Stern a annoncé que les experts de la BM allaient travailler avec le gouvernement algérien pour "réduire les interférences bureaucratiques et celles de la corruption" et aider aux réformes des systèmes financier et judiciaire. Pour sa part, le Premier ministre Benflis s'est félicité "du niveau quantitatif et qualitatif atteint par la coopération entre l'Algérie et la Banque Mondiale".
(Le Matin 28.3) Sur une population active de près de 8,6 millions de personnes, on compterait 2,3 millions de chômeurs (soit un taux de chômage de 27,3 %) selon l'enquête de l'Office national des statistiques d'octobre 2001. 62,21 % des chômeurs vivent en milieu urbain, 62 % sont (étaient) des salariés, principalement issus du secteur du commerce et des services (54,67 % des chômeurs) et de l'agriculture (21 %). Plus de 46 % des chômeurs algériens ont moins de 25 ans, et près de 71 % moins de trente ans. Les plus de 40 ans ne représentent que 10,36 % de l'ensemble des chômeurs. A l'hrozon 2010, le FMI prévoit un taux de chômage de 37 % si le taux de croissance (hors hydrocarbures) ne dépasse pas 7 %. Fin 2001, près de 197'000 dossiers de travailleurs licenciés pour des raisons économiques ont été déposés à la Caisse national d'assurance chômage (CNAC). En ce qui concerne le réinsertion professionnelle des chômeurs, seuls 7,6 % des nouveaux inscrits à l'agence nationale pour l'emploi (ANEM) ont trouvé un nouveau travail.
(AP 28.3) L'Algérie a enregistré une légère croissance économique de 0,9 % en 2001, soit beaucoup moins que nécessaire, selon le ministère de l'Industrie et de la Restructuration. Le secteur privé a enregistré une croissance de 4,5 %, mais le secteur public une décroissance de 0,7 %. La note de conjoncture du ministère signale en outre que le découvert bancaire des entreprises publiques est estimé à 47,2 mias de DA fin décembre 2001 (environ 685 mios d'E, 950 mios FS), concentré dans l'industrie lourde, les textiles et les cuirs. Quant à l'emploi, les pertes enregistrées dans le secteur public ne sont toujours pas compensées par les gains enregistrés dans le secteur privé, puisque pour 700 emplois créés dans le privé, 1000 sont supprimés dans le public, où les effectifs ont été réduits de 2,5 % en un an.
(AP 3.4) Le ministre de la Participation et de la coordination des réformes (c'est-à-dire des privatisations), Noureddine Boukrouh, a annoncé le 2 avril un nouveau dispositif de privatisation, sur deux ans. Ce dispositif sera soumis à consultation auprès de l'UGTA, puis, d'ici fin avril, au gouvernement, avec une nouvelle liste d'entreprises privatisables. Le ministre a dénoncé les politiques menées avant lui, qui "n'ont rien produit parce que pleines de contradictions", faites théoriquement pour privatiser mais en fait "pour ne pas privatiser". Le ministère va établir un fichier national détaillé des entreprises. De fait, les privatisations engagées jusqu'à présent ont été un fiasco, en particulier celles opérées par cession d'actifs aux travailleurs : Sur 1774 entreprises concernées par ce type de privatisations, 80 % seraient actuellement dans une situation très difficile, et 10 % auraient cessé toute activité. Les 10 % restant (dans le secteur de la production et des transports) auraient cependant réussi à créer (ou à maintenir) 10'000 emplois. Le président de l'Association nationale des sociétés de salariés, Tahar Aggoun, a mis en cause l'incapacité de l'Etat à tenir les promesses faites sur les exonérations d'impôt, les incitations administratives, la prise en charge du passif des entreprise et l'aide au renouvellement des équipements.
(Le Quotidien d'Oran 14.4) Les négociations sur l'adhésion de l'Algérie à l'Organisation mondiale du commerce (OMC) débuteront au plan bilatéral (Algérie-OMC) le 29 avril, et multilatéral (Algérie-Etats membres) le 6 mai, sur la base d'un caéendrier élaboré par l'OMC. "Le Quotidien d'Oran" prévoit que l'Union européenne tentera d'obtenir de l'Algérie, dans le cadre des négociations d'adhésion de l'Algérie à l'OMC, des concessions que l'Algérie n'a pas faite dans celui des négociations de l'accord d'association avec l'UE.
(algeria-interface) Dans un entretien à "Algeria Interface", le ministre des privatisations, Nouredine Boukrouh, assure qu'"en termes d'élaboration, le programme de privatisation est pratiquement achevé, et explique que "les entreprises les moins performantes n'auront d'autre choix que l'association (ou l'ouverture partielle de leur capital) avec d'autres entités plus performantes, ou, faute d'un redressement salutaire, la réduction progressive de leur marché pour aboutir, à terme, à la cession totale ou à la liquidation". Le ministre affirme que "la démarche des pouvoirs publics n'a rien de dogmatique", et critique les précédentes opérations de restructuration des entreprises, qui ont surtout "servi à remettre financièrement à flot ces entreprises, sans autre contrepartie que la distribution de salaires". Nouredine Boukrouh annonce que "l'ensemble des entreprises destructurées, qui n'ont aucune perspective de viabilité", seront purement et simplement dissoutes, et que tel sera le cas "d'un grand nombre d'entreprises locales et de la quasi-totalité des entreprises du BTP" bâtiment et travaux publics.
(Liberté 22.4) Les exportations algériennes ont chuté, en valeur, de plus d'un milliard de dollar lors du premier trimestre 2002, par rapport au premier trimestre 2001 (4,279 mias contre 5,324) cette chute de 19,03 % étant due à celle des prix du pétrole. Par contre, les importations sont, en valeur, en hausse de 3,08 % (2,643 mias contre 2,564), la balance commerciale affichant du coup un excédant réduit de plus de 1,1 milliard. En ce qui concerne les importations, alors que celles du domaine alimentaire ont baissé de 3,20 % et d'une vingtaine de millions de dollars, celles d'équipements industriels ont augmenté de 13,12 %, soit de plus de 100 mios.
(Algeria-Interface 26.4 / Quotidien d'Oran 28.4) Le nouveau programme de privatisations élaboré par le ministère de Nouredine Boukrouh recommande la privatisation de la majorité des 700 entreprises publiques en moins de deux ans. Les entreprises privatisables sont classées en trois catégories : la première, les entreprises de "taille modeste" et les sociétés qui connaissent "des difficultés financières structurelles" comprend 376 entreprises régionales, des hôtels, des sociétés de bâtiment et travaux publics et des entreprises manifacturières, dont certaines sont vouées à la liquidation.
Dans le domaine des transports, le ministère entend privatisation la SNTR (Société nationale des transports routiers) et cinq sociétés régionales de transports de voyageurs devraient être cédées aux salariés. Cinq compagnies du secteur du transport maritime sont privatisables : la CNAN, l'ENTMV, la GEMA, la MTA et l'ERENAV. La deuxième catégories d'entreprises privatisables comprend des entreprises "viables", notamment des cimenteries, des entreprises du secteur de la pharmacie et de la chimie, dont le groupe Saïdal. La dernière catégorie de "*privatisables" regroupe notamment des sociétés régionales de produits alimentaires, mais également des filiales de la Sonatrach.
Le projet du ministère sera soumis au Conseil des ministres. L'UGTA rejette la privatisation des entreprises performantes et dénonce la vision "dogmatique" et "idéologique" de la privatisation, et devrair répondre début mai au ministère.
(Liberté 2.5) Le Secrétaire général de l'UGTA Abdelmadjid Sidi Saïd a rejeté dans une conférence de presse, le 1er mai, le programme de privatisation "tous azimuts, sans aucune stratégie", élaboré par le ministère de Nourredine Boukrouh, et a demandé que ce dossier soit "traité entre partenaires sociaux et économiques". A. Sidi Saïd a dénoncé le manque de transparence et la "désinformation" pratiqués par le gouvernement.
(Liberté, El Watan 6.5) La Sonatrach a réalisé un bénéfice de plus de 2 milliards de dollars en 2001 (9 % de moins qu'en 2000), avec des recettes de 18,5 mias (en baisse de 2,6 milliards par rapport à 2000), pour un prix moyen du baril de 24,84 dollars (28,5 dollars en 2000). Les investissements se sont montés à 3,4 milliards, la dette a baissé de 3,4 mias à 2,6 mias. Sonatrach a versé pour près de 1000 milliards de dinars (environ 20 mias FS, 15 mias E) à l'Etat algérien au titre de la fiscalité en 2001.
(AAI 7.5) Les négociations bilatérales préliminaires pour l'adhésion de l'Algérie à l'Organisation mondiale du commerce (OMC) se sont ouvertes le 6 mai à Genève. Le ministre du Commerce Hamid Temmar conduit la délégation algérienne.
(AAI 11.5 / Liberté 12.5) L'Union générale des travailleurs algériens (UGTA) a demandé une rencontre avec le chef du gouvernement pour débattre "en toute objectivité et sérénité" du programme gouvernemental de privatisation, dont elle qualifie l'avant-projet de "réflexion unilatérale", "idéologique et dogmatique", du ministère de Nourredine Boukrouh. L'UGTA a fait savoir qu'elle n'agréait pas la stratégie gouvernementale en la matière et qu'elle ne cautionnera pas une politique de "désengagement total", compte tenu de ses répercussions sociales et du risque de substituer, comme dans certains pays de l'Est, des "monopoles privés" aux monopoles d'Etat. L'UGTA reproche notamment au document du ministère des privatisations de ne déterminer "aucun critère pour élaborer les premières listes d'entreprises privatisables", et donc de laisser supposer que toutes les entreprises publiques peuvent être privatisées, ce que l'UGTA déclare refuser. La centrale syndicale demande l'établissement d'un calendrier de privatisation des entreprises, avec des négociations cas par cas, et son association à toutes les étapes du processus. Et de s'interroger : "Pourquoi privatiser des entreprises qui fonctionnenent avec un niveau de performance appréciable, sinon acceptable, et qui créent de l'emploi et de la richesse ? Pourquoi faire le choix de recettes financières conjoncturelles et aléatoires quand la restructuration ou la mise à niveau de ces entreprises est de nature à assurer de meilleurs résultats financiers, économiques et sociaux ?".
(AAI 18.5) Le ministre algérien de l'Energie et des mines, Chakib Khelil, a annoncé le 17 mai, lors d'une rencontre à Paris entre l'OCDE et le NEPAD (Nouveau partenariat africain pour le développement) que l'Algérie souhaitait obtenir un statut de membre observateur auprès de l'Organisation de coopération et de développement économique (OCDE), afin de bénéficier de son "expertise"
(El Khabar 9.6) L'enveloppe financière destinée à couvrir les importations de produits alimentaire continue à augmenter, témoignant de l'aggravation de la dépendance alimentaire de l'Algérie. Dans les quatre premiers mois de 2002, la valeur des seules importations de blé (et de semences de blé) a dépassé les 250 millions de dollars, pour une quantité de 2 millions de tonnes. Les principaux exportateurs de blé vers l'Algérie sont le Canada, l'Allemagne et la France.
(Le Matin 10.6) Le rapport du Conseil national économique et social (CNES) sur le second semestre 2001 fait état de la persistance d'un certain immobilisme de l'activité économique : "Globalement, la conjoncture économique et sociale du second semestre de l'année 2001 n'a pas connu d'infexion significative et continue de s'inscrire dans le prolongement des tendances lourdes qui affectent l'économie nationale", constate le rapport, qui note plusieurs contradictions dans la situation algérienne : un ajustement structurel "apparemment réussi" s'accompagnant du blocage des réformes économiques; des excédents financiers, mais inutilisés, avec à la clef une crise de l'investissement. La rapport dénonce également la "persistance de l'emprise rentière des lobbies". Il note que l'activité des entreprises publiques a continué de reculer, que le chômage dépasse les 27 %, que la livraison de logements a reculé de 21 %, et que si des "frémissements" peuvent être observés dans l'activité économique, ils ne semblent pas être "encore en force de contrebalancer les effets récessifs observés depuis une longue période".
(Le Matin 10.6) Les travailleurs et les délégués syndicaux des huit filiales du groupe public Sider observent depuis le 9 juin un sit-in devant la direction générale du groupe, pour exprimer leur refus de la liquidation de leurs entreprises, en conséquence de la privatisation du groupe. Ils demandent le rattachement de ces entreprises à la société Ispat (ex-Alfasid)
(Algeria-Interface 14.6 / AAI 15.6) Lors de sa dernière session, les 11 et 12 juin, le Conseil économique et social (CNES) algérien a attiré l'attention sur le décalage entre les performances macro-économiques algériennes et une croissance en panne, avec toutes les conséquences sociales que cela entraîne. Selon le rapport de conjoncture du CNES pour le 2ème semestre 2001, le taux de croissance annuel pour 2001 n'a pas dépassé 1,9 % (2,4 % en 2000), le gouvernement annonçant pour sa part un taux de croissance de 2 % pour 2001. Au plan macro-économique, donc, les performances de l'économie algérienne sont bonnes : 3,6 milliards de dollars de solde excendaire de la balance commerciale au 2ème semestre 2001, 17,9 milliards de dollars de réserves de change fin décembre (2,7 milliards de plus qu'à fin juin), réduction de la dette (de 25,2 milliards fin 2000 à 22 milliards fin 2001 et de son service (de 4,5 à 4,4 milliards), la baisse des prix du pétrole augmentant cependant son poids par rapport aux exportations (ratio de 22,21 % en 2001, contre 19,8 % en 2000). Le CNES attire par contre l'attention sur le risque d'un retour de l'inflation. Surtout, il signale la faiblesse de l'investissement public (moins de 6 % du PIB), et donc de la création d'emplois. Il recommande le soutien aux petites et moyennes entreprises, qui produisent 70 % de la valeur ajoutée hors hydrocarbures et une réelle décentralisation des aides à l'investissement.
De son côté, l'Office national des statistiques (ONS) signale une baisse de 0,6 % de la production industrielle du secteur public, du premier trimestre 2001 au premier trimestre 2002. Les industries manufacturières ont reculé de 6,1 % en un an, ce qui a presque annulé la progression de 6,5 % du secteur énergétique. Les mines et carrières ont reculé de 4,1 %, la chimie de 5,2 %, les cuirs et chaussure de 7,3 %, l'agro-alimentaire et le tabac de 19,7 %, la sidérurgie-métallurgie-mécanique- industrie électrique et électronique de 6,7 %.
Le CNES évalue à 1,440 million le nombre des salariés de la fonction publique en Algérie. 84,5 % d'entre eux sont fonctionnaires, 9 % contractuels et 6,5 % vacataires. Les effectifs globaux de la fonction publique sont pratiquement stagnants (progression de 0,1 % en 1999 et de 0,4 % en 2000).
(Le Quotidien d'Oran 16.6) Plusieurs entreprises publiques de cimenterie vont être privatisées en octobre, annonce "Le Quotidien d'Oran". Les entreprises concernées sont situées à Zahana (ouest), Meftah (centre) et Hadjar Soud (est). Les repreneurs seront majoritaires à 51 % dans les nouvelles entreprises privées.
(Le Quotidien d'Oran 16.6) 250'000 agriculteurs ont bénéficié d'un effacement de leurs dettes, a annoncé le 15 juin le Secrétaire général de l'Union nationale des paysans algériens (UNPA), M. Allioui. Le Trésor Public aurait ainsi racheté pour plus de 15 milliards de dinars (environ 200 mios Euros, 300 mios FS) de dettes contractées par des paysans auprès des banques publiques, essentiellement la Banque algérienne de développement rural (BADR).
(El Khabar 20.6) Les perturbations des prix du pétrole enregistrées dans les cinq premiers mois de 2002 ont affecté les revenus algériens, qui dépendant à 97 % des exportations d'hydrocarbures. L'Algérie aurait ainsi perdu en un an 1,3 milliards de dollars, en réalisant dans les cinq premiers mois de 2002 7,8 milliards de dollars, contre 9,1 milliards dans la même période de l'année précédente.
(Le Quotidien d'Oran 7.7) Selon "Le Quotidien d'Oran", la réduction des transferts de fonds (par les circuits officiels) des émigrés algériens vers leur pays, et le choix des circuits parallèles, provoque un "manque à gagner" de 2 milliards et demi de dollars par année. Pour parer à ce phénomène, le gouvernement algérien va tenter d'inciter les émigrès, notamment en France, à transférer leurs économies en Algérie. Selon les statistiques évoquées par "Le Quotidien d'Oran", l'émigré algérien ne transfererait en Algérie (par les canaux officiels) que 300 dollars par an, soit entre cinq et vingt-cinq fois moins que les émigrés égyptiens, marocains, portugais ou turcs vers leurs pays. En 2000, 151 millions de dollars seulement ont été transférés légalement en Algérie par l'émigration algérienne. Selon des spécialistes, les lourdeurs administratives du circuit officiel ne sont pas seules en cause : le différenciel de change est aussi une raison de "contourner" les circuits officiels : le cours officiel de l'Euro est de 76,40 dinars, alors qu'il se changeait début juillet à 100 dinars au cours parallèle. Au total, le 95 % des flux monétaires entre l'émigration algérienne et l'Algérie échapperait aux circuits officiels.
(La Tribune, El Watan 11.7) Le groupe Sonatrach a signé le 10 juillet à Alger sept contrats d'association, de recherche et d'exploitation d'hydrocarbures, pour un total de 107 millions de dollars, avec des entreprises étrangères (américaines, françaises, allemandes, vietnamiennes, tunisiennes et espagnoles). Les contrats concernent des gisements situés à Reggane, Berkine, Touggourt, Illizi, Timimoun, Sbaâ. Le ministre de l'Energie, et président de Sonatrach, Chakib Khelil, s'est félicité d'e la "transparence" et de l'"équité" assurée par le gouvernement dans les transactions.
(El Watan 11.7) Le ministre de Commerce, Nourredine Boukrouh, a annoncé le 10 juillet la refonte prochaine du Code du commerce, qui devrait être "repensé dans sa totalité" par un comité mixte composé de représentants de son ministère et de celui de la Justice.
(L'Expression 15.7) Selon l'UGTA, plus de 30'000 cas de salaires impayés sont toujours pendants, alors que le gouvernement avait affirmé que tous les reliqats de salaires impayés seraient "épongés" avant le début du Ramadan (décembre 2001). 275 entreprises sont concernées, dont 218 entreprises du secteur public. l'UGTA signale que cette situation se produit alors que le Trésor public vit une embellie financière et que les réserves de change atteignent un niveau important, et attribue le non paiement des salaires à une absence de volonté politique. A cela s'ajoute, selon le Secrétaire national de l'UGTA chargé des conflits sociaux, Boualem Bouzidi, "la non application des décisions de justice rendues en faveur des travailleurs arbitrairement licenciés", qui seraient au nombre d'au moins 1558 (dont 1350 concernant le secteur public).
(El Khabar 15.7) Plus de 23 % des entreprises publiques algériennes, et 77 % des entreprises privées, seraient contraintes de cesser leurs activités productives en raison du manque d'eau, des coupures d'électricité ou de la vétusté des outils de production, et 60 % des entreprises publiques tourneraient avec au maximum 50 % de leurs capacités de production, selon une enquête de l'Office national des statistiques, menée au premier trimestre 2002 sur 780 entreprises (380 publiques, 400 privées), qui relève que cette situation fragilise considérablement les entreprises algériennes face à la prochaine concurrence des entreprises européennes, dans la perspective de l'accord de partenariat entre l'Algérie et l'UE.
(AAI 28.7) Le Premier ministre Ali Benflis a affirmé devant l'Assemblée nationale, le 27 juillet, qu'il n'était "pas dans l'intention du gouvernement de privatiser les services publics", mais de les ouvrir "aux financements et à la gestion privés par la promotion de nouvelles formules". S'agissant des privatisations, le Premier ministre a assuré qu'elles se feront "dans la transparence la plus totale et dans le respect des intérêts supérieurs de l'Etat."
(Le Quotidien d'Oran 28.7) "Privatisation en douce ou contournement de la légalité ?", se demande "Le Quotidien d'Oran, en faisant état d'un mouvement sans précédent de vente d'exploitations agricoles collectives (EAC) et individuelles (EAI) à "de richissimes hommes d'affaires à des prix défiant toute logique du marché" (un million de DA l'hectare, contre 600'000 DA l'hectare en juin). Selonb le quotidien, les acquéreurs de ces terres sont "des hommes d'affaires foirtunés" n'ayant jusqu'à présent aucun lien avec le monde agricole, alors qu'aux termes de la loi, les exploitations agricoles (collectives ou individuelles) ne peuvent être cédées qu'à des personnes actives dans le secteur.
(El Watan 29.7) La montée de l'Euro par rapport au dollar (ou la baisse du dollar par rapport à l'Euro) pourrait avoir des conséquences très négatives sur la balance commerciale algérienne, dans la mesure où l'essentiel des exportations algériennes sont réalisées en dollars (par des hydrocarbures) alors que l'essentiel des importations proviennent de la zone euro. Par conséquent, la montée de l'Euro renchérit le prix des importations par rapport à la valeur des exportations. Parallèlement, le dinar algérien, qui n'avait perdu que 10 % de sa valeur par rapport à l'Euro en deux ans, s'est déprécié de près de 20 % en deux mois par rapport à la monnaie européenne, le cours réel du dinar (95 DA pour 1 E) étant largement inférieur (de plus de 25 %) au cours officiel (1,22 E pour 100 DA), et n'arrive à se maintenir tant bien que mal que grâce à l'apport de devise européenne fourni par l'émigration algérienne en France. Les réserves de change de l'Algérie sont importantes (20 milliards de dinars), mais chiffrées précisément en dollars, et donc en voie d'affaiblissement par rapport à l'Euro.
(AAI 30.7) "Les terres de l'Etat ne seront pas vendues", a affirmé le ministre de l'Agriculture, Saïd Barkat, le 30 juillet. Le ministre a annoncé une nouvelle loi sur la concession agricole, transformant le droit de jouissance actuellement accordé par la loi en un "droit de concession", stipulant que les terres agricoles resteront la propriété de l'Etat. Cela étant, les terres du domaine de l'Etat ne représentent que 20 % des surfaces agricoles utiles, et une bonne partie de ces surfaces ne sont pas exploitées, ou le sont mal, du fait de la vétusté du matériel ou des dettes des agriculteurs.
(AP 3.8, 4.8) L'agence officielle algérienne APS a annoncé le 3 août que l'Algérie avait demandé à l'OPEP une augmentation de son quota de production, actuellement fixé à 693'000 barils/jours, sans préciser le volume de l'augmentation souhaitée. Selon le ministre algérien de l'Energie, Chakib Khelil, la capacité de production inutilisée de l'Algérie est de plus de 300'000 barils/jours. Le ministère a cependant réaffirmé l'attachement de l'Algérie au strict respect des quotas.
L'Algérie, dont l'essentiel des exportations proviennent des hydrocarbures dont le prix est fixé en dollars, mais dont l'essentiel des importations proviennent d'Europe et sont fixées en Euros, subit actuellement le choc de la dépréciation du dollar par rapport à l'Euro, et donc de la dépréciation de ses exportations par rapport à ses importations.
(Liberté 8.8) Le dinar s'est littéralement effondré sur le marché parallèle algérien, où il se négocie actuellement à un taux de 96 à 98 dinars pour un dollar, et à peu près autant pour un Euro, alors que le taux officiel est d'un tiers plus élevé. On constate que des importateurs algériens préfèrent acheter des Euros sur le marché parallèle plutôt que d'aller à la banque.
(El Watan 29.8) Selon un rapport de l'Inspection générale des finances remis à la présidence de la République, des exportations de déchets ferreux et non-ferreux ont permis un transfert illicite de capitaux de près de 7 milliards de dollars US en trois ans
(Liberté 2.9) Selon un rapport de l'UGTA sur la situation des entreprises, Les salaires de plus de 30'000 salariés seraient impayés, dans 275 entreprises, essentiellement (dans 65 % des cas) des entreprises locales. 218 entreprises et 29'359 salariés du secteur public et 57 entreprises et 2'367 salariés du secteur privé sont concernés. Les retard de paiement des salaires vont d'un mois à plus de quatre ans. La région d'Alger est la plus touchée, suivie de celles de Tizi Ouzou et Bejaïa. En 2000, une évaluation du ministère du Travail faisait état de 65'000 salariés impayés.
(L'Expression, El Watan 5.9) "Tous les secteurs, sans exception, sont concernés" par les privatisations*, a déclaré le Premier ministre Ali Benflis à la revue "Arabies", en précisant que "le secteur des hydrocarbures est totalement ouvert aux investissements", ce qui pose clairement l'hypothèse de la privatisation de Sonatrach, à laquelle la centrale syndicale UGTA s'oppose (au moins rhétoriquement). La session d'automne du Parlement algérien devrait examiner un projet de loi sur les hydrocarbures -projet qui cependant ne fait mention ni de privatisation, ni de restructuration, ni d'ouverture du capital.
* (PH) "L'Algérie est à vendre, et c'est le gouvernement algérien qui la vend", avions-nous nous-mêmes constaté lors du congrès 2000 du FFS (Tipaza), ce qui avait suscité l'ire de l'Ambassadeur de Suisse, puisqu'au même moment des investisseurs suisses étaient en visite en Algérie pour évaluer la part qu'ils pouvaient prendre à ce bradage général...
(AP 8.9) Le ministre de l'Energie Chakib Khelil a confirmé le 7 septembre que l'Algérie allait demander à l'OPEP une hausse de 400'000 barils/jour de son quota de production de pétrole (qui passerait de 693'000 à 1,1 million b/j), en envisageit une nouvelle demande de hausse avant fin 2004, la capacité de production algérienne devant se situer à ce moment là autour de 1,5 million b/j.
(El Watan 8.9) Selon une estimation du ministère de la Participation, 107 entreprises publiques économiques, employant plus de 30'000 personnes, sont en situation de faillite en raison de la détérioration "irrémédiable" de leur actif net. Aucune d'entre elle ne serait cependant dissoute et mise en liquidation. L'Etat devrait donc assainir et recapitaliser ces entreprises, ce qu'il ne fait pas; il semble par contre que les salaires des travailleurs soient pris en charge par l'Etat, et que celui-ci ait abandonné ses créances fiscales et parafiscales à l'égard des entreprises concernées.
(Le Matin 9.9) Le bureau de l'Assemblée nationale algérienne a inscrit l'étude de l'avant-projet de la loi sur les hydrocarbures à l'ordre du jour de la session parlementaire d'automne. L'hypothèse de l'ouverture du capital de Sonatrach avait déjà suscité une levée de boucliers dans les milieux syndicaux, y compris à l'UGTA, mais le débat sur la loi sur les hydrocarbures semble laisser curieusement indifférente la classe politique. "Au secours, ils s'emparent de Sonatrach !", titre l'éditorialiste du "Matin", Mohamed Benchicou, qui accuse le gouvernement, le parlement et surtout le président (et le "clan d'Oujda" qu'il dirige, et dans lequel on retrouverait le ministre de l'Energie, Chakib Khelil, par ailleurs PDG en titre de Sonatrach) d'être "sur le point" de vendre "l'entreprise nourricière du pays (...) aux étrangers". En fait, le projet de loi ne souffle mot de la privatisation éventuelle de la principale entreprise algérienne, mais les syndicats considèrent néanmoins qu'elle en ouvre la possibilité. Le Syndicat national des travailleurs de l'énergie (SNTE, autonome) se déclare opposé à toute privatisation, et partisan d'une réorganisation du secteur des hydrocarbures, mais dans le cadre du secteur public. Pour l'UGTA, Mohamed Lankhdar Badreddine affirme également son opposition au "bradage" du secteur et à la "spoliation" de l'Algérie de ses richesses "au profit de qui que ce soit"., et appelle la société civile à se mobiliser "pour sauvegarder ses intérêts et éviter toute forme de bradage économique". Quant au ministre et PDG Chakib Khelil, il nie qu'il soit dans ses intentions et celles du gouvernement de privatiser Sonatrach, mais reconnaît que le processus d'"internationalisation" de l'entreprise a été engagé, et qu'il a l'intention d'en faire "une société purement commerciale, naturellement performante".
(AAI 11.9) Le ministre algérien de l'Energie, Charik Khelil, a estimém dans un entretien au mensuel "Arabies" paraissant à Paris, qu'il n'est pas "nécessaire de privatiser la Sonatrach", qui a fait des bénéfices de l'ordre de 2,4 milliards de dollars en 2001, qui est la douzième compagnie pétrolière mondiale et qui contribue à faire de l'Algérie "le premier pays au monde en terme d'attraction des investissements dans le secteur pétrolier". Chakib Khelil a souligné quune grande partie des revenus pétroliers de l'Algérie (et par conséquent des revenus amenés par Sonatrach à l'Algérie) était consacrée à "l'appui social, à la création d'emplois et au programme de relance économique", ainsi qu'à l'éducation. Le ministre a cependant rappelé que des sociétés nationales comme BP, Totalfina ou Repsol ont été des sociétés nationales (publiques) pendant des dizaines d'années, "avant d'être privatisées en tout ou en partie".
(AAI 11.9) Le projet de budget 2003 adopté le 10 septembre par le Conseil des ministres prévoit des recettes de 15,6 milliards de dollars, sur la base d'un prix du baril de 19 dollars. Les dépenses de fonctionnement de l'Etat sont estimées à 1097 milliards de DA (4,2 % de plus qu'en 2002). L'hypothèse de croissance est de 4,6 % en 2003, et la dette extérieure devrait passer de 22 milliards de dollars en 2002 à 20,5 milliards en 2003.
(Le Matin, El Watan 16.9) Le ministre de l'Energie Chakib Khelil a réaffirmé le 15 septembre, lors d'une conférence de presse, que le gouvernement n'avait pas l'intention de privatiser Sonatrach, et que le projet de loi sur les hydrocarbures ne prévoit rien dans ce sens. Le ministre, par ailleurs PDG de Sonatrach, a affirmé qu'il n'y aura ni privatisation, ni vente, ni restructuration de l'entreprise publique. Le Secrétaire général de la Fédération UGTA des travailleurs du pétrole, du gaz et de la chimie, Mohamed Badreddine, estime par contre que le gouvernement "veut mettre fin à la vie de Sonatrach" en tant qu'entreprise nationale, et que le projet de loi sur les hydrocarbures contient la menace d'une privatisation non pas seulement de Sonatrach, mais "de la richesse naturelle nationale". "Ouvrir le capital est une privatisation" estime le syndicaliste d'autant que "Sonatrach n'a pas besoin d'argent".
(Le Quotidien d'Oran 18.9 / L'Expression, Le Jeune Indépendant 19.9) Selon "L'Expression", qui en publie des extraits, et contrairement aux affirmations du ministre de l'Energie (et PDG de Sonatrach) Chakib Khelil, l'avant-projet de loi sur les hydrocarbures a bel et bien été déposé à l'Assemblée nationale et contient bel et bien des éléments de privatisation de la principale entreprise algérienne. L'article 45 du projet stipule que "Sonatrach est déchargée, au profit de des deux agences hydrocarbures créées par la présente loi" (Alnaft et l'Autorité de régulation des hydrocarbures) "des prérogatives de puissance publique dont elle a provisoirement bénéficié", même si Sonatrach est assurée de bénéficier d'une "option de participation à l'exploitation" dans chaque contrat de recherche et d'exploitation, participation se situant entre 20 et 30 %. Le projet de loi se donne pour objet, notamment, de "définir le cadre institutionnel permettant d'exercer (les activités de recherche, d'exploitation, de transport par canalisation, de raffinage, de transformation des hydrocarbures, de commercialisation, de stockage, de distribution des produits pétroliers ainsi que les ouvrages permettant leur exercice)", soit l'ensemble de l'activité actuelle de Sonatrach, ainsi que "les droits et obligations des personnes exerçant une ou plusieurs (de ces) activités". Selon l'article 7 du projet, "l'importation et la commercialisation des hydrocarbures et produits pétroliers sur le territoire national sont libres", ainsi d'ailleurs que "le prix de vente des hydrocarbures et des produits pétroliers sur le marché algérien".
Le syndicat UGTA des secteurs pétrolier, gazier et chimique (FNTPGC) menace d'immobiliser (par exemple par une grève) tout le secteur, vital pour l'économie algérienne, au cas où le gouvernement persisterait dans sa "politique du fait accompli". La FNTPGC va organiser des conférences régionales pour mobiliser sa base contre le projet gouvernemental.Le Secrétaire général de l'UGTA, Abdelmadjid Sidi Saïd, a exprimé l'opposition de la centrale syndicale à l'avant-projet de loi, et s'est interrogé sur les raisons qui poussent "les responsables (du pays) à jeter plus de 95 % de nos recettes en devises en pâture".
La fédération UGTA a reçu le soutien du Parti des Travailleurs, dont la porte-parole, Louisa Hanoune, a affirmé que "Sonatrach est un bien du peuple" et que "personne n'a le droit d'y toucher".
(Liberté, El Moudjahid 22.9) Le directeur général des impôts a annoncé le 21 septembre à l'occasion d'une réunion des cadres de l'administration fiscale, à Sidi Fredj, la mise en place prochaine d'un Comité national de lutte contre la fraude et l'évasion fiscale, à l'initiative du ministère des Finances, avec des représentations au niveau des wilayas.. Depuis quatre ans, selon l'administration fiscale, 2000 entreprises ne paient pas leurs impôts. Dans 29 wilayas, on a repéré 456 "contribuables non localisés" par le fisc (notamment des entreprises louant des locaux commerciaux pour y exercer une activité lucrative pendant quelques mois pour disparaître ensuite, ou aller s'établir ailleurs). La dette fiscale de ces contribuables s'éleverait, dans les huit wilayas principalement concernées, à près de 29 milliards de dinars. La fraude, la soustraction et l'évasion fiscales (dans un pays où la pression fiscale moyenne se situe entre 13 et 15 %, contre 25 à 35 % dans les autres pays du pourtour méditerranéen) concernent évidemment également des particuliers : dans la seule zone de Rouiba, 151 personnes ont été frappées de redressements fiscaux, pour un total de plus de 480 millions de dinars. Sur l'ensemble du pays, l'obtention indue d'avantages fiscaux (auxquels les contribuables concernés n'auraient pas du avoir droit) aurait coûté 44 milliards de dinars au fisc.
Sur les huit premiers mois de 2002, les recettes fiscales ordinaires ont augmenté de 16 %, par rapport à 2001, alors que les recettes fiscales pétrolières (trois fois plus importantes) diminuaient de 28 %, du fait de la baisse des cours du brut.
(La Tribune, Le Soir, Jeune Indépendant 26.9) Le Conseil national économique et social (CNES) a rendu son rapport de conjoncture pour le premier semestre 2002, rapport perçu par certains quotidiens, comme "La Tribune", comme un "réquisitoire" contre la politique gouvernementale, en notamment le plan de soutien à la relance économique lancé en avril 2001, et dont le CNES considère qu'il "n'a pas réussi à susciter une dynamique de mobilisation et revêt souvent des formes conventionnelles d'opérations ordinaires et sans profondeur stratégique". Le plan consistait à mobiliser 7 milliards de dollars pour les injecter dans l'économie afin de la relancer.
Sur la situation économique générale, le CNES estime qu'elle "n'a pas connu d'inflexion significative", malgré une "aisance financière consolidée"*, puisque les mêmes contraintes persistent. Le CNES note le recul de la croissance dans l'agriculture, malgré les moyens budgétaires qui y ont été investis, l'absence de progrès significatifs dans les investissements, le maintien (quoique sous le signe d'un certain ralentissement) d'une inflation préoccupante (3,2 % pour le premier semestre 2002), la persistance de la crise du logement, avec un logement social qui "tend à cristalliser toutes les frustrations sociales", les "menaces pesant sur le système de sécurité sociale et de santé publique" et les incertitudes sur "l'avenir du secteur public industriel qui poursuit sa dérive".
* Pour la première fois depuis 1986, les réserves de change de l'Algérie à fin 2002 devraient couvrir sa dette extérieure (22,57 milliards de dollars en février 2002). En 2003, les réserves de change devraient atteindre les 28 milliards de dollars. Cette "embellie" comptable s'explique cependant largement par la faiblesse des investissements publics (ce qui n'est pas investi est thésaurisé).
(L'Expression 28.9 / El Khabar 30.9) Le Premier ministre (et chef du FLN) Ali Benflis a assuré que le projet de loi sur les hydrocarbures, dénoncé par les syndicats comme oiuvrant la voie à la privatisation de Sonatrach, ne figurait pas "parmi les projets d'urgence" du gouivernement. Dans le même temps, des experts financiers français conseillaient au gouvernement de ne pas privatiser Sonatrach. Le leader du MSP (islamiste), Mahfoud Nahnah, s'est également prononcé dans un entretien à l'"Expression" contre la privatisation de Sonatrach, qui "doit rester entre les mains de l'Etat et non pas entre les mains d'individus", mais pour une "privatisation graduelle" dans les autres secteurs.
(L'Expression, AFP 2.10 / La Tribune, L'Expression, Le Matin, Liberté, El Watan, L'Actualité 3.10) Selon "Algeria-Interface", l'avant-projet de loi sur les hydrocarbures, fermement contesté à la fois par les syndicats (UGTA comprise, mais sur un mode très prudent, le secrétaire général de la fédération UGTA des travailleurs du secteur pétrolier, la FNTPG, Mohamed Lakhdar Badreddine, étant par ailleurs député FLN, et le Secrétaire général de la centrale syndicale, Abdelmadjid Sidi Saïd, s'étant contenté de qualifier l'avant-projet d'"inopportun"), par les partis de la gauche algérienne (Notamment le PT et le FFS) et même par le patronat (Forum des chefs d'entreprise) a été légèrement remanié, en prévision de son examen par le gouvernement, probablement après les élections locales. La participation de Sonatrach à l'exploitation de gisements concédés à d'autres opérateurs (autrement dit, le minimum réservé à Sonatrach, si l'entreprise nationale en fait la demande) qui se situait dans la première version du projet entre 5 et 25 %, passerait à 20-30 %. Cependant, la logique du projet, que ses opposants accusent d'ouvrir la voie à la privatisation de Sonatrach, n'est pas remise en cause : le régime de "partage de production" entre Sonatrach et ses partenaires étrangers devrait toujours être remplacé par un régime de "concession" mettrant la Société publique algérienne et les compagnies étrangères sur pied d'égalité. De même, le ministère de l'Energie maintient son intention de transférer les missions de puissance publique de Sonatrach à deux agences autonomes (autorité de régulation et agence de valorisation), et d'accroître ses propres pouvoirs, le ministre recevant (selon la dernière mouture de l'avant-projet) le pouvoir de "déroger, pour des motifs d'intérêt général", aux dispositions relatives à la soumission et à l'évaluation des offres et à la conclusion des contrats. Le ministre de l'Energie, Chakib Khelil, a cependant toujours affirmé que l'option de la privatisation de Sonatrach était exclue, et son projet ne fait aucune mention de l'ouverture du capital de la société. A l'occasion de la visite d'une délégation du patronat français, le président Bouteflika a annoncé que l'avant-projet (modifié) de loi sur les hydrocarbures ne sera pas retiré et que le secteur sera ouvert à l'investissement étranger.
En ce qui concerne les privatisations en général, le ministre en charge du dossier, Hamid Temmar, a annoncé que l'offre d'entreprises privatisables sera "densifiée" en direction des PME/PMI, "plus faciles à évaluer et donc à privatiser". Dans un entretien accordé à l'AFP, Temmar se félicite de ce qu'au cours des deux dernières années, l'Etat ait "pratiquement disparu sur tous les fronts" de l'économie, sauf "sur le plan de la régulation, du marketing, du lobbying, de l'explication, et évidemment de la législation". Le ministre confirme que "pratiquement tous les secteurs" sont visés par la privatisation, "avec une priorité donnée à l'industrie et aux services", mais assure qu'une privatisation de la Sonatrach "est tout à fait exclue pour l'instant" (le "pour l'instant" nuançant quelque peu le "tout à fait"...). Le processus de privatisation concerne 40 grosses industries et un millier de grandes entreprises. Temmar reconnaît que l'application par l'Algérie du plan d'ajustement structurel qui lui a été imposé (et qu'elle a, selon lui, appliqué mieux et plus rapidement que n'importe quel autre pays) s'est soldé par la perte de 400'000 emplois et par la chute du dinar (qui ne vaut plus que le dixième de ce qu'il valait en 1994, où il était pratiquement à parité avec le franc français).
Dans un entretien à "l'Expression", La porte-parole du Parti des Travailleurs, Louisa Hanoune, est revenue sur le lien "direct" qu'elle établit entre la crise de Kabylie et les menaces de privatisation de Sonatrach, en déclarant qu'"à chaque fois que la question des hydrocarbures est remise sur le tapis, il y a recrudescence de la violence".
Le Premier secrétaire du FFS Ahmed Djeddaï a également dénoncé (dans un meeting à Blida) la poursuite d'une politique de privatisations qui finira par "provoquer une implosion imminente". Comme Louisa Hanoune, Djeddaï a rappelé que le maître d'oeuvre du projet de loi sur les hydrocarbures, Chakib Khelil, qui "a travaillé durant 20 ans pour la Banque Mondiale" et a été "responsable du projet de privatisation des hydrocarbures en Argentine" ne fait que reprendre pour l'Algérie ce qui a été fait en Argentine, ce qui ne pourrait que provoquer en Algérie ce que cela a provoqué en Argentine. Finalement, même le Secrétaire général du FLN, et Premier ministre, Ali Benflis, s'est prononcé contre la privatisation de SDonatrach : le FLN, déclare-t-il à "La Tribune", considère que "Sonatrach représente le poumon de l'économie algérienne et constitue un patrimoine commun à tous les Algériens". Dans ces conditions, "la question de sa privatisation ne se pose pas".
Le Forum des chefs d'entreprise a quant à lui demandé l'ouverture d'un large débat sur des décisions qui concernent "la richesse principale de l'Algérie". Le Forum, qui appelle à "ne pas céder aux pressions étrangères", considère que le système actuel de partage de la production donne de bons résultats, et se demande donc pourquoi il faudrait en changer "pour un système de concession dont nous ne mesurons pas, à ce jour, toutes les retombées politiques et économiques", mais qui pourrait concourir à l'épuisement des réserves et provoquer de gros problèmes "d'approvisionnement énergétique et de financement" dès 2030. Les patrons considèrent que l'avant-projet risque de faire passer "la ressource principale" du sous-sol algérien sous le contrôle "des grandes sociétés pétrolières et gazières mondiales", de réduire les rentrées fiscales, d'entraîner une perte de souveraineté et de mettre en danger "l'utilisation efficiente" des ressources pétrolières disponibles, dont ils rappellent qu'elles ne sont pas renouvelables.
Sonatrach assure 95 à 97 % des revenus en devises de l'Algérie, et 60 % des recettes fiscales de l'Etat.
(L'Actualité, El Watan 13.10) Le chef du RND, Ahmed Ouyahia, s'est exprimé le 12 octobre contre la privatisation de Sonatrach, "cette mamelle de l'Algérie" (du moins dans les circonstances actuelles, puisqu'Ouyahia a ajouté que son parti n'était "pas contre la privatisation" en soi, mais attendait qu'elle apporte "un plus"). Ouyahia a également exprimé l'opposition de son parti à l'avant-projet de loi sur les hydrocarbures, au motif que ce texte ne laisserait à l'Etat algérien que "30 % des puits découverts". Le Premier ministre (et chef du FLN) Ali Benflis lui-même s'est opposé à la privatisation de Sonatrach, "propriété de tout le peuple algérien".
(Le Quotidien d'Oran 17.10) Le ministre algérien de l'énergie, Chakib Khelil, a annoncé que la nouvelle loi sur les hydrocarbures devrait passer au plus tard début 2003, et qu'elle exposera "une vision nouvelle dans la captation des investissements étrangers dans le secteur". Cette loi est contestée dans les milieux politiques (y compris au sein du FLN et du RND, du moins en ce qui concerne son opportunité) et syndicaux (y compris par l'UGTA).
(La Tribune 24.10) Un nouveau programme de privatisations sera présenté au Conseil des participation de l'Etat le 30 octobre, puis au gouvernement, a annoncé le 23 octobre le ministre chargé du sossier des privatisations, Hamid Temmar. Ce programme porte sur la privatisation d'environ 400 entreprises, dont 70 dans un premier temps (dans les six mois). Les entreprises privatisables relèvent de tous les secteurs économiques, y compris le secteur bancaire. Les 70 entreprises privatisables en premier (dont, selon le ministre, la plupart sont à l'arrêt) feront l'objet d'un appel d'offre aux investisseurs algériens et étrangers. Certaines entreprises pourraient faire l'objet d'une ouverture du capital, le 10 % du capital pouvant aller aux travailleurs.
(Le Matin, El Watan 24.10) Sur 1,2 millions d'emplois assurés par le secteur privé en Algérie, un quart (environ 300'000) le sont par le secteur "informel", et les autres par 99'000 entreprises déclarées au niveau des structures d'assurances (soit un peu plus de la moitié du nombre total des entreprises recensées par le registre du commerce) : ce sont les chiffres donnés le 23 octobre lors d'une rencontre débat organisée à l'initiative de la fondation social-démocrate allemande Friedrich-Ebert sur les thèmes des PME-PMI, avec la participation de représentants du ministère des PME. Selon le chercheur Mourad Boukella, le secteur informel algérien preprésenterait un tiers (entre 30 et 35 %) du PIB du pays, et de très nombreuses entreprises évolueraient dans une zone d'"illégalité rampante", l'informel "parasitant" toute l'activité économique en faussant le jeu de la concurrence, en mettant en difficulté les entreprises qui tentent de respecter les règles légales, en privant le Trésor de ressources fiscales et le système d'assurances sociales de cotisations.
(Le Quotidien d'Oran 17.10 / AP, AFP 22.10) Selon le "Canard Enchaîné", la direction générale de la sécurité extérieure (services français de renseignement) aurait rédigé des "notes alarmistes" sur la compagnie privée algérienne Khalifa Airways, du milliardaire Rafik Khalifa. La DGSE évoque les "performances commerciales décevantes", les "résultats financiers non divulgués", l'actionnariat "opaque" et les fonds "mal identifiés" de la compagnie, créée en 1999 et qui emploie 3000 personnes. Selon la DGSE, le coefficient moyen de remplissage des avions de KA est "inférieur à 65 % (et) ne suffit pas à assurer l'équilibre financier de la compagnie", qui mène des "politiques sociale et tarfiaire agressives", ce qui provoque des coûts d'exploitation élevés, et doit faire face à "d'éternels problèmes de trésorerie", mais profite de "financement et (de) passe-droits pour asseoir sa stratégie de croissance". Devenue sponsor de l'Olympique de Marseille, Khalifa a été récemment durement attaquée par le député vert Noël Mamère, qui réclame une enquête parlementaire sur les investissements français de Rafik Khalifa, qu'il accuse d'être "le lampiste" d'une organisation financée par "l'argent des généraux" algériens et l'"argent de la corruption", ce qui lui aurait permis de "payer cash 18 Airbus après le 11 septembre".
Le groupe de Rafik Khalifa a par ailleurs quelques problèmes en France : "Le Monde" a annoncé que le Conseil supérieur de l'audiovisuel français (CSA) avait demandé l'arrêt de la chaîne de télévision de Khalifa, "Khalifa TV" (KTV), qui émet depuis août via un satellite, sans l'autorisation du CSA. En juin dernier, la Banque de France avait rejeté une demande d'ouverture d'un guichet bancaire formulée par la banque de Khalida, Khailfa Bank, et la direction générale de l'aviation civile française refuse toujours d'accorder à Khalifa Airways l'autorisation d'effectuer des vols entre Paris et plusieurs villes algériennes.
(AAI 26.10) Les importations algériennes se sont accrues (en valeur) de 10 % (soit environ 750 millions de dollars) entre les neuf premiers mois de 2001 et les neuf premiers mois de 2002, alors que dans le même temps les exportations (dont les hydrocarbures représentent le 97 %) baissaient de 13,11 % (soit environ 2 milliards de dollars), la balance commerciale extérieure restant cependant positive (pour 5,4 milliards de dollars, contre 8,22 mias dans les neuf premiers mois de 2001). Le taux de couverture des importations par les exportations est donc passé de 209 % à 165 %.
(AAI 27.10 / Quotidien d'Oran 28.10) Le ministère de la Participation et de la promotion de l'investissement (autrement dit : le ministère des Privatisations) a annoncé que 53 % des 1170 entreprises du secteur public économique algérien étaient en "bonne situation financière", et que 15 à 20 % étaient en état de "destructuration financière" et "ont donc besoin de voir leur capital ouvert ou de d'associer dans le cadre du partenariat". Quant au ministre délégué chargé de la Relance économique, Abdelkader Khelil, il a affirmé que le plan de relance du président Bouteflika, lancé en avril 2001, avait permis de créer 370'000 emplois (dont 65 % d'emplois permanents) et de maintenir 11'000 entreprises. Le plan bénéficie d'une enveloppe financière de 525 mias de dinars (environ 11 mias de FS, 7 mias d'Euros) et porte sur 8190 projets, dont 7083 sont achevés ou en cours de réalisation. Selon le ministre, ces projets "ont eu un impact direct sur la satisfaction des besoins essentiels d'une population estimée à près de 10 millions d'habitants" : amémioration des conditions de scolarisation de 900'000 élèves, carrordement de 826'000 personnes aux réseaux de distribution de gaz et d'électricité, "requalification" de quartiers et de cités habitées par 950'000 personnes.
(Quotidien d'Oran 28.10) Le projet de budget (Loi de finances) 2003 a été adopté le 27 octobre par l'Assemblée nationale algérienne (plus précisément par sa majorité FLN-RND) Quelques modifications ont été apportées au projet initial par les députés, qui ont cependant adopté dans ses grandes lignes le projet gouvernemental. Le capital social minimum des sociétés d'importation a été fixé à 10 millions de dinars (env. 150'000 Euros) (la proposition initiale était de 50 millions). La taxe d'habitation (300 DA pour les locaux d'habitation, 1200 DA pour les locaux commerciaux) , que le projet initial proposait d'étendre à l'ensemble du territoire, ne sera applicable que dans les wilayas d'Alger, Annaba, Constantine et Oran, et ailleurs dans les chefs-lieux de wilayas et de daïras. La plupart des autres propositions d'amendement ont été rejetées, comme celle du Parti des Travailleurs de portrer le salaire minimum à 20'000 dinars (280 E / 400 FS environ).
(AP 3.11) La dette extérieure de l'Algérie devrait passer de 22,23 milliards de dollars en 2001 à 20,5 milliards en 2002, a déclaré le 3 novembre le ministre des Finances Mohamed Terbèche. Cette baisse de près de 2 milliards de dollars en un an fait qu'en sept ans (1996-2002), l'endettement de l'Algérie a reculé de près de 12 milliards de dollars. En outre, pour la première fois depuis 1978, les réserves de change de l'Algérie sont supérieure au niveau de la dette (respectivement 22,5 et 20,5 milliards de dollars.
Le ministre a en outre annoncé que la croissance économique pour 2002 devrait atteindre 4,3 % (contre 2,1 % en 2001), et 4,5 % en 2003, et que l'inflation devrait se situer fin 2002 à 3,5 % pour l'année, contre 4,2 % en 2001.
Dans la même conférence de presse, le ministre a reconnu que l'Algérie était désormais menacée par les flux d'"argent sale" provenant notamment du trafic de drogue et d'armes, mais a assuré que les autorités avaient "mis en place un dispositif de lutte contre le blanchiment d'argent sale", sous la forme d'une "cellule spécialisée" de son ministère.
(El Watan 4.11) Deux projets immobiliers de la banque algérienne "Union Bank" ont reçu un soutien de 125 millions de dollars chacun de la part de l'OPIC (Overseas Private Investment Corporation), agence gouvernementale américaine. Ce financement sera assuré par des caiptaux américains sous forme de prêt à long terme, assuré par l'OPIC et garanti par des bons du Trésor. Les deux projets consistent en l'implantation d'une tour (logements et bureaux), de logements de standing et d'un centre commercial à Sidi Abdellah, et de deux tours, une de bureaux et l'autre d'appart-hôtel, ainsi que de villas, d'un port et d'infrastructures au Club des Pins.
(Le Courrier 6.11) A l'occasion de l'annonce de l'ouverture d'une ligne aérienne de Khalifa Airways entre Genève et Alger, les quotidiens suisses "Le Courrier" de Genève et "La Liberté" de Fribourg reviennent et s'interrogent sur l'origine mystérieuse de la fortune du milliardaire algérien Rafid Abdelmoumène Khalifa, dont les sociétés emploient près de 12'500 personnes en Algérie et font un chiffre d'affaire annuel d'un milliard de dollars (ou d'euros), et qui est devenu en moins de dix ans le premier patron privé d'Algérie et l'une des plus grosses fortunes du Maghreb.
Kahlifa est présent dans la pharmacie (Khalifa Pharma), la banque (Khalifa Bank), la location de voitures (Khalifa Rent), les media (Khalifa TV et ANN), la construction (Holzmann), et projette de construire aux portes d'Alger une "ville nouvelle" (Algeria) conçue par l'architecte Ricardo Bofill.ce qui fait dire à la rue algérienne qu'après dix ans de guerre civile, "l'Algérie n'a échappé au califat que pour tomber dans le Khalifa"...
Reste que l'origine de la fortune de Khalifa est mystérieuse : selon les uns, il aurait bénéficié d'une partie du "trésor de guerre" du FLN (son père, Laroussi Khalifa, a été responsable des services secrets algériens); selon les autres, il profiterait de la manne de ses amis émirs du Golfe; selon d'autres encore, son "empire" serait "la plus grande machine à laver l'argent sale des généraux algériens". Khalifa soigne en tous cas son image de marque : il offre un système d'assainissement des aux à Alger, pour 70 millions de dollars, et devient le principal sponsor de l'Olympique de Marseille.
Une quinzaine de grosses fortunes ont émergé de 30 ans de parti unique et de dix ans de massacres en Algérie, pesant ensemble entre 80 et 100 milliards de dinars (entre 2 et 3 milliards de FS, 1,4 et 2 milliards d'Euros) : outre Rafik Khalifa, on peut citer Issad Rebrav (400 millions de dollars ou d'euros, actif dans la métallurgie, l'agroalimentaire, les concessions automobiles et les media), Mustapha Aït Adjedou (3,5 milliards de dinars, laboratoires pharmaceutiques), Hadjas Brahim (Union Bank), Abdelkader Habchi (diamants), Mohammed Sahraoui (immobilier), Mohammed Bouteldja (automobile), Mahfoud Belhadj (transport aérien), mais également l'actuel chef du protocole du président Bouteflika, Rachid Maarif.
(Quotidien d'Oran, Canard Enchaîné 23.10 / L'Actualité 10.11) Le milliardaire algérien Rafik Kalifa a répondu dans l'hebdomadaire français "VSD" aux accusations dont il fait l'objet (pour le député Vert Noël Mamère, Rafik Khalifa n'est qu'un "produit de la Nomenklatura algérienne, qui cherche à recycler son argent sale", et selon "Le Canard Enchaîné", qui fait état de confidences d'industriels algériens, nombreux sont les rejetons des dirigeants (politiques et militaires) algériens à avoir été embauchés par le groupe Khalifa) qu'il avait fait fortune "dans le médicament", en fabriquant une quinzaine de médicaments génériques "dans l'officine de (son) père", et qu'il ne la devait qu'à "la brutale ouverture d'une économie jusqu'alors centralisée". "Jamais ma famille n'a bénéficié de passe-droits", affirme Khalifa.
Noël Mamère accuse Khalifa d'avoir acheté une usine d'armement en Allemagne, et les autorités françaises d'être "extrêmement complaisantes avec le régime algérien". Pourtant, "Le Canard Enchaîné" a fait état d'une note de la DGSE (contre-espionnage français) s'inquiétant des "performances commerciales décevantes", des "résultats financiers non divulgués", de l'"actionnariat opaque", des "fonds mal identifiés" et du cacatère "atypique" de l'empire de Rafik Khalifa. Pour la DGSE, par exemple, "les financements et passe-droits dont profite Khalifa Airways pour asseoir sa stratégie de croissance, alors même que les avis répétés d'experts du transport aérien lui prédisent une faillite prochaine, laissent perplexe". Khalifa affirme cependant que le taux de remplissage de ses avions est de 100 %, alors que la DGSE les estime à 65 %, et que ses activités sont "limpdes" dans tous les secteurs.
(AP 5.11) Le ministère algérien du Commerce a annoncé que près de 700 "marchés informels" occupaient en Algérie une surface totale de 260 kilomètres carrés et faisaient vivre 100'000 personnes. Ces marchés alimentés par le "trabendo" (commerce illcite) sont à 80 % concentrée au centre et à l'est du pays. Ils sont bien fournis en produits importés, qu'ils vendent à des prix défiant toute concurrence légale. 70 % de ces marchés sont quotidiens, les autres hebdomadaires.
(Le Quotidien d'Oran 7.11) Il n'y en encore eu aucune privatisation en Algérie, a déclaré le ministre chargé du dossier, Hamid Temmar, au "Quotidien d'Oran". Selon le ministre, 1112 entreprises algériennes relèvent du secteur public, et un tiers d'entre elles (34 %) sont viables (c'est-à-dire disposent d'un actif net positif, un fonds de roulement, un chiffre d'affaire stable ou en augmentation sur trois ans et un résultat brut d'exploitation positif. A ces entreprises, le ministre assure que le gouvernement "ne touchera pas". Par contre, 204 entreprises seraient en état de destructuration ou en faillite. Les plus de 500 entreprises ne faisant partie ni de la première, ni de la seconde catégorie constitueraient donc le "vivier qui va servir à l'ouverture de capital". Et le ministre prévient : "si on ne fait pas vite, les deux tiers de ce vivier seron morts". Une quinzaine d'entreprise "en voie de destructuration" pourraient être privatisées.
(AP 17.11) La Sonatrach et la British Petroleum (BP) ont signé le 16 novembre à Alger un accord pour le développement de la production de gaz dans la région In Amenas, pour une valeur de 1,8 milliard de dollars. L'accord devrait permettre une augmentation de la production gazière algérienne de près de 50 % d'ici 2005. L'Algérie projette de porter ses exportation de gaz à 85 milliards de m3 par an.
(Tribune 18.11) Invités personnels du ministre chargé du dossier, Nouredine Boukrouh, lors de la quatrième réunion (du 13 au 16 novembre) du groupe de travail chargé de suivre les négociations pour l'adhésion de l'Algérie à l'OMC, le Secrétaire général de l'UGTA (ex-sandicat unique), Abdelmadjid Sidi Saïd, et le président du Forum des chefs d'entreprise (syndicat patronal), Omar Ramdane ont appelé le gouvernement algérien à ne pas commettre "les mêmes erreurs" que lors de la négociation de l'accord d'association avec l'Union européenne. Le ministre a d'ailleurs précisé que la présence des partenaires syndicaux et patronaux du gouvernement ne signifiaient pas qu'ils cautionnaient la politique du gouvernement. Abdelmadjid Sidi Saïd a appelé le gouvernement à éviter toute "précipitation, qui pourrait avoir des conséquences néfastes sur notre économie", et Omar Ramdane à en "finir avec le fait accompli". Selon "La Tribune", les Etats-Unis et l'Australie auraient exigé de l'Algérie qu'elle supprime l'ensemble de ses barrières douanières dans les plus brefs délais, alors que l'Algérie propose une baisse progressive (par paliers de 10 %, après une première baisse de 40 %), et pas forcément générale.
Parallèlement à la négociation sur son adhésion à l'OMC, l'Algérie tente d'engager des négociations pour son association à l'Association européenne de libre-échange (AELE)
(AAI 23.11) La France reste, de loin, le premier fournisseur de l'Algérie en octobre 2002, avec 22,61 % des importations algériennes, devant l'Italie (9,99 %), l'Allemagne (7,35 %), les USA (5,71 %), l'Espagne (5,6 %), le Canada (4,83 %) et le Japon (3,73 %). L'Italie reste par contre le premier client de l'Algérie, avec 18,82 % des exportations algériennes, suivie des USA (12,83 %), de l'Espagne (9,41 %), de la France (8,24 %), des Pays-Bas (6,69 %) et du Brésil (6,07 %). La comparaison entre octobre 2001 et octobre 2002 fait état d'une augmentation de la valeur des importations de 2,36 % et d'une diminution de la valeur des exportations de 18,61 %.
(L'Actualité 24.11) 35'000 travailleurs n'ont pas reçu leurs salaires depuis plusieurs mois, annonce le Secrétaire national de l'UGTA chargé des conflits, Boualem Bouzidi. Certains de ces travailleurs entament leur quatrième année consécutive sans salaire. L'UGTA estime en outre que 400'000 travailleurs ont perdu leur emploi dans le secteur de la construction.
(El Watan 25.11) Le ministre de l'Energie, Chakin Khelil, a annoncé le 23 novembre le dépôt du projet de loi sur les hydrocarbures. Ce projet est très durement contesté par une partie des syndicats (y compris au sein de l'UGTA), par une partie du patronat et par l'opposition politique (FFS, PT), mais également par une partie du FLN et du RND.
(El Khabar 28.11) L'Algérie adhérera à l'OMC avant fin 2004, a annoncé le ministre du Commerce Noureddine Boukrouh. Neuf secteurs économiques des services seront libéralisés et ouverts à la concurrence étrangère, dont les télécommunications, la construction, la distribution, les finances, l'environnement.
(AFP 30.11) Une nouvelle série de négociations sur l'adhésion de l'Algérie à l'Organisation mondiale du commerce (OMC) est prévue en mars 2003 à Genève, a annoncé l'agence officielle algérienne APS, citant le ministre du Commerce, Nouredine Boukrouh. Ces discussions porteront notamment sur le calendrier des transformations juridiques et législatives exigées de l'Algérie pour qu'elle se conforme aux normes de l'OMC. Nouredine Boukrouh a cependant annoncé que 90 % des textes de lois algériens étaient déjà conformes aux règles de l'OMC.
(El Watan, Le Quotidien d'Oran 2.12) "S'il faut sortir à nouveau dans la rue pour défendre nos entreprises et nos droits matériels et moraux, nous le ferons", a menacé le secrétaire national de l'UGTA Mohamed Lakdar Badredine, lors d'une rencontre avec les responsables syndicaux des syndicats du pétrole, de la chimie et des mines -rencontre lors de laquelle l'opposition des syndicats à la privatisation, même partielle, de Sonatrach (mais également de Naftal, GCB ou de la Sonelgaz), et donc à l'avant-projet de loi sur les hydrocarbures proposé par le ministre Chakib Khelil, a été réaffirmée. La menace d'une grève générale a été lancée.
(Le Quotidien d'Oran 2.12) Le Forum des chefs d'entreprise algériens (FCE, syndicat patronal) a lancé le 30 novembre une campagne (prévue pour durer une année) pour inciter les consommateur algériens à "consommer algérien", c'est-à-dire à privilégier les produits algériens aux produits importés. Cette campagne a été saluée comme une "initiative louable" par le secrétaire général de l'UGTA, Abdelmadjid Sidi Saïd, qui a déploré que "depuis dix ans, le marché algérien (soit) envahi par les produits étrangers", au nom de l'ouverture de l'économie nationale.
(Algeria-Interface 29.11) "La privatisation des terres agricoles a déjà commencé", constate Algeria-Interface. Un nouveau projet de loi sur le foncier prévoit la concession des terres publiques à leurs exploitants et l'entrée de capitaux privés dans les parts des domaines agricoles, mais "les grosses fortunes ont commencé à acheter aux paysans le droit de jouissance de leurs exploitation" avant l'entrée en vigueur de la loi, et en attendant les privatisations, constate le magazine internet d'information sur l'Algérie.
En 1987, une loi a accordé aux agriculteurs un droit de jouissance perpétuelle des terres publiques qu'ils cultivaient, contre paiement d'une redevance. C'est cette loi que le projet entend modifier, en accordant des concessions de terres à leurs exploitants (ou à leurs descendants, ou à leurs ayant-droit) pour 90 ans, renouvelables, moyennant redevance. Ces concessions pourraient être cessibles à tout "apporteur de capitaux", même extérieur au secteur agricole.
Depuis quelques mois, constate Algeria-Interface, "les cessions des titres (d'exploitant de terres publiques) ont (...) pris de l'ampleur, au point de nécessiter une intervention du ministre de l'Agriculture, en juillet 1992", qui a du rappeler que ces terres ne pouvaient être vendues (ni ces titres d'exploitation), les biens de l'Etat étant constitutionnellement inaliénables. La loi de 1987 accordait aux exploitants un droit de jouissance sur le terre, mais également un droit de propriété sur le patrimoine lié aux exploitations (infrastructures, équipements, matériel). "Les capitalistes qui rôdent autour des agriculteurs ont déjà acheté locaux, étables et bâtisses en tout genre", louent des terres à l'année, achètent à l'avance les productions -bref, utilisent toutes les possibilités que la loi de 1987 ouvre, ou n'exclut pas formellement. Quand obstacles légaux il y a, ils sont d'ailleurs contournés par l'usage de prête-noms. "La privatisation de l'agriculture a déjà commencé dans la Mitidja-ouest et ailleurs, sur le Sahel", constate Algeria-Interface, qui donne l'exemple de l'ancien domaine colonial Borgeaud, à proximité du Club des Pins, devenu le domaine de Bouchaoui-Marine, où des quote-parts d'exploitants agricoles ont été reprises par le richissime homme d'affaire Djillali Mehri, propriétaire de Pepsi-Cola-Algérie.
L'Algérie compte près d'un million d'exploitations agricoltes, dont près de la moitié (48,2 %) cultivent des céréales, et dont 97 % exploitent des terres publiques. 94 % de ces exploitations sont des exploitations individuelles (ou familiales), 3,7 % des exploitations collectives, 1,5 % des sociétés civiles (ou familiales). Près des deux tiers (62 %) des exploitations agricoles sont de moins de 5 hectares (le total de la superficie agricole utile du pays est de 8,6 millions d'hectares). L'agriculture algérienne emploie 2,3 millions de personnes, dont 42,3 % d'exploitants et 54,5 % de travailleurs permanents. 43 % des exploitants ont entre 41 et 60 ans.
(El Khabar 4.12) La Banque d'Algérie s'apprête à dévaluer le dinar de 2 à 5 % en janvier 2003, annonce "El Khabar". Cette dévaluation aurait essentiellement pour but de réduire la masse monétaire circulant sur le marché parallèle, en rapprochant le cours officiel de la monnaie algérienne de son cours officieux, dont les experts s'accordent à penser qu'il est plus proche de la valeur d'échange réelle du dinar que le cours officiel, surévalué.
(AAI 8.12) L'Algérie a besoin d'un taux de croissance moyen de 5,5 % pour stabiliser son taux de chômage actuel, et d'un taux de croissance moyen de 7 % pour le réduire, a estimé le directeur d'"Ecotechnics", Ighil Ahriz Saïd, en présentant lors d'un séminaire organisé à Alger par la Chambre française de commerce et d'industrie en Algérie, le 8 décembre. Or le taux de croissance prévu de l'Algérie restera largement en dessous de ces seuils, puisqu'il ne devrait atteindre les 4 % qu'en 2004.
En 2002, selon les prévisions du rapport de conjoncture d'Ecotechnics, 290'000 nouveaux travailleurs potentiels seront arrivés sur le "marché du travail", pour 150'000 nouveaux emplois créés (déduction faite des emplois supprimés), ce qui ferait passer le taux de chômage de 27,3 % à 28,2 % de la population active, et cela alors même que, toujours selon le rapport de conjoncture, l'investissement total pourrait avoir augmenté de 6 % en un an (contre 2,2 % en 2001, 3,9 % en 2000).
Fin juin 2002, le nombre de salariés du secteur public industriel était de 185'000, ce secteur assurant le 60 % de la valeur ajoutée de l'ensemble de l'industrie manufacturière. La production globale du secteur public industriel a cependant reculé de 3,6 % pendant le premier semestre 2002, certains secteurs connaissant une augmentation de leur production en valeur (+ 4,7 % pour l'électricité et le gaz, + 6,3 % pour les matériaux de construction, + 5,3 % pour le bâtiment et les travaux publics), d'autres une diminution parfois considérable (- 19,7 % dans l'agro-alimentaire - 10,2 % pour le cuir).
(El Watan 9.12) Annonçant une prochaine rencontre entre le Secrétaire général de l'UGTA, Abdelmadjid Sidi Saïd, et le ministre des privatisations, Hamid Temmar, le Secrétaire national de l'UGTA, chargé des affaires économiques, Mohamed Lakhdar Badreddine, a à la fois rappelé l'opposition "claire et définitive" de la centrale syndicale à toute privation "des entreprises publiques fiables et stratégiques", et son ouverture à la privatisation "des entreprises dites destructurées, mais au cas par cas", sur la base d'un "bilan économique et non comptable", et lorsqu'elles n'ont "aucune chance de redémarrer" autrement.
(Liberté 9.12) La Commission des Finances de l'Assemblée nationale française a refusé le 5 décembre de créer une commission d'enquête sur "l'origine des fonds du groupe algérien Khalifa et leur utilisation en France", proposition faite par le député Vert Noël Mamère. La Commission des Finances a estimé qu'elle n'avait pas compétence pour enquêter sur un groupe étranger, et que la proposition de Noël Mamère ne reposait pas sur suffisamment d'informations précises et étayées.
(ATS 12.12) Les ministres de l'Association européenne de libre échange (AELE)* réunis à Interlaken, en Suisse, ont signé le 12 décembre une déclaration de coopération avec l'Algérie, pour qui cette déclaration représente un premier pas vers un véritable accord de libre-échange. Pour le ministre suisse de l'Economie, le Conseiller fédéral Pascal Couchepin, il s'agit d'une étape vers la création d'un grand espace économique euro-méditerranéen. Le ministre algérien du Commerce, Nourredine Boukrouh, a exprimé l'espoir que l'AELE appuie l'Algérie dans ses négociations d'admissions à l'OMC. La déclaration signée le 12 décembre n'engage pas ses signataires à grand chose, sinon à des contacts réguliers pour élaborer un accord.
* L'AELE (ne) réunit (plus que) la Suisse, la Norvège, l'Islande et le Liechtenstein.
(Le Matin, El Watan, Quotidien d'Oran 16.12) Une rencontre le 15 décembre entre le Secrétaire général de l'UGTA, Abdelmadjid Sidi Saïd, et le ministre des privatisations, Hamid Temmar, a illustré la contradiction des positions du syndicat et du gouvernement sur tous les dossiers faisant l'objet de projets de "réforme" de la part du gouvernement -dont le chef, Ali Benflis, a appelé à conclure un "pacte social".
Pour Hamid Temmar, les indicateurs de gestion du secteur public signalent une situation catastrophique : "sur 1144 entreprises publiques, il est établi un endettement total de 1202 milliards de dinars" (ou de 14 milliards de dollars, dont 99 % exigibles à court terme, pour 1112 entités dont les bilans certifiés sont disponibles) et une valeur soustraite (ou valeur ajoutée négative) de 226 milliards de dinars.Le ministre affirme en outre que, malgré cette situation catastrophique, les salaires du secteur public (dont les effectifs sont passés, pour le secteur public industriel, de 397'000 emplois en 1999 à 364'000 en 2002) ont augmenté de 120 % entre 1995 et 2000 (mais de seulement 30 % dans le secteur privé). Enfin, Hamid Temmar a estimé que si 381 entreprises publiques étaient viables, 120 étaient en difficulté (mais disposaient d'un marché), 242 en voie de destructuration, 167 déjà déstructurées et 53 fermées (mais les salaires de leurs employés seraient assurés). Une quarantaine d'entreprises en difficulté devraient être privatisées ("il ne faut pas toucher aux entreprises qui se portent bien", a déclaré le ministre), et pour remettre le secteur public "à niveau", l'Etat devrait débourser entre 50 et 60 milliards de dollars.
Ce discours a été qualifié par Sidi Saïd de tentative de mettre le syndicat "devant le fait accompli" de "privatisations tous aziomuts", alors que, selon le Secrétaire général de l'UGTA, le secteur public n'est pas du tout dans l'état catastrophique où le dépeint le ministre, et qu'un tiers (333) des entreprises du secteur public ont pu dégager en 2000 un bénéfice de 343 milliards de dinars. Abdelmadjid Sidi Saïd accuse le gouvernement de ne se préoccuper que de l'intégration de l'Algérie à l'OMC, de ses engagements avec l'Union Européenne et des conséquences du démantèlement tarifaire, "sans préparer l'outil de production nationale à la compétition".
Le Conseil national économique et social (CNES), qui a ouvert sa session plénière ordinaire le 15 décembre, a d'une certaine manière conforté la position de l'UGTA en dénonçant, par la voix de son président Mohamed Salah Mentouri, les thèses ultralibérales "invalidées dans la réalité" et dont l'échec est "consommé en Algérie", mais qui animeraient toujours les projets gouvernementaux. Mentouri a appelé à "démystifier le discours faisant du désengagement de l'Etat la seule forme du devenir économique compatible avec le système de marché, selon le dogme ultralibéral pernicieusement introduit chez nous dans le sillage des programmes d'ajustement structurel".
(L'Actualité, Le Quotidien d'Oran 18.12) Deux jours après une rencontre avec le ministre des privatisations, Hamid Temmar, la direction de l'UGTA a réitéré son oppposition à la politique du gouvernement, et en particulier à la privatisation annoncée de quarante entreprises publiques (dont 22 dans le secteur agro-alimentaire, comme Giplait, Enasucre, Enajuc). Pour le Secrétaire général de la centrale syndicale, Abdelmadjid Sidi Saïd, l'Etat est seul responsable de la faillite de certaines entreprises publiques, "car il y a incohérence dans la gestion des affaires du pays".
Dans une déclaration, la direction du Parti des Travailleurs a dénoncé "la fin de non-recevoir qu'a opposée Temmar aux aspirations légitimes de l'UGTA", et la "provocation" à l'égard de "tous les travailleurs" que représente le plan de privatisation et le projet de création de zones franches, adoptés par le gouvernement. Pour le PT, "c'est une véritable guerre qui est (déclarée) contre la production nationale", par un gouvernement qui veut "généraliser la déréglementation et la contractualisation", au risque de signer "la mort programmée de la nation algérienne". Le même objectif "sous-tend la politique de l'autruche du gouvernement" en Kabylie, ajoute le PT, qui appelle les partis et les syndicats à constituer un "front uni contre cette offensive féroce".
Pour sa part, le ministre de la Participation et de la promotion de l'investissement a défendu, devant des hommes d'affaires japonais, l'ensemble de ses projets libéraux, et affirmé qu'il existait au Parlement algérien un "bloc réformateur" capable de les faire passer. Hamid Temmar a reconnu que, le secteur des hydrocarbures mis à part "l'économie algérienne (connaissait) une sérieuse récession que nous n'arrivons pas à surmonter", et affirmé que "l'efficience de notre économie passe par la libéralisation totale", c'est-à-dire un "changement radical de l'environnement économique national".
Quant au ministre de l'Energie et des mines, devant la même délégation d'hommes d'affaires japonais, il s'est placé sur la même ligne en déclarant que "la libéralisation de l'économie est au point de non-retour", et en affirmant qu'elle implique la "suppression des monopoles de fait", la loi sur les hydrocarbures (actuellement au stade de l'avant-projet) venant "compléter l'édifice d'ouverture".
(La Tribune 26.12) Le Conseil des ministres a avalisé le 25 décembre la proposition de privatisation de 40 entreprises publiques, dont 22 dans le domaine agroalimentaire. Selon le communiqué de la présidence de la République, les entreprises privatisables devront, prioritairement, être des entreprises "en difficulté".
(AAI 24.12) Près de 200'000 dossiers (197'919) de travailleurs licenciés pour raisons économiques ont été déposés avant la fin septembre 2002 auprès de la Caisse nationale de chômage. 94,12 % de ces dossiers devraient donner droit à des prestations d'assurance chômage. A ces dossiers s'ajoutent ceux (près de 170'000) des bénéniciaires de ces prestations qui ont épuisé leurs droits au 30 septembre. En une année, le nombre de dossiers de demande d'indemnisation a progressé de 0,75 %, et le nombre de "fins de droits" de 10,91 %.
(La Tribune, El Watan, Le Jeune Indépendant 26.12) Dénonçant le projet de loi sur les hydrocarbures et les orientations économiques du gouvernement comme étant inspirés par des forces étrangères dont l'objectiof est "le démantèlement de l'Algérie et le dépeçage de la République", la porte-parole du Parti des Travailleurs, Louisa Hanoune, a accusé les ministres Temmar (privatisations), Louh (Travail) Boukrouh (Commerce) et Chakib Khelil (Energie) d'être "en mission aux services des étrangers", du FMI, de la Banque mondiale et des multinationales le dernier cité ayant "failli au serment des martyrs de la guerre de libération nationale". Louisa Hanoune accuse en outre le gouvernement de maintenir le pourrissement de la situation en Kabylie pour faire passer les privatisations, et de vouloir créer par les zones franches des "aires d'esclavage" où le "droit syndical n'existe pas". Le Parti des Travailleurs appelle tous les acteurs politiques et syndicaux à "dresser un front uni contre une offensive féroce avant qu'il ne soit trop tard".
(AAI 28.12) La dette extérieure de l'Algérie devrait diminuer de deux milliards de dollars entre décembre 2001 (22,5 mias) et décembre 2002 (20,5 mias), selon le ministre des Finances, Mohamed Terbèche. En 1996, la dette extérieure algérienne était encore de 33,5 milliards de dollars. Fin 2002, la dette extérieure algérienne devrait être totalement couverte (et même un petit peu plus) par les réserves de change (21,7 milliards).
Le ministre a ajouté que selon ses statistiques, le revenu moyen par habitant de l'Algérie se situait actuellement à 1700 dollars par an.
(Le Jeune Indépendant 29.12) Le Premier ministre Ali Benflis a réitéré le 28 décembre sa volonté de mener à bien la politique de privatisations décidée par son gouvernement, et en laquelle il voit "un moyen devant permettre léamélioration de l'économie nationale" et du "positionnement" de l'Algérie dans l'économie mondiale. Le Premier ministre a par ailleurs affirmé la nécessité d'une concertation entre partenaires sociaux pour mener à bien cette politique de privatisations, affirmation qui, selon le secrétaire général de la centrale syndicale UGTA, Abdelmadjid Sidi Saïd, prouve que "Benflis est un homme de grande intelligence" et que "la sagesse a pris le dessus".
(Le Monde 31.12) "Le Monde" relance les questions qui se posent (en France, bien plus qu'en Algérie) sur le groupe Khalifa, dans une enquête qui ne répond à aucune de ces questions, mais en fait une recension assez exhaustive : d'où vient l'argent ? Quelles sont les ressources réelles du groupe ? Quels sont ses soutiens ?
Le groupe Khalifa fait l'objet en effet d'interrogations persistantes, et d'accusations explicitesou implicites d'être une structure de blanchiment de l'argent des généraux algériens, le "prête-nom d'intérêts occultes moyen-orientaux". Les services de renseignement français eux-mêmes se sont interrogés sur le groupe de Rafik Khalifa : une note du contre-espionnage, publiée par "Le Canard Enchaîné" en octobre 2002, suggère que Khalifa serait l'homme de paille des "décideurs" algériens, et en particulier de Larbi Belheir, directeur de cabinet du président Bouteflika, et de l'homme d'affaire Abdelkader Koudjeti -les deux hommes démentent, Larbi Belkheur affirmant au monde : "Je n'ai rien à voir avec lui. Je n'ai pas investi un centime dans ses affaires et aucun de mes enfants ne travaille dans l'une de ses sociétés". Deux frères du président Bouteflika travaillent cependant pour le groupe Khalifa, signale "Le Monde".
Aucune enquête n'a cependant confirmé en France que les activités de Khalifa, dans les secteurs aérien, bancaire, pharmaceutique, de la location automobile, du bâtiment et des travaux publics ou des media aient quelque chose de juridiquement condamnable. En revanche, selon l'enquête du "Monde", il "semble exister un décalage entre son image de réussite et l'état de sa richesse".
Khalifa déclare employer plus de 10'000 personnes, déclare un chiffre d'affaire de 850 millions d'Euros (pour tout le groupe), mais ne donne pas le détail de ce résultat. Le groupe fonctionne dans l'opacité financière, et possède peu de capital et de fonds propres. Il semble surtout reposer sur le flux financier généré par sa compagnie aérienne (Khalifa Airways).
Rafik Khalifa s'est lancé dans les affaires en 1991, en profitant de l'ouverture du marché des médicaments en Algérie, ce qui a lui permis de constituer un capital de départ pour se lancer ensuite dans de nombreuses activités. En 1991, précisément, alors que l'Algérie, sur pression du Fonds monétaire international, libéralise l'importation de médicaments tout en taxant fortement les produits chimiques permettant leur fabrication sur place, Khalifa obtient le droit de distribuer quinze médicaments, "grâce au soutien de hauts fonctionnaires du ministère de la Santé algérien, dont l'un sera intégré à la tête de la banque Khalifa". Disposant d'une filiale à Vitrolles, près de Marseille, il s'arroge un quasi monopole sur ces médicaments, et peut gonfler ses profits en jouant sur le taux de change dinar/franc français. Selon le groupe, sa branche médicaments génère actuellement un chiffre d'affaire relativement modeste, de l'ordre de 40 millions d'Euros.
Dès 1998-1999, Khalifa se lance dans les secteurs bancaire et aérien. Il fait jouer ses relations politiques en France (notamment un député de droite -dont "Le Monde" ne cite pas le nom, mais précise qu'il "a été rémunéré pour cette intervention"- qui va vanter les mérites de l'entreprise aux autorités françaises pour l'aider à obtenir l'agrément du ministère des Transports. Le retrait d'Air Liberté et d'Air France deslignes entre la France et l'Algérie ouvre la voie à Khalifa, qui va disposer bientôt d'une flotte d'une quarantaine d'appareils, dont dix-huit Airbus en leasing (Airbus affirme ne pas s'interroger sur la solidité financière de Khalifa et le faible taux de remplissage de ses avions).
Quant à la Khalifa Bank, crée à la mi-1998, et qui a réussi à débaucher des employés et des cadres de la Banque d'Algérie, "sa croissance doit (beaucoup) aux lignes de crédit accordées èar la Banque de développement local (BDL), dont l'un des responsables travaillera plus tard pour Khalifa Airways", note "Le Monde". Khalifa a également racheté une petite banque mutualiste allemande pour être présent en Union Européenne. La Banque de San Paolo joue le rôle de banque correspondante en France, mais, selon la Banque de France, citée par "Le Monde", "les liens entre le groupe algérien et Dubaï et l'omniprésence de la banque algéro-saoudienne auraient joué en (la) défaveur (de Khalifa)."
Dans les media, le groupe Khalifa a lancé (en s'y reprenant à deux fois) Khalifa TV en France.
Dans le bâtiment et les travaux publics, Khalifa a racheté, en septembre 2002, une partie des activités du groupe allemand Holzmann, afin de permettre de participer au projet du gouvernement algérien d'investir plusieurs milliards d'Euros dans le bâtiment et le logement, programme auquel il serait possible de participer avec peu de fonds propres (le client paye avant de recevoir les travaux) et dont les vrais opérateurs sont des sous-traitants locaux. Ce mode de développement semble d'ailleurs résumer le fonctionnement de Khalifa : "sans capital, fortement rémunérateur, mais dont la survie dépend d'une marche en avant constante", ce qui s'apparente quelque peu à une pratique financière connue sous la dénomination de "cavalerie". Lors de contacts récents entre les patrons algériens et français, les premiers ont, selon "Le Monde", mis en garde les seconds contre le risque de voir le groupe Khalifa confronté à l'avenir à des difficultés financières en raison "d'investissements importants, de prêts à fort taux et d'une dette croissante".
En France, le mandataire des filiales françaises du groupe, Djamel Guelimi, a été radié des registres du commerce le 11 septembre, pour avoir refusé de remplir ses obligations en termes de déclarations. Pour autant, Khalifa multiplie en France des opérations de communication lui donnant une image de dynamisme qui lui permet d'estomper le questionnement sur sa réalité. Le 11 juin 2001, le groupe Khalifa et le cluf de football de l'Olympique de Marseille ont signé un accord de sponsoring sur cinq ans pour 1,4 million d'Euros. Khalifa est également entré dans le capital du club de rugby de Bordeaux-Bègles pour 600'000 Euros sur deux ans. Et pour le premier lancement (avorté) de sa chaîne de télévision, Khalifa TV, le groupe a invité (en les payant pour cela) en septembre 2002 à Cannes une brochette de personnalités diverses : les actrices Mélanie Griffith, Catherine Deneuve, Pamela Anderson, l'acteur (et ami de Rafik Khalifa) Gérard Depardieu, les chanteurs Sting, Bono, Cheb Mami, l'ancien ministre socialiste français de la culture Jack Lang, le président de l'"Année de l'Algérie en France", Hervé Bourges...
En Algérie, il ne semble pas, constate "Le Monde", que "la fulgurante ascension" de Khalifa suscite polémique : lorsque les journaux algériens "se risquent" à évoquer cette ascention, c'est soit pour reprendre les interrogations exprimées en France, soit pour prendre la défense de Khalifa, sans trop s'interroger sur l'origine de sa fortune. "Le Monde" note que "Khalifa Airways a su faire de chaque ouverture de ligne internationale un événement fort apprécié des journalistes", à qui sont offerts un logement dans "les meilleurs palaces" et un petit viatique financier (l'équivalent de plusieurs mois de salaires lors de l'inauguration de la ligne Alger-Dubaï en avril 2001). "Des patrons de journaux (...) seraient rétribués par Khalifa pour le conseiller au matière de communication", la progéniture d'autres aurait été embauchée par le groupe. Khalifa userait des mêmes pratiques avec les hommes politiques, et soignerait son image auprès de l'opinion publique (transport des artistes pour le Téléthon au profit des victimes des innondations de 2000, vacances pour des orphelins dans le Sahara, don de deux stations d'épuration aux Algérois, mais surtout embauche, dans un pays où le chômage frappe un tiers de la population active).
2003
(Le Quotidien d'Oran 5.1 / El Watan 6.1) La centrale syndicale UGTA semble vouloir se préparer à une campagne "intensive" contre l'avant-projet de loi gouvernemental sur la création de zones franches, qualifié de "loi scélérate" par les syndicalistes, et adopté par le Conseil des ministres à la fin décembre. L'UGTA annonce qu'elle mènera campagne contre l'adoption du projet par le parlement, "au même titre que (ce qu'elle a fait contre) la loi sur les hydrocarbures", et dénonce dans ce projet un "bradage du pays". Le projet propose l'exonération totale d'impôt, taxes et prélèvements fiscaux, parafiscaux et douaniers des opérateurs économiques actifs dans les zones franches; il propose également d'introduire la possibilité pour le personnel étranger non résident d'être placé sous un régime de sécurité sociale autre que le régime algérien, avec la possibilité pour l'employeur et l'employé, dans ce cas, de ne pas payer les contributions et cotisations de sécurité sociale algériennes.
S'agissant de l'avant-projet de loi sur les hydrocarbures, le président Bouteflika a annoncé son retrait, décision saluée par le secrétaire générale de la fédération du pétrole et du gaz de l'UGTA, Mohamed Lakhdar Badreddine comme une "sage décision" s'inscrivant dans le cadre de la sauvegarde de l'intérêt national. L'UGTA considère que son opposition à cet avant-projet a été déterminante dans la décision du président de retirer ce projet contesté.
(Le Jeune Indépendant 9.1) L'absence de l'avant-projet de loi sur les hydrocarbures de l'ordre du jour de la session d'automne de l'Assemblée nationale pose la question de savoir si ce texte a été retiré, ou seulement "gelé" par le président de la République (ou par le gouvernement). "Le Jeune Indépendant" se demande si ce retrait ou ce gel ne fait pas finalement le jeu des Américains, qui pourraient avoir à perdre à la fixation de nouvelles règles du jeu dans un secteur où ils sont, actuellement, les plus gros investisseurs, et où ils ont les moyens (notamment par l'observation satellitaire) d'évaluer les réserves de l'Algérie en hydrocarbures, dans des gisements non exploités, réserves que les Algériens eux-mêmes ne connaissent pas (le ministre de l'Energie, Chakib Khelil, avait confirmé à "Algeria-Interface" que, contrairement aux pays du Golfe, par exemple, l'Algérie ne connaît pas ses réserves. Le ministre avait donné à son projet pour fonction, entre autres, de corriger des "asymétries d'informations", "asymétries" qui jouent actuellement en faveur des Américains, présents dans le sud algérien avec plus de quatre milliards de dollars d'investissements.
(El Khabar 13.1) Selon "El Khabar", le ministre de l'Energie Chakib Khelil aurait l'intention de quitter son poste à la tête de la société nationale des hydrocarbures, Sonatrach. Cette "double casquette" était, depuis que Chakib Khelil la portait, durement critiquée. Le ministre serait, selon le quotidien, "à la recherche d'un jeune cadre pour le remplacer à la tête de Sonatrach".
(El Khabar 16.1) Les réserves de change de l'Algérie ont, pour la première fois depuis l'indépendance, dépassé (avec 23 milliards de dollars) la valeur de la dette extérieure (20,5 mias), fin décembre 2002. Avec ses réserves actuelles de change, l'Algérie peut couvrir la totalité de ses importations pendant deux ans.
(Quotidien d'Oran 16.1) Huit contrats de financement ont été signés entre Sonatrach et huit banques européennes, pour un montant global de 3,2 milliards d'Euros, dont 2,1 mias avec cinq banques françaises (BNP Paribas, Société Générale et Banques Populaires pour 500 mios chacune, 350 mios pour le Crédit Lyonnais et 250 mios pour le Crédit Agricole.
(AAI 15.1) Sur six à sept millions d'"actifs" rétribués pour leur travail, seuls 3 millions et demi cotisent aux caisses sociales, a indiqué le secrétaire général de la Fédération nationale des travailleurs retraités le 14 janvier. Cette évasion fiscale, qui fragilise considérablement le système de protection sociale algérien, est du à la non-déclaration de leurs revenus par des travailleurs et à la non-déclaration de travailleurs par leurs employeurs.
(El Watan 19.1) La hausse de l'Euro par rapport au dollar commence à poser un problème économique important à l'Algérie, dont les exportations (essentiellement d'hydrocarbures) sont payées en dollars, mais qui paie l'essentiel de ses importations (l'Europe étant son principal fournisseur) en Euros. Le prix des produit importés augmente donc, alors que la valeur des produit exportés diminue. L'Euro avait été quoté (au cours officiel) à un pour 72 dinars au moment de son lancement. Il est aujourd'hui coté à 85 dinars. Au cours parallèle, l'Euro valait 80 dinars au moment de son lancement, et en vaut aujourd'hui 95. Et au cours officiel (à Paris), on vient pour la première fois de tomber au dessous de 1,70 Franc suisse pour 100 dinars.
(El Khabar, Jeune Indépendant 30.1) Selon un rapport du Fonds Monétaire International, évoqué par "El Khabar", la situation financière de l'Algérie connaîtrait un "développement spectaculaire", grâce notamment au fort recul (10 milliards de dollars en trois ans) de la dette extérieure et du service de la dette (qui se situerait autour du quart de la valeur des exportations).
En même temps que le FMI rendait public son rapport sur l'Algérie, la Compagnie française d'assurance pour le commerce extérieur (COFACE) rendait publique sa notation pour l'Algérie pour 2003, la même qu'en 2002 : note B, risque médérément élevé à moyen terme. La Coface constate que "l'économie reste très dépendante du secteur des hydrocarbures et des conditios climatiques, s'agissant de l'agriculture", et que le niveau élevé du chômage "accentue les tensions sociales". L'organisme français estime en outre que le processus de réformes structurelles engagé par le gouvernement est trop lent, que le secteur bancaire est trop faible et le contrôle des changes trop pointilleux.
(Le Jeune Indépendant 30.1) Dans un entretien accordé au "Jeune Indépendant", le ministre algérien de la Justice, Mohammed Charfi, a reconnu que l'indépendance de la justice algérienne n'était pas consacrée, et que les magistrats algériens étaient "trop fragiles" aux pressions de leur environnement : "le juge n'est indépendant que lorsqu'il sait qu'il n'a rien à craindre de rien et de personne. Et dans les conditions actuelles, on n'en est pas encore là", a reconnu le ministre, qui a également reconnu l'existence de la corruption au sein de la magistrature (qu'il a attribuée au faible niveau de salaire des magistrats) et a en outre constaté que la justice manquait des "moyens matériels et techniques" nécessaires à l'accomplissement de sa tâche, et reconnu que la possibilité de libération conditionnelle de détenus "n'est pas suffisamment utilisée".
(AFP 27.2) Trois collaborateurs, dont un "très proche", du millardaire Abdelmounène Khalifa, ont été arrêtés le 24 février à l'aéroport d'Alger, porteurs d'une forte somme d'argent (2 millions d'Euros), pour infraction au contrôle des changes, alors qu'ils embarquaient pour Paris. La somme aurait été changée sur le marché parallèle d'Alger, où le cours de l'Euro est de 100 dinars (contre 85 au cours officiel). Une somme comparable aurait en outre été saisie au domicile de l'un des collaborateurs de Khalifa.
(AAI, L'Actualité 2.3) Le ministre de l'Energie et des mines, Chakib Khelil, a réaffirmé que la réforme projetée par le gouvernement dans le secteur des hydrocarbures ne visait "en aucun cas" à privatiser Sonatrach : Sonatrach est "l'argenterie de la famille... on ne va tout de même pas le vandre", a lancé le ministre, également PDG de l'entreprise publique, qui assure que la réforme de la loi sur les hydrocarbures "ne contient aucune notion de privatisation et ne vise que le renforcement de Sonatrach". Quant à l'opposition qui s'est manifestée face à cette réforme, Chakik Khelil en accuse les "rentiers" qui ont peur de perdre leurs "privilèges".
Quant à la centrale syndicale UGTA, opposée aux projets gouvernementaux, et qui demande le retrait pur et simple (et pas seulement le gel) de l'avant-projet de loi sur les hydrocarbures, son secrétaire général Abdelmadjid Sidi Saïd a exprimé, après la grève générale des 25 et 26 février (suivie selon les chiffres syndicaux par 92,88 % des 5 millions de salariés du pays), son attente de "réponses concrètes du gouvernement", et accusé les ministres Chakib Khelil et Hamid Temmar de "faire fi" des engagements gouvernementaux.
(AP, AAI, El Khabar, Le Jeune Indépendant 6.3) Un administrateur provisoire, Mohammed Djellab, a été nommé à la tête de la Khalifa Bank le 2 mars, après que deux cadres du groupe aient été arrêtés à l'aéroport d'Alger, porteurs de deux millions d'Euros en expèces non déclarés. Depuis le 27 novembre 2002, la banque Khalifa est également soumise à une mesure conservatoire de suspension des transferts de fonds vers l'étranger, "suite (à) différentes irrégularités constatées dans le fonctionnement d'Al Khalifa". Une enquête de l'Inspection générale des finances et de la Banque d'Algérie avait été ordonnée, sur des transactions de 200 millions d'Euros. La Banque d'Algérie a expliqué que la commission bancaire avait du prendre la décision de nommer un administrateur provisoire "devant l'incapacité du management d'Al Khalifa Bank à prendre le mesures requises" par la "situation dèlorable" de la banque "et par voie de conséquence de tout le groupe", et pour "endiguer tout risque de détérioration de la situation financière" de la banque. Le même 2 mars, la majorité des vols intérieurs de Khalifa Airways ont été annulés, sans explication autre que celle d'un réaménagement du programme de la compagnie après la remise de cinq appareils à leur propriétaire turc en raison de la cessation du paiement de location. Le 5 mars, le groupe Khalifa a organisé une conférence de presse, où la PDG de Khalifa TV, Djaouida Djazaerli, a affirmé qu'il n'y avait "pas de risque de faillite", et a appelé à ne pas "politiser" une affaire économique, mais on note depuis plusieurs jours un afflux massif de déposants aux guichets de Khalifa, pour opérer des retraits d'avoirs. Djaouida Djazaerli a déclaré que la décision de la Banque d'Algérie de nommer un administrateur provisoire à la tête de Khalifa Bank était "positive" et a qualifié d'"incidents de parcours" les infractions reprochées à la banque, incidents qui selon elle sont dus à "l'incapacité et l'incompétence" de responsables , qui auraient été relevés de leurs fonctions.
Depuis des mois, de sérieux doutes sont exprimés sur la solidité financière d'un groupe dont l'essor rapide serait du à des dépôts massifs effectués par de nombreuses entreprises et organismes publics, alléchés par des taux d'intérêts très élevés (17 %), largement supérieurs à ceux offerts par les autres banques algériennes. Or les liquidités dont disposaient la banque Khalifa ne semblaient pas être à la hauteur d'une telle rémunération, et plusieurs banques, publiques ou privées, avaient pris par précaution des mesures de rejet des effets avalisés par Khalifa, voire des chèques de banque émis par elle. Les dépôts auprès de la banque Khalifa (qui se monteraient au total à 70 mias de dinars, soit environ 800 mios Euros au cours officiel) ont en outre servi à financer les autres entreprises du groupe, dont Khalifa Airways et Khalifa TV, entreprises dont les rendements étaient largement insuffisants pour assurer une contrepartie à ce financement. La stratégie de diversification (excessive, selon les analystes économiques) du groupe a en outre généré de très gros frais de publicité.
(Le Matin 10.3) Rafik Khalifa a démenti une information du "Monde", selon laquelle il était sous le coup d'un mandat d'arrêt en Algérie, et le général Nezzar a démenti une information du "Figaro" selon laquelle il aurait été convoquépar un juge algérien pour avoir recruté au sein du groupe Khalifa des enfants de notables algériens. Nezzar affirme n'avoir admis qu'une chose : que "le groupe Khalifa a offert du travail aux jeunes", et avoir défendu la mémoire du père de Rafik Khalifa, cadre de la révolution "dont personne n'a prouvé, d'une façon ou d'une autre, qu'il a ammassé une fortune personnelle". Nezzar a cependant déclaré que le gouvernement algérien devait aujourd'hui, "si le cadre réglementaire et les lois le permettent", et en "gardant à l'esprit les intérêts des travailleurs", aider le groupe Khalifa.
(La Tribune 17.3) La porte-parole du gouvernement algérien, Khalida Toumi, a annoncé le 16 mars que le gouvernement attendait le verdict de la Banque d'Algérie sur l'"affaire Khalifa" (la Banque d'Algérie en a saisi le ministère des Finances, et celui-ci en a saisi le ministère de la Justice) avant de "prendre des mesures sur la base du rapport établi" sur les difficultés du conglomérat Khalifa, et en particulier de la Banque Kahlifa. Khalida Toumi a assuré qu'"une fois le verdict rendu, (le gouvernement prendra) des mesures dans l'intérêt des travailleurs".
(Le Monde 21.3) Le "patron" de la centrale syndicale UGTA, Abdelmadjid Sidi Saïd, président jusqu'à récemment de la Caisse nationale de sécurité sociale (CNAS) algérienne, a reconnu que la CNAS faisait partie des organismes dont les dépôts ont permis de masquer la gestion désastreuse du groupe Khalifa. "la CNAS avait placé des fonds chez Khalifa, en toute bonne foi", a admis Sidi Saïd, qui a ajouté que "public, privé, tout le monde en a fait autant". Parmi ceux qui ont placé des fonds dans les entreprises du groupe de Rafik Abdelmoumen Khalifa, on retrouve pratiquement tous les organismes publics et toutes les société importantes algériennes, des organismes de promotion du logement social aux caisses de retraite, d'une mutuelle agricole à une compagnie d'assurances liée à la Sonatrach, en passant par des entreprises industrielles publiques ou privées, pour un total de milliards de dinars, qui ont quitté les banques publiques pour la banque Khalifa, colonne vertébrale du groupe, mais placée sous tutelle le 3 mars après la découverte d'"irrégularités" par la Banque centrale. Les transferts de fonds vers l'étranger ont été interdits à la banque, dont trois des cadres dirigeants ont été incarcérée après avoir été arrêtés le 24 février alors qu'ils tentaient de faire passer en Europe 2 millions d'euros. La compagnie aérienne Khalifa a été dépouillée des deux tiers de ses appareils, rendus à ses propriétaires, et n'assure plus qu'un minimum de dessertes. Les journalistes de Khalifa TV s'inquiètent pour leurs salaires, et les ambitions du groupe dans le bâtiment et la construction sont pratiquement réduites à néant.
Le groupe Khalifa a été créé avec une mise de fonds modeste (le capital social de la banque est de 6 millions d'Euros), mais a attiré des fonds avec la promesse d'une forte rémunération (des taux d'intérêts de 4 à 6 %), dans un pays où les banques privées ne totalisent que 10 % des dépôts. Sidi Saït assure qu'"il n'y a pas eu d'injonction politique pour placer l'argent chez Khalifa plutôt qu'ailleurs" et que la CNAS a agi "en professionnels", attirée par une rémunération supérieure. Pourtant, entre le groupe Khalifa et le pouvoir, de nombreux liens de connivence et de services mutuels se sont tissés : Khalifa a financé des cérémonies officielles, des opérations d'entraide, des manifestations culturelles (la ministre de la Communication et de la culture, et porte-parole du gouvernement, Khalida Toumi, a ainsi sollicité Rafik Khalifa pour qu'il paie le cachet de 180'000 dollars de l'artiste égyptien Adel Imam, lors du 40ème anniversaire de l'indépendance) ; le groupe a en outre employé dans ses entreprises des rejetons de la Nomenklatura algérienne.
Les pertes financières liées à la vraisemblable déconfiture du groupe Khalifa pourraient atteindre le milliard d'euros (ou de dollars), et le sort du groupe, qui emploie plus de 15'000 personnes et affichait un chiffre d'affaire de 1,7 milliards d'euros, est pour le moins incertain.
(L'Actualité 26.3) Le porte-parole du groupe de défense de Khalifa (Association nationale des amis du groupe Khalifa), qui a organisé le 25 mars un rassemblement (d'une centaine de personnes)devant la Banque d'Algérie et le ministère des Finances, a déclaré que le salaire des travailleurs du groupe n'était plus assuré, du fait de la mise sous séquestre des avoirs du groupe. Abdelkrim Mahmoudi suggère que "de hauts responsables" (politiques ?) ont bénéficié des largesses du patron du groupe, Abdelmoumène Rafik Khalifa.
(El Khabar 30.3) Un mandat d'arrêt national et international aurait été lancé contre Abdelmoumen Khalifa, dirigeant du groupe qui porte son nom, annonce "El Khabar", qui précise que ce mandat émane du tribunal de Sidi M'hamed. Khalifa réside actuellement à Londres, et est accusé de faux et usage de faux.
(AFP 8.3) Le président du Conseil Général de l'OMC, Carlos Perez del Castillo, a annoncé le 8 mars que l'Algérie pourrait devenir membre de l'OMC en 2004, "grâce au bon travail fait par les négociateurs algériens et aux progrès réalisés". Il a cependant ajouté que l'Algérie devait "accélérer la cadence des néociations bilatérales" avec chacun de ses partenaires commerciaux membres de l'OMC, et "compléter sa réglementation économique" pour la rendre conformes aux règles de l'OMC. Une nouvelle série de négociations entre l'Algérie et l'OMC doit s'ouvrir en avril à Genève. L'Algérie est candidate à l'OMC (alors GATT) depuis 1987.
(El Khabar 10.3) Selon les spécialistes financiers, les avoirs algériens à l'étranger atteindraient 30 à 40 milliards de dollars (35 milliards de dollars le 25 juillet 2002, selon le ministre algérien de la Communauté algérienne à l'étranger, Abdelaziz Ziari), et selon le Fonds monétaire arabe, 200 milliards de dollars ont été détournés de l'ensemble des pays arabes en 2000, essentiellement vers les banques européennes et américaines.
(AP 28.3) Les réserves de change de l'Algérie ont augmenté de cinq millirds de dollars US entre décembre 2001 et décembre 2002, où elles ont atteint 23.1 mias $, soit plus de deux années d'importations. Le service de la dette extérieure a quant à lui baiss, avec une dette se situant à 22,5 mias de $ et un service de la dette extérieure à 4,150 mias $ (soit une baisse en un an de 314 mios $). Le ratio du service de la dette (remboursements/recettes d'exportations) est passé en un an de 22,21 % à 21,68 %.
(AFP 1.4 / La Tribune 3.4) La porte-parole du gouvernement algérien, Khalida Toumi, a confirmé le 2 avril les déclarations d'Abdelmoumene Khalifa, qui a démenti la veille qu'un mandat d'arrêt ait été lancé contre lui par la justice algérienne. La justice a effectivement été saisie de l'"Affaire Khalifa", à la demande de la Banque centrale, mais aucun mandat d'arrêt n'a été lancé, a précisé Khalida Toumi. Kalifa a qualifié d'"inventions de journalistes algériens en mal de sccops" l'information selon laquelle il avait été convoqué par la justice et faisait l'objet d'un mandat d'arrêt. "On n'a pas de problèmes de justice", a affirmé le dirigeant du groupe Kalifa, qui a même nié que son groupe ait un "problème économique réel".
A la tête de Khalifa TV, dont le personnel n'est plus payé depuis février, Kalifa a fait remplacé sa propre tante, Djaouida Jazaerli, par Paul Agenauer.
(El Watan 6.4) L'"Affaire Khalifa" connaît un nouvel épisode à Alger, avec la nomination d'un "coordinateur" pour les chaînes de télévision du groupe (Khalifa TV et Khalifa News) et le refus de la directrice des deux chaînes, Samia Hadjjillali, de quitter son poste pour le laisser au coordinateur, Ani Rahmani. Les salariés des deux chaînes n'ont pas reçu leur dernier salaire, et le compte en banque des chaînes, ouvert à la banque Khalifa, n'a pas été alimenté par le groupe. Les salariés des chaînes accusent "certaines personnes" de vouloir "mettre la main sur le patrimoine mobilier" de Kahlifa TV et de Khalifa News.
Il se confirme par ailleurs que le patron du groupe, Abdelmoumène Khalifa, fait bel et bien l'objet d'un mandat d'amener, signé par un juge instructeur de Cheraga. Ce mandat peut être le préalable à un mandat d'arrêt, si celui qui en fait l'objet ne se présente pas volontairement au juge. La porte-parole du gouvernement, Khalida Toumi, avait, sur la base de déclarations d'Abdemoumène Khalifa lui-même, démenti, dans un premier temps, que celui-ci fasse l'objet d'un mandat d'arrêt. Khalida Toumi avait cependant nuancé son démenti par la suite.
(Tribune 5.4 / L'Actualité 9.4 / Liberté, El Watan 10.4) La situation du groupe Khalifa, en Algérie et en France, continue de s'aggraver. Le ministre algérien des transports, M. Sellal, a annoncé le 9 avril la suspension prochaine du certificat de navigation de Khalifa Airways. Evoquant un "crash financier" du à une "non-gestion", le ministre a ajouté qu'il n'y avait "plus rien à faire" pour le "sauvetage" de Khalifa Airways, qui détenait 52 % du marché aérien "domestique" algérien. Air Algérie pourrait se porter acquéreur des onze avions commandés (et déjà partiellement payés, à hauteur de 15 à 20 %) par Khalifa, et engager une partie du personnel naviguant et des 300 élèves pilotes de la compagnie privée. La flotte de Khalifa est actuellement sous séquestre.
Le groupe Khalifa emploie entre 13'000 et 20'000 personnes en Algérie ("personne ne semble être en mesure de donner la consistance réelle des effectifs" du groupe, note "Liberté"), dont environ 3500 personnes pour Khalifa Airways. Des sit-in organisés par le "Comité national de soutien au groupe de Khalifa" étaient annoncés pour le 9 avril dans les aéroports algériens, en solidarité avec les salariés du groupe et pour éviter "la banqueroute".
En France, la chaine de télévision du groupe, Khalifa TV, qui emploie 193 personnes, a été mise en redressement judiciaire le 9 avril, et un administrateur judiciaire a été placée à sa tête. KTV aurait notamment à verser environ 560'000 Euros (environ 800'000 FS) de salaires.
Après avoir déclaré lors d'une conférence de presse le 2 avril qu'il n'y avait pas de mandat d'arrêt contre Abdelmoumen Khalifa, la porte-parole du gouvernement algérien, Khalida Toumi, était revenue le lendemain sur ses propos en précisant que "le gouvernement n'était pas au courant" du lancement ou non d'un tel mandat, mais avait appris ensuite que "le magistrat instructeur a bel et bien décerné des mandats de justice dans les affaires" Khalifa.
(Le Monde 8.4 / L'Actualité 13.4) Après Khalifa Airways, Khalifa Bank et Khalifa TV, c'est au tour de Khalifa construction d'être menacée de liquidation. Khalifa construction emploie 200 personnes et a signé des contrats pour environ 6 milliards de dinars (environ 100 mios d'Euros, 140 mios FS). Selon les employés de Khalifa construction, les comptes de l'entreprise ont été gelés par l'administrateur provisoire de Khalifa Bank, et les difficultés de Khalifa constructions seraient notamment dues à un don de 5 milliards de dinars (environ 90 mios Euros, 130 mios FS) de Rachid Khalifa à l'Etat algérien pour une station de dessalement d'eau de mer.
Un mandat d'arrêt international a été délivré le 24 mars contre Rafik Khalifa, après qu'une information judiciaire ait été ouverte le 19 février par un juge d'instruction, pour infractions à la législation sur les changes, et que Khalifa n'ait pas répondu à la convocation qui lui avait été adressée, ni à un mandat d'amener délivré le 12 mars.
(Le Quotidien d'Oran 15.4 / Le Monde, AFP 16.4) Le patron du groupe Khalifa, Abdelmoumène Rafik Khalifa, convoqué par un juge du tribunal d'Alger pour être entendu dans une affaire de sortie frauduleuse de devises, n'a pas l'intention de rentrer à Alger, a-t-il déclaré dans un entretien à "Paris Match". Abdelmounène Khalifa réside à Londres, et affirme ne pas comprendre ce qui lui arrive.
A Paris, l'avenir de Khalifa TV a été remis en mains de la justice, après le dépôt de bilan de la chaîne, le 9 avril, et la nomination d'un administrateur judiciaire, qui a deux semaine dès cette date pour assainir les comptes. Le 14 avril, les salaires impayés de février ont été versés, ceux de mars devant être versés par les ASSEDIC (assurance chômage), et ceux d'avril couverts parun versement effecté, depuis Londres, par Abdelmoumène Khalifa, qui a en outre assuré vouloir "faire le nécessaire" pour sauver sa chaîne. Son avocat a déclaré qu'il tirait "les conséquences de nombreuses erreurs, notamment dans le choix de certains anciens dirigeants de la chaîne". Le premier directeur général de Khalifa TV a été arrêté le 24 février à l'aéroport d'Alger en possession de plus de 2 millions d'Euros. Il a été remplacé par la tante de Khalifa, Djaouida Djazaeli, limogée un mois plus tard pour être remplacée par Paul Hagnauer. Khalifa TV accuserait aujourd'hui un passif de plus de 9 millions d'Euros.
"Le Quotidien d'Oran" fait état d'une note du contre-espionnage français (la DST) du 12 mars, concernant le groupe Khalifa et suggérant que le président Bouteflika ne serait pas fâché des ennuis de Khalifa, auquel il reprocherait notamment une couverture trop critique par Khalifa TV des conflits sociaux en Algérie. "Le Quotidien d'Oran" évoque également des "découvertes" faites par l'administrateur provisoire du groupe en Algérie, notamment celle de "sommes importantes versées à des formations politiques françaises lors des présidentielles de 2002".
(Jeune Indépendant 24.4) Des agences de Khalifa Bank ont dû fermer leurs portes, faute de liquidités, et les entreprises dont les comptes sont domiciliés dans ces agences craignent de ne pouvoir verser les salaires de leurs employés. D'autres agences ont décidé de limiter les retraits à 10'000 dinars (soit un plus de 200 FS, ou 150 Euros). les responsables des agences de Khalifa Bank dénoncent "la volonté criante de liquider leur institution bancaire", surtout depuis la nomination par la Banque d'Algérie comme administrateur provisoire de Mohamed Djellab. En outre, les chèques, même certifiés, émis par la Banque Khalifa ne sont plus acceptés par les banques publiques algériennes.
(Le Quotidien d'Oran, Le Matin, L'Actualité 27.4) Les autorités judiciaires françaises ont confirmé le 25 avril l'ouverture d'une enquête préliminaire sur les agissements de certaines filiales du groupe Khalifa en France, notamment de Khalifa Airways. Cette enquête serait le prolongement de celles menées en Algérie sur l'exportation illégale de capitaux dont se seraient rendu coupable le groupe. En France, Lhalifa a fait verser les salaires en retard de tous les employés de son groupe, ne serait-ce que pour éviter que des plaintes soient déposées contre lui par les salariés ou les syndicats. Parallèlement, il a résilié tous ses contrats de sponsoring, dont celui passé avec l'Olympique de Marseille. De son côté, Khalifa TV a annoncé que ses effectifs allaient être ramenés de 182 à 14 salariés.
(L'Expression 29.4 / Le Jeune Indépendant 30.4) Un "plan de redressement" du groupe Khalifa devait être présenté le 28 avril aux pouvoirs publics, a annoncé le président de la Confédération des industriels et patrons algériens (CIPA). Le plan prévoirait l'injection de deux milliards de dollars, sous forme de crédits à long terme, dans le groupe qui doit, selon Abdelkrim Hassani, bénéficier de "circonstances atténuantes" pour sa faillite, "programmée depuis quatre années par (les) propres gestionnaires" de Khalifa, mais dont l'Etat est aussi responsable, par exemple à n'ayant pas accordé à Khalifa Airways les lignes Alger-Paris et Alger Dubaï, Le président de la CIPA se dit convaincu que le groupe Khalifa peut être sauvé. Selon "L'Expression", les autorités auraient décidé de renoncer à la mise en faillite du groupe, et étudieraient trois possibilités pour le sauver : soit le rachat de la totalité des dettes de la banque Khalifa (l'essentiel des dépôts auprès de cette banque étant d'origine publique), la banque devenant, de fait ou de droit, une nouvelle banque publique, soit la transformation des propriétaires des fonds en actionnaires de la banque, proportionnellement à leurs fonds, celle-ci restant alors une banque privée (même avec des actionnaires publics); soit, enfin, faire supporter au Trésor public une partie au moins des dettes de la banque, en transformant le solde en actionnariat au profit des créanciers.
A Paris, le Parquet a précisé le 28 avril qu'aucune enquête préliminaire n'avait (encore) été ouverte sur des opérations financières suspectes en relation avec Khalifa Airways, contrairement à ce qui avait été annoncé l'avant-veille. Par contre, une dénonciation du service de lutte contre le blanchiment d'argent, "Tracfin", a bien été enregistrée par le Parquet.
(Reuters 6.4 / Le Quotidien d'Oran, Le Matin 7.4) Le gouvernement algérien a suspendu (ou "gelé") son projet de réforme du secteur pétrolier et gazier, a annoncé le 5 avril le ministre de l'Energie, Chakib Khelil, selon qui "le projet de loi sur les hydrocarbures (a) été gelé à la demande du président de la République", Abdelaziz Bouteflika. Le projet, très contesté par les syndicats et par les partis d'opposition (mais également par de forts secteurs au sein du FLN), aurait mis un terme au monopole de la Sonatrach. L'UGTA réclamait non seulement le "gel" du projet, mais son retrait, et l'annonce de ce retrait par le Premier ministre ou le président de la République -et non, comme cela été le cas, par le seul ministre de l'Energie, Chakib Khelil.
(Le Jeune Indépendant, El Khabar 20.4) L'avant-projet de loi sur les hydrocarbures, "gelé" par le président Bouteflika, est toujours à l'étude, a déclaré le 19 avril le ministre de l'Energie Chakib Khelil, qui a regretté que ce projet n'ait "jamais été soumis à débat", n'ayant été présenté ni au Conseil des ministres, ni au Conseil du gouvernement, ni à l'Assemblée nationale, et qu'il n'y a donc pas eu "un réel débat sur la question pour voir les arguments des uns et des autres". La centrale syndicale UGTA demande que le projet soit non seulement "gelé", mais totalement retiré, mais le ministre annonce donc que le èprojet reste "en cours de discussion et de réflexion" -bref, "en vie".
Selon le ministre, le secteur des hydrocarbures contribue pour 41 % au produit intérieur brut algérien, pour 97 % à ses recettes extérieurs, et pour 77 % aux recettes budgétaires de l'Etat. Il s'agit donc d'un secteur vital, d'où, selon Chakib Khelil (qui se trouve être également président de Sonatrach) la nécessité pour la société nationale d'accroîtres ses capacités de production et d'exportation et de diversifier ses ressources et ses marchés. Pour les cinq prochaines années, Chaki Khelil annonce un volume d'investissements de 23 milliards de dollars Le ministre considère que les ressources énergétiques de l'Algérie restent sous-exploitées, avec huit puits pour 10'000 km2, pour une moyenne mondiale de 500 puits par 10'000 km2 de régions pétrolifères.
(Le Quotidien d'Oran 10.4) Des "opérateurs économiques" algériens, sous contrat avec des entreprises irakiennes ou avec le gouvernement irakien, se sont inquiétés auprès du ministère des Affaires étrangères du sort de ces contrats après la fin de la guerre. Selon le gouvernement algérien, les Nations Unies auraient donné des assurances de respect de ces contrats.
(Le Quotidien d'Oran 21.4) La dette extérieure algérienne a augmenté de 500 millions de dollars par le seul effet de la dépréciation du dinar face à l'Euro, selon une note de conjoncture publiée par le ministère des Finances. Selon le ministère, le dinar s'est déprécié de 10,8 % par rapport à l'Euro et de 3,2 % par rapport au dollar, entre les deuxièmes semestre 2001 et 2002. La dépréciation du dinar par rapport à l'Euro a également des effets sur l'inflation, par le biais d'un renchérissement des produits importés d'Europe.
(Le Soir 27.4) Selon "Le Journal du Dimanche" de Paris, le gouvernement algérien aurait choisi le groupe européen Airbus pour le renouvellement de la flotte d'Air Algérie d'ici 2005. Le quotidien affirme que le président Bouteflika ne serait pas étranger au choix d'Airbus, pour sanctionner positivement la convergence des positions française et algérienne sur la guerre contre l'Irak. Le contrat en négociation porterait sur une quarantaine d'appareils, mais le quotidien économique "Les Echos" réduit se nombre à une quinzaine d'appareils pour ce qui est de la commande ferme. "Le Journal du Dimanche" estime d'une manière générale que "les investisseurs français commencent à toucher les dividendes de l'image positive de la France dans le monde arabe, née de son hostilité à la guerre contre l'Irak" et que, "hormis (dans le) secteur pétrolier dirigé par un ministre pro-américain, les entreprises françaises sont sur le point de retrouver leur position sur presque tous les marchés", le président Bouteflika lui-même ayant "donné (la consigne claire aux cadres chargés de la gestion des différents projets (de) privilégier les entreprises françaises".
(L'Expression 30.4) Selon l'ancien ministre des PME, Reda Hamiani, l'économie informelle "accapare 40 % du marché national algérien", ce qui représente une "grave menace" pour celle-ci, déjà fragilisée par l'absence d'une véritable politique économique, et prive le Trésor public de ressources fiscales directes et indirectes considérables, tout en faussant la concurrence et en décourageant les investissements. Selon Reda Hamiani, il existerait en Algérie une septantaine de marchés "libres", c'est-à-dire illégaux mais fonctionnant au vu et au su des autorités, qui sont autant de "zones de non droit où la facture et le chèque ont disparu".
(El Watan 30.4) Selon le ministre de l'Agriculture Saïd Barkat, 445'000 emplois, dont 381'000 emplois permanents, ont été créés depuis trois ans dans le cadre du programme national de développement agricule (PNDA) lancé par le gouvernement. Pour le premier trimestre 2003, 47'032 emplois auraient été créés.
(L'Expression 3.5) Un nouveau PDG de la compatrie pétrolière publique Sonatrach pourrait être "imminemment" désigné, annonce "L'Expression", qui ajoute que le successeur de l'actuel PDG (qui est aussi le ministre de l'Energie, Charkib Khelil), pourrait être l'un des cinq vice-présidents de Sonatrach. Chakib Khelil n'est d'ailleurs pas le seul ministre à être président d'une société publique : le ministre des Finances, M. Terbèche, est PDG de la Banque Extérieure d'Algérie.
(Liberté, Le Quotidien d'Oran 8.5) Le président Bouteflika a nommé un nouveau PDG de Sonatrach, en la personne de Djamel Eddine Khène, qui remplace à ce poste le ministre de l'Energie Chakib Khelil (qui cumulait son portefeuille ministériel et la présidence de l'entreprise-clef de l'économie algérienne). Djamel Eddine Khène était jusqu'à présent vice-président de Sonatrach, chargé de l'exploration et de la production, et est, selon "Le Quotidien d'Oran", un proche de Chakib Khelil -qu'il soutenait dans son projet de réforme "libérale" de l'entreprise. Ce changement de PDG de la puissante compagnie nationale est intervenu deux jours après le changement de Premier ministre, et alors que le sort même du ministre de l'Energie (et désormais ex-PDG de Sonatrach) est suspendu à la formation du gouvernement Ouyahia.
(El Watan 12.5) L'avant-projet de loi sur les hydrocarbures est "gelé" jusqu'aux élections présidentielles, a déclaré à "El Watan" le ministre de l'Energie Chakib Khelil.
(Le Quotidien d'Oran, Le Matin 19.5) Le syndicat UGTA des travailleurs du pétrole (FNTPGC) a appelé le 18 mai au retrait définitif, et pas seulement au "gel", du projet de loi gouvernemental sur les hydrocarbures, projet de loi "dicté exclusivement de l'étranger", et plus précisément de Washington, selon le secrétaire général du syndicat, Mohamed Lakhdar Badreddine, qui a dénoncé les "pressions multiples" exercées par les Etats Unis en faveur de ce projet de loi. "Nos gouvernements nous ont vendus", a surenchéri le secrétaire général de l'UGTA, Abdelmadjid Sidi Saïd.
(El Khabar, El Watan 8.5) Le rapport de conjoncture du Conseil national économique et social pour le deuxième semestre 2002 fait état d'une certaine relance économique, avec un taux de croissance hors hydrocarbures et agriculture de 5,2 % (ou de 4,1 % pour la croissance globale), une croissance de la production industrielle de 2,5 % en un an et des équilibres financiers renforcés (balance des paiements, situation des finances publiques, liquidés des banques et du Trésor public, épargne, service de la dette extérieure, inflation). Le CNES dénonce cependant "l'incertitude et l'hésitation en matière de choix stratégiques" dans les politiques sectorielles, et note que l'économie algérienne connaît encore "de multiples situations de blocage sur lesquelles viennent s'échouer les tentatives de sortie de crise". Le CNES salue la création d'emplois grâce au plan de soutien à la relance économique de 2001, qui a permis la création de plus de 457'000 portes de travail, dont cependant moins de la moitié sont des emplois permanents, mais craint que cette dynamique s'éteigne à la fin du PSRE. Dans le domaine social, le CNES relève que le climat reste "tendu" et réaffirme la nécessité d'un pacte social.
(AP 10.5) Cinq constructeurs ont présenté des offres pour le renouvellement de la flotte d'Air Algérie, a annoncé le président de la compagnie nationale algérienne, ce qui sonne comme un démenti aux informations selon lesquelles le choix s'était déjà porté pour des raisons politiques (liées aux rapports franco-algériens) sur Airbus. Airbus fait effectivement partie de la liste des offrants, mais aux côtés de Boeing, ATR, Embraer et Bombardier.Air Algérie entend acquérir 17 avions (neuf petits porteurs, trois moyens porteurs et cinq gros porteurs).
(Le Quotidien d'Oran 31.5 / L'Expression 4.6 / AFP, El Watan 5.6) Un liquidateur de la banque Khalifa a été désigné le 29 mai et la justice a été saisie du dossier, a annoncé le gouvernement algérien, par la voix de la commission bancaire. Les agences de Khalifa Bank en Algérie sont fermées et la banque Khalifa a perdu son autorisation officielle d'exercer (son agrément). Selon l'administrateur provisoire nommé en mars dernier pour dresser l'état de Khalifa Bank, la situation patriominale de la banque se caractérise par "un important déficit en ressources, maquillé par des fausses déclarations au titre des reportings réglementaires". cette situation a été engendrée par "des fuites de capitaux, l'accumulation de non valeurs représentées par des créances irrécouvrables sur des entreprises affiliées" au même groupe, et enfin sur "une dilapidation des ressources". Il en est résulté une perte de liquidités aboutissant à une cessation de paiements.
Le Premier ministre Ouyahia a qualifié le 3 juin devant l'Assemblée nationale l'affaire de la banque El-Khalifa d'"effondrement d'un mythe". Selon le Premier ministre, cet effondrement aura coûté 100 milliards de dinars à l'Etat (1,1 milliard Euro, 1,65 mia FS), et son sauvetage est impossible dans une économie ne faisant pas place au "charlatanisme". "Le Quotidien d'Oran" estime que les 100 milliards de dinars évoqués par Ahmed Ouyahia ne représentent que "les pertes évidentes déjà recensées causées aux entreprises et opérateurs algériens", et qu'il conviendrait sans doute d'y ajouter les 2,6 milliards de dollars (à peu près autant en Euros) de transferts illégaux de capitaux du groupe vers l'étranger, ce qui ferait atteindre un niveau de pertes publiques de 4 milliards de dollars ou d'Euros). La liquidation de la banque Khalifa devrait, selon le gouvernement, préserver les intérêts des 250'00 petits déposants (jusqu'à 600.000 DA), qui devraient être remboursés par la Caisse de garantie des dépôts, mais pas ceux des gros déposants, souvent des sociétés publiques et des organismes d'Etat, supposés être "comptables de leurs gestions" (alors que, théoriquement, aucun gros dépôt par une entreprise publique n'a été, ou n'aurait du être, fait sans aval des autorités gouvernementales concernées). Quant aux salariés du groupe, le Premier ministre les renvoie aux "règles du marché", ce qui n'est pas pour rassurer les quelque 20'000 personnes concernées, représentant, avec leurs familles, 100'000 personnes qui dépendaient des salaires versés par les entreprises du groupe déconfit.
La nomination en mars dernier d'un administrateur provisoire à la tête de Khalifa Bank avait déjéà entraîné la cessation des activités de Khalifa Airways. La chaîne de télévision londonienne Khalifa news a cessé d'émettre fin mai, Khalifa TV à Paris ne compte plus que vingt employés, et les salariés licenciés ont de grosses difficultés pour toucher leurs indemintés légales. Pour le "Quotidien d'Oran", la chute de la maison Khalifa témoigne d'une "immense escroquerie", peut-être "la plus grande de l'histoire de l'Algérie".
"El Watan" signale en outre que les comptes de la Banque commerciale et industrielle d'Algérie (BCIA) et de ses clients, auprès des banques publiques, sont bloqués depuis le 23 mai, à la suite d'opérations d'importation financées mais jamais concrétisées, à Oran. "El Watan" parle de "plus grand scandale de l'Algérie indépendante", et de malversations totalisant un préjudice de 4,4 à 11,6 milliards de dinars (entre 40 et 11 mios Euros).
(El Watan 8.6) Tous les avoirs d'Abdelmoumene Khalifa en Grande-Bretagne ont été bloqués, annonce "El Watan", qui précise que les services fiscaux britanniques ont exigé du patron du groupe Khalifa, en déconfiture, de "justifier l'origine de ses biens et de répondre aux accusations portées à son encontre". La chaîne de télévision londonienne du groupe, Khalifa News, a cessé d'émettre. Au printemps, Khalifa avait affirmé à l'hebdomadaire français "Paris Match" que toutes ses affaires étaient basées en Grande-Bretagne.
(El Khabar, Le Quotidien d'Oran 15.6) Le ministre des Finances Abdellatif Benachenhou a qualifié de "petit tremblement de terre" résultant d'une "grande escroquerie financière" l'affaire de la Khalifa Bank. Il a assuré les investisseurs étrangers que le gouvernement traitait "sérieusement" l'affaire Khalifa, et que "les escrocs n'auront pas de place dans le secteur bancaire" algérien. Ces déclarations sont faites alors que le ministre français au Commerce extérieur, François Loos, évaluait, après une rencontre avec Abdelatif Benachenhou, à 25 millions d'Euros les pertes des entreprises françaises dans l'effondrement de la banque Khalifa (le ministre algérien a assuré que les créanciers de Khalifa seront "remboursés").
(L'Actualité 5.6) "On ne peut pas privatiser 340 entreprises à la fois",a déclaré le Premier ministre Ouyahia devant l'Assemblée nationale. Le Premier ministre a ajouté qu'il ne sera "pas question de céder une entreprise sans concertation préalable". Ces déclarations sont interprétées comme un "abandon de la stratégie de Temmar" (celle du ministre des privatisations d'Ali benflis) et comme un "clien d'oeil à l'UGTA", pour reprendre les termes utilisés par "L'Actualité", c'est-à-dire comme un recul des privatisations telles que conçues par Hamid Temmar et son équipe.
(La Tribune 5.6) Après sa réunion d'Evian (France), du 1er au 3 juin 2003, le G8 (la réunion "informelle" des huit chefs des Etats supposés être les plus "puissants du monde" -encore qu'on perçoive mal en quoi, par exemple, l'Italie serait plus puissante que la Chine), le G8 se serait prononcé en faveur d'une restructuration de la dette algérienne, et de son allégement, malgré un manque évident d'enthousiasme du Fonds monétaire international et de la Banque mondiale. Une partie de la dette algéreienne à l'égard de la France, de l'espagne et de l'Italie a déjé été convertie, par ces trois pays, en investissements.
(El Watan 15.6) Le ministre algérien des Finances Abdelatif Benachenhou a exprimé son inquiétude à propos de la montée de l'Euro par rapport au dollar : "quand l'Euro s'apprécie de 15 à 20 % par rapport au dollar, c'est pour l'Algérie un petit tremblement de terre". En effet, l'essentiel des exportations algériennes, et donc des rentrées de devises, est assurée par les hydrocarbures, dont les prix sont exprimés en dollars, alors que l'essentiel des importations se fait en provenance de la zone euro, et sont exprimées en euro. Lorsque l'euro monte par rapport au dollar, la balance commerciale algérienne se dégrade donc, puisque les dépenses extérieures de l'Algérie renchérissent par rapport à ses ressources.
Le ministre a par ailleurs estimé que la croissance de l'économie algérienne devrait être de 5,2 % en 2003 et 5,1 % en 2004.
(AFP 10.7) La filiale française de Khalifa Airways a été mise en liquidation judiciaire le 9 juillet par le tribunal de commerce de Nanterre. 170 salariés, dont les salaires ne sont plus versés depuis deux mois, sont frappés par cette liquidation, qui suit celle, prononcée le 2 juillet à Bobigny, de Khalifa TV. Le groupe Khalifa est désormais réduit en France à une seule entreprise de location de voitures, Khalifa Rent-a-car, et à une patrouille aérienne, la "patrouille Khalifa", basée à Dijon, et utilisée lors de démonstrations et de meetings aériens en Europe.
(AP 28.7) Un nouveau programme de privatisations d'entreprises publiques a été retenu par le ministère de "la participation et de la promotion de l'investissement". Le programme propose plusieurs formes de privatisations (ouverture du capital, privatisation totale ou partielle, partenariat, cession aux travailleurs) dans les secteurs des transports, de l'agroalimentaire et de la chimie. Sont notamment concernées la Compagnie nationale algérienne de navigation (ouverture du capital à hauteur de 49 %, cession aux salariés des activités de service) et la société Asmidal (engrais).
(Liberté 14.7) Dans un rapport publié le 12 juillet, l'ONG "Transparency International" fait figurer l'Algérie dans la liste des pays d'Afrique et du Moyen-Orient les plus affectés par la corruption. Pour TI, la justice, les collectivités territoriales, l'administration, les entreprises (publiques ou privées) sont touchées. L'ONG relève que "les projets ambitieux développés en Algérie pour restaurer l'efficacité judiciaire ont été bloqués dans un comité", et considère que la manière dont les mesures de lutte contre la corruption proposées par les accords d'association entre l'Union Européenne et l'Algérie seront appliquées n'est "pas évidente". TI estime en outre que les "efforts de la Banque mondiale" visant à renforcer les programmes de privatisation "n'ont pas aidé à garantir des adjudications équitables ou transparentes", et que l'absence de réformes instititionnelles accompagnant la libéralisation économique a créé "de nouvelles possibilités de maximalisation de la rente", l'absence de démocratie favorisant la dilapidation et le détournement de l'argent public, d'autant qu'"une part importante des revenus de l'Etat est gérée comme un fonds extrabudgétaire ou par des institutions parallèles, ce qui autorise des dépenses discrétionnaires".
(AP 1.8) Le ministère algérien du Commerce a annoncé le 1er août que les négociations pour l'adhésion de l'Algérie à l'OMC se dérouleront à Genève le quatrième trimestre 2003, après la conférence de l'OMC à Cancun (Mexique), en septembre. Les négociations en seraient déjà, selon le ministère, à un "stade très avancé". L'Algérie s'est engagée à mettre douze de ses textes législatifs et réglementaires en conformité avec les règles de l'OMC, et neuf d'entre d'eux ont déjà été modifié et adoptés par le gouvernement, les trois autres devant l'être avant la fin 2003.
(Le Quotidien d'Oran 7.8) Le Forum des chefs d'entreprises (FCE, organisation patronale) propose une "reconversion de la valeur faciale du dinar", avec la création d'un "nouveau dinar" valant 100 dinars actuels.
(El Khabar 7.8) L'augmentation du salaire minimum garanti (SMIG) sera l'un des points principaux des prochaines négociations entre l'Etat, les syndicats et le patronat. Le SMIG est actuellement fixé à 8000 dinars par mois (soit environ 90 Euros, ou 140 FS), et l'une des propositions en débat est de le porter à 10'000 DA, alors qu'une étude du ministère du Travail indique qu'une famille de quatre personnes (deux enfants) a besoin pour ses dépenses essentielles d'un revenu minimum de 22'000 DA, chiffre confirmé par une autre étude, effectuée par la centrale syndicale UGTA (qui propose un SMIG à 15'000 DA). Autrement dit, le salaire minimum ne représente qu'un peu plus du tiers du revenu nécessaire d'une famille moyenne.
(Liberté 13.8) "Liberté" annonce que le président Bouteflika s'apprête à légiférer par ordonnance dans le domaine de la monnaie et du crédit, et accuse le président -contre qui le quotidien, avec d'autres, mène depuis des mois une campagne acharnée- de vouloir, par ce biais, "livrer Sonatrach aux Américains" en faisant "passer en force son projet de loi sur les hydrocarbures", officiellement "gelé" après que la centrale syndicale UGTA ait mené campagne contre lui. Pour "Liberté", l'un des deux auteurs du texte que Bouteflika s'apprêterait à promulguer serait le ministre de l'Energie, Chakib Khelil, que le quotidien qualifie d'"homme de main des Américains".
Dans l'ordonnance présidentielle, l'obligation actuellement faite à toute société algérienne exportatrice, concessionnaire du domaine minier ou énergétiqaue, de maintenir ses comptes auprès de la Banque centrale et d'effectuer ses transactions en devises par son intermédiaire, serait supprimée.
(AP 18.8) Abdelmoumen Rafik Khalida, patron du groupe portant son nom, figure désormais sur une liste de "fugitifs" recherchés par Interpol, qui a lancé un avis de recherche après le dépôt dune plainte à Alger. Du coup, Rafik Khalifa est présenté par Interpol comme une personne "pouvant être dangereuse", au même titre que le chef du groupe armé du sud saharien Mokhtar Benmokhtar, qui figure sur la même liste. Les avoirs de Khalifa en Angleterre ont été gelés.
(AP 3.9) L'Algérie va demander à l'OPEP, le 24 septembre à Vienne, un alignement de son quota de production sur sa capacité de production, a annoncé le 3 septembre le ministre algérien de l'Energie Chakib Khelil. La capacité de production de l'Algérie atteint 1,4 millions de barils/jour, sa production 1,2 mios b/j, et son quota de production 811'000 b/j, selon le ministre.
(Le Quotidien d'Oran, El Watan 11.9) Après Khalifa Bank, une autre banque privée serait dans le colimateur de la Banque d'Algérie, selon "Le Quotidien d'Oran" : l'Union Bank, à propos de laquelle la BA aurait adressé une note à plusieurs entreprises publiques (dont Sonelgaz) et privées les informant que l'UB ne pourrait faire d'opérations de compensation (soldes de comptes entre banques). Sonelgaz aurait décidé de ne plus accepter de chèques de clients domicilés à l'UB.
S'agissant de Khalifa Bank, le "Quotidien d'Oran" annonce que l'Etat serait en passe de prendre en charge les créances de la banque. Un appel a été lancé aux créanciers pour qu'ils annoncent leurs créances. Au 20 avril 2003, selon "El Watan", le montant des dépôts à terme non remboursés par Khalifa a dépassé les 37 milliards de dinars, soit environ 300 millions d'Euros (450 mios FS). Au nombre de ces créances, on en note une de l'UGTA, pour 160 mios DA, une autre la mutuelle des travailleurs du pétrole, pour 2,780 mias DA. Des dizaines de mutuelles et de caisses de retraite figurent parmi les créanciers de la banque.
(Le Quotidien d'Oran 5.10) Le liquidateur de la banque Khalifa a annoncé que les clients de la banque avaient jusqu'au 30 octobre pour faire valoir leur droit à récupérer leurs avoirs en banque, jusqu'à concurrence de 600'000 dinars (environ 6100 euros, 10'000 FS). A cette date, les guichets de la banque seront fermés. Le président du collectif des clients de Khalifa Bank a déclaré que les membres du colllectif refusaient le plafonnement des avoirs récupérables, et exigaient de pouvoir être remboursés "jusqu'au dernier centime". Abed Omar relève que la décision de liquider la banque n'a pas été prise par la justice, et qu'elle ne repose sur aucun bilan.
(El Watan 11.9) La porte-parole du Parti des Travailleurs, Louisa Hanoune, a réaffirmé le 10 septembre l'opposition du PT à l'adhésion de l'Algérie à l'OMC : "ce qu'il nous faut construire, c'est un Etat-cadre avec ses acteurs politiques et ses institutions, un Parlement où se pratique la démocratie et où les citoyens pourront poser leurs revendications avec la certitude qu'ils seront entendus", plutôt que de poursuivre l'insertion de l'économie algérienne dans le processus de mondialisation, avec à la clef privatisations, licenciements et démantèlement des structures de protection sociale.
(AP 9.9) Le sixième round des négociations bilatérales pour l'accession de l'Algérie à l'OMC devait se tenir à Genève dans la deuxième quinzaine de septembre, après la Conférence de l'OMC de Cancun (Mexique). L'échec de cette conférence, du notamment au conflit entre les pays riches, notamment les USA et l'Union Européenne, et les pays pauvres et "émergents" (le "groupe des 21, dont de nombreux pays africains), pourrait cependant retarder l'ouverture de cette nouvelle phase de négociations, lors de laquelle devaient être abordés le calendrier des réformes législatives et réglementaires et la situation générale de l'économie algérienne.
(Quotidien d'Oran 14.9 / El Watan 15.9) Avant la réunion tripartite patronat-syndicats-gouvernement prévue pour la deuxième quinzaine d'octobre, l'UGTA revendique une augmentation (presque un doublement) du salaire minimum, actuellement fixé à 8000 dinars (environ 90 euros, 135 FS), et que l'UGTA souhaiterait fixer à 15'000 DA, tout en précisant que "tout dépend des capacités financières du pays". "Le Quotidien d'Oran" estime peu probable la satisfaction de la revendication de l'UGTA, et évoque plutôt un montant du SNMG à 10'000 DA (environ 110 euros, 165 FS).
Selon une étude commanditée par l'UGTA, le budget minimum d'une famille de sept personnes (un couple, cinq enfants dont trois scolarisés et un bébé) s'élève à plus de 23'000 dinars, soit trois fois plus que le salaire minimum actuel, et plus de 50 % au-delà du salaire minimum revendiqué (sans trop y croire) par l'UGTA. Toujours selon cette étude, un salaire minimum à 15'000 DS ne couvrirait que les dépenses minimales d'alimentation (12'500 DA) et d'habillement (2'800 DA) de la famille en question, sans lui permettre de couvrir ses autres dépenses (hygiène et soins, transports, logements, loisirs et culture). Quant au salaire minimum actuel, il ne couvre que les deux tiers des seules dépenses d'alimentation de la famille.
(AP 20.9) Le ministre algérien de l'Energie Chakib Khelil a annoncé le 20 septembre que la Sonatrach augmentera sa production de brut d'ici la fin 2003 de près de 100'000 barils/jour, l'objectif de l'Algérie étant une production de 1,5 millions de b/j en 2005 et de 2 millions en 2010. Chakib Khelil s'exprimait à l'occasion de l'"installation" du nouveau PDC de Sonatrach, Mohamed Meziane.
(El Watan, Liberté 29.9) Sonatrach a versé près de 700 milliards de dinars (environ 8 milliards d'euros) eu Trésor public dans les six premiers mois de l'année au titre de la fiscalité pétrolière, a déclaré le PDG de la compagnie publique, Mohamed Meziane, le 27 septembre. Selon le bilan qu'il a présenté à la presse, Sonatrach a exporté en six mois pour 12 milliards de dollars, soit 46 % de plus qu'en 2002, et la production d'hydrocarbures primaires a augmenté de 4 %.
Le ministre de l'Energie Chakib Khelil, présentant les activités de "sponsoring" de Sonatrach (qui finance des clubs sportifs, des athlètes, des activités culturelles, scientifiques, sociales, écologiques, patrimoniales), activités qui correspondent à une dépense d'un milliard de dinars (environ 11 millions d'euros), a nié que l'entreprise finance directement les partis politiques, mais admis qu'elle les finançait indirectement puisque le Trésor public, alimenté par la fiscalité pétrolière, les finançait, officiellement.
(AAI 28.9) Selon la Banque mondiale, les réserves de change de l'Algérie se montaient à 28 milliards de dollars fin juin 2003, contre 21 mias fin juin 2002. Ces réserves (qui pourraient atteindre les 30 milliards fin août) dépassent largement le stock de la dette.
(El Watan 29.9) Un nouvel homme d'affaire algérien a été arrêté le 28 septembre : il s'agit de Salim Troudi (double national franco-algérien), mis en cause dans des affdaires de détournement de fonds publics et réfugié en France depuis 1996. Il a été incarcéré à la prison d'El Harrach sur la base d'un mandat d'arrêt international lancé pour des affaires d'importation et de rééexportation vers la Russie de concentré de tomate, en 1995. Propriétaire de cinq sociétés d'exportations, Salim Troudi fait l'objet d'une demande de réparation financière de 720 millions de dinars (environ 8 millions d'euros) déposée par les douanes.
(El Watan 5.10) Le projet de budget du gouvernement pour 2004 fait apparaître un déficit de 392 milliards de dinars (contre 334,6 mias de déficit prévu en 2003), les recettes augmentant moins (de 1475 à 1528 mias) que les dépenses (de 1811 à 1920 mias). Les recettes de la fiscalité pétrolières augmentent cependant et passent de 836 à 862 mias de DA.
(El Watan 13.10) Selon le ministre des Finances, la hausse de l'euro par rapport au dollar a provoqué une augmentation de 10 milliards de dinars (environ 110 mios d'euros, 165 mios fFS) du service de la dette pour 2003. 42 % de la dette extérieure algérienne est libellée en euro. Les analystes économiques soulignent en outre que la hausse de l'euro par rapport au dollar équivaut, pour l'Algérie, à un renchérissement de ses importations (essentiellement en provenance d'Europe) et à une baisse de la valeur de ses exportations (constituées essentiellement d'hydrocarbures dont le cours est fixé en dollar), autrement dit à un déséquilibre de sa balance commerciale.
(Reuters 10.10 / L'Expression, El Khabar 12.10) Le salaire mensuel minimum algérien a, comme prévu, été augmenté de 25 %, dès le 1er janvier 2004, à l'issue de la "tripartite" gouvernement-patronat-syndicats du 10 octobre. Le salaire minimum passera donc à cette date de 8000 à 10'000 dinars (soit d'environ 90 à 110 euros) La centrale syndicale UGTA revendiquait, rhétoriquement, une augmentation du salaire minimum le haussant à 15'000 dinars, mais avait publiquement fait savoir qu'elle se contenterait d'une hausse le portant à 10'000 dinars, soit toujours moins que le revenu minimum nécessaire à la survie d'une famille algérienne moyenne.
Les syndicats indépendants ont réagi très négativement à l'accord intervenu entre l'UGTA, le gouvernement et le patronat. Pour le syndicat national autonome du personnel de l'administration publique SNAPAP, "l'augmentation du SMIG qui a résulté de la tripartite est une simple comédie", voire, pour le secrétaire national du syndicat Noureddine Chekri, "un désastre pour les travailleurs". Selon lui, la majorité des travailleurs de la fonction publique ne bénéficiera que d'une augmentation de 600 dinars au maximum, et un grand nombre de salariés doivent se contenter de salaires inférieurs au minimum légal actuel : "avant de parler de l'augmentatrion du salaire minimum garanti, le gouvernement et le syndicat devraient s'assurer que tous les travailleurs aient atteint son nivea", ajoute le SNAPAP -qui a en outre dénoncé son exclusion, comme celle de tous les syndicats autonomes, de la négociation, alors qu'il affirme représenter "un demi-m,illion de travailleurs", soit plus du tiers des salariés de la fonction publique. Pour le porte-parole du syndicat national (autonome) des praticiens de santé publique, le SNPSP, les résultats de la "tripartite" sont ceux d'une "montagne qui accouche d'une souris" : la hausse du salaire minimum "demeure faible et ne touche qu'une tranche très minime de salariés", en sus d'être "de toutes façons imposable". Bref, pour le docteur Besbes, "c'est de la poudre aux yeux". Pour le président du syndicat national des magistrats de la Cour des comptes, la "tripartite", en excluant les principaux syndicats autonomes, démontre l'incohérence et l'aberration du pluralisme syndical en Algérie.
(Le Quotidien d'Oran 12.10) Le Premier ministre Ouyahia a annoncé la volonté du gouvernement de geler les découverts bancaires de onze sociétés publiques, pour un total de 147 milliards de dinars (environ 1,65 milliards d'euros, 2,5 milliards de francs suisses), dont 41 milliards pour la Société nationale des véhicules industriels (SNVI), 14 mias pour la Compagnie nationale de navigation (CNAN) et 7,3 mias pour l'entreprise du bâtiment BATIMETAL. Pour le premier ministre, l'appel au Trésor public pour assainir les finances des entreprises publiques se justifie par "une volonté de relancer et de mettre en place une nouvelle stratégie de sauvegarde de l'appareil et du secteur économique public" pour lui donner "sa véritable dimension dans la nouvelle configuration économique nationale".
(El Khabar 16.10) Le commissaire-adjoint à la liquidation de la banque Khalifa, Ali Touati, par ailleurs directeur des opérations de change de la Banque d'Algérie, a déclaré devant des Sénateurs français, dans le cadre d'un forum organisé par le centre français du commerce extérieur sur "l'Algérie, espage de coopération", que la banque Khalifa a été pendant ses six années d'activités "une grande machine à laver dont le rôle était le blanchiment d'argent", et que la décision de procéder à la liquidation de la banque avait été prise (entre autres raisons) pour que soient respectés "les engagements internationaux de l'Algérie en matière de lutte contre le blanchiment d'argent". Ali Touati a estimé à 800 millions d'euros les pertes de la banque Khalifa, ce qui équivaut pour lui à "la faillite" de la banque.
(Le Quotidien d'Oran 20.10) La liquidation de la Banque commerciale et industrielle d'Algérie (BCIA), détenue par la famille Kharoubi, a été décidée par le liquidateur, ce qui implique que désormais plus aucune opération bancaire ne pourra être effectuée par la BCIA, à l'exception du remboursement des créances validées par ler liquidateur. La banque avait perdu son autorisation officielle d'activité en août 2003. Les titulaires de dépôts à la BCIA ne pourront être remboursés qu'à hauteur de 600'000 dinars (environ 6600 euros, 10'000 francs suisses).
(AFP 14.10) Les réserves en devise de l'Algérie ont atteint le niveau de 30 milliards de dollars fin septembre, a annoncé le 11 octobre le Premier ministre Ouyahia, qui a estimé le taux de croissance de l'économie algérienne à 6 % pour 2003 (5 % en 2002).
(Liberté, El Watan 20.10) La monnaie algérienne s'est dépréciée de 18,9 % par rapport à l'euro au cours du premier semestre 2003, souligne la note de conjoncture du ministère des Finances. L'appréciation de l'euro par rapport au dinar a provoqué un renchérissement des importations en provenance de la zone euro (mais aussi, du coup, mécaniquement, des recettes tirées de la taxation des importations : les produits des douanes ont augmenté de 21 % d'une année sur l'autre et le produit de la TVA sur les importations a augmenté de 27,6 %). Dans le même temps, l'appréciation de l'euro par rapport au dollar provoquait un gonflement de l'encours et du service de la dette, exprimée en dollars.
Selon "El Watan", le ministère des Finances et la Banque d'Algérie étudient "un certain nombre d'initiatives" pour "redresser", ou à tout le moins stabiliser, le dinar par rapport à l'euro, et combattre le marché parallèle des changes.
(Reuters 20.10) L'économie algérienne devrait connaître une croissance de 6,5 % en 2003 et de 5,1 % en 2004, en s'appuyant sur les secteurs des hydrocarbures et de l'agriculture, et une inflation de moins de 2 % en 2003, a estimé le 20 octobre le ministre des Finances Abdelatif Benachenhou, dont les prévisions sont encore plus optimistes que celles du Premier ministre Ouyahia, qui situait la croissance à 6 % en 2003 et 5 % en 2004. Elle avait été, officiellement, de 4,1 % en 2002.
(AP 21.10 / La Dépêche de Kabylie) Rafik Abdelmoumène Khalifa est sorti de son silence dans un texte publié le 21 octobre par "Le Matin", et dans lequel il accuse le président Bouteflika (cible du quotidien depuis des mois) d'être responsable de la déconfiture de son empire et de la liquidation de ses entreprises. Le texte signé par Khalifa accuse "Abdelaziz Bouteflika et sa mafia, une bande d'escrocs, d'avoir organisé le plus grand hold up administratif du siècle", et rappelle que le frère du présikdent, Abdelghani, a été conseiller juridique du groupe Khalifa avant d'en démissionner quelques semaines avant que n'éclate le scandale qui a conduit à la chute du groupe. Khalifa ne donne cependant aucun élément permettant d'étayer ses accusations, mais promet des preuves : "mon exil obligé me permet de terminer un travail qui, je pense, éclairera la lanterne de plus d'un et rafraîchira la mémoire à d'autres" -ce que "La Dépêche de Kabylie" qualifie de "chantage par le bluff".
En mars dernier, le gouvernement algérien a désigné un administrateur à la tête de la Khalifa Bank, qui a été privée d'agrément et mise en état de cessation de paiements le 29 mai. En avril, c'est la compagnie aérienne du groupe qui était privée de l'autorisation de navigation en Algérie, puis à Paris, où la chaîne de télévision Khalifa TV a été mise en liquidation judiciaire par un tribunal français.
(AP 20.10) Le quatrième round des négociations bilatérales sur l'adhésion de l'Algérie à l'OMC devait s'ouvrir le 21 octobre à Genève, a indiqué le 20 le ministre algérien du Commerce, Nourredine Boukrouh, qui a précisé que les négociations porteront notamment sur la baisse des tarifs douaniers et l'accès aux marchés des biens et services, et a exprimé l'espoir que l'adhésion de l'Algérie à l'OMC se fasse en 2004.
(Le Quotidien d'Oran 26.10) Selon la note de conjoncture du premier semestre 2003 publiée par le ministère des Finances, la hausse du prix et du volume exporté des hydrocarbures a généré une augmentation de 42 % des ressources financières en devises, entre le premier semestre 2002 et le premier semestre 2003, et ont permis une augmentation des réserves de change de près de 7,4 milliards de dollars, les faisant atteindre les 28,5 milliards fin juin 2003.
Le secteur industriel public aurait enregistré une croissance de 4,1 % en un an, grâce à la croissance enregistrée dans les secteurs de l'énergie (+ 6,7 %), des hydrocarbures (+ 7 %) et des industries sidérurgiques, métallurgiques, mécaniques et électriques (+ 22,9 %), et malgré la décroissance enregistrée dans l'agro-alimentaire (- 18,1 %), le cuir (- 10,3 %) et les matériaux de construction (- 6,9 %).
(Quotidien d'Oran 30.10) Le dinar a perdu plus 31 % de sa valeur face à l'euro depuis le 1er janvier 2002, sur le marché parallèle, et 15 % sur le marché officiel. Fin 2001, le franc français s'échangeait à 12,5 dinars sur le marché parallèle algérien. Au taux de change actuel de l'euro, il s'échangerait à 16,8 dinars. Début 2002, l'euro valait environ 85 dinars, il en vaut aujourd'hui 112. La différence entre le taux de change officiel et le taux de change parallèle (le taux réel étant le taux parallèle) est de 22 dinars pour un euro. Pour les spécialistes algériens (et français) des changes, la stabilisation de la valeur du dinar et la réduction de l'écart entre les taux de change officiel et parallèle ne pourront être atteintes que par la convertibilité totale du dinar, ce qui débouchera logiquement sur sa dévaluation.
(AP 10.11) Comme chaque année, le début du Ramadan a mis en lumière l'importance du secteur commercial "informel" dans l'approvisionnement de la population algérienne en produits de grande consommation. Selon le ministère du Commerce, plus de 700 marchés informels, employant plus de 100'000 personnes, sont actifs à l'échelle nationale (principalement dans les secteurs de la distribution, de l'agriculture, de l'industrie de transformation et de change des devises), occupant une superficie totale de 2,7 km/2. Une enquête gouvernementale a constaté que les manquements aux règles d'hygiène et de salubrité, notamment en ce qui concerne l'entroposage et la conservation des denrées périssables, étaient généralisées sur les marchés informels, mettant ainsi en danger la santé des consommateurs.
(Liberté 20.11) Constatant la hausse du dinar par rapport à l'euro au taux officiel de change fixé par la Banque d'Algérie (86 dinars pour un euro, 74 dinars pour un dollar, soit une appréciation de 7 % par rapport à la dernière quotation officielle), "Liberté" se demande si on se trouve "face à une opération politique" ou à une évaluation correcte de la valeur de la monnaie nationale algérienne, qui avait perdu, depuis l'introduction de la monnaie unique européenne, 25 % de sa valeur en moins de deux ans, ce qui avait considérablement renchéri le coût des exportations algériennes -l'euro s'étant ces derniers temps appreécié par rapport au dollar, et les exportations algériennes étant essentiellement constituées d'hydrocarbures dont le cours est libellé en dollars, la valeur des exportations avait quant à elle relativement baissé -et n'avaient augmenté en valeur absolue que grâce à l'augmentation de leur volume.
(AP 20.12) Le ministre algérien des Finances, Abdelatif Benachenhou, a annoncé le 20 décembre un taux de croissance de 6,8 % pour 2003, soit 2,7 points de plus qu'en 2002, et la meilleure croissance enregistrée depuis 15 ans. Selon les chiffres officiels, pratiquement tous les secteurs économiques sont en croissance, sauf l'industrie. L'agriculture aurait par exemple obtenu une croissance de 16 % et le bâtiment de 7,5 %.
(AFP 29.12 / Quotidien d'Oran 30.12) L'Algérie a enregistré en 2003 un taux de croissance du PIB de 6,8 % par rapport à 2002, soit la plus forte croissance depuis 15 ans, a déclaré le ministre des Finances algérien Abdelatif Benachenhou. Selon le ministre, les investissements publics et privés ont progressé de 2,7 % par rapport à 2002, et presque tous les secteurs économiques ont bénéficié d'une croissance. Celle-ci s'est établie à 6,6 % dans les hydrocarbures, 7,5 % dans les services, 16 % dans l'agriculture. Dans l'industrie, cependant, la situation est marquée, selon un rapport du ministère de l'Industrie sur le bilan d'activité du secteur dans les neuf premiers mois de 2003, par une constante hémorragie et durant cette période une baisse de production de 1,93 % et la perte de 1817 emplois. La fermeture d'unités de production se poursuit dans l'industrie mécanique (Prometal, l'ENAQS, Poval), le secteur électrique et électronique (ENIE, Sonaric), les matériaux de construction, ainsi que dans le textile, le cuir et l'agroalimentaire (avec 23 unités de production fermées, dont 21 de l'ERIAL)
2004
(AAI 11.1 Selon un classement établi annuellement par la "Heritage Foundation" et le Wall Street Journal américains, l'Algérie est à la centième place du classement 2004 de la "liberté économique", sur 155 pays classés. Selon les auteurs du classement, l'Algérie se retrouve dans le groupe des pays où l'économie est "passablement réprimée". Les critères utilisés pour établir ce classement concernent la politique commerciale, la charge fiscale, l'interventionnisme politique, la politique monétaire, les flux de capitaux, l'investissement étranger, le secteur bancaire et financier, les salaires et les prix, les droits de propriété, la réglementation et le marché informal. Les pays à "économie libre" obtiennent une note de 1.00 à 1.99, les pays à économie "passablement libre" une note entre 2.00 et 2.99, les pays à économie "passablement réprimée" une note entre 3.00 et 3.99 (l'Algérie a obtenu la note 3.31) et les pays à économie "réprimée" une note entre 4.00 et 5.00. L'Algérie obtient une note de 5 pour sa politique commerciale, de 4.1 pour sa politique fiscale, de 4 pour l'interventionnisme politique, de 1 pour la politique monétaire, de 2 pour les flux de capitaux et l'investissement étranger, de 4 pour le secteur bancaire et financier, de 3 pour les salaires et les prix, de 4 pour les droits de propriété, de 3 pour la réglementation et de 3 pour le marché informel. En tête du classement des analystes américains vient, pour la dixième année de suite, Hong Kong, suivi de Singapour; en queue, on trouve sans surprise la Corée du nord, précédée de la Libye.
(El Watan 11.1) L'appréciation constante de l'euro par rapport au dollar commence à poser des problèmes économies à l'Algérie, dont les exportations sont essentiellement constituées d'hydrocarbures facturés et dollars, et les importations de marchandises en provenance de l'Union européenne, facturées en euros, d'où un risque de dégradation de la balance commerciale. Le manque à gagner pour l'Algérie, en termes de pouvoir d'achat du pétrole, est estimé à 5 dollars par baril entre 2002 et 2003. Par ailleurs, la dette extérieure de l'Algérie étant libellée à plus de 40 % en euros, l'appréciation de cette monnaie accroît la charge de la dette, dont le service aurait augmenté, de ce seul fait, de 10 milliards de dollars en 2003
(AP 18.1 / Le Quotidien d'Oran 19.1) Le prochain "round" des négociations pour l'adhésion de l'Algérie à l'Organisation mondiale du commerce (OMC) est prévu en mars prochain, a annoncé le 17 janvier le ministre algérien du commerce Nourredine Boukouh, qui a affirmé que l'Algérie avait "réalisé un bon progrès dans les négociations multilatérales" engagées avec une vingtaine de pays membres de l'OMC, et que le processus d'adhésion s'effectuait "selon le rythme décidé par le gouvernement algérien". Le débat entre l'Algérie et les Etats membres de l'OMC porte notamment sur les subventions à l'agriculture et la transparence dans les marchés publics.
(Le Quotidien d'Oran 22.1) Une nouvelle organisation patronale a été créée : l'Organisation nationale du patronat et des entrepreneurs (ONPE), présente selon ses initiateurs dans 38 wilayas.
(AAI 25.1) La balance commerciale algérienne a enregistré un solde positif de 10,83 milliards de dollars US en 2003, selon les statistiques des douanes. Les importations se sont accrues de 8,32 % en valeur (12 mias de dollars US en 2002, 13 mias en 2003), les exportations de 26,62 % (de 18,82 mias à 23,83 mias), grâce essentiellement à la hausse du prix du pétrole (les exportations d'hydrocarbures sont passées de 18,09 mias à 23,17 mias). Le taux de couvertuire des importations par les exportations a été de 183 % en 2003.
(AP 31.1) L'ancien PDG de Sonatrach, et ancien ministre des ressources hydrauliques, Abdelmadjid Attar, dont le nom figure sur une liste retrouvée à Bagdad au ministère irakien du pétrole, récapitulant les bénéficiaires de quantitée de pétroles cédées sur ordre direct de Saddam Hussein, a nié toute implication dans cette affaire. Selon la liste, il aurait pourtant bénéficié de six millions de barils. Selon Abdelmadjid Attar, la liste ne contient que des noms de "responsables de compagnies et de courtiers qui ont acheté du pétrole irakien en bonne et due forme, avec l'accord de l'ONU, dans le cadre du programme pétrole contre nourriture. Tous les paiements se faisaient par le biais des Nations Unies, qui de surcroît fixaient les prix". Sonatrach aurait commercialisé pour le compte des Irakiens 30 millions de barils, "sous le contrôle de l'ONU".
(AP 4.2) La Sonatrach a annoncé que la raffinerie de Skikda a repris sa production à pleine capacité, après l'explosion puis l'incendie qui avait touché le complexe de gaz naturel liquéfié (GNL) le 19 janvier, et avait fait 27 morts. Trois unités du complexe GNL n'ont cependant pas été remises en service, le contrôle technique n'étant pas achevé en ce qui les concerne, et trois unités ont été détruites par l'explosion, et doivent être totalement reconstruites.
(AP 9.2) Les bénéficiaires algériens des "cadeaux de Saddam" ont été menacés le 8 février de poursuites judiciaires par le ministre de l'Energie, Chakib Khelil. Deux Algériens figurent dans la liste des personnes ayant bénéficié des largesses de Saddam Hussein, liste publiée par le journal irakien "El Mada" : l'ancien PDG de Sonatrach, Abdelmadjid Attar, et un inconnu, Abdelkader Benmoussa, qui auraient l'un et l'autre bénéficié de six millions de barils de pétrole de la part du régime irakien, qui vendait du pétrole hors du contrôle de l'ONU, "via la Turquie ou le Chatt El Arab ou à travers des réseaux", selon Chakib Khelil.
(El Khabar 11.2) Selon le ministre algérien des Finances Abdellatif Benachenhou, la hausse de l'Euro face au dollar a fait perdre à l'Algérie plus de 250 millions de dollars en 2003, et lui feraient perdre 300 millions de dollars en 2004, par le simple fait que les exportations en hydrocarbures sont établies en dollars alors que la majorité des importations ont en provenance de la zone euro et sont donc libellées en euro, d'où une dévaluation des rentrées et une réévaluation des sorties. Le ministre a regretté que l'Algérie ne puisse adopter l'euro comme monnaie de référence dans ses transactions commerciales, le dollar restant la monnaie de référence pour les marchés pétroliers. 80 % des importations de l'Algérie sont libellées en euro, mais 80 % de ses exportations sont constituées d'hydrocarbures, et libellées en dollars.
(AP 13.2) Une quarantaine de pays réunis durant deux jours à Alger, pour la première conférence des ministres de l'Energie d'Afrique, Amérique latine et Caraïbes (AFROLAC), ont adopté le 13 février une déclaration, dite "déclaration d'Alger", qui officialise la naissance de l'AFROLAC dont la conférence se tiendra tous les deux ans, alternativement dans chaque continent (la prochaine en 2006 au Mexique). Le but de la nouvelle institution est de développer la coopération énergétique entre ses membres. Un comité de suivi a été institué.
(Liberté 16.2) Selon une étude du Bureau international du travail, le taux de chômage, qui progressait en Algérie jusqu'en 2001, aurait ensuite commencé à décliner, du fait notamment de l'évolution démographique et de la "digestion" de l'emploi féminin. Selon le BIT, le taux d'activité professionnelle des femmes est passé de 1,8 % en 1966 à 9,6 % en 1998. Le taux de chômage des diplômés de l'enseignement supérieur a cependant considérablement augmenté, en passant de 11,9 % en 1992 à 19,07 % en 1997. Selon le BIT, pour réduite le taux de chômage à 22 % de la population active en 2008 (il est actuellement d'au moins 30 %), il faudrait créer annuellement 329'000 postes de travail, alors que la création nette d'emplois pendant la décennie 1990-1999 n'a été que de 160'000 postes.
(La Nouvelle République 19.2) La population active algérienne se montait à 8,762 millions de personnes en septembre 2003, soit 27,8 % de la population résidente, selon une estimation de l'Office national des statistiques (qui considère comme faisant partie de la population active toute personne ayant déclaré avoir exercé une activité économique, ou étant officiellement au chômage). Les femmes représentent seuzlement 14 % du total des personnes occupées. Les deux tiers des actifs (65 %) sont salariés (69,5 % en zone urbaine, 58,6 % en zone rurale). Le secteur privé emploie 61,2 % des actifs, ce qui s'explique par le fait que la majorité (54,9 %) de ceux-ci sont actifs dans le secteur du commerce et des services. L'agriculture occupe 21,1 % des actifs, l'industrie et le bâtiment 12 % chacun. Le nombre des chômeurs officiellement reconnus comme tels est estimé en septembre 2003 à 2,078 millions de personnes, soit un peu moins du quart de la population active, avec une durée moyenne de chômage de 25 mois, et une proportion de chômeurs depuis plus d'un an atteignant 61,1 % du total des chômeurs.
(El Watan 26.2) Selon une enquête de l'Institut national du travail, les salaires des Algériens ont augmenté, en valeur nominale, de 72,95 % entre 1996 et 2002, mais "El Watan" rappelle que dans la même période, les prix des produits de première nécessité ont été "carrément multipliés par trois, voire six" et que si, à la fin des années '80, en enseignant du secondaire touchait près de quatre fois le salaire minimum, il ne touche plus aujourd'hui que 2,5 fois le SMIGV. En outre, entre 1996 et 2002, le dinar a perdu 52 % de sa valeur face au dollar, le dollar se dépréciant lui-même depuis une année face à l'euro, monnaie des principaux pays exportateurs de biens de consommation vers l'Algérie.
(AAI 3.3) Les USA ont accordé le 2 mars à l'Algérie le régime de "préférence généralisée", ce qui accorde à l'Algérie, dans le cadre des échanges bilatéraux, des préférences tarifaires pour ses exportations (hors hydrocarbures) vers les USA. Les marchandises concernées sont les produits manufacturés, semi-finis, agricoles, artisanaux et de pêche.
(AAI 3.3) Les négociations pour l'adhésion de l'Algérie à l'OMC devraient se conclure avant la fin 2004, a annoncé le chef de la délégation algérienne aux négociations, Cherif Zaad, qui a assuré que les négociations se menaient de manière "transparente", notamment à l'égard de la centrale syndicale UGTA et du patronat.
(Liberté 11.3) Selon un rapport confidentiel, évoqué par "Liberté" mais dont le quotidien ne donne pas la source, l'accord d'association entre l'Algérie et l'Union européenne pourrait faire perdre 58'000 emplois à l'Algérie, à moins que le gouvernement algérien mette "rapidement en place une politique volontariste pour corriger rapidement les dysfonctionnement existants", sans quoi l'application de l'accord, et d'une manière générale la libéralisation de l'économie, "risquent de conduire le pays à une exploitation des richesses nationales et des secteurs-clés de l'économie par un petit nombre de monopoles", en favorisant une minorité bénéficiant d'une "situation de rente" et de "marges confortables", mais en provoquant "une destruction progressive du tissu industriel algérien, en particulier dans le secteur public et parapublic".
Les simulations effectuées par le rapport indiquent une perte globale de 58'000 emplois, dont 40'000 dans les secteurs de base et 10'000 dans ceux exposés à la concurrence européenne : 2000 postes menacés dans l'agroalimentaire, 5000 dans le textile et le bois, 1000 dans le cuir. Le démantèlement tarifaire devrait entraîner une perte de recettes fiscales douanières d'environ 100 milliards de dinars (1,2 milliard d'euros) d'ici 2015.
(El Watan 14.3) A Labiod Sidi Cheikh (w. El Bayadh), où il a été créé, le "Mouvement du Suid pour la Justice" a adopté une plate-forme de revendications qu'il compte soumettre aux six candidats à la présidentielle. La plate-forme, déclinée en trois chapitres, présente des revendications politiques (décentralisation, ouverture du champ politique, levée de l'état d'urgence, respect des droits de l'Homme, ouverture du dossier des "disparus", primauté des élus sur les responsables administratifs et sécuritaires), économiques et sociales (priorité à l'embauche dans la région pour les habitants de la région, formation de cadres de l'industrie pétrolière dans les régions pétrolières).
(Quotidien d'Oran 18.3) Le ministre des Affaires étrangères Abdelaziz Belkhadem a estimé le 17 mars que l'adhésion de l'Algérie à l'OMC ne pourrait être conclue avant le printemps 2005, et qu'il y avait encore plusieurs difficultés à surmonter dans les négociations, notamment dans le dossier agricole.
(AP 5.4) La compagnie nationale péàtrolière algérienne Sonatrach a annoncé le 5 avril les meilleurs résultats de son histoire, avec un chiffre d'affaire global de 25,1 milliards de dollars pour 2003, et sept milliards de dollars de recettes à l'exportation lors du premier trimestre 2004, soit 9 % de plus que lors du premier trimestre 2003. En 2003, la production d'hydrocarbures s'est accrue de 3 % par rapport à l'année précédente. Au premier trimestre 2004, elle s'est accrue de 6 % par rapport au premier trimestre 2003.
(AP 19.4) Six accords cadres de financement pour un montant total de 1,6 milliard d'euros ont été signée le 19 avril à Alger entre la Sonatrach et six banques européennes, dont la néerlandaise ABN AMRO pour 500 millions d'euros et la belge ING pour le même montant.
(Quotidien d'Oran 22.4) Selon un rapport de la Banque mondiale sur la "situation économique mondiale", l'Algérie est l'un des "pays en développement à revenus intermédiaires les moins endettés". L'amélioration de la situation algérienne en ce qui concerne la dette est due, selon le directeur du département Maghreb de la BM, "à une bonne gestion de l'endettement par les autorités et à la hausse des cours du pétrole". Selon les derniers chiffres, la dette extérieure de l'Algérie se situe aux alentours de 22 milliards de dollars.
(AP 24.4) Les négociations en vue de l'adhésion de l'Algérie à l'Organisation mondiale du commerce (OMC) reprendront le 25 juin, a annoncé l'agence officielle algérienne APS. Il s'agira du huitième "round" de ces négociations, et il portera sur les dossiers des contingents et des tarifs douaniers, des subventions à l'énergie et à l'agriculture, des brevets, des droits de propriété intellectuelle et sur la normalisation de la législation économique et financière.
(Liberté 9.5) Avec un prix du baril de brut frôlant les 40 dollars US, en hausse de 56 % en un an, et à un niveau record depuis 14 ans, l'Algérie devrait engranger de recettes à l'exportation exceptionnelles, du moins si les cours se maintiennent à un tel niveau -ce qui n'est pas certain, puisque ces cours sont à la fois triputaires de la situation au Moyen-Orient, dont les développements sont imprévisibles, et de la spéculation des fonds de pension (qui spéculent à la hausse du pétrole mais sont capables de vendre massivement au premier fléchissement des cours, faisant retomber ceux-ci).
En 2003, Sonatrach a fait un chiffre d'affaires de 25,1 milliards de dollars et a versé au trésor algérien, au titre de la fiscalité pèétrolière, près de 1300 milliards de dinars (environ 15 milliarde d'euros).
(AP, Quotidien d'Oran 26.5 / Liberté 27.5) Le représentant de la Banque Mondiale en Algérie, Djamel Mostefai, a estimé le 25 mai devant des patrons algériens que l'Algérie est dans une situation favorable à la conduite de "réformes structurelles" pour se dégager de la dépendance des exportations d'hydrocarbures. Ce sont paradoxalement les recettes pétrolières (40 milliards escomptés en 2004), qui représentent plus de 97 % des rentrées de devises, qui devraient permettre à l'Algérie de crééer les conditions d'une "croissance stable et durable" par des réformes structurelles et l' investissements hors hydrocarbures, estime le représentant de la Banque Mondiale, pour qui l'Algérie "se trouve dans une situation exceptionnelle" (c'est-à-dire exceptionnellement bonne) grâce à la hausse des cours du pétrole, à la consolidation de la stabilité macroéconomique et à l'amélioration de la situation sécuritaire. Djamal Mostefai décerne un satisfecit au programme gouvernemental, qui selon lui "reflète une vision claire pour améliorer le climat d'affaires et encourager la relance économique", et manifeste "une volonté évidente de réformes".
Le Fonds monétaire international (FMI), dans un rapport d'évaluation du secteur financier, recommande pour sa part à l'Algérie de puiser dans ses réserves de change non pas pour investir dans l'économie hors hydrocarbures, comme le lui suggère la Banque Mondiale, mais pour prendre de l'avance sur le remboursement de la dette extérieure, afin de rassurer ses partenaires étrangers. En 2003, la dette algérienne se monte à 23 milliards. Elle a augmenté d'un demi-milliard entre 2002 et 2003, à cause de la dépréciation du dollar par rapport à l'euro (alors que pour l'essentiel les exportations sont facturées en dollars, mais les importations en euros). Cette dette est cependant plus que largement couverte par les réserves de change de l'Algérie, qui se montaient en 2003 à 32,9 milliards de dollars, soit 11 milliards de plus qu'en 2002.
Pour le Front des forces socialistes, réagissant à la présentation du programme du gouvernement Ouyahia devant le parlement, la situation économique de l'Algérie est marquée par l'absence d'une "stratégie de développement lisible et structurée", alors que les ressources engrangées par le pays grâce à l'augmentation du prix du pétrole permettrait une telle stratégie. Le FFS relève le "paradoxe algérien" de réserves de change en hausse et d'un indice de développement humain en régression continuelle.
(El Khabar 26.5) Selon un rapport de la Banque Mondiale sur les flux monétaires, la moyenne des transferts d'argent des émigrés algériens vers l'Algérie ne dépasse pas les 300 dollars US par an et par individu pour ce qui est des transferts légaux sur le marché officiel (soit beaucoup moins que pour tous les autres pays de la région), alors que les transferts passant par le marché parallèle, et selon des cours officieux, correspondent à une masse de 1 milliard et demi à deux milliards de dollars. En France, les banques estiment la valeur de l'épargne des immigrants algériens à 2,5 milliards de dollars. L'épargne des trois millions d'émigrés algériens (dont la majorité résident en France) a donc tendance à rester dans leurs pays d'accueil plutôt qu'à retourner en Algérie, et lorsqu'elle y retourne, elle a tendance à passer par le marché parallèle plutôt que par le marché officiel. Enfin, selon le Premier ministre algérien Ahmed Ouyahia, les transferts d'argent algérien sont deux à trois plus important dans le sens de l'exportation (un demi-milliard d'euros en 2003).
(Quotidien d'Oran 3.6) 164 travailleurs sous contrat avec le groupement Berkine (Sonatrach-Anadarko, détenue à 51 % par Sonatrach) risquent d'être licenciés à l'expiration de leur contrat, le 30 juin, dans la wilaya de Ouargla en application d'une circulaire du Premier ministre Ouyahia gelant les activités des sous-traitants de l'emploi (sociétés mettant à disposition du personnel); les licenciés devraient être remplacés par du personnel originaire de la région. 460 travailleurs recrutés par des sociétés de sous.traitance de l'emploi travaillent pour le groupement Berkine, sont menacés de licenciement et ont dénoncé dans une lettre au Premier ministre "la ségrégation régionaliste" dont ils sont ou risquent d'être victimes. Ils dénoncent également une "mauvaise interprétation des textes", la circulaire du Premier ministre gelant les sous-traitants qui prévelevaient commissions et pourcentages sur les salaires des travailleurs qu'ils faisaient engager, mais ne demandant pas le licenciement de ces travailleurs. Les quatres principales sociétés de sous-traitance concernées dans la wilaya de Ouargla y ont fermé leurs portes, et c'est l'agence pour l'emploi, l'ANEM, qui avaient repris les contrats d'embauche de "leurs" travailleurs. De violentes émeutes avaient éclaté à Ouargla, où les chômeurs de la région protestaient contre l'embauche de travailleurs venus du reste du pays alors qu'eux-mêmes ne trouvaient pas de travail.
(Reuters 5.6 / El Khabar) 110 millions d'euros de dettes algériennes à l'égard de la France seront convertis en investissements d'infrastructures en Algérie, a annoncé le 5 juin le ministre français de l'Economie et des finances, Nicolas Sarkozy. Cette conversion se fera enm deux parts, l'une de 61 millions, déjà en cours de reconversion, l'autre de 50 millions (voire plus).
Dans le même temps, la société nationale algérienne des transports ferroviaires (SNTF) a attribué à un consortium dirigé par la société française Alstom un contrat de 88 millions d'euros portant sur l'électrification de trois lignes ferroviaires dans la banlieue d'Alger.
¨(El Khabar, El Watan 10.6) Selon le Conseil national économique et social algérien (CNES), 200'000 commerçants illégaux étaient actifs en 2003, sur 700 marchés illégaux mais fonctionnant au vu et au su des autorités. 15'000 importateurs (sur les 35'000 existant) travaillaient avec des registres de commerce douteux, ou pas de registres de commerce du tout. Selon le CNES, le "marché informel" représente 35 % de l'activité commerciale et le secteur économique parallèle représente 17,2 % de l'ensemble de la main d'oeuvre algérienne en 2003, soit près d'un million et quart de travailleurs, et péserait entre 20 et 25 % du PIB hors hydrocarbures. Mais du fait même que ce secteur est "parallèle", il ne contribue à la masse fiscale provenant de l'imposition des revenus qu'à raison de 0,6 %. Le défaut de facturation (transactions sans facture) représenterait une masse de 2,3 milliards de dinars en 2003, soit 14 % de plus qu'en 2002. Entre autres activités illégales, le CNES note l'exportation illégale de bétail, qu'il évalue à un million de têtes ovines vers la Tunisie, la Lybie et le Maroc, pour 100 millions de dollars par an.
(AP 11.6) L'Algérie est parvenue au "stade final" de son processus d'adhésion à l'Organisation mondiale du commerce (OMC), a annoncé le 11 juin le ministre algérien du Commerce Noureddine Boukrouh, pour qui l'Algérie "réunit désormais toutes les conditions d'accession imposées depuis 1995 par l'OMC pour tous les pays".
(La Nouvelle République 20.6) Après le Premier ministre Ouyahia, qui annonçait le 13 juin au Conseil économique et social qu'il fallait "pourchasser" les "barons et les lobbvies d'intérêt" plutôt que les "petits revendeurs à la sauvette", le ministre de la Justice Tayeb Belaït annonçait, le 15 juin, qu'il avait décidé d'ouvrir le dossier du groupe Khalifa "de manière complète et globale". La presse algérienne se demande dès lors ce qu'il va advenir du patron du groupe, Abdelmoumène Rafik Khalifa, replié en Grande-Bretagne, mais qui fait l'objet d'enquêtes en France, d'où un mandat d'arrêt international a été lancé à son encontre, et où son successeur à la tête des filiales françaises du groupe est inculpé d'abus de biens sociaux et de banqueroute. Plusieurs autres responsables dces sociétés de Khalifa en France sont également poursuivis.
(AP 2.7) Les émigrés algériens seraient en mesure de transférer trois milliards de dollars par an au profit du développement économique du pays, au lieu des 200 millions actuels (dont 80 % de mandats postaux), a indiqué le 2 juillet la ministre chargée de la Communauté nationale à l'étranger, Sakina Messadi. L'émigration algérienne préfère toujours introduire ses ressources en Algérie à travers le marché parallèle, pour bénéficier d'un taux de change plus favorable que le taux officiel (115 dinars pour un euro au lieu de 86 dinars pour un euro au taux officiel), et éviter la bureaucratie du système bancaire.
(El Watan 22.7) Le liquidateur algérien du groupe Khalifa, Moncef Badsi, a estimé la situation réelle du groupe à une insuffisance d'actifs se situant entre 166 et 220 milliards de dinars (soit au moins 1,8 milliards d'euros, 2,7 milliards FS), dont 130 milliards ont déjà été inventoriés, et auxquels il convient d'ajouter 168 milliards de dettes envers 10'000 créanciers. Le liquidateur a estimé que son travail de liquidateur prendra entre trois et cinq ans. Il a révélé que le travail fait jusqu'à présent avait fait apparaître un nombre important de "bons de caisse vides, de titulaires de comptes fictifs ainsi que des comptes de précarité", et que les biens immobiliers du groupe ne totalisaient une valeur équivalente qu'à 15 % environ des insuffisances d'actifs. Quant aux créances de la banque, elle se monteraient à 38 milliards de dinars (soit au maximun un quart des insuffisances d'actifs). Une partie des débiteurs de la banque refuseraient de restituer les fonds que celle-ci leur a prêté. Par ailleurs, la majorité des actifs théoriques de la banque Khalifa sont constitués (à raison dau moins 52 milliards de DA sur 99,1 DA) par des dettes de la compagnie aérienne Khalifa, "qui a consommé en quatre années d'existence 740 millions de dollars sans avoir un seul bien à son nom". Interrogé sur l'indemnisation des clients de la banque Khalifa, le liquidateur a indiqué que 168'000 personnes avaient été indemnisées, les indemnisations étant plafonnées à 600'000 DA. Quant au fonctionnement de la banque, Moncenf Badsi l'a résumé ainsi : "Abdelmoumène (Khalifa) remplissait les comptes en attirant les fonds par de forts taux d'intérêts compris entre 17 et 21 %", soit le triple de ceux pratiqués par les autres banques algériennes. "Il a même proposé des taux de 24 % pour des bons de caisse. Une partie de cet argent a été transférée vers l'étranger et a servi à l'acquisition de biens". Le liquidateur a résumé le fonctionnement du groupe en le décrivant comme un système de "saliment d'argent propre". Il a estimé que les autorités n'avaient "pas bien réagi", faute de dispositifs de contrôle.
(L'Expression, El Watan 25.7) Selon le ministre du Travail, Tayeb Louh, qui se base sur un contrôle effectué en 2003 auprès d'un échantillon national, plus d'un tiers des travailleurs (34,8 %) ne sont pas déclarés à la Sécurité sociale. Cette proportion considérable s'explique, selon le ministre, par "le peu de moyens dont disposent les services de contrôle".
Sur plus de 188'000 entreprises privées ayant fait l'objet du contrôle de 2003, 612'000 employés seulement figurent sur les registrent de la Sécurité sociale, et dans certains cas la totalité des employés, et l'entreprise elle-même, ne sont pas déclarés. Le ministre a ajouté, lors d'un point de presse, que parmi les entreprises en infraction à la législation du travail figurent plusieurs journaux, et que des journalistes figurent au nombre des salariés non déclarés (et donc non couverts).
(Quotidien d'Oran 25.7) Selon les chiffres du commerce extérieur du Centre national d'information statistiques des douanes, les importations algériennes ont augmenté, en valeur monétaire (et en dollars) de 22,4 % entre le premier semestre 2003 et le premier semestre 2004, en passant de 6,682 milliards à 8,179 milliards de $ US. L'importation de biens d'équipement a crû de 19,04 %, celle de biens de consommation directe de 40,28 %, celle de biens alimentaires de 20,41 %, celle de médicaments de 37,23 %. Selon les mêmes statistiques, 80,68 % des importations ont été payées cash et11,3 % à crédit. Comme dans la période couverte par les statistiques le dollar s'est déprécié de 22 % par rapport à l'euro, et que les importations proviennent en majorité (pour 4,71 mias $, en augmentation de 19,01 %) de la zone euro alors que les exportations algériennes, essentiellement constituées par les hydrocarbures, sont libellées en dollars, la balance commerciale algérienne pourrait se dégrader.
(El Watan 1.8) L'Espagne et l'Italie devraient suivre l'exemple de la France et conclure avec l'Algérie de grands accords financiers, concernant notamment la gestion de la dette algérienne, et sa reconversion partielle (jusqu'à 30 % du total) en investissements
(Quotidien d'Oran 18.8) Toutes les unités industrielles non stratégiques (sont "stratégiques" les entreprises comme Sonatrach, Sonelgaz, SNVI, SNTR, SNTF) peuvent être vendues et, si possible, le seront, à condition que les repreneurs garantissent l'emploi des travailleurs de ces sociétés, a déclaré le ministre de l'Industrie El Hachemi Djaâboub.
(Le Quotidien d'Oran 23.8) Le directeur général de Khalifa Bank, Mohamed Al Azhar Allioui, a été incarcéré le 17 août, annonce "Le Quotidien d'Oran". Quatre mandats de dépôts, dans quatre affaires différentes liées au groupe Khalifa, ont été prononcés à son encontre, et cinq autres personnes, dont le PDG du groupe, Abdelmoumène Khalifa, font l'objet de mandats d'arrêt internationaux. Deux autres responsables de la banque Khalifa, le directeur de la caisse principale et le caissier principal, ont également été incarcérés, et d'autres inculpations ou mandats de dépôts pourraient être prononcés dans les prochains jours.
La première affaire concernée porte sur un trou de 3,27 milliards de dinars au niveau de la caisse principale de la banque, et implique une dizaine de personnes, dont cinq sont en fuite, dont Abdelmoumène Khalifa. Ces personnes sont inculpées d'"association de malfaiteurs, vol qualifié, escroquerie, abus de confiance, abus de biens sociaux, infraction à la réglementation sur la création des sociétés par action, infraction à la réglementation des changes et mouvements de capitaux". Elles risquent la perpétuité.
Une deuxième affaire concerne les tranferts de fonds vers l'étranger. Elle implique sept personnes, déjà impliquées dans la première affaire, dont Abdelmoumène Khalifa.
Une troisième affaire porte sur cinq stations de dessalement d'eau de mer que devait installer Khalifa Construction. Elle implique également sept responsables du groupe, dont les deux personnes déjà détenues.
Une quatrième affaire porte sur l'acquisition de 25 % des actions de la Société Générale d'Algérie.
Par ailleurs, les responsables d'entreprises publiques, de caisses nationales, de mutuelles et d'autres organismes sont auditionnés sur les dépôts à terme, en tant que témoins. Le montant total de ces dépôts avoisinnerait 50 milliards de DA. Ils ont été effectués entre fin 2001 et mi-2003, sur la base de promesses de taux d'intérêts mirifiques (entre 16 et 19 %); selon des "sources financières sûres" évoquées par "Le Quotidien d'Oran", les taux réellement versés n'ont jamais atteint la moitié des taux promis, et se situeraient en réalité entre 5 et 7,75 %.
(Le Jeune Indépendant 25.8) Au moins trois anciens ministres (Tebboune, Terbèche et Attar, anciens ministres de l'Habitat, des Finances et des ressources en eau)devraient être entendus par les juges d'instructions chargés de l'affaire des "dépôts à terme" auprès de la banque Khalifa, annonce "Le Jeune Indépendant". Une dizaine de responsables d'entreprises publiques et une quarantaine de hauts cadres de caisses nationales et de compagnies d'assurances, de mutuelles et d'institutions ou organismes divers, sont également auditionnés ou en passe de l'être.
Selon les sources du quotidien, le montant total des dépôts auprès de la banque dépasse les 47 milliards de dinars. Ces dépôts ont commencé en 1999, mais se sont poursuivis jusqu'en 2003, alors que la banque était déjà sous tutelle de la Banque d'Algérie. Des responsables d'entreprises ou organismes publics auraient reçu des injonctions de ministres pour effectuer des mouvements de capitaux vers Khalifa, au prétexte que les intérêts promis atteignaient le double ou le triple de ceux des banques publiques. Pourtant, en 2001 déjà, un audit commandé par l'ancienne ministre déléguée chargée de la Réforme financière, Fatiha Mentouri, avait attiré l'attention du ministre des Finances (Terbèche) sur les pratiques frauduleuses de la banque Khalifa.
(ONU 1.9) Une étude du Bureau international du Travail (BIT) sur "la sécurité économique pour un monde meilleur" a abouti à un classement de 90 pays, représentant 85 % de la population mondiale, selon un "indice de sécurité économique" combinant sept mesures différentes de la sécurité économique des individus -c'est à dire la garantie, pour l'individu, de toujours disposer d'un niveau de ressources personnelles stables, à quelque niveau qu'il se situe. Selon cet indice (qui va d'un minimum de zero, soit une insécurité absolue, à un maximum de 1, soit une sécurité absolue), l'Algérie se situe dans le seconde (partie du classement, avec un indice de sécurité économique de 0,409, juste derrière la Tunisie, avec un indice de 0,412, mais largement devant l'Egypte (0,339) et le Maroc (0,237). Quatre pays (tous scandinaves) sont en tête du classement, avec des indices dépassant 0,9, et offrant donc à leurs habitants la meilleure sécurité économique : la Suède (0,977), la Finlande (0,947), la Norvège (0,926) et le Danemark (0,910). La France est en bonne septième place (0,829, mais dépassée par les Pays-Bas et la Belgique), la Suisse obtient une médiocre seizième place (0,727), derrière l'Irlande, l'Espagne et le Portugal). Les USA ne sont que vingt-cinquième (0,612), la Russie quarante-et-unième (0,503). La Chine est dans le seconde partie du classement, avec un indice de 0,339, mais l'Inde est encore plus mal plassée (0,246). Le pays le plus mal classé, et donc celui où la sécurité économique individuelle est la plus faible, au point d'être quasi inexistante, est le Népal (0,051). Il est précédé de quatre pays indexés à moins de 0,1 : le Burundi (0,098), le Rwanda (0,073), le Bengladesh (0,070) et la Sierra Leone (0,080).
Selon le BIT, la sécurité économique, articulée à la démocratie et aux dépenses gouvernementales de sécurité sociale, est un facteur de croissance et de stabilité sociale, mais les trois quarts des habitants du monde vivent dans des conditions d'insécurité économique, générant "anxiété et colère". Seuls 8 % des habitants de la planète vivent dans des pays offrant des niveaux élevés de sécurité économique.
Le BIT note que le niveau de revenu n'est pas "le déterminant du bonheur national le plus important", et que l'augmentation du revenu est, de ce point de vue, moins importante que l'égalité ou l'inégalité des revenus.
Enfin, le BIT considère que la démocratie politique, le respect des libertés diciles et les dépenses de sécurité sociale ont un effet positif sur la stabilité sociale, mais que "la croissance économique n'a qu'une faible incidence sur la sécurité" économique, elle-même facteur de stabilité sociale.
(El Watan 5.9) Un ancien ministre des Finances et six hauts fonctionnaires de la Banque d'Algérie (dont deux gouverneurs, un vice-gouverneur, un inspecteur gébéral, un directeur central chargé du contrôle des changes) devaient être entendus par le doyen des juges d'instruction de Cheraga, dans le cadre de l'affaire Khalifa. Plusieurs de ces persoinnes pourraient se retrouver inculpées. D'autres personnalités (dont un ancien ministre de l'Habitat) devraient également être entendues par un juge d'însurtcion. Selon une source judiciaire évoquée par "El Watan", "au moins une cinquantaine de personnalités ont bénéficié de montants importants en devises transférés d'El Khalifa Bank vers l'étranger, sans aucune justification ou sous le motif de sponsoring". Parmi ces personnalités, le quotidien annonce que figurent les noms d'anciens ministres, de hauts fonctionnaires et d'un ancien gouverneur de la Banque d'Algérie. Toujours dans le cadre des diverses instructions des diverses affaires Khalifa, une enquête a été lancée sur l'achat d'actions par Abdelmoumène Khalifa auprès de la Société Générale, en France, transaction opérée par "un ancien ministre délégué de la Réforme" dans les années '90, par ailleurs PDG de FIBA international SA, domiciliée en Suisse, achat effectué, précise "El Watan", par un notaire suisse, et qui aurait coûté 8 millions de dollars US, somme bloquée pendant trois ans sur un compte suisse, et que l'Algérie aurait pu récupérer.
(El Watan 26.9 Le Premier ministre Ahmed Ouyahia a annoncé que le projet de loi sur les hydrocarbures, "gelé" par le président Bouteflika à la suite de l'opposition des travailleurs (qui avait entraîné celle de l'UGTA, notamment), allait revenir au gouvernement, après consultations. Les dernières réactions de la centrale syndicale UGTA manifestent un recul du syndicat face à ce projet : le syndicat ne s'oppose plus à une réforme du secteur, s'ils rejettent toujours la dernière mouture du texte et exigent d'inscrire dans la loi le droit de Sonatrach de garder les gisements qu'elle possède actuellement et d'augmenter son droit de préemption jusqu'à 50 %. Le syndicat s'oppose toujours, au moins rhétoriquement, à la libéralisation du prix des produits pétroliers, et à toute privatisation, totale ou partielle, de Sonatrach. Le président de la fédération nationale UGTA des travailleurs du pétrole, du gaz et de l'énergie (FNTPGE), Mohamed Lakhdar Badreddine, a réitéré le refus du syndicat du projet de loi initial, mais a également exprimé la disposition du syndicat à participer à un "débat autour de la réforme du secteur".
(Quotidien d'Oran 26.9) Le Secrétaire général de l'UGTA Abdelmadjid Sidi Saïd s'est défendu de l'accusation portée contre la centrale syndicale d'être coupable du "blocage des réformes économiques", et a appelé à un "véritable débat" sur l'organisation de l'économie algérienne, "avant qu'il ne soit trop tard". Le patron de l'UGTA a plaidé pour "de véritables réformes" de lé'conomie algérienne, et a affirmé que le syndicat avait "contribué pleinement" à des privatisations réussies sous forme de partenariat, notamment à El Hadjaret à l'ENAD : l'UGTA "prend conscience de la nécessité d'évoluer et de s'adapter à l'évolution du monde et aux contraintes de la mondialisation afin de répondre aux immenses et pressants besoins des travailleurs", a affirmé son secrétaire général, qui a annoncé la création d'un "fonds syndical d'investissement pour l'emploi", qui devrait être opérationnel en janvier 2006 et bénéficier du soutien public, outre un financement par les souscriptions des travailleurs. Abdelmadjid Sidi Saïd a assuré que la gestion du fonds "se fera dans la transparence et la clarté".
(Reuters 28.9) Favorisée par le niveau record de ses exportations de pétrole et de gaz, et le niveau record des prix du pétrole, l'économie algérienne devrait bénéficier d'une croissance de 5,1 % cette année et de 5,2 % en 2005, 5,5 % en 2006 et 5,8 % en 2007, selon le ministre des Finances Abdelatif Benachenhou. Ces taux sont toutefois moindre que celui enregistré en 2003 (6,8 %), et insuffisants pour résorber le chômage et rénover l'économie.
Les réserves de change de l'Algérie ont atteint, fin août, 36,8 milliards de dollars,. contre 32,9 mias fin 2003.
(AP 29.9 / El Watan 30.9) La pratique de la commission occulte, autrement dit du pot-de-vin, est quasi systématique dans l'économie algérienne, selon le rapport 2005 sur le développement rendu public le 28 septembre par la Banque Mondiale. Selon la BM, 75 % des entreprises algériennes interrogées reconnaissent verser des pots-de-vin, et l'Algérie est l'un des pays d'Afrique du nord et du Moyen-Orient les plus affectés par cette pratique; sur une écheélle de 0 à 10, 0 signifiant une corruption généralisée et 10 une absence totale de corruption, l'Algérie se situait en 2003 à 0,62 selon l'"indice de corruption" élaboré par Transparency International. Le prix de la corruption représenterait en moyenne 6 % du chiffre d'affaire des entreprises algériennes, mais dans certains cas il peut dépasser le 25 %, soit trois fois plus que l'impôt versé par les entreprises à l'Etat.
(Quotidien d'Oran 30.9) L'entreprise publique de production de médicaments Saïdal a reçu l'autorisation du Conseil des participations de l'Etat de céder 15 % de son capital (en sus de 20 % déjà constitués d'actions cotées en bourse) au Fonds algéro-koweitien d'investissement FAKI, à raison de 805 dinars l'action, soit un peu plus de 1,2 milliards de DA pour le "paquet".
(AP 10.10) Le Président Bouteflika a appelé le 10 octobre le gouvernement à mettre en place un groupe de travail chargé de l'élaboration d'un "code qui facilitera la lutte contre la corruption". Ce groupe de travail devrait être composé de représentants de tous les ministères et instances publiques, et devrait assurer "la mise en place de mécanismes de suivi de la lutte contre ce fléau, conformément à la convention internationale de lutte contre la corruption dont notre pays a été l'un des premiers signataires", a ajouté le président algérien, à l'ouverture de l'année judiciaire 2004-2005. Abdelaziz Bouteflika a estimé que la corruption entravait le développement économique, faisait fuir les investisseurs étrangers et minait la confiance des populations en l'Etat.
(Quotidien d'Oran 14.10) 120 accords de privatisation seront conclus d'ici fin 2004, a annoncé au "Quotidien d'Oran" le chef de la division de promotion de l'investissement au ministère de la Participation, M. Sassi. Une soixantaine d'entreprises publiques locales auraient déjà trouvé repreneurs. Selon le ministre de la Participation et de la promotion de l'investissement, Yahia Hamlaoui, 1200 entreprises publiques algériennes sont prêtes à ouvrir leur capital.
(AP 25.10 / Jeune Indépendant 28.10) Le rapport de conjoncture économique et monétaire pour 2003, présenté le 14 octobre par le Gouverneur de la Banque d'Algérie Mohamed Leksassi, annonce une stabilisation de la dette extérieure à 23,5 milliards de $ US, grâce à la baisse du dollar face, notamment, à l'Euro (39 % de la dette est libellée en dollars, 35 % en euros, 12 % en yens). L'Europe détient plus de 65 % de la dette algérienne, l'Amérique du nord (essentiellement les USA) 14 %. La dette exigible à court terme ne se monterait qui'à 150 millions de dollars, soit 0,65 % du stock (dette totale). Le service de la dette a été de 17,7 % en 2003, contre 21,7 % en 2002. Les réserves de change de l'Algérie se montaient au 31 décembre 2003 à 32,9 milliards de dollars, et couvrent donc largement l'entier de la dette.
L'Office national algérien des statistiques (ONS) a également rendu public ses chiffres provisoires pour la période 1995-2003. Selon ces chiffres, le PIB de l'Algérie 4123,51 milliards de dinars en 2002, soit 1816,1 dollars US (au cours officiel) par habitant. En 2003, le PIB algérien atteignait 5264,18 mias DA, soit 2135,7 $ par habitant. Quant au PNB, il est passé de 1746,2 $ en 2002 à 2058,6 $ en 2003. Ces chiffres sont cependant à manier avec précaution, compte tenu de l'incertitude régnant sur la véracité du cours officiel du dinars. Ils dépendent en outre fortement de la baisse du dollar par rapport aux autres monnaies (y compris le dinar). Le taux de change officiel du dinar par rapport au dollar est passé de 79,6829 $ pour 10'000 DA en 2002 à 77,3947 en 2003.
Enfin, selon l'ONS, la population algérienne avait atteint 31,848 millions d'habitants fin 2003.
(El Watan 31.10) Le calendrier de l'entrée de l'Algérie au sein de l'Organisation mondiale du commerce (OMC) a été repoussé d'une année, a annoncé une responsable de l'OMC, Emmanuelle Ganne, pour qui "l'accession de l'Algérie à l'OMC interviendra au plus tôt dans le second semestre de l'année prochaine". Le gouvernement algérien toujours annoncé qu'il espérait intégrer l'OMC avant la fin de 2004, et le ministre algérien du Commerce, Nourredine Boukrouh, avait annoncé en juin que l'Algérie en était au "stade final du processus d'accession". Selon un autre responsable de l'OMC, cité sous couvert d'anonymat par "El Watan", plusieurs questions ne sont pas encore réglées au niveau des discussions bilatérales avec l'Algérie, dont la politique des privatisations, le commerce des produits pharmaceutiques, les standards d'investissement, les mesures de sauvegarde, les contingents tarifaires pour certains produits industriels et agricoles. L'Algérie souhaite notamment obtenir une protection tarifaire pour 227 produits fabriqués localement, sur un total de 1600 produits concernés par les accords avec l'OMC.
(AP 3.11) Le Premier ministre Ouyahia a annoncé le 2 novembre que 1200 entreprises publiques allaient être proposées à la privatisation, et assuré que celle-ci ne concernerait pas les entreprises "stratégiques" comme Sonatrach, Sonelgaz et la SNTF, et que toute offre d'investissement devait, pour être prise en compte, "être bénéfique pour l'économique nationale et pour le Trésor Public, préservant les postes d'emplois et en créant d'autres".
(AFP 24.11 / Liberté 27.11) Le représentant d'Interpol en Algérie, Farid Bencheikh, a annoncé que l'Algérie avait demandé à la Grande Bretagne l'extradition du milliardaire Abdelmoumen Khalifa, patron du groupe (en liquidation) portant son nom. Khalifa fait l'objet d'un mandat d'arrêt international pour blanchiment d'argent, et de poursuites judiciaires dans quatorze affaires civiles et quatre affaires pénales. Il a déjà été condamné en Algérie, par contumace, à cinq ans de prison. Son épouse, dirigeante de Khalifa Airways, a été inculpée à Nanterre (Paris) pour "recel d'abus de biens sociaux". Les autorités britanniques rechignent cependant à livrer Khalifa à l'Algérie -aucun accord d'extradition n'est d'ailleurs valide entre l'Algérie et la Grande-Bretagne, ce qui bloque d'autres demandes d'extradition, notamment pour des affaires de "terrorisme" ou de "subversion"
Le représentant d'Interpol en Algérie a précisé qu'au moins 140 ressortissants algériens, la plupart résidant en Europe, étaient recherchés par Interpol, notammentpour terrorisme, crime organisé, blanchiment d'argent, trafic de drogue
(Quotidien d'Oran 27.11) Neuf complexes laitiers, actuellement dans le domaine public mais proposés à la privatisation, pourraient être cédés à leurs travailleurs, selon une "source syndicale" évoquée par "Le Quotidien d'Oran". 1500 travailleurs de laiteries d'Aïn Defla, Sétif, Batna, Mostaganem, Tiaret, Oran, Béchar et Relizane, et une laiterie-fromagerie d'Essenia, sont concernés par une reprise sous forme de prise de participation ou de privatisation totale.
(Le Soir d'Algérie 13.12) Le syndicat d'entreprise UGTA d'Air Algérie appelle les travailleurs de la compagnie à une Assemblée générale pour arrêter "les actions à entreprendre" pour stopper toute tentative de privatisation (par fialisation de certaines activités -catering, maintenance, billetterie etc...) dd'Air Algérie. Selon le syndicat, cette privatisation "par filiales" pourrait entraîner la disparition d'un millier d'emplois (la compagnie emploie actuellement 9000 personnes), et se fait dans une "ambiance opaque"
(L'Expression 12.12 / El Khabar 14.12) Sur une liste de 1200 entreprises proposées à la privatisation par le gouvernement, 420 "manifestations d'intérêts" ont été enregistrées de la part de différents opérateurs économiques, concernant seulement 226 de ces 1200 entreprises, note "L'Expression". Une centaine seulement de sociétés publiques devraient être privatisées à court terme, et une cinquantaine d'accords de partenariat signés.
(Liberté 21.12) Plus d'une centaine d'entreprises vont être privatisées dans les jours à venir, a annoncé le ministre de la Participation et de la promotion de l'investissement, Yahia Hamlaoui, le 19 décembre. Selon les précisions données par le ministre, 13 de ces entreprises appartiennent au secteur de l'agro-alimentaire, et leur privatisation se ferait avec l'accord des syndicats et des travailleurs. Plus généralement, en ce qui concerne les privatisations, le ministre a annoncé que 604 "manifestations d'intérêts" d'investisseurs privés algériens (49 % du total), étrangers (37 %) ou des travailleurs des entreprises concernées (13 %) ont été enregistrées pour 311 entreprises, filiales ou unités "susceptibles d'être érigées en entreprises". Selon le ministre 25 % de ces "manifestations d'intérêt" concernent le secteur manufacturier et les entreprises publiques locales, 14 % l'agri-alimentaire, 25 % le secteur électrique et électronique, 25 % les matériaux de construction, 13 % les services et 4 % le bâtiment et travaux publics (ce qui fait un total de 106 % si l'on s'en tient aux chiffres donnés par "Liberté"...). 1200 entreprises au total sont "éligibles à la privatisation", et 942 sont proposées par le ministère sur son site internet. Tous les secteurs sont concernés, sauf la presse et la communication et les entreprises "stratégiques" (Sonatrach, Sonelgaz, chemins de fer). Les banques relèvent d'une autre démarche, mais sont également concernées par un plan de privatisation.
Selon le ministre, l'endettement du secteur privatisable se monte à 262 milliards de dinars (environ 3 milliards d'euros), si l'on identifie découvert et endettement, et 652 entreprises sont à découvert, dont 460 proches de la faillite, et 114 n'arrivent pas à assurer les salaires de leur personnel, mais 19 entreprises seulement, soit 3 % des entreprises endettées, cumulent à elles seules 80 % de l'endettement total. La seule entreprise Giplait aurait un endettement de 20 milliards de dinars. L'investissement nécessaire pour maintenir les entreprises à niveau, c'est-à-dire renouveler leur outil de production et maintenir leur part du marché, atteindrait 252 milliards de dinars, et le gouvernement annonce avoir injecté 9 milliards de dinars dans les entreprises publiques pour payer les salaires. Quant à la part du secteur public sur le marché algérien, elle est passée de 24 % à 13 % en dix ans.
(AP 25.12) L'Algérie attend plus de 31 milliards de dollars US de recettes pétrolières en 2004, dont 29 milliards de recettes de la seule Sonatrach, a annoncé le ministre de l'Energie Chakib Khelil le 25 décembre.
(El Watan 30.12) Les syndicats d'Air Algérie ont réitéré leur opposition à toute privatisation partielle, et au partenariat envisagé avec la société française Sogerma dans le domaine de la maintenance, et ont dénoncé les tentatives de "bradage" et les menaces de licenciements : "dès lors qu'Air Algérie n'est pas déficitaire, le syndicat dénonce le plan de compression que la direction tente d'opérer", et qui, selon le syndicat (UGTA) pourrait toncerner 3000 salariés, dont 1000 relevant précisément de la direction technique, concernée par le projet de partenariat avec la Sogerma (société que par ailleurs le syndicat estime pas assez "solide".
(El Watan 30.12) Selon les prévisions du ministère algérien des Finances, les réserves de change de l'Algérie pourraient atteindre, fin 2004, 40 milliards de dollars US, grâce à la hausse des cours du pétrole. Le taux de croissance de l'économie algérienne devrait se situer autour de 5 % (6,4 % en 2003).
(El Khabar 30.12) L'Union européenne a décidé d'accorder à l'Algérie une aide de 30 millions d'Euros pour soutenir le programme de réhabilitation des régions dévastées par le terrorisme, et encourager les habitants qui les ont fuit (en particulier ceux des villages reculés) à revenir s'y installer. Six wilayas de l'ouest sont concernées par ce programme d'aide, qui fait suite à un programme semblable signé en 2002 pour des wilayas de l'est.
2005
(AP 6.1) L'Assemblée nationale a adopté une loi portant sur le blanchiment d'argent et la lutte contre la corruption. Parallèlement, un groupe de travail chargé d'établir un rapport pour l'élaboration du projet de loi relatif à la prévention et à la lutte contre la corruption préconisait la mise en place de mécanismes juridiques clairs en vue de récupérer les fonds détournés, ainsi que la création d'un Office central de prévention et de lutte contre la corruption, avec pour mission celle d'assurer la transparence dans la gestion des finances publiques et la passation des marchés publics, la récolte des données relatives à la corruption, l'évaluation et la mise en place d'une stratégie nationale.
Fin 2004, le président Bouteflika avait souligné la nécessité de mener une lutte "sans répit" contre la corruption.
(AFP 9.1) La loi sur le blanchiment d'argent et le financement du terrorisme a été adoptée le 9 janvier par le Conseil de la Nation (Sénat), après l'avoir été par l'Assemblée nationale. Cette loi a pour objectif d'adapter la législation algérienne à l'évolution du crime organisé. Elle entend viser particulièrement à la protection de l'économie nationale et du système monétaire et bancaire algériens.
(AP 9.1) L'Algérie devrait entrer dans l'OMC à la fin de l'année, a espéré le ministre algérien du Commerce, Noureddine Boukrouh, pour qui "il n'existe aucun obstacle" à cette adhésion. Le huitième "round" de négociations bilatérales pour l'adhésion de l'Algérie à l'OMC s'ouvre le 25 janvier à Genève, mais au vu du rythme des pourparlers et de leur état d'avancement, les négociations devraient durer jusqu'à la fin 2005, ce qui pourrait retarder à 2006 l'entrée de l'Algérie dans l'OMC. Une fois les négociations achevées, le groupe de travail chargé du dossier algérien devra rendre un rapport préliminaire, qui sera soumis au Conseil général de l'OMC (148 membres), au sein duquel la décision sera finalement prise par consensus. Lors des septs "rounds" de négociation précédents, 3000 questions ont été posées, et 300 restent encore en suspens. Les négociations butent notamment sur les questions de l'énergie et de l'ouverture des services à la concurrence. L'Algérie propose l'ouverture de onze secteurs et 161 sous-secteurs à la concurrence, notamment dans les domaines des télécommunications, de l'hydraulique, de la santé et des transports.
(La Tribune 11.1) L'avant-projet de loi sur les hydrocarbures devrait être soumis dans les jours à venir au Conseil des ministres, puis examiné par l'Assemblée nationale dans le courant de l'année, a annoncé le ministre de l'Energie Chakib Khelil. "La Tribune" suppose que le projet a été remanié en tenant compte des réserves formulées par les syndicalistes et une grande partie de la classe politique, mais le texte soumis au gouvernement n'est pas encore connu. On croit cependant savoir qu'il prévoit toujours que la Sonatrach ne détiendra plus la totalité des droits sur les gisements pétroliers, qu'une Agence relevant de l'autorité du ministre de l'Energie sera créée, et que le ministre lui-même aura un pouvoir accru, notamment à l'égard des cessions à des entreprises étrangères. Le texte ne semble pas devoir proposer la cession de tout ou partie des actifs actuels de Sonatrach, mais le sort des actifs potentiels à venir (gisement nouveaux, notamment) n'est pas clair.
(El Khabar 13.1) Les réserves algériennes de change à la fin de l'année 2004 pourraient atteindre, selon des sources bancaires, 41 milliards de dollars, du fait de l'augmentation constante des revenus de Sonatrach, ainsi que de celle des investissements étrangers. Parallèlement, la dette extérieure a reculé de 23,4 à 22 milliards de dollars, avec le payement d'un milliard de dollars de dette et le transfert d'une partie de la dette en investissements. L'affaiblissement du dollar (monnaie en laquelle la plupart des exportations algériennes sont comptabilisées) par rapport à l'euro (monnaie dans laquelle doivent être payées la plupart des importations algériennes) aurait cependant fait perdre l'équivalent de deux milliards de dollars à l'Algérie. Les réserves de change algérienne sont majoritairement composées d'euros (pour 20 milliards, soit 56 % du total des réserves), mais la part du dollar reste suffisamment importante pour que les fluctuations de change et la baisse de la monnaie américaine par rapport à la monnaie européenne posent problème.
(El Watan 17.1) Les recettes globales des exportations algériennes en hydrocarbures ont augmenté, en valeur, de près d'un tiers en un an (entre 2004 et 2004) et ont atteint 31,5 milliards de dollars en 2004, dont 28,5 milliards pour la seule Sonatrach, soit plus de 7,5 milliards de dollars de plus qu'en 2003 pour les recettes globales, et plus de 6,7 milliards pour celles de la Sonatrach. Cette augmentation est essentiellement due à l'augmentation du prix du pétrole (+ 30 %), mais également, dans une moindre mesure, à celle de la production (+ 4 à 5 %).
(Quotidien d'Oran 23.1) Le taux de chômage en Algérie est "de moins de 17 %", a affirmé le 22 janvier le ministre du Travail Tayeb Louh, contredisant ainsi la plupart des évaluations, officielles ou officieuses, qui situent ce taux à environ 30 %. Le ministre a expliqué que le taux de chômage de 17 % intègre dans la population active employée l'ensemble des travailleurs du "secteur informel" (travailleurs clandestins, au noir etc...), mais que, même si on ne tenait pas compte de cette catégorie de travailleurs (ne bénéficiant, par définition, d'aucune protection ni garantie sociale et salariale), le taux de chômage réel en Algérie resterait inférieur à 22 % de la population active.
Le ministre a en outre annoncé que dans 228 entreprises publiques "totalement destructurées", près de 22'000 travailleurs sont sans salaire depuis six mois au moins.
(AP 1.2) Avec un chiffre d'affaire en 2004 de 31,5 milliards de dollars US, Sonatrach demeure la première entreprise d'Afrique, selon le magazine "Ecofinance". Sonatrach a enregistré 28,5 milliards de dollars US d'exportations pétrolières, et ses associés trois milliards. La compagnie publique algérienne occupait déjà la première place du classement des entreprises africaines en 2003, mais avec "seulement" 18,620 milliards de chiffre d'affaire. Le chiffre d'affaire de la compagnie a donc presque doublé en un an (grâce à l'augmentation du prix du pétrole). La deuxième entreprise africaine, l'Old Mutual South Africa (Assurances, Afrique du Sud) la suit, loin derrière, avec un chiffre d'affaires de 9,167 milliards de dollars US. Le chiffre d'affaire de Sonatrach représente à lui seul 43,8 % du PIB algérien, et 5 % du PIB de toute l'Afrique. La compagnie a élaboré un programme d'investissement de 25 milliards de dollars sur cinq ans.
(AP 5.2 / El Moudjahid, Le Quotidien d'Oran 6.2) La centrale syndicale UGTA a donné le 5 février son acoord au gouvernement sur le projet de loi sur les hydrocarbures, qui prévoit notamment l'ouverture du capital de Sonatrach. L'accord de l'UGTA est intervenu à la suite d'une rencontre entre le Prenier ministre Ahmed Ouyahia et le Secrétaire général de l'UGTAbdelmadjid Sidi Saïd. Le Premier ministre a donné des assurances à son interlocuteur quant à la préservation du caractère public, étatique même, de Sonatrach et de ses filières, et quand à la préservation de l'emploi. "le gouvernement n'a pas pour objectif de réduire d'un dinar ou d'un dollar ce que l'Algérie tire actuellement de ses hydrocarbures", a déclaré Ahmed Ouyahia
En 2002, l'UGTA, poussée par sa base, s'était opposée à un précédent projet de loi sur les hydrocarbures, présenté par le ministre de l'Energie Chakib Khelil, que l'UGTA avait accusé de vouloir brader le patrimoine national au profit des multinationales pétrolières étrangères. L'opposition de l'UGTA avait alors contraint le gouvernement d'Ali benflis à "geler" le projhet de loi, exhumé par le président Bouteflika après sa réelection d'avril 2004. Le président avait dénoncé "les rentiers qui s'opposent aux réformes économiques".
Par ailleurs, Sonatrach a annoncé que la production algérienne d'hydrocarbures avait dépassé les 220 millions de tonnes équivalent pétrole (TEP) en 2004, et avait augmenté de 5 % par rapport à 2003. Cette progression s'explique par l'entrée en production de nouveaux gisements dans le Sahara, dans le cadre d'une association entre Sonatrach et des partenaires étrangers. La production de pétrole brut (premier client : la société américaine Valero) a augmenté de 14 % et frôle les 60 mios TEP, celle de gaz naturel (premier client : l'italienne ENI) a augmenté de 5 % et atteint plus de 144 mias de m3. Par contre, la production de gaz naturel liquéfié (GNL, premier client : Gaz de France) a diminué de 15 % à la suite de l'explosion du complexe de Skikda en 2003.
Le chiffre d'affaire à l'exportation de Sonatrach a atteint 31,5 milliards de dollars en 2004, soit 32 % de plus qu'en 2003, et la masse fiscale dégagée par la société a atteint 1559 milliards de dinars, soit 25 % de plus que l'année précédente. Ces augmentations sont largement dues à la hausse du prix du pétrole.
(Quotidien d'Oran 7.2) Selon le ministre de la Participation et de la promotion de l'investissement, Yahia Hamlaoui, le chiffre d'affaire des entreprises publiques algériennes a augmenté de 4 % entre 2003 et 2004, pour atteindre 676 milliards de dinars, et leur valeur ajoutée a augmenté de 11 %. Quant aux créances, elles sont passées de 285 à 269 milliards de DA. En revanche, l'endettement a augmenté (de 260 à 270 mias DA, cumulé par 25 entreprises) et 480 entreprises sont en faillite (ou devraient l'être si les dispositions du Code du commerce leur étaient appliquées).
Par ailleurs, 111 privatisations ont été opérées en 2004 (dont 51 par ouverture totale du capital, 22 par ouverture partielle et 20 par cessions d'actifs).
(AP 12.2) Le stock de la dette extérieure algérienne est passé de 40 milliards de dollars (environ 31 milliards d'euros au cours de février 2005) en 2000 à 19 milliards (14,7 mias d'euros) fin 2004, a annoncé le 12 février le président Bouteflika dans une allocution prononcée en ouverture des travaux du congrès de l'Organisation arabe du travail (OAT). Le président algérien a également revendiqué pour son pays une croissance de 7 % avec une inflation de 2,6 % en 2003 (4,1 % de croissance et 4,2 % d'inflation en 2002), et annoncé une croissance de 6 % en 2005. Il a estimé que la politique économique du gouvernement a permis la création de 60'000 petites et moyennes entreprises et de 1,2 million de postes de travail, avec une réduction du chômage à 17 % en 2004 (si l'on tient compte des activités, entreprises et travailleurs non déclarés.
(Liberté 21.2) Dans son rapport sur l'économie algérienne publié le 15 février, le Fonds monétaire international (FMI) estime que la réelection du président Bouteflika en avril 2004 favorisera l'accélération des réformes structurelles (que le FMI appelle de ses voeux), et que l'Algérie a propgressé dans sa "transition vers l'économie de marché", tout en se situant, dans cette transition, en retard par rapport aux autres pays de la région. L'Algérie se trouve également en retard, selon le FMI, dans la lutte contre la corruption.
Le FMI encourage les autorités algériennes à "réduire la participation directe de l'Etat dans les secteurs productifs" et à engager une privatisation "plus rapide et plus étendue des entreprises publiques" et une réduction de la taille de la fonction ppublique, mais admet que des dépenses "additionnelles" soient engagées pour "atténuer" les coûts sociaux des réformes structurelles et institutionnelles.
(AFP 24.2 / La Tribune 26.2) La dette extérieure de l'Algérie s'est établie au 31 décembre 2004 à 21,411 milliards de dollars, selon la Banque d'Algérie, soit 1,8 milliard de dollars de moins qu'à fin 2003. Le service de la dette (hors remboursements anticipés) était de 4,44 milliards de dollars fin 2004, soit 12,6 % de la valeur des exportations, contre 17,7 % fin 2003. Ce ratio exprime, selon la Banque d'Alkgérie, la "soutenabilité de la dette extérieure de l'Algérie". Les crédits accordés à l'Algérie proviennent à 95 % de pays membres de l'OCDE, et à 69 % de pays membres de l'Union européenne. La part de la dette libellée en euro a atteint 39,9 %, celle en dollar se situe à 39 %, celle en autres monnaies (yen, livres sterling, franc suisse etc...) à 21,1 %. C'est la première fois que la part de la dette algérienne libellée en euro est plus forte que celle libellée en dollars, ce qui a vraisemblablement ralenti le rythme de la réduction de la dette, du fait de la forte réévaluation de la monnaie européenne par rapport à la monnaie américaine. La Banque d'Algérie prévoit que fin 2005, la dette se situerait autour de 18,8 milliards de dollars, et en 2009 à 9,8 milliards de dollaes, dans l'hypothèse d'un prix du pétrole brut algérien à 42,7 dollars/baril en 2005 et 43 dollars/baril en 2009.
Par ailleurs, en janvier 2005 les USA sont devenus le premier client de l'Algérie, avec 20,3 % des exportations, pour une valeur de 526 millions de dollars), devant l'Italie (19,8 %, 513 millions de dollars) et la France (11,51 %, 298 millions de dollars). La France reste de loin le premier fournisseur de l'Algérie, avec 20,87 % des importations algériennes, pour une valeur de 323 millions de dollars, devant l'Italie (9,11 %, 141 mios) et les USA (6 %, 94 mios).
(AP 23.2 / El Watan 24.2) L'Office national algérien des statistiques (ONS) a annoncé que le taux de chômage en Algérie avait considérablement baissé en un an, passant de 23,7 % de la population active (soit 2 millions de personnes) en 2003 à 17,7 % (soit 1,7 million de personnes) en 2004, et qu'a contrario le taux d'activité de la population algérienne était passé de 21,2 % de la population résidente en septembre 2003 à 24,4 % en septembre 2004. L'industrie et le bâtiment ont été les secteurs les plus créateurs d'emplois, avec une hausse de leurs effectifs de 26 % en un an. Les chiffres les plus contradictoires sont fournis quant au taux de chômage en Algérie. Le ministre des Finances, Abdelhatif Benachenhou, l'a évalué à 19 % de la population active (soit 1,3 point de plus que le taux officiel), en précisant que son évaluation ne tenait pas compte du "marché informel de l'emploi". Devant des cadres de l'UGTA, le 23 février, le président Bouteflika l'a situé à 13 %
(Quotidien d'Oran 3.4) Le ministre de l'Emploi et de la Solidarité, Djamel Ould Abbas, a confirmé le 29 mars le taux officiellement reconnu de chômage, soit 13 % de la population active, et attribué la baisse du taux de chômage aux différents dispositifs et programmes pour l'emploi des jeunes. Le ministre a annoncé le recrutement en 2005 de 50'000 à 60'000 universitaires et techniciens, dont 45'000 dans le secteur public, la création en 2004 de près de 717'000 emplois, dont près de 406'000 dans le cadre de dispositifs existants, et a annoncé qu'entre 2004 et 2005 110'000 personnes bénéficieront du dispositif de "contrat de pré-emploi" (recrutement de jeunes diplômés faiblement réumunérés par l'Etat-entre 6000 et 8000 dinars, soit entre 65 et 90 euros par mois) avant de trouver un emploi permanent.
(AP 5.4) Le neuvième "round" de négociation pour l'adhésion de l'Algérie à l'Organisation mondiale du commerce débutera en juin et "sera le bon et le dernier", a annoncé le 5 avril le ministre algérien du Commerce, Noureddine Boukrouh. Si les négociations devaient effectivement aboutir à un accord sur l'ouverture des 11 secteurs et 106 sous-secteurs des services et des tarifs, l'Algérie et l'OMC rédigeraient un rapport préliminaire sur l'état des négociations, rapport soumis au Conseil général de l'OMC. Le gouvernement algérien, lors du huitième "round" des négociations, en février 2005, a annoncé la suppression des prix planchers à l'exportation, de l'obligation d'investir dans la production pour les grossistes exportateurs de médicaments et de la limitation à 50 % de la production des zones franches lorsque cette production peut être écoulée en Algérie.
(AP 7.4) A la veille du premier anniversaire de sa réelection, le président Bouteflika a annoncé le 7 avril un programme quinquennal de soutien à la relance économique, mobilisant 5200 milliards de dinars (environ 55 milliards de dollars, 50 milliards d'euros) pour améliorer "les conditions de vie de la population". Le programme est accompagné d'un appel aux entreprises étrangères. Le président algérien a dressé un bilan flatteur de ses six années de présidence, revendiquant notamment la baisse du chômage (de 30 à 17 % selon les taux officiels), sans déficit budgétaire, ainsi que le retour de la croissance économique.
(AP 25.4) L'emploi précaire se généralise et l'emploi informel se développe en Algérie, en dépit (ou à cause ?) de la croissance économique, selon un rapport présenté le 24 avril le délégué gouvernemental à la Planification, Brahim Ghanem. La part du salariat à l'emploi global est passée de 65 % en 2003 à 2004, celle des indépendants (y compris les "informels") de 23 % à 32 %. Les emplois temporaires ont augmenté, en nombre, de 18 %, soit trois fois plus que les emplois permanents.
Quant à la croissance, elle s'est poursuivie en 2004, à un rythme annuel élevé. Le produit intérieur brut a augmenté de 5,2 % en un an, grâce essentiellement à l'augmentation du prix des hydrocarbures. Le PIB par habitant s'est élevé à 2625 dollars en 2004, et le revenu des ménages aurait augmenté de 14 % en un an.
(AP 9.6) Les réserves de change de l'Algérie ont atteint fin mai 2005 un "record historique" avec 46 milliards de dollars, a annoncé le 9 juin le gouverneur de la Banque d'Algérie, Mohamed Laksaci. Les réserves algériennes de change ont augmenté de trois milliards de dollars dans les cinq premiers mois de 2005, et de plus de 13 milliards de dollars depuis fin 2003. Elles ont doublé entre fin 2002 et aujourd'hui. L'envolée des cours du pétrole est à l'origine de cette augmentation, qui porte les réserves algérienne de change à l'équivalent de trois ans de toutes les importations algériennes.
(Quotidien d'Oran 20.7, 3.8) 9000 "importateurs" algériens, sur les 40'000 recensés par l'administration, échappent à tout contrôle fiscal, a indiqué le ministre des Finances, Mourad Medelci, en présentant une loi de finance complémentaire, et en annonçant un "tour de vis" sur le secteur de l'import-export, avec à la clef de la légalisation de ces sociétés leur constitution préalable avec un capital minimum de 20 millions de dinars (environ 200'000 euros), et l'institution d'une taxe sur la domiciliation des contrats d'importation. La Banque d'Algérie a par ailleurs décidé d'interdire aux importateurs non localisés toute domiciliation bancaire.
Pour sa part, le ministre du Commerce, El Hachemi Djaâboub, a évoqué le chiffre considérable de "quelque 600'000 importateurs qui activent dans l'informel", chiffre qui correspond vraisemblablement à des individus (alors que le chiffre donné par le ministre des Finances concerne des sociétés), et englobe les personnes se livrant occasionnellement à des importations frauduleuses de biens d'équipement (voitures, électro-ménager, notamment). La direction générale des impôts a annoncé s'être lancée depuis le 23 juillet dans une "chasse aux fraudeurs", passant par l'examen de la situation fiscale des producteurs, distributeurs, transformateurs, importateurs et exportateurs de biens, des professions libérales, des cliniques, instituts de beauté et salles de fêtes, et en l'identification de toutes les activités non déclarées.
(El Watan 27.7)La nouvelle loi sur les hydrocarbures a été publiée au Journal Officiel le 19 juillet, près de trois mois après sa signature par le président Bouteflika. Le nouveau texte sépare le rôle de l'Etat en tant que propriétaire, régulateur et protecteur du domaine minier de celui de Sonatrach en tant qu'opérateur économique et commercial. Sonatrach est donc "allégée" des missions de puissance publique qu'elle exerçait pour le compte de l'Etat, et qui le seront par deux nouvelles agences de valorisation des contrats et de régulation. La nouvelle loi abolit le monopole de Sonatrach sur les contrats d'exploration.
(Le Jour d'Algérie 10.8) 500'000 commerçants informels sont actifs sur 2400 marchés illégaux à travers tout le pays, a annoncé le secrétaire national de l'Union générale des commerçants et artisans algériens, Maâmar Hentour. Le secrétaire général de l'UGCAA a ajouté que dans chacune des 57 communes d'Alger, il existait deux ou trois marchés informels où activaient entre 1000 et 1500 commerçants. Quant au nombre des commerçants ecerçant leur activité dans le cadre légal, Maâmar Hentour l'a estimé à 850'000, dont 200'000 sont membres de son organisation.
(AP, Le Quotidien d'Oran 23.8 / Le Quotidien d'Oran 24.8) L'Algérie a confirmé le 22 août par la voix du ministre desAffaires étrangères Mohamed Bedjaoui que l'accord d'association avec l'Union Européenne entrera bel et bien en vigueur le 1er septembre, alors que "Le Quotidien d'Oran" annonçait (et continue d'affirmer) que la date d'entrée en vigueur de l'accord pourrait être plus tardive, et sera soumise à l'approbation des deux partenaires, compte tenu d'une part de l'élargissement de l'Union Européenne à dix nouveaux pays, qui n'ont pas pris part à la négociation de l'accord mais qui devront néanmoins l'appliquer, et compte tenu d'autre part "des grands bouleversements de l'économie nationale" entraînés par la concrétisation des dispositions de cet accord de libre-échange, entraînant notamment un démantèlement tarifaire complet pour les produits industriels et partiel pour les produits agricoles et ceux de la pêche. Le ministre algérien du Commerce, Lachemi Djaâboub, a d'ailleurs annoncé le 23 août l'installation d'une Commission technique de suivi de la mise en oeuvre de l'accord. Selon le ministre, l'accord va provoquer "un accroissement des importations en provenance de l'Union Européenne au détriment des autres partenaires algériens", mais également des "opportunités d'exportation" pour les entreprises algériennes, avec "un meilleur accès aux marchés de 25 pays européens"*. Le patronat algérien, mais également les syndicats, sont moins optimistes que le ministre, et estiment que la mise en oeuvre de l'accord risque d'avoir de sérieuses conséquences négatives pour les entreprises algériennes, notamment pour les 3000 d'entre elles actives dans l'agro-alimentaire. Selon "Le Quotidien d'Oran", les secteurs du lait et de la viande pourraient être particulièrement frappés par le démantèlement (partiel, en l'ocurrence) des barrières tarifaires. Les contingents respectifs de l'Algérie et de l'Union Européenne sont, selon des exemples donnés par le patronat algérien (céréales, pomme de terre, confiture, sucre), souvent déséquilibrés au profit de l'UE, qui obtient des contingents à l'exportation vers l'Algérie équivalant parfois au centuple de ceux accordés à l'Algérie à l'exportation vers l'UE.
(AP, Le Monde 1.9) L'Accord d'association entre l'Union Européenne et l'Algérie est entré en vigueur le 1er septembre. Il vise à l'établissement, d'ici 2017, d'une zone de libre-échange entre l'UE et l'Algérie, et implique le démantèlement progressif des droits de douane. L'exemption totale de droits de douane est appliquée immédiatement pour les matières premières et des produits semi-finis destinés à l'industrie locale, progressivement pour les produits industriels, agricoles, agricoles transformés et de la pêche. Le patronat et les syndicats ont exprimé leurs critiques d'un accord qu'ils jugent trop favorable à l'Union Européenne
(Liberté 25.8, 30.8) Selon un rapport du Mouvement européen, portant sur le dialogue nord-sud en Méditerranée, l'emploi précaire tend à se généraliser en Algérie, ce qu'indique la baisse de la part de l'emploi salarié dans l'emploi global (65 % en 2003, 60 % en 2004), parallèlement à une augmentation de 18 % des emplois temporaires sur la même période. Un rapport de la Banque Mondiale sur le système de retraite corrobore, sinon ces chiffres, du moins la tendance qu'ils suggèrent : ce rapport estime que seuls 4,4 millions de personnes sur onze millions d'actifs cotisent au système de retraite algérien, ce qui a contrario signifie que 60 % de la population active algérienne ne cotise pas au système de retraite.
(L'Expression 10.9) La dette extérieure de l'Algérie s'est élevée à 21,821 milliards de dollars fin 2004, contre 23,353 mias fin 2003, a annoncé la Banque d'Algérie le 8 septembre. 1,2 mimmiard de dollars de dette extérieure ont été remboursés par anticipation en 2004, et le taux moyen d'intérêt de la dette extérieure est passé à 4,33 % début 2005, alors qu'il était de 5 %. La dette exigible à court terme s'élève à 410 millions de dollars début 2005, et le ratio service de la dette/valeur des exportations est tombé à 12,6 %, grâce notamment à la hausse du prix des hydrocarbures. La dette extérieure algérienne est composée pour 39,9 % en euro, 39 % en dollars, 10,6 % en yen.
*sans compter les pays avec qui l'Union européenne a passé des accord bilatéraux, comme la Suisse.
(El Watan 17.10) Le maintien d'un prix du baril de pétrole brut à 19 dollars comme base de référence à l'élaboration du budget de l'Etat algérien pour 2006, alors que le cours du baril se situe actuellement autour de 60 dollars, commence à être sévèrement critiqué. Dans un entretien au "Monde", le chef du RCD, Saïd Sadi, estime que "les deux tiers des recettes en devise de l'Algérie sont gérées dans l'opacité la plus totale", comme dans une "république bananière". Le gouvernement assure quand à lui que le choix d'un prix de référence inférieur au tiers du prix du marché se justifie pour "prémunir la dépense publique d'éventuels retournements brutaux de la conjoncture du marché pétrolier", pour "contenir la dépense dans des niveaux acceptables" et "contenir l'inflation ". Le budget a en outre été établi sur la base de prévisions d'un taux de change de 74 dinars pour un dollar, d'un taux d'inflation stable de 3,5 % et d'une croissance économique de 5,8 % à 5,4 % en 2005). Le produit de la fiscalité pétrolière devrait passer de 889 milliards de dinars en 2005 à 916 milliards en 2006, ce qui équivaut à 55 % de la dépense budgétaire (sur la base de 19 dollars le baril de pétrole brut exporté).
(Jeune Indépendant 23.10) L'Algérie a réalisé un excédent commercial de 15,56 milliards de dollars dans les neuf premiers mois de l'année 2005, soit plus de 4 milliards (ou 36,28 %) de plus que lors de la même période de 2004. Les exportations augmentent en valeur de 26,37 %, les importations de 17,88 %. Les hydrocarbures représentent 97,80 % de la valeur des exportations algériennes dans les trois premiers trimestres de 2005.
(L'Expression 17.10 / El Watan 18.10) Selon une étude réalisée en août 2005 par la centrale syndicale UGTA, le budget équivalant au minimum vital pour une famille de sept personnes habitant des quartiers populaires d'Alger, atteint 25'000 dinars/mois (24'790,85), soit environ 270 euros, soit 7,9 % de plus qu'en 2003. Ce budget est un budget minimal, ne permettant la couverture d'aucun événement modifiant les conditions données d'existence. La plus grande part (13'260,50 DA, soit plus de 53 %) du revenu mensuel est consommé par l'achat de nourriture. le logement consomme un peu plus de 10 % du revenu familial, l'habillement environ 15 %, le transport (sans automobile privée) 5 %, la culture et les loisirs environ 10 %.
Par ailleurs, un-ne Algérien-ne sur vingt (5 % de la population) souffre de malnutrition, a reconnu le 15 octobre le ministre de la Pêche
(Liberté 12.11) Les réserves de change de l'Algérie ont atteint fin octobre le niveau record de 55 milliards de dollars US (43 mias fin décembre 2004). le tiers de ces réserves est affecté à Sonatrach, pour couvrir ses besoins d'investissement, les deux autres tiers vont au Trésor public.
(AAI 29.12) Le Conseil algérien de la Monnaie et du crédit a annoncé le 28 décembre le retrait, à leur demande, d'agrément aux banques Mouna Bank et Arco Bank, en raison de leur incapacité à réunir la garantie exigée par la législation bancaire, de 2,5 milliards de dinars (environ 30 millions d'euros, 45 millions FS).
2006
(AP 3.1) La réserve de change de l'Algérie a atteint 56 milliards de dollars à la fin 2005, soit un record depuis l'indépendance.
Le volume global des exportations algériennes a atteint 42,6 milliards de dollars (soit 33 % de plus en un an), celui des importations a atteint 20 milliards, soit 9,5 % de plus en un an. L'augmentation beaucoup plus rapide du volume des exportations que du volume des importations a suscité un excédent de 22,6 milliards, contre 13,7 mias en 2004.
Les produits énergétiques constituent 97,8 % de la valeur des exportations. Les biens dé'quipement (pour 8,2 mias) et les semi-produits (3,9 mias) forment la majorité de la valeur des importations.
(L'Expression 3.1) Selon des estimations européennes, les avoirs algériens dans les banques étrangères s'élèvent à près de 40 milliards de dollars, soit presque autant que la valeur totale des exportations algériennes. En 1989 déjà, le Premier ministre d'alors, Abdelhamid Brahimi, estimait à 26 milliards de dollars le volume des avoirs algériens à l'étranger.
L'"Expression" annonce que le ministère de la Justice va proposer de nouveaux textes de loi sur le recouvrement de biens par le biais de la "coopération internationale aux fins de confiscation". Il s'agit notamment de permettre l'exécution en Algérie de décisions de justices étrangères ordonnant la confiscation de biens acquis au moyen d'une infraction.
(AP 6.1) La section algérienne de l'ONG "anticorruption" Transparency International a condamné le 6 janvier le vote des députés algériens qui ont rejeté l'avant-veille un article d'un projet de loi contre la corruption, article les obligeant à déclarer leur patrimoine au début et à la fin de leur mandat. Pour "Transparency International", une loi contre la corruption sans céalaration de patrimoine "n'a pas de raison d'être" et le vote des députés algériens "aura des effets désastreux au plan national et international". Pour l'ONG, les pouvoirs publics algériens "ont fait la démonstration que tous leurs discours et leurs projets sur la lutte contre la corruption ne sont que des effets d'annonce et des instruments de règlement de comptes au coeur du pouvoir". Quant à la loi issue du vote à l'Assemblée populaire nationale, elle n'est plus qu'une "coquille vide consacrant l'impunité des agents publics", et il vaudrait mieux "pour le moment qu'il n'y ait pas du tout de loi spécifique à la lutte contre la corruption" plutôt que celle qui a été votée par les députés, à moins que le Conseil de la Nation (Sénat) ne rétablisse l'obligation de déclaration du patrimoine.
(AP 7.1 / Quotidien d'Oran 12.1) Les recettes d'exportation d'hydrocarbures ont rapporté en 2005 à la Sonatrach 44 milliards de dollars US, soit près de dix milliards de plus qu'en 2004. Ce résultat est du pour l'essentiel à l'augmentation du prix du baril de pétrole, qui est passé en moyenne annuelle de 37,8 US $ en 2004 à 51,8 US $ en 2005, et a presque doublé en deux ans (il était en moyenne de 28,9 US $ en 2003).
Le 9 janvier, une convention a été signée à Alger entre une filiale de Sonatrach, la Société de gestion et d'exploitation des terminaux marins à hydrocarbures (STH) et les entreprises des ports pétroliers d'Arzew (Oran), Skikda et Bejaïa, pour l'exploitation et la gestion de ces ports, pendant vingt à vingt-cinq ans, dans le cadre d'un programme visant l'exportation, d'ici à 2010, de 83 milliards de mètres cubes de gaz par an, et nécessitant la mise à niveau des terminaux algériens.Le syndicat UGTA des ports s'est dit "surpris et indigné" de la signature de la convention, négociée sans le "partenaire social", et menaçant, selon le syndicat, l'emploi de 2400 travailleurs.
(Liberté 15.1) 167 privatisations d'entreprises publiques (ainsi que 45 cessions d'actifs isolés et 58 transferts à des collectivités et institutions publiques) ont été opérées entre 2001 et 2005, 67 par privatisation totale, 22 par privatisation partielle, 60 par cession aux travailleurs et 18 dans le cadre de partenariats, a indiqué le ministre des Participations Hamid Temmar. Plus de 94 % des privatisations réalisées entre 2001 et 2005 l'ont été dans le deuxième semestre 2005 (100 privatisations, dont 67 privatisations totales). Au bilan, les privatisations ont rapporté 57 milliards de dinars de recettes, coûté 91 milliards d'investissements et produit 32 milliards de dette, dont 25 assumés par les repreneurs. Selon le ministre, ces opérations n'ont aboutu à aucune suppression de postes, et ont même permis la création de 7000 nouveaux postes, les entreprises concernées passant de 12'000 à 19'000 emplois. 30 % des repreneurs d'entreprises publiques sont étrangers.
Le ministre a ajouté que 80 % des entreprises publiques algériennes étaient viables techniquement et économiquement, mais que 80 % de ces entreprises viables manquaient de financement.
Le ministre a enfin affirmé que 43'000 postes de travail ont été créée entre 2002 et 2003 dans le cadre de 2377 projets dans le secteur productif, et que les programmes présidentiels entre 2001 et 2006 ont généré 16'500 emplois.
(El Watan 26.1, 29.1 / La Tribune 31.1 / Quotidien d'Oran 1.2) Le ministre des Finances Mourad Medelci a annoncé le 25 janvier que la dette extérieure de l'Algérie se situait à 16 milliards de dollars, et qu'elle devrait continuer à diminuer. Quant aux réserves de change, elles permettent de couvrir plus de deux ans d'importations, a annoncé le ministre, qui prévoit une croissance de 6 % en 2006.
De son côté, le ministre de l'Energie, Chakib Khelil, a annoncé que la valeur des exportations d'hydrocarbures en 2005 se situait à 45,6 milliards de dollars, soit 45 % de plus que l'année précédente. Les recettes fiscales des exportations d'hydrocarbures ont atteint 2267 milliards de dollars, soit 53 % de plus en un an, et le secteur a créé 37'000 nouveaux emplois, dont 22'235 par Sonatrach.
Enfin, selon la direction des Douanes, les recettes douanières ont augmenté de 10,15 % en 2005 par rapport à 2004, en se situant à 281 milliards de dinars, dont 51 % sont redevables à la TVA à l'importation. Cependant, depuis septembre 2005, soit depuis l'entrée en vigueur de l'accord d'association avec l'Union Européenne, qui a entraîné la réduction ou la suppression des droits de douanes sur certaines marchandises importées de l'Union européenne, les recettes douanières ont baissé de 1,8 milliard de dinars, soit dde 20,5 % entre les quatre derniers mois de 2004 et les quatre derniers mois de 2005.
(El Watan 11.3) La Russie a effacé le 10 mars la dette de l'Algérie à son égard, dette estimée à 4,7 milliards de dollars US, en échange de l'engagemnt de l'Algérie à acheter des biens et services en Russie pour un montant équivalent, selon l'agence russe Ria Novosti, reprise par la française AFP. La dette russe de l'Algérie représente plus du quart de la dette publique extérieure totale de l'Algérie (16 mias $ fin 2005). La Russie et l'Algérie on signé des contrats de livraison d'avions de guerre pour plus de 3,5 milliards de dollars US, ce qui porte le total des commandes militaires algérienes à la Russie à plus de 7,5 mias $.
(La Tribune 28.3) Le montant des exportations algériennes hors hydrocarbures ne couvre que vingt jours d'importations, a révélé le directeur générale de l'Agence algérienne de promotion du commerce extérieur (Algex), Mohamed Bennini, le 27 mars. Le montant des exportations hors hydrocarbures plafonne en 2005 à 770 millions de dollars, pour des importations avoisinant les 20 milliards. En outre, les exportations algériennes hors hydrocarbures sont essentiellement constituées de produits chimiques, sidérurgiques, agroalimentaires, soit des produits bruts et semi-bruts, dont une part importante de déchets ferreux. Quant aux produits manufacturés, leur part est très faible.
(El Watan 29.3) Le président de l'Association nationale des sociétés de salariés (ANSS), Tahar Aggoun, a annoncé le 28 mars que 1800 entreprises de salariés ont été créées depuis 1997 par 27'000 salariés dans le cadre d'opérations de cession d'entreprises publiques aux salariés. Selon ée président de l'ANSS, le taux de "réussite" de ces entreprise à fin 2004 n'était que de 12 %. Les salariés repreneurs doivent désormais se constituer en sociétés pour pouvoir prétendre reprendre une entreprise publique, et l'une des difficultés que rencontre les sociétés de salariés dans les opérations de reprise est le manque de soutien des banques publiques.
(Liberté, Le Soir d'Algérie 19.4) Selon le ministre du Travail, Tayeb Louh, le taux de chômage en Algérie est de 15,5 %, et pourrait être ramené à 10 % en 2009. Toutefois, le ministre a ajouté que 31 % de la population active exerçait son activité "au noir", sans affiliation à la caisse de sécurité sociale. Officiellement, 684'000 postes de travail ont été créés en 2005. Non moins officiellement, le revenu individuel annuel des Algériens est passé de 1623 à 3000 US dollars de 1999 à 2005.
(Quotidien d'Oran 3.5) L'Algérie veut rembourser de manière anticipée l'intégralité de sa dette publique auprès de ses créanciers du "Club de Paris", soit 8 des 15,6 milliards (à fin février 2006) de dollars de sa dette extérieure totale, annonce "Le Quotidien d'Oran", qui ajoute que le Club de Paris n'aurait aucune objection de principe à la démarche algérienne -laquelle est doublée d'une démarche identique auprès du "Club de Londres" (qui regroupe les créanciers privés), pour un milliard de dollars. En mars dernier, le Premier ministre Ouyahia avait annoncé que l'objectif de l'Algérie était de rembourser tous les crédits multilatéraux afin de se libérer de la charge du service de la dette (intérêts), qui a représenté 34 milliards de dollars entre 1985 et 2005. La dette extérieure algérienne est ainsi passée de 21,4 milliards de dollars US à fin 2004 à 15,5 milliards à fin février 2006.
En mars dernier, l'Algérie a signé avec la Russie un protocole d'accord d'annulation de sa dette (de 4,7 milliards de dollars) en échange de l'achat de biens et services russes pour un montant équivalent.
(AP 3.5) L'augmentation de la production algérienne d'hydrocarbures, l'exportation du gaz et la hausse des prix du pétrole ont engendré des recettes en hydrocarbures atteignant 16 milliards de dollars US dans les quatre premiers mois de 2006, a annoncé le 3 mai le ministre de l'Energie Chakib Khelil. L'année 2006 devrait être encore meilleure que l'année 2005, qui fut déjà faste, puisque les découvertes de nouveaux gisements de pétrole se succèdent : dans les quatre premiers mois de 2006, presque autant de nouveaux gisements ont été découverts que pendant toute l'année 2005, et 45 découvertes ont été enregistrées entre 2000 et 2005, les trois quarts par la compagnie nationale Sonatrach, qui compte investir plus de 30 milliards de dollars entre 2006 et 2010, ses partenaires étrangers ajoutant 9,5 milliards à cette somme déjà colossale.
(Le Soir d'Algérie 6.5 / Le Monde 12.5 / Le Quotidien d'Oran 13.5 / El Watan 14.5) Le "Club de Paris" (réunion des créanciers publics) et le ministre algérien des Finances Mourad Medelci ont annoncé le 10 mai que le Club acceptait la proposition algérienne de remboursement anticipé par l'Algérie de 7,9 milliards de dollars de sa dette publique, auprès de seize des dix-neuf créanciers publics membres du Club de Paris. L'accord porte sur les montants de la dette rééchelonnée en 1994 et 1995. Ils devraient être remboursés entre fin novembre 2006 et fin novembre 2011. Plus de 3 milliards de dollars ont déjà été remboursés par l'Algérie au FMI, à la Banque européenne d'investissement et à la Banque africaine de développement. D'ici l'été, l'Algérie devrait avoir remboursé la totalité de sa dette auprès des institutions multilatérales.
Ce remboursement anticipé, qui doit encore être traduit en autant d'accord bilatéraux qu'il y a de créanciers à rembourser (le premier accord a été signé avec la France, et porte sur 1,3 milliard d'euros) est permis par l'augmentation spectaculaire des réserves algériennes de change (62 milliards de dollars US fin mars, soit plus du double du total de la dette extérieure) qui ont augmenté de 6 milliards de dollars en trois mois grâce surtout à l'augmentation du prix du pétrole, et résulte du choix politique du gouvernement algérien de privilégier le désendttement de l'Etat (et donc la réduction de la charge de la dette) à la satisfaction des besoins de la population.
(Liberté 6.5) La porte-parole du Parti des Travailleurs, Louisa Hanoune, a appelé le 4 mai à l'organisation d'un référendum populaire sur la loi des hydrocarbures. le PT avait lancé une pétition contre les privatisations, pétition qui a, selon le parti, déjà été signée par 650'000 personnes début mai.
(Le Jeune Indépendant 7.5) De tous les pays d'Afrique du nord, l'Algérie est celui où l'activité touristique est la plus faible, constate l'Agence française pour les investissements internationaux. La déficience des infrastructures d'accueil, en termes de qualité et de quantité (le secteur n'offre que 81'000 lits, pour la plus grande partie dans des hôtels de basse catégorie, et 90 % du parc hôtelier algérien ne répond pas aux normes internationales), est le principal problème relevé par l'étude de l'agence française, qui met pratiquement l'Algérie, en ce qui concerne sa capacité d'accueil touristique, au niveau de la Syrie et de la Palestine. Sur 174 pays, l'Algérie se classe 147ème en ce qui concerne la contribution du tourisme au produit intérieur brut. Le Maroc se place à la 42ème place, la Tunisie à la 39ème. Les recettes touristiques de l'Algérie n'atteignaient en 2004 que 105 millions d'euros, plus de dix fois moins qu'en Tunisie (1,5 milliard), trente fois moins qu'au Maroc (3,1 milliards), près de cinquante fois moins qu'en Egypte (4,9 milliards).
L'Algérie, dont les potentialités touristiques sont considérables, n'a accueilli que 370'000 touristes en 2004.
(La Tribune 6.6) Le Conseil algérien de la Monnaie et du crédit (CMC) a autorisé la constitutions de deux nouvelles banques privées, Calyon (filiale du Crédit Agricole français) et Al Salam (dont les investisseurs sont arabes). L'Algérie compte désormais 19 banques, dont sept banques publiques.
(El Khabar 13.6) 2604 compagnies étrangères sont actives en Algérie. Il s'agit pour la plupart de petites et moyennes entreprises de l'import-export et des travaux publics. Sur ces 2604 entreprises étrangères, 455 (soit 17,4 %) sont syriennes, 429 françaises (16,4 %), 278 chinoises, 187 égyptiennes.
(Le Jeune Indépendant 24.6 / Le Quotidien d'Oran 25.6 / AP 27.6 / Le Jeune Indépendant 8.7) L'Algérie poursuit le remboursement anticipé de sa dette publique en signant, l'un après l'autres, des accords bilatéraux avec les pays créanciers. Un sixième accord a été signé avec l'Autriche le 23 juin. Il porte sur le remboursement anticipé de la totalité de la dette publique algérienne à l'égard de l'Autriche, soit 369 millions de dollars. Un accord du même type devait être signé le 24 juin avec l'Espagne, sur le remboursement anticipé de 690 millions de dollars, et un autre encore avec le Canada, pour 254,8 millions de dollars, puis avec la Norvège (15,6 mios) et la Suède (92 mios) le 26 juin, et avec la Finlande, le 27 juin, pour 11,8 millions de dollars. Auparavant, de semblables accords avaient été signés avec la France, pour 1,6 milliard de dollars, les USA (625 mios), la Belgique (225 mios), le Danemark (54,3 mios), les Pays-Bas (45 mios) et le Portugal (20 mios).
A la fin du mois de juin, l'Algérie devrait avoir remboursé plus de la moitié (54,43 %, soit 4,3 milliards de dollars sur 7,9)) de sa dette publique à l'égard des membres (Etats) du Club de Paris. Le 10 mai, celui-ci avait accepté le principe d'un remboursement anticipé de 7,9 milliards de dollars. A l'exception des USA, qui ont préféré un remboursement anticipé partiel, les autres créanciers ont opté pour un remboursement anticipé du total de la dette. Les créanciers français, portugais, néerlandais et belges ont été remboursés le 31 mai, les danois le 8. Quant aux prêts multilatéraux (Banque mondiale, Banque africaine de développement), dont le total se monte à 3 milliards de dollars, la quasi-totalité en aura été remboursée par anticipation. Au total, le montant de la dette extérieure algérienne devrait tomber à environ 5 milliards de dollars, soit moins de 5 % du PIB et un peu plus de 10 % des recettes annuelles d'exportation.
Ce remboursement anticipé de la dette algérienne est permis par la conjoncture pétrolière particulièrement favorable, maus suscite le scepticisme, quant à son bien-fondé, des experts financiers internationaux, qui estiment que l'Algérie devrait être plus prudente dans la gestion de ses exceptionnels revenus pétroliers, et garder une partie plus importante de ces revenus pour les injecter dans l'économie et la société. Une chute des cours du pétrole pourrait en outre à nouveau fragiliser l'économie algérienne.
(Liberté 26.6) Sonatrach a réalisé un bénéfice de l'ordre de cinq milliards de dollars en 2005, un record depuis la création de la société d'Etat, qui pourrait verser à ses cadres et une partie de ses travailleurs une prime d'intéressement. Le chiffre d'affaire de la compagnie a atteint 45 milliards de dollars, et le volume de ses versements au Trésor public 30 milliards de dollars. Sonatrach a par ailleurs mandaté la firme américaine IBM pour concevoir un nouveau système de rémunération de ses travailleurs et de ses cadres, fondé sur la performance, un plan de carrière et la formation continue, pour enrayer le départ de ses meilleurs éléments vers des compagnies (notamment dans les pays du Golfe) aux politiques salariales et d'intéressement plus attractives.
(Liberté 8.7) Le 25 juin, le président Bouteflika a affirmé devant les walis (préfets) la nécessité pour l'Algérie de garantir aux générations futures "leur part de la richesse nationale que sont les hydrocarbures", ce que la porte-parole du Parti des Travailleurs, Louisa Hanoune, a traduit comme l'expression d'une décision de "geler" la loi sur les hydrocarbures, ce dont elle s'est félicité.
(Le Monde, El Watan 12.7 / Algeria-Watch 16.7 / Liberté 29.7 / Liberté 30.7) Le gouvernement algérien a décidé de modifier la loi sur les hydrocarbures datant de 2005, avant même qu'elle soit entrée en application. Ce revirement équivaut à un renoncement aux projets de libéralisation du secteur. Selon le communiqué du Conseil des ministres du 9 juilllet, Sonatrach "prendra une plus large part dans l'accès aux contrats d'exploration, d'exploitation et de transport des hydrocarbures", ce qui implique le renoncement à l'ouverture en direction des compagnies étrangères pour l'exploitation du sous-sol algérien. La loi ainsi modifiée avait été adoptée en 2005 après des années de débat, et malgré l'opposition (mesurée) de l'UGTA aux projets du ministre de l'Energie Chakib Khelil. Dans sa formulation de 2005, la loi remettait en question le principe du partage de la production de tout gisement découvert par un partenaire étranger, partage qui assurait à Sonatrach 51 % du produit du gisement. Les firmes étrangères voyaient leur part passer à au moins 70 % des hydrocarbures découverts, voire même la totalité si Sonatrach ne faisait pas valoir son droit de préemption de 20 à 30 %. Le président Bouteflika avait hésité à promulguer la loi, dont aucun texte d'application n'avait été adopté. Dans la nouvelle formulation de la loi, le pourcentage octroyé à Sonatrach ne serait plus optionnel et maximal, mais obligatoire et minimal, et reviendrait à l'étiage de 51 %. En outre, il est prévu une taxe sur les profits exceptionnels (dès un prix du baril de Brent à 30 dollars) des compagnies internationales. Les premiers textes d'application de la nouvelle loi ont été publiés au Journal Officiel le 9 juillet. Le ministre de l'Energie a justifié le revirement du gouvernement par le fait que les hydrocarbures vont devenir un produit de plus en plus rare et de plus en plus cher, qu'on n'aura donc plus ni besoin ni intérêt à exporter en quantités croissantes, et dont on aura au contraire intérêt à préserver les réserves inexploitées existantes.
Au premier semestre 2006, l'Algérie aura exporté des hydrocarbures pour une valeur située entre 25 et 26 milliards de dollars. Le pays tire 98 % de ses ressources fiscales des revenus des hydrocarbures (97,90 % du volume global des exportations au premier semestre 2006, pour une valeur de 25,13 milliards de dollars).
Par ailleurs, le ministre de l'Energie a annoncé l'ouverture du capital de l'Institut algérien du pétrole (l'IAP), transformé en société anonyme, aux compagnies étrangères. Sonatrach en détient cependant toujours 90 %, par l'intermédiaire de ses filiales Naftal et Naftec.
(Quotidien d'Oran 23.7) La balance commerciale de l'Algérie en enregistré au premier semestre 2006 un excédent de 15,28 milliards de dollars, soit 41 % de plus qu'au premier semestre 2005. Cet excédent record est du à l'augmentation de 18,39 % de la valeur des exportations, qui ont atteint 25,67 milliards grâce à l'augmentation du prix du pétrole, et à la diminution de 4,16 % des importations, qui se sont situées à 10,39 mias. Les principaux clients de l'Algérie au premier semestre 2006 ont été les USA (4,27 mias), l'Italie (3,79), l'Espagne (2,34), la France (2,08), la Turquie (1,48) et les Pays-Bas (1,26). Les principaux fournisseurs ont été la France (2,26 mias), l'Italie (0,958), la Chine (0,722), l'Allemagne (0,710), les USA (0,655) et l'Espagne (0,519). Des principaux partenaires des l'Algérie, seule la France a donc avec elle une balance commerciale (légèrement) positive.
(Liberté 8.8 / Le Jeune Indépendant 21.8 / El Watan 23.8) Le volume de la dette extérieure algérienne est tombé fin juillet à 9,5 milliards de dollars, largement couvert par des réserves de change de 67 milliards, qui augmentent de deux milliards par mois et couvrent, outre la dette, près de deux ans d'importations. La dette extérieure algérienne équivaut désormais à moins de 10 % du PIB annuel, après les accords de remboursement anticipé passés avec les créanciers publics de l'Algérie (le "Club de Paris").
Dans les sept premiers mois de 2006, les recettes algériennes d'hydrocarbures ont atteint 29,5 milliards de dollars, soit plus de quatre milliards et demi de plus que lors de la même période de 2005, ce qui s'explique par la hausse des prix des hydrocarbures. En juillet, les recettes des exportations algériennes d'hydrocarbures ont atteint 4,39 milliards de dollars, soit près de 17 % de plus qu'en juillet 2005. Elles devraient dépasser les 50 milliards pour l'ensemble de l'année. Grâce à ces recettes (les exportations des hydrocarbures représentent plus de 98 % du volume global des exportations algériennes en juillet 2006), le solde positif de la balance commerciale algérienne a atteint près de 18 milliards de dollars dans les sept premiers mois de 2006, soit plus de cinq milliards de plus qu'en 2005.
(El Khabar 29.8 / L'Expression 19.9) Le gouvernement devrait vendre "pas moins de 500 entreprises publiques avant la fin de l'année en cours", annonce "El Khabar". Selon un rapport du Conseil économique et social, 270 entreprises publiques ont été vendues entre juin à décembre 2005, les trois quarts d'entre elles à des investisseurs algériens. 160 autres entreprises publiques ont été déclarées en faillite. Le ministre des Participations et de la promotion des investissements (autrement dit des privatisations), Hamid Temmar, a annoncé le 18 septembre que 400 entreprises avaient été privatisées entre juin 2005 et août 2006, et a également annoncé l'ouverture "prochaine" du capital d'Air Algérie, de la SNTA, de la SNVI et de Saidal. L'Etat devrait rester majoritaire dans le capital de ses entreprises et de celles des secteurs "stratégiques" de l'énergie, du transport ferroviaire et des ports.
(El Watan 24.9 / AP 1.10 / El Watan 2.10 / Le Quotidien d'Oran 4.10, 5.10) La négociation tripartite entre le gouvernement, l'UGTA et le patronat a abouti le 1er octobre à une augmentation de 20 % du salaire minimum garanti (SNMG), qui passera le 1er janvier 2007 de 10'000 à 12'000 dinars (soit d'environ 100 à 120 euros), sans effet rétroactif. C'est moins que ce que demandait l'UGTA (15'000 dinars), et beaucoup moins que ce que demandaient les syndicats autonomes (le SNAPAP, par exemple, demandait 30'000 dinars), qui considèrent qu'en réalité le gouvernement n'a négocié qu'avec "son propre syndicat", qualifié par le SNAPAP de syndicat de "rentiers du syndicalisme". "Le Quotidien d'Oran" rappelle en outre que l'augmentation du salaire minimum ne profite par définition qu'aux travailleurs dont le salaire est déclaré, et pas le million et demi de personnes (1,250 million en 2003) travaillant dans le secteur "informel" (travail clandestin ou au noir), ni les travailleurs formellement indépendants ou travaillant à la tâche. L'UGTA ne s'en félicite pas moins de cet accord, son secrétaire général, Sidi Saïd, déclarant que le salaire minimum est "accessoire" et que ce qui importe sont les conventions collectives de branches, dont il affirme qu'elles garantissent une augmentation des salaires de 20 à 25 % dans le secteur public et de 10 à 20 % dans le secteur privé. L'augmentation du salaire minimum nécessite une enveloppe financière de 98 milliards de dinars (environ 1 milliard d'euros), soit moins de 1,5 % des réserves en devises de l'Algérie.
Du côté des retraités, leur fédération, la Fédération nationale des travailleurs retraités (FNTR) a appelé à une journée de protestation nationale le 11 octobre dans tout le pays, pour dénoncer l'existence de pensions de retraite inférieures à 10'000 dinars (environ 100 euros), alors que le ministre du Travail, Tayeb Louh, annonçait une revalorisation des allocations de retraite.
(El Watan 11.9 / L'Expression 26.9 / Le Quotidien d'Oran 10.10 / Liberté 11.10) L'Algérie a remboursé par anticipation une dette extérieure de plus de 12 milliards de dollars et par là même économisé environ deux milliards de dollars d'intérêts, a annoncé le ministre des Finances Mourad Medelci le 10 septembre. Dans le détail, l'Algérie a remboursé par anticipation 7,9 milliards de dollars auprès de ses créanciers publics (Clud de Paris), 800 millions auprès de ses créanciers privés (Club de Londres) et 4 milliards auprès des institutions financières internationales. En outre, la dette algérienne à l'égard de la Russie, estimée à plus de 4,7 milliards de dollars, a été annulée. Le montant de la dette extérieure de l'Algérie devrait donc tomber à quatre milliards de dollars fin 2006, contre plus de16 milliards au début de l'année. Au 6 septembre, la dette extérieure algérienne était déjé tombée à 7,7 milliards de dollars.
Les réserves en devises du pays ont été évaluées par le ministre à plus de 70 milliards de dollars au 31 août, soit près de quatorze milliards de plus que neuf mois auparavant, et quatre milliards de plus qu'à fin mai. Ces réserves couvrent 3 ans et demi d'importations et équivalent à plus de fois le montant total de la dette extérieure de l'Algérie.
C'est dans ce contexte que le gouvernement a élaboré un projet de budget (loi de finances) 2007 basé sur un prix de référence de 19 dollars le baril le pétrole, soit trois fois moins que le prix actuel, ce qui sous-estime probablement considérablement les recettes pétrolières attendues du pays). Le projet est basé sur l'hypothèse d'une croissance économique globale de 5,2 %, d'une inflation de 3,5 %, d'une progression de la valeur des exportations de 2,1 %, de celle des importations de 8 %, et d'un taux de change de 74 dinars pour un dollar.
(Quotidien d'Oran 11.12) Le ministre des Participations et de la promotion des investissements (autrement dit : des privatisations), Abdelhamid Temmar, a annoncé le 10 décembre qu'une quinzaine d'entreprises publiques allaient chaque semaine être proposées à la privatisation, et que 300 entreprises privatisables allaient l'être à court terme. 400 entreprises publiques ont déjà été privatisées (dont 80 en étant vendues aux collectifs de travailleurs) , et il en reste environ un millier à pouvoir l'être, selon le ministre, qui a exclu toute privatisation, totale ou partielle, de Sonatrach.
(Le Quotidien d'Oran 19.12) Selon le Secrétaire national de l'UGTA chargé de l'"organique", Salah Djenouhat, le nombre de travailleurs dont les salaires n'ont pas été payés depuis plusieurs mois (voire, pour certains, plusieurs années) est passé de plus de 40'000 à environ 20'000, et que le problème "est en cours de réglement".
(Le Quotidien d'Oran 14.12) Près de 7000 travailleurs chinois, employés de la société chinoise CITIC, sont attendus à Oran pour prendre part à la réalisation du tronçon Mostaganem-frontière marocaine de l'autoroute est-ouest, annonce "Le Quotidien d'Oran". Ces 7000 travailleurs chinois vont s'ajouter aux plus de 3000 déjà employés dans la région d'Oran et celle de Tlemcen par une dizaine d'entreprises chinoises. Pour l'"importation" des 7000 salariés de la CITIC, un seul permis de travail (collectif) a été délivré. L'entreprise chinoise devra employer des salariés algériens, habitant les cinq wilayas (Oran, Mostaganem, Sidi Bel Abbes, Mascara et Tlemcen) où est implanté le chantier de l'autoroute. En principe, toute entreprise étrangère ou mixte installée en Algérie doit employer au moins 60 % d'Algériens. Dans le cas de la CITIC, il est invraisemblable que cette condition soit respectée, à moins d'envisager que l'entreprise emploie plus de 12'500 personnes à elle seule en Algérie. 105 entreprises étrangères sont implantées dans la wilaya d'Oran, employant 6252 étrangers. "Le Quotidien d'Oran" note que certaines sociétés étrangères ne déclarent pas leurs employés étrangers à la caisse de sécurité sociale, ou ne déclarent que partiellement leur salaire, et échappent ainsi aux prélèvements obligatoires, ou à une portion d'entre eux.
2007
(Le Courrier 9.1 / Le Monde 10.1 / Le Monde, El Watan 20.1 / El Watan 25.1 Le Quotidien d'Oran 30.1 / Jeune Indépendant 3.2) Le procès de la faillite frauduleuse de la Khalifa Bank (et de l'effondrement de tout l'empire financier d'Abdelmoumène Khalifa) s'est ouvert le 8 janvier à Blida, en l'absence du principal intéressé, Abdelmoumène Khalifa, réfugié à Londres depuis 2003. Le procès porte sur un "trou" de 3,2 milliards de dinars (environ 32 millions d'euros) dans la caisse principale de la banque. 104 personnes (des patrons d'entreprises et de services publics, un commissaire divisionnaire de police, l'ancien entraîneur de l'équipe nationale de football) sont inculpées de faillite frauduleuse, d'association de malfaiteurs, d'escroquerie, d'abus de confiance, de détournement de fonds et de falsification de détournements officiels. Onze personnes, dont Abdelmoumène Khalifa, sont jugées par contumace. 150 avocats défendent les accusés et les parties civiles. L'instruction s'est concentrée sur les patrons des entreprises qui ont fait des dépôts à la banque Khalifa et, à défaut de faire toute la lumière sur les faits, a tout de même permis d'illustrer le laxisme de la gestion du groupe et l'imprudence de responsables publics se pressant auprès d'Abdelmoumène Khalifa pour profiter de sa générosité : le patron du groupe puisait dans la trésorerie de ses entreprises sans en rendre compte, sortait des millions en liquide sans les comptabiliser (320 millions d'euros auraient été sortis des caisses du groupe), financait très libéralement des équipes asportives (dont l'Olympique de Marseille), des artistes, des patrons, des responsables d'offices publics, des ministres (le frère du ministre islamiste Bouguerra Soltani aurait ainsi obtenu un emploi à Paris sur intervention de Khalifa, le ministre de la solidarité, Djamel Ould Abbes, aurait obtenu une carte de voyage gratuit sur Khalifa Airways, etc...). Des déposants se voyaient gratifiés d'intérêts supérieurs à leurs dépôts, des crédits étaient consentis sans aucune garantie, 45 millions d'euros sont sortis d'Algérie pour financer l'acquisition de stations de dessalement d'eau, et ont servi à tout autre chose...
Le 8 janvier, l'ancien gouverneur de la Banque d'Algérie, Abdelouahab Keramane, et son frère, ancien ministre de l'Industrie, Abdennour Keramane, convoqués au tribunal, ne s'y sont pas présentés et ont quitté l'Algérie en expliquant qu'ils refusaient de participer à une "parodie de justice" et de jouer le rôle de "boucs émissaires" dans une cabale politique où les "coupables sont déjà désignés". "Le Quotidien d'Oran" redoute également un "procès de lampistes", et ajoute que "l'Algérie est toujours gérée comme avant l'affaire Khalifa". Le Premier secrétaire du Front des forces socialistes, Ali Laskri, qui rappelle que l'empire Khalifa "a été présenté par les plus hautes autorités du pays comme un modèle de réussite et de créativité", dénonce également dans le procès une "supercherie qui tente de réduire la responsabilité d'un système, coupable de crimes politiques et économiques contre l'humanité, à une simple affaire de caissiers, d'hôtesses de l'air et de gardes du corps personnels".
De Londres, le principal accusé, Abdelmoumène Khalifa, dénonce lui aussi une "affaire politique", tout en reconnaissant que son groupe "avait de l'influence dans toutes les institutions de l'Etat". Mais Khalifa, qui se retranche derrière le "secret d'Etat" pour s'exprimer plus précisément sur l'affaire, accuse les autorités d'avoir "échoué à organiser un procès équitable et convaincant", nie s'être rendu coupable de détournement de fonds, et affirme être disposé à être jugé... mais en Grande Bretagne ou en France, pays où la justice est "indépendante", contrairement à l'Algérie. En France, d'ailleurs, la justice enquête sur plusieurs affaires liées à des entreprises du groupe : la compagnie aérienne Khalifa Airways, la chaîne de télévision Khalifa TV, la vente de villas à Cannes... Sur la chaîne quatari Al Djazira, Abdelmoumène Khalifa a accusé le président Bouteflika d'être à l'origine de la mise en faillite de son groupe, et a assuré qu'en quittant l'Algértie, il laissait une banque "florissante", qui n'a été mise en faillite qu'à cause d'un "conflit personnel" entre lui (et son père) et le président Bouteflika, qui aurait bénéficié de l'aide des services spéciaux français pour lancer la rumeur d'une prochaine mise en faillite de la banque, afin de provoquer cette faillite, voulue par le président algérien pour se venger, à travers Abdelmoumène Bouteflika, de Khelifa Laroussi (le père de Khalifa), chef des services spéciaux du FLN pendant la guerre, qui (selon Khalifa) aurait condamné Bouteflika à mort pour désertion. Dans les colonnes de l'hebdomadaire en arabe "Al Mouhakak", Khalifa menace d'entraîner dans sa chute des hiérarques du régime, qu'il accuse d'être impliqués dans les déboires de son groupe.
Salué comme le "premier empire privé diversifié" d'Algérie, le groupe Khalifa rassemblait une banque (la Khalifa Bank, 700'000 clients, 130 agences -plus que la Banque d'Algérie), une compagnie aérienne, le sponsoring de l'Olympique de Marseille, une chaîne de télévision et une dizaine d'autres sociétés. De nombreuses interrogations sur l'origine de la fortune (et des passe-droits) d'Abdelmoumène Khalifa sont restées sans suite : fils d'un ancien chef des services spéciaux algériens, le golden boy avait des appuis. Il les perdra brutalement après l'arrestation en février 2003 de trois cadres de sa banque a l'aéroport d'Alger, pour transport illégal de fonds (deux millions d'euros), sur un renseignement dont la rumeur assure qu'il est venu de Paris. Les anciens et actuels ministres algériens, les hauts fonctionnaires encore en place, qui avaient facilité l'ascension de Khalifa ne sont pas sur le banc des accusés -ni même à la barre des témoins. On ne saura donc vraisemblablement pas qui a donné l'ordre à la Sécurité sociale ou aux assurances de Sonatrach de transférer leurs comptes à la banque Khalifa.
(Liberté 22.1) Selon les chiffres donnés par le Centre national de l'informatique et des statistiques (CNIS) des Douanes nationales, les résultats du commerce extérieur algérien en 2006 font apparaître un exédent record de 31,82 milliards de dollars des exportations (52,82 mias) sur les importations (21 mias), L'excédent favorable est ainsi en augmentation de 24,07 % en un an, grâce à des exportations en hausse de 14,83 %, malgré des importations elles aussi en hausse de 3,18 %). Les exportations d'hydxrocarbures représentent 97,98 % de la valeur de toutes les exportations, et sont en hausse de 14,77 % du fait de l'augmentation d'une année sur l'autre du prix moyen du baril. La hausse des importations est quant à elle essentiellement due à celles de biens alimentaires (+2,59 %) et de biens destinés à l'outil de production (+ 17,52 %).
En 2006, les principaux clients de l'Algérie ont été les USA (14 milliards de dollars US), l'Italie (9 mias), l'Espagne (5,5 mias) et le France (4,3 mias), les principaux fournisseurs la France (4,32 mias), l'Italie (1,85 mia), la Chine (1,7 mia) et l'Allemagne (1,5 mia).
(Le Jeune Indépendant 25.1 / Le Quotidien d'Oran 12.2 / La Tribune 5.2) Six mois après l'annonce du contraire par le ministre des privatisations, Abdelhamid Temmar, la question des salaires impayés n'est toujours pas réglée, constate "Le Quotidien d'Oran". Selon l'UGTA, plus de 20'000 salariés n'ont pas été payés depuis plus de quatre mois. Le secrétaire national de l'UGTA chargé des conflits sociaux, Boualem Bouzidi, précise que le problème touche particulièrement, depuis décembre, des travailleurs du textile, du cuir et du BTP. Le problème des salaires impayés est apparu au milieu des années '90, avec le début des restructurations massives et des privatisations des entreprises du secteur économique public. Des centaines de milliers de travailleurs ont alors été mis au chômage, et des dizaines d'entreprises mises en faillite, ou fermées, ou placées dans l'impossibilité de payer les salaires de leurs employés.
Par ailleurs, selon la Fédération nationale UGTA des travailleurs retraités, deux millions de travailleurs algériens ne sont pas déclarés à la Sécurité sociale, ce qui leur cause un préjudice (ils se trouvent sans couverture sociale), autant qu'à la Caisse nationale de retraite (CNR) qui y perd des sommes énormes. Les travailleurs du secteur agricole, en particulier, ne sont pratiquement jamais déclarés à la Sécurité sociale. Selon une enquête de l'Office national des statistiques, 27 % des salariés algériens ne sont pas déclarés à la aisse d'assurances sociales (ils étaient 31 % en 2005, officiellement). La majorité de ces travailleurs non déclarés exercent leur activité au sein de près de 174'000 petites entreprises (moins ded 20 salariés) Depuis 1985 (création de la CNR), le système national de retraite assure aux retraités une pension de 75 % du salaire minimum garanti, et une couverture de 90 % de leurs frais médicaux, avec un régime de cotisation de 7 % du salaire. Le fonds de retraite assure une rente à près d'un million 750'000 retraités (au 30 septembre 2006).
DECLARATION DU FRONT DES FORCES SOCIALISTES
Alger, le 2 mars 2007
Fidèle à sa démarche autoritaire, basée sur l’exclusion, le pouvoir a organisé «Les premières assises nationales de l’industrie », sans concertation préalable avec les partenaires sociaux et les forces politiques du pays. Ni les syndicats autonomes, ni les partis politiques n’ont été associés à la préparation de cette rencontre qui engage, pourtant, l’avenir d’un secteur important de notre économie.
Engagés à mettre en péril l’avenir des Algériens, les décideurs, partisans de l’ultra-libéralisation et du bradage de l’économie nationale, ont conçu un avant-projet de texte nommé «stratégie et politiques de relance industrielle» qui n’a, à aucun moment, pris en considération les besoins économiques, sociaux, culturels et environnementaux des Algériens.
Les concepteurs de l’avant-projet ont fait l’impasse sur les matières premières (pétrolières et minières) alors que leur transformation locale et un axe stratégique fondamental de toute politique de développement. La « nouvelle stratégie » porte uniquement sur le volet industriel (hors hydrocarbures) et n’intègre pas les autres secteurs de l’économie nationale qu’elle est censée entrainer (agriculture, BTP, services).
Par ailleurs, aucune évaluation du potentiel industriel existant n’a été faite. Pis, « la stratégie » conçue n’a pas tenu compte de l’expérience accumulée depuis trente ans par le secteur public, par les PME et PMI privées ainsi que par la main-d’œuvre algérienne.
L’objectif recherché par cette « stratégie » est le désengagement de l’Etat et l’ouverture totale de l’économie algérienne au capital étranger en marginalisant les opérateurs nationaux.
Cette stratégie industrielle a des implications très graves sur l’avenir de l’Algérie. Il s’agit en premier lieu de la remise en cause de la souveraineté nationale, chèrement acquise par les Algériens.
Sous prétexte d’une économie mondialisée, les tenants du pouvoir n’ont cessé de promulguer, en catimini, des lois ouvrant le marché algérien à des investisseurs étrangers, alors que l’expérience à démontré que l’investissement direct étranger ne transfère pas réellement la technologie qui est l’essence même de son existence et de son profit.
Par ailleurs, toutes les politiques économiques suivies, jusque-là, ont démontré leur échec et ne sont, en réalité, conçues que pour satisfaire des cercles étrangers en contrepartie d’un soutien politique à la dictature et le silence sur les violations des droits de l’Homme.
Le Front des Forces Socialistes considère que la stratégie industrielle proposée s’inscrit dans le processus de démantèlement et de bradage de l’économie algérienne par des décideurs qui n’ont pour souci que leur maintien au pouvoir et leur main mise sur les richesses du pays.
Le Front des Forces Socialistes met en garde les tenants de cette stratégie qui ouvrent le pays à la captation des ressources et du marché national par des forces étrangères, sans contrepartie équivalente.
Le Front des Forces Socialistes rappelle que le pouvoir assumera seul les conséquences désastreuses, de ses choix économiques, sur l’avenir du pays: perte de contrôle des ressources et des moyens de production nationaux, perte d’emplois générée par la disparition de pans entiers de l’économie publique et privée locale en l’absence de protection.
Face à cette politique de bradage de l’économie nationale et de destruction du tissu social, le Front des Forces Socialistes appelle les forces sociales autonomes à la construction d’une alternative économique et sociale durable dans le but de préserver des secteurs stratégiques et la construction d’une économie indépendante avec les moyens publics et privés nationaux.
Le premier secrétaire
Ali Laskri
(Le Courrier 1.3 / Liberté 4.3 / El Watan 5.3 / AFP 22.3 / La Tribune 24.3 / El Watan 4.4 / Liberté 7.4) L'ancien patron du groupe Khalifa, Rafik Khalifa, a été condamné le 22 mars,. par contumace, à la réclusion à perpétuité par le tribunal de Blida, dans le cadre d'un procès ouvert le 8 janvier, contre plus d'une centaine de personnes, dont Khalifa et ses principaux collaborateurs, pour un préjudice d'èau moins 1 milliard et de mi de dollars, après l'effondrement de l'"empire Khalifa" (banque, compagnie aérienne, télévisions etc...). L'ex "Golden Boy" algérien a été reconnu coupable d'association de malfaiteurs, de corruption, d'abus de confiance, de faux et d'escroquerie. Six autres accusés ont été condamnés à vingt ans de prison par contumace, dont l'ancien gouverneur de la Banque d'Algérie, Abdelwahab Keramane, reconnu coupable d'abus de confiance et d'association de malfaiteur. Plusieurs autres accusés, dont la directrice de Khalifa Airways, l'épouse et la fille de Rafik Khalifa et l'ancien ministre de l'Industrie Abdenour Keramane, ont été condamnés à 10 ou 15 ans de réclusion. Les biens des condamnés ont été confisqués.
L'Algérie a réclamé le 21 février l'extradition de Rafik Khalifa à la Grande-Bretagne, où il est réfugié depuis quatre ans, et où il a été interpellé le 27 février pour blanchiment d'argent et séjour illégal, avant d'être remis en liberté sous caution après cinq jours de détention, puis à nouveau arrêté, le 28 mars, cinq jours après sa condamnation en Algérie. Rafik Khalifa fait l'objet de deux mandats d'arrêt internationaux, algérien et français. La France a également demandé le 5 mars son extradition pour blanchiment d'argent, abus de confiance et banqueroute frauduleuse.
Un collectif de travailleurs de la fonction publique, soutenus notamment par le syndicat autonome SNAPAP, a annoncé vouloir déposer plainte contre le secrétaire général de la centrale syndicale UGTA dans le cadre de l'"affaire Khalifa", le patron de l'UGTA, Abdelmadjid Sidi Saïd ayant reconnu devant le tribunal que les fonds des oeuvres sociales (cotisations sociales de tavailleurs) déposés dans la banque du groupe Khalifa étaient perdus, et que dans le meilleur des cas seuls les intérêts de ces fonds pourraient être remboursés.
(Liberté 19.2 / Quotidien d'Oran 9.4 / Liberté 14.4 /El Watan 5.5) Six décrets d'application de la loi sur la réforme du secteur de l'électricité ont été publiés au Journal Officiel mi-février. Ils ouvrent le marché de l'électricité au privé, et y introduisent la concurrence.
La Compagnie maritime publique CNAN a été partiellement privatisée avec l'ouverture à hauteur de 51 %, dont 49 % en mains étrangères, du capital de trois de ses filiales (Maghreb Lines, CNAN-nord et CNAN-Med) à des opérateurs privés saoudiens, français et italiens. Le groupe français Gofast-Aigle Azur se retrouve détenteur de 49 % du capital de CNAN nord et CNAN Maghreb, et le groupe italien Perioli de 49 % du capital de CNAN Med. Selon "Liberté", cette privatisation partielle pourrait annon cer celle de l'Entreprise nationale de transport maritime des voyageurs (ENMTV).
Plus de mille salariés de l'entreprise Tubprofil, filiale du groupe Anabib, ont entamé une grève à l'appel de leur syndicat UGTA le 7 avril, contre la privatisation de l'entreprise (qui a dégagé un bilan positif l'année dernière), qualifiée de "bradage" par les travailleurs -qui annoncent que leur mouvement se poursuivra jusqu'à annulation de la décision de privatisation, qui fait partie d'un "lot" de privatisations décidées par le Conseil des participations de l'Etat, le 2 avril.
(Liberté 26.5 / Liberté 24.7) L'excédent commercial de l'Algérie au premier semestre 2007 s'est élevé à 14,3 milliards de dollars US (soit 3,4 milliards de moins qu'à la même période de 2006). Les exportations ont atteint 27,11 milliards de dollars US (- 4,21 %) et les importations 12,8 mias (+ 20,7 %). Les exportations d'hydrocarbures ont représenté 98 % de la valeur globale des exportations.
Des recettes d'exportation en hydrocarbures de plus de 50 milliards de dollars sont attendues en 2007, si le cours du baril reste aux alentours des 70 dollars US. Fin avril 2007, les recettes des exportations d'hydrocarbures des quatre premiers mois de 2007 atteignaient déjà 17 milliards de dollars, ce qui a encore accru des réserves de change qui atteignaient 80 milliards de dollars US en janvier.
(Le Monde 29.5 / Jeune Indépendant 21.6 / Le Courrier 7.7) Entre 2000 et 2006, les investissements directs étrangers en Algérie ont été multiplié, globalement, par six, et par dix si on excepte le secteur des hyxdrocarbures. Entre 2005 et 2006, la hausse a été supérieure à 50 %, et a atteint en 2006 1,7 milliard de dollars US. La France est le premier investisseurs hors-hydrocarbures, avec un quart du total, et le second investisseur tous secteurs confondus. Les investissements français se concentrent dans la banque, l'agroalimentaire, la chimie, et visent également l'hôtellerie. Les Américain investissent surtout dans les hydrocarbures, les Espagnols dans l'électronique et la chimie. On note une progression considérable des investissements chinois, qui ont crû de 170 % entre 2005 et 2006, et devancent désormais les investissements allemands. La Chine est d'ailleurs devenue le troisième fournisseur de l'Algérie, avec une hausse de 13,2 % de ses exportations vers l'Algérie entre mai 2006 et mai 2007. Quant à la France, elle reste le premier fournisseur de l'Algérie, et le volume des échanges franco-algériens dépassait déjà les 7,5 milliards de dollars en 2005. 300 entreprises françaises se sont installées en Algérie en 2006.
(Liberté 11.6 /U Jeune Indépendant 16.6) Dans un rapport publié le 14 mai, l'OCDE estime que les insuffisances du système bancaire, et en particulier les difficultés d'accès au financement, favorisent le développement d'une économie informelle qui représenterait plus du tiers (35 %) de la richesse nationale algérienne. L'Algérie "souffre d'un handicap institutionnel", et son système judiciaire reste "lent et inefficace", note l'OCDE, pour qui les réformes tardent à produire leurs effets. L'investissement privé reste peu dynamique, le "climat des affaires" est peu incitatif et "les secteurs de la justice et des finances constituent les entraves essentielles à l'amélioration du climat des affaires", estime l'OCDE. L'application de la réforme de la justice souffre d'insuffisances "de procédures, de magistrats qualifiés dans le domaine du droit commercial (...) et de capacité administrative et technique". L'OCDE ajoute à ces constats une longue liste de griefs divers : lenteur du système de paiement, inexistence d'un marché de capitaux à risques, faiblesse du crédit au secteur privé, manque de confiance dans l'impartialité du système judiciaire etc...
Le Forum économique mondial, la Banque mondiale et la Banque africaine de développement, dans un rapport rendu public à la mi-juin, classe l'Algérie au septième rang des 29 pays africains analysés; elle est certes dernière des pays du Maghreb, derrière la Tunisie (première), la Mauritanie (troisième), le Maroc (cinquième) et la Libye (sixième), mais elle a progressé de quatre places depuis 2004 . Le rapport note cependant des "points noirs" (souvent les mêmes que ceux relevés par l'OCDE) : accès difficile au financement des entreprises, bureaucratie, manque d'infrastructures, corruption, incertitude du cadre politique...
Chronique économique et sociale 1995-2000
2001
(La Tribune, Corr 3.1) 90 familles, comprenant 450 enfants et adolescents, font l'objet d'"expulsion forcée et violente par les forces de sécurité" dans la "cité du 5 juillet" à El Magharia (Leveilley) , dénoncent le "Comité SOS-expulsions" et le Syndical national des avocats algériens dans un appel au Président Bouteflika. Les familles expulsées ont pourtant, selon les deux organisations, bénéficié d'une attribution légale de leurs logements. Le 2 janvier, la police a été requise par le wali (préfet) délégué de Hussein-Dey (Alger) pour excécuter l'expulsion, ce qui a été fait brutalement, provoquant des affrontements entre les brigades anti-émeutes et les familles expulsées.
(El Watan 7.1) Selon des données de l'Office national des statistiques, le taux d'accroissement naturel de la population algérienne (taux de natalité) a diminué de plus de la moitié en trente ans, passant de 3,37 % en 1970 à 1,52 % en 1998. En 1980, le taux d'accroissement naturel était encore de 3,21 %, et de 3,11 % en 1985. En 1988, il passait à 2,73 %, et ne cessait ensuite de diminuer. La wilaya d'Alger a connu une baise particulièrement spectaculaire du taux d'accroissement naturel, en passant d'une moyenne décennale de 4,40 % à 0,62 %. Par contre, la wilaya de Tamanrasset a vu le taux d'accroissement naturel plus que doubler et passer de 3,16 à 8,48 %.
(Liberté 15.1) Une enquête nationale, détaillée lors d'une journée d'étude organisée par l'Institut national de santé publique le 14 janvier, estime pour 1999 le nombre de décès maternels (décès lors d'accouchements) à 78 pour 100'000 naissances vivantes, soit un taux de 0,78 %o en moyenne nationale (mais de 5,07 %o à Tamanrasset, par exemple), ce qui correspond à 697 décès maternels (soit presque deux femmes mortes en couches chaque jour) en une année.Sur ces 697 cas, 141 (20 %) sont survenus lors d'accouchements à domicile, mais 48,8 % lors d'accouchements dans un grand centre hospitalo-universitaire ou dans un hôpital spécialisé. 63 % des femmes ne sont suivies par aucun obstétricien pendant leur grossesse. 14 % de celles mortes en couches avaient subi une ou plusieurs césariennes avant leur dernière grossesse, 40 % n'utilisaient aucun moyen contraceptif. Outre les décès maternels, 7060 femmes de 15 à 49 ans sont mortes en 1999 : 80 % d'entre elles présentaient des pathologies chroniques, 1242 sont mortes du cancer, 103 se sont suicidées, 86 ont été victimes d'actes terroristes. Plus de la moitié des femmes mortes entre 15 et 49 ans étaient marées, et près de la moitié sont mortes à leur domicile.
(Liberté 15.1) 4900 nouveaux-nés n'ont pas été enregistrés à l'état-civil de Hussein-Dey entre 1991 et 1997, période où la municipalité était gérée, dans les deux premières années, par le FIS, puis par une "délégation exécutive communale" mise en place après l'interdiction du FIS pour remplacer la municipalité élue. A Batna, dans son discours du 11 janvier, le président Bouteflika a déclaré qu'à son avis, l'Algérie comptait 10 millions d'habitants de plus que la population (environ 30 millions d'habitants) officiellement recensée.
(Liberté 15.1) Selon un séminaire organisé par le ministère du Travail sur les statistiques du chômage, le 14 janvier, l'absence de statistiques fiables et le développement d'un "marché parallèle" de l'emploi influent négativement sur la politique de l'emploi en Algérie, et provoquent notamment un développement du travail des enfants et du travail au noir. Chaque ennée, entre 364'000 et 382'000 emplois nouveaux sont créés, dont 4 % d'emplois permanents, mais le taux de chômage varie selon les sources de 27 % à 35 %, et plus du tiers de la population active serait employée dans le "secteur informel" : travail clandestin, travail au noir, activités illégales).
(AP 21.1) Un projet de loi soumis le 21 janvier au Conseil des ministres par le ministre de la Justice Ahmed Ouyahia prévoit l'interdiction des tenues vestimentaires affichant de façon ostentatoire l'appartenance à l'islam. Les infractions à la loi seraient passibles de sanctions pouvant aller jusqu'à 5 ans de prison. Quiconque arborerait "publiquement une tenue, un habillement ou tout autre signe ostentatoire de propagande, d'encouragement ou d'apologie" des actions isubversives islamistes serait passible de trois à cinq ans d'emprisonnement et de 50'000 à 200'000 dinars (5000 à 20'000 FF, 1200 - 5000 FS) d'amende, peines doublées si l'action est "commise en groupe". Le port de la tenue "afghane" (voile intégral pour les femmes, khamis, khôl et barbe hirsute pour les hommes) est présenté dans l'exposé des motifs du projet de loi comme étranger aux traditions algériennes. Ce texte s'inscrit dans le fil de dispositions semblables en vigueur en Tunisie, dispositions elles-mêmes inspirées des dispositions adoptées par la Turquie kémaliste. S'agissant des prêches et des mosquées, le texte du ministre de la Justice renforce le contrôle de l'Etat sur les lieux de culte, en introduisant des dispositions pénales punissant d'emprisonnement et d'amende "quiconque prêche ou tente de prêcher dans une mosquée ou autre lieu public de prière sans être nommé, agréé ou autorisé à cette fin par l'autorité habilitée" et "quiconque, par prêche ou par toute autre action, entreprend une action contraire à la noble mission de la mosquée ou de nature à attenter à la cohésion de la société ou à faire l'apologie" d'actes subversifs. Enfin, lorsque les faits réprimés sont commis par des imams légalement désignés ou agrés, la peine d'emprisonnement et l'amende sont doublées (jusqu'à 10 ans d'emprisonnement et 500'000 dinars d'amende).
(Quotidien d'Oran 22.1) Le procès d'une dizaine de couples d'amoureux accusés d'attentat à la pudeur s'est ouvert le 21 janvier. Les couples avaient été "raflés" en octobre 2000 par les gendarmes de Sidi Fredj. Toutes les personnes traînées devant le tribunal sont majeures (elles ont entre 21 et 37 ans). L'une des accusées, enseignante commente : l'Algérie "est bien le seul pays au monde où on dit aux gens : ne faites pas l'amour mais la guerre".
(El Watan 28.1) Dans son rapport de conjoncture sur la situation au premier semestre 1999, le Conseil national économique et social (CNES) estimait que 40,2 % de la population, soit 12 millions de personnes, vivaient en dessous du seuil de pauvreté, et que deux millions de personnes souffraient de pauvreté extrême. Une famille sur cinq était sous-alimentée (c'est-à-dire ne disposait que d'une ration calorique journalière inférieure à la moyenne) et que plus d'un million d'enfants souffraient de malnutritition, dont 100'000 sous une forme grave. "El Watan" revient sur cette situation, en donnant des exemples d'un "phénomène visible à une large échelle dans les grandes villes et à l'intérieur du pays" : une femme et ses six enfants ont été hospitalisés à Chlef "dans un état comateux provoqué par la faim"; des dizaines de milliers d'enfants vivent dans des caves à Oran (dont l'agglomération compte aujourd'hui 1,2 millions d'habitants, au moins, et où l'on recense 80'000 demandes d'attribution de logements, pour la seule commune-centre). Les résultats du recensement de la population font apparaître que près de 60 % de la population algérienne (58,3 %, soit près de 17 millions de personnes) habite dans les villes, sans que ni le logement, ni l'emploi n'ait suivi. Les grandes villes (et même les villes moyennes) sont ceinturées de véritables bidonvilles ("El Watan" en dénombre pas moins de huit autour de Saïda), et à leur périphérie, des villages isolés vivent dans le dénuement.
(Quotidien d'Oran 30.1) "La fuite de spécialistes" médicaux du secteur public vers le secteur privé "semble avoir atteint la cote d'alerte", écrit "Le Quotidien d'Oran", qui parle d'un "transfert de compétences massif vers les cliniques privées", notamment dans la région d'Annaba, où près des deux tiers des spécialistes de l'hôpital universitaire auraient déjà démissionné. En outre, les hôpitaux publics souffrent d'un manque de matériel (du aux restrictions budgétaires), dont les cliniques privées ne sont pas frappées, dès lors qu'elles ne prennent en charge que les patients capables de payer les soins, et refusent à la fois les patients désargentés et les prises en charges les plus cûteuses (naissances prématurées, personnes très âgées, traumatismes graves)
(El Watan 1.2) Une femme de 43 ans, hospitalisée à Chlef, est morte de faim à l'hôpital le 30 janvier. Deux de ses cinq enfants sont toujours hospitalisés, dans un état d'inanitation grave. La mère et ses enfants, abandonnés par leur père, avaient été découverts inanimés dans leur taudis du bidonville de Chorfa, alors qu'ils n'avaient pas mangé depuis deux semaines.
(El Watan 5.2, 6.2) 239 douars de la wilaya de Medea ont été entièrement vidés de leurs habitants par la violence, ce qui se traduit par l'exode de plus de 26'000 familles, soit plus de 185'000 personnes, vers les centres urbains de Médéa, Berrouaghia et Tablat, écrit "El Watan" dans un dossier consacré aux "conséquences du terrorisme" dans cette région particulièrement frappée par la violence : le seul hôpital de Médéa aurait enregistré 1087 morts dus à la violence "terroriste" en 2000, et 84 morts en un janvier 2001. 300 amputations des membres inférieurs y auraient été pratiquées suites à des attentats à l'explosifs. En 2000, 45 personnes auraient perdu les deux jambes dans des explosions de bombes. La violence a chassé la population des douars vers les villes : 25 des 64 communes de la wilaya ont vu le nombre de leurs habitants diminuer de plus de la moitié, alors que Tablat, Berrouaghia et Médéa voyaient leur population s'accroître respectivement de 28,3, 44 et 85 %. La wilaya compterait 19'000 "habitations précaires, pour ne pas dire bidonvilles", abritant 140'000 personnes (taux d'occupation de 7,1 personnes par habitation). Dans le même temps, 100'000 personnes quittaient la wilaya pour Alger, Oran, Chlef, Aïn Defla ou Blida. "L'abandon des terres par les agriculteurs a engendré une situation d'extrême paupérisation" : Sur les 64 communes de la wilaya, 40 sont dans une situation sociale pour le moins critique, et la wilaya est considérée comme la plus pauvre d'Algérie -ce qui ne l'a pourtant "pas favorisée pour bénéficier des projets de développement initiés par le gouvernement dans le cadre de la lutte contre la paupérisation" : les 500 millions de dinars (50 mios FF, 12 mios FS) attribués à la wilaya sous la présidence Zéroual ont été "dépensés jusqu'au dernier sous dans la réfection des écoles et des ponts détruits par les groupes islamistes armés", affirme le quotidien. La wilaya de Médéa devrait atteindre le million d'habitants autour de 2010 : elle en comptait 831'874 en 1999, et on y recense 11'000 naissances par an. Le taux de chômage y atteint vraisemblablement 45 % de la population active (soit le double du taux officiel).
(El Moudjahid 11.2) Selon un rapport de la wilaya d'Alger, relatif aux perspectives de développement algéroises pour 2001, Alger compte 2,650 millions d'habitants (soit près d'un Algérien sur onze), et 60'000 "construction illicites", sans compter les bidonvilles et autres centres de transit, et l'on assiste à une détérioration "alarmante" de la situation sociale et sanitaire dans la capitale.
(AP 11.2) L'assemblée nationale examinera en mars une proposition du RND destinée à faciliter le prélèvement d'organes sur les personnes décédées. Cette facilitation intéresserait en premier lieu les malades souffrant d'insuffisdances rénales, dont le nombre est en constante augmentation. Selon les statistiques officielles, l'Algérie compterait plus de 4000 personnes sous hémodialyse, et en compterait 1200 de plus chaque année. Leur situation est préoccupante pour trois raisons principales : l'insuffisance des centres d'accueil, le coût des soins (7000 à 10'000 dinars -700 à 1000 FF, 170 à 150 FS) par séance, et la lourdeur d'un traitement impliquant jusqu'à trois séances par semaine pour certains malade. Seule la greffe rénale peut libérer le patient de l'hémodialyse, et réduire le coût de sa prise en charge, mais les donneurs vivants de couvrent qu'environ 2 % des besoins, ce qui pousse certains malades à aacheter un rein en Irak (pour 10'000 dollars, soit plus de 700'000 dinars), malgré le risque élevé de contracter une infection grave. En outre, ce trafic est totalement hors de portée des malades aux ressources financières les plus modestes, et à plus forte raison des maladfes sans autres ressources financières que l'aide sociale ou le travail informel. Le code de la Santé actuel (qui date de 1976) autorise le prélèvement d'organes sur des personnes décéd,es, mais depuis 1985 ce prélèvement ne peut se faire que si le défunt avait de son vivant exprimé son consentement, et si un membre de sa famille ou son tuteur légal a exprimé son accord. C'est cette disposition que le RND veut modifier, en substituant au consentement préalable du défunt la règle de la non-opposition explicite (c'est-à-dire du "qui ne dit mot, consent"), et en substituant le critère scientifique de la mort cérébrale au critère religieux de la mort cardiaque (les organes restent viables, et donc transplantables, dans le délai séparant la première de la seconde).
(Liberté 12.2) Selon une enquête nationale, conduite en collaboration avec l'UNICEF, sur la "déperdition scolaire", dont les résultats ont été exposés le 11 février par son rédacteur principal, depuis 1962 11 millions et demi d'élèves n'ont pas suivi l'école pendant plus de six ans, et deux millions et demi n'y sont jamais allés. En bout de parcours scolaire, un peu plus d'un million d'Algériens seulement, en 38 ans, ont obtenu le baccalauréat (3 % de la population). Tous cycles confondus, moins de la moitié des enseignants ont atteint le niveau du bac.
(El Watan 12.2) Selon une étude prospective du service de médecine légale du CHU d'Oran, une femme est agressée toutes les douze minutes dans cette seule wilaya. L'étude, basée essentiellement sur des entretiens avec les femmes reçues à l'hôpital, porte sur la période de février 2000 à février 2001. Elle comptabilise 33'600 agressions contre des femmes. Les trentenaires sont les plus menacées (elles représentent 47 % des victimes). Les femmes mariées représentent 40,5 % des victimes, les célibataires 32 %, les divorcées 11 %, les veves 6,5 % et les séparées 2 %. 55 % des femmes agressées ont des enfants. Une femme agressée sur quatre est sans instruction. 70 % des femmes agressées n'exercent aucune profession. 41 % ont été agressées plusieurs fois. Les viols (presque tous incestueux, en l'absence de reconnaissance du viol conjugal, et presque tous commis par le père de la violée) représentent 3 % des agressions. Dans les deux tiers des cas, le lieu de l'agression est le foyer familial. Dans 30 % des cas, l'agresseur est le mari, dans 26 % des cas un voisin, dans 7 % des cas la mère du mari. Dans 75 % des cas, l'agresseur est un homme. Les conflits conjugaux sont à l'origine de plus d'un tiers des violences, les conflits de voisinage de plus d'un quart, les conflits familiaux (non conjugaux) d'un quart, les conflits professionnels de 5 %. Dans la moitié des cas d'agressions commises publiquement, personne n'est venu au secours de la femme agressés. La moitié des victimes souffrent de dépression.
(AAI 18.2, Liberté 19.2) Selon L'office national des statistiques algérien, la population algérienne résidante totale a franchi en 1999 le seuil des 30 millions d'habitants et s'est établie au 1er janvier 2000 à 30,170 millions d'habitants. Le taux d'accroissement naturel de la population algérienne a été de 1,46 % en 1999. Le premier janvier 2001, la population algérienne est estimée à 30,610 millions d'habitants. En 1999, il a été enregistré 593'643 naissances vivantes, dont 51,06 % de garçons (13'475 de moins qu'en 1998, soit un recul de 2,22 % des naissances en un an, et de 5,15 % en deux ans). Le taux brut de natalité s'établit en 1999 à 2,021 % (2,102 % en 1998). Quant au taux de mortalité, et selon l'OMS cette fois, il a baissé de 1,5 % entre 1998 et 1999. L'année 1999 a connu un accroissement de la proportion des décès infantiles (enfants de moins d'un an), et une augmentation de la nuptialité (le nombre des mariages augmente de 3 % entre 1998 et 1999, et le taux de nuptialité au milieu de 1999 s'élève à 0,545 %.
Environ 2.4 millions d'Algériens appartiennent à des familles "monoparentales", constituées soit du père seul, soit de la mère seule, avec un ou plusieurs enfants célibataires. Les familles monoparentales constituent 12,1 % de l'ensemble des familles. Leur nombre a doublé en 32 ans (1966-1998). Les deux tiers des familles monoparentales résident en milieu urbain, un tiers en milieu rural. Dans 91,5 % des cas, le parent seul est la mère; 58,6 % de ces mères sont veuves, 18,8 % sont divorcées, 15 % sont mariées à un homme émigré. La plupart des familles monoparentales comprennent plus de trois personnes. Seules 15 % d'entre elles ont un(e) chef(fe) de famille occupé (à un travail rémunéré); 21 % sont issues d'un père ou plus généralement (85 % des cas) d'une mère pensionné ou retraité, 26 % d'un père ou plus généralement (70 % des cas) d'une mère au chômage. Dans 59 % des cas, le/la chef(fe) de famille monoparentale est sans revenu. Plus de 90 % des cas de familles sans revenu (sinon éventuellement ceux des enfants) sont des familles à mère seule.
71 % de l'ensemble des ménages algériens sont constituée de familles "étroites" (parents et enfant/s), et 8,9 % de familles monoparentales.
(Quotidien d'Oran 26.2) "Le Quotidien d'Oran" estime, après plusieurs rencontres régionales organisées par le ministère de la Santé autour de la gestion des hôpitaux publics, que "l'on s'achemine, non pas vers une autonomie des services hospitaliers, mais vers la préparation de leur privatisation". Les rencontres organisées par le ministère, avec les gestionnaires des principaux hôpitaux des cinq régions sanitaires (Alger, Oran, Constantine, Bechar et Ouargla), et notamment ceux des CHU, avaient pour finalité d'homogénéiser le mode de prise en charge des admissions dans les hôpitaux publics, afin de mieux maîtriser les coûts. Les gestionnaires des hôpitaux oublics demandaient plus d'autonomie de gestion, et les autorités ont déjé décidé de transformer les hôpitaux oublics en établissements publics autonomes. La privatisation représenterait évidemment un pas supplémentaire, susceptible de remettre en cause le droit aux soins de santé de base, la prévention et la réalité des programmes sanitaires et médicaux nationaux.
(POUR 25.2) L'Association "Vie" a appelé à une marche le 2 mars à Staouéli et à un rassemblement devant le tribunal de Cheraga le 4 mars, pour "dénoncer l'atteinte aux libertés individuelles et collectives par un pouvoir de plus en plus moralisant et servant un projet de société moyennâgeux", attinte manifestée par la "chasse aux amoureux" auxquels se livrent les policiers, notamment à Alger, et par l'arrestation et l'incarcération de couples surpris à "oser s'aimer". Trois membres de l'association ont été interpellés et brièvement arrêtés le 24 février alors qu'ils diffusaient l'appel à la marche du 2 mars et au rassemblement du 4 mars.
(El Watan 3.3, Le Matin, El Watan 4.3) Une manifestation de protestation contre la "chasse aux couples" à laquelle s'adonne la police algéroise, manifestation convoquée par l'association "Vie", a été violemment réprimée et dispersée à coups de matraques et d'insultes le 2 mars à Staouéli par la police, qui a arrêté plusieurs manifestants. Le mouvement associatif (RAFD, CNOT, Bnat Fadhma n'Soumer), plusieurs partis politiques (le MDS, le FFS) et les journalistes présents ont dénoncé cette répression. Le Rassemblement algérien des femmes démocrates (RAFD) dénonce "la démonstration de force de la police et la brutalité engagée contre les citoyennes et les citoyens", et qui conforte "l'islamisme et les tenants d'un ordre moral rétrograde" alors que "les services de sécurité ont à combattre des dangers beaucoup plus grands que des manifestants pacifiques pour la liberté et la démocratie". Le député FFS Malek Sadali a dénoncé des pratiques antidémocratiques, et des responsables du RCD ont estimé que la répression de la manifestation manifestait "une tentation de donner des gages à un courant idéologique majoritairement combattu par le peuple algérien". Les journalistes présents à la manifestation, appuyés par le Syndicat national des journalistes, dénoncent les "violences policières" dont plusieurs d'entre eux ont été victimes et les "moyens incroyables déployés pour empêcher les journalistes de couvrir l'événement". Les organisateurs de la manifestation ont invité à un nouveau rassemblement le 4 mars devant le tribunal de Cheraga, où les couples arrêtés sous prétexte d'atteinte aux bonnes moeurs passeront en jugement.
(Le Quotidien d'Oran 4.3) Le patronat algérien demande lui aussi, après l'UGTA, le retour au "week-end universel" (repos les samedi et dimanche) en vigueur jusqu'en 1974. Le Forum des chefs d'entreprise demande ce retour "pour permettre à l'économie algérienne, fortement dépendante dans son financement et dans son approvisionnement des pays occidentaux dont le repos hebdomadaire est le samedi et le dimanche" d'être en phase avec l'économie mondiale. Le patronat recommande cependant que l'on prévoie "l'aménagement d'une pause suffisante" (deux ou trois heures) le vendredi pour permettre aux citoyens "particulièrement (aux) travailleurs de s'acquitter de la prière du vendredi, à l'instar de la pratique observée par de nombreux pays musulmans". Le Forum relève que la pratique actuelle ne permet aux entreprises algérienne d'avoir des relations de travail avec ses partenaires o"occidentaux" que pendant trois jours (du lundi au mercredi), alors que 90 % du commerce extérieur de l'Algérie se fait avec l'Europe, les USA et le Japon.
(El Watan 7.3, Liberté 8.3) Les quatre couples d'amoureux arrêtés par les gendarmes à Sidi Fredj pour atteintes aux bonnes moeurs, et qui étaient jugée le 4 mars par le tribunal correctionnel de Cheraga, ont finalement été relaxés. Le 2 mars, une manifestation de protestation contre le procès avait été brutalement réprimés. Le ministère public avait demandé contre les amoureux une peine d'un mois de prison et de 1000 dinars d'amende pour "outrage sur la voie publique et attentat à la pudeur". Les personnes accusées étaient toutes majeures, parfois officiellement fiancées, et n'avaient pas été arrêtées pour avoir rendu leur intimité "visible", mais après avoir été "débusquées" par des policiers se livrant à une véritable "chasse aux amoureux".
(El Khabar 8.3) Selon les chiffres officiels, 103 suicides de femmes ont été enregistrée en 2000 en Algérie. Pour 2001, les associations féminines algériennes ont décidé de célébrer la journée internationale de la femme sous le signe du deuil pour exprimer "la malvie de beaucoup de femmes" et leur absence de droits. Le Rassemblement algérien des femmes démocrates (RAFD), Tharwa Fatma N'soumeur, l'Association indépendante pour le triomphe des droits des femmes et l'Association de défense et de promotion des droits des femmes appelaient pour le 8 mars à un rassemblement à la place Karima Belhadj. Les femmes journalistes ont de leur côté rendu publique une déclaration dénonçant le code de la famille, la non-reconnaissance du statut de victimes du terrorisme aux femmes violées par les groupes armés, la chasse aux couples et les procès intentés au nom des bonnes moeurs contre les couples.
(Liberté 10.3, Le Matin, El Watan, Liberté 11.3, El Khabar 12.3) Dans une intervention prononcée devant une assemblée majoritairement féminine (majoritairement des parlementaires et des représentantes d'associations, "El Watan" remarquant cependant l'absence des associations de défense des droits de la femme les plus "en points", et de "certaines figures connues") à l'occasion de la célébration de la journée de la femme, le 8 mars, le président Bouteflika a assuré de sa volonté de "combattre et corriger les excès de toute discrimination quelle que soit son origine ou quelle que soit sa victime", et a expliqué qu'en Algérie, "nous sommes, aujourd'hui, tellement en porte-à-faux avec la société que plus nous avançons dans les autres domaines, plus nous reculons dans le domaine des droits de la femme", tout en affirmant assez paradoxalement que, dans ce domaine aussi, "le chemin parcouri est globalement positif". S'agissant du Code de la famille, le président a estimé que ce texte était "symptomatique de la fragilité des acquis de notre société" et s'est montré disposé à souscrire à son amendement.
L'intervention de Bouteflika a été chaleureusement saluée par plusieurs participantes à la célébration de la journée du 8 mars, notamment par la députée RCD (et conseillère de Bouteflika) Khalida Messaoudi et par Drif Bitat (veuve de Rabah Bitat, qui a rendu hommage au président pour avoir, pour la première fois, nommé des femmes à des postes de walis et d'ambassadeurs.
Lors de la cérémonie de célébration de la journée de la femme a été en outre annoncée la création d'un groupe de coordination des femmes parlementaires algériennes, dont l'objectif proclamé est de trouver un consensus minimal sur la question du Code de la famille, notamment en ce qui concerne les dispositions portant sur l'expulsion des femmes du domicile conjugal après un divorce, et sur le sort des enfants. Les femmes parlementaires membres de ce groupe de coordination, autour de la députés RCD Khalida Messaoudi, de la députés RND Nouara Djaâfri et de la sénatrice Zohra Drif, demandent aux femmes de s'unir "quelles que soient leurs divergences", afin d'"oeuvrer ensemble en transcendant les différences partisanes afin de trouver un consensus minimal sur la question du code de la famille". Les parlementaires se disent en outre engagées à faire front contre tout attaque visant l'Algérie et ses institutions. Elles annoncent la création d'une fondation "Ecole pour tous" destinée à contribuer à la prise en charge de la scolarité des filles issues de familles pauvres.
La constitution de ce groupe "interpartis" (ne regroupant d'ailleurs que des élues des partis de la coalition gouvernementale) a suscité des réactions pour le moins interrogatives, voire franchement hostiles. Pour "Le Matin", "l'abandon de l'exigence d'abroger le code de la famille" su profit de "l'amendement de quelques articles" est "assurément ce qui distingue ce 8 mars" des précédents. Dans une lettre ouverte à Khalida Messaoudi, la sénatrice Leïla Aslaoui récuse toute convergence possible entre "républicaines" et "islamistes" : "Il ne s'agit pas de simples divergences dans la démarche avec les femmes islamistes, mais de projets de société totalement opposés" et il est "impossible (de) s'unir autour de deux projets antagoniques (...) totalement opposés, parce qu'ils incarnent l'un un Etat théocratique et l'autre un Etat républicain". Pour Laïla Aslaoui, ce 8 mars 2001 a été celui de "la régression"La députée Nadja Boumendjel (indépendante, ex-FFS) soupçonne les initiatrices du groupe "interpartis" d'être simplement des "chargées de mission" du président Bouteflika, de vouloir plutôt "satisfaire leurs ambitions personnelles" que défendre les droits des femmes, et de tenir un "discours de circonstance" relayant à propos du Code de la famille le projet de "concorde nationale" d'Abdelaziz Bouteflika. Du côté islamiste, le MSP a estimé dans un communiqué que l'amendement du Code de la famille est une revendication de "minorité idéologique" qui tente de profiter "de la crise multidimensionnelle et (de) ses conséquences pour faire passer (la révision du) code de la famille, (du) code de l'information), (de) celui des mosquées, les réformes du système éducatif et de la justice". Enfin, la présidente de l'Association des femmes rurales, Saïda Benhabiles, estime qu'il est plutôt nécessaire de gagner du temps pour poser d'autres revendications que celles avancées du temps du président Zéroual par les organisations féminines -en d'autres termes, que la révision du Code de la famille, et à plus forte raison son abrogation, ne sont pas des priorités.
(Liberté 11.3) 605'000 naissances ont été enregistrées en Algérie en 1999, soit 295'000 de moins qu'en 1985, a annoncé la directrice de la Population au ministère de la Santé, Mme Benkhelil, lors d'une journée d'information sur la contraception organisée par l'Institut national de santé publique, le 10 mars. La natalité algérienne aurait donc baissé d'un tiers un quinze ans, et l'Algérie des 30 millions d'habitants n'enregistre pas plus de naissances que celle des 15 millions d'habitants. Le taux de natalité, à hauteur de 50 naissance pour 1000 habitants dans les années '70, a atteint 40/1000 en 1985, et 20/1000 en 1999. Pour la prochaine décennie, il pourrait encore diminuer de moitié, et se situer autour de 10/1000, grâce notamment à la généralisation escomptée de la pratique de la contraception, passée de 8 % des couples (en clair : des femmes) en 1968 à 25 % en 1984, 40 % en 1990 et 64 % en 1999. Mais de fortes disparités sont constatées dans la pratique de la contraception : dans le sud du pays, la moitié seulement des femmes utilisent des contraceptifs, et près de la moitié (48 %) des femmes décédés en cours ou des suites d'accouchement n'utilisaient aucun moyen contraceptif. Mme Benkhelil regrette en outre que les femmes utilisent trop la pilule et pas asset le stérilet (utilisé par 4 % des femmes en âge de procréer).
(AAI 12.3) Le nombre des handicapés en Algérie a atteint à fin décembre 2000 1,597 million de personnes, dont 1,349 million ont moins de 18 ans, et 74'000 seulement sont reconnus comme des handicapés à 100 %, a annoncé le ministre de la Protection sociale, Bouguerra Soltani, à l'occasion de la journée nationale des handicapés, le 13 mars. L'Algérie compte ainsi 516'000 malades chroniques, 227'000 handicapés moteurs, 148'000 aveugles, 140'000 handicapés mentaux. La proportion de handicapés par rapport à la population globale atteint 5,4 %, contre une moyenne internationale de 2 à 2,5 %. 54 % des handicapés sont des hommes. Le ministre a demandé que la part du budget de l'Etat consacrée à la prise en charge des handicapés soit portée de 8 à 11 %.
(El Watan, Le Matin 1.4) La naissance de la Confédération algérienne des syndicats autonomes (CASA) a été annoncée le 31 mars par le président ad interim de la nouvelle organisation syndicale, Rachid Malaoui. La demande d'agrément de la CASA a été déposée le jour même au ministère du Travail. La CASA regroupe pour l'instant cinq syndicats autonomes, le SNAPAP (personnel de l'administration publique), le SNMCC (magistrats de la Cour des comptes), le SNPCA (personnel de la circulation aérienne), le SATEF et l'UNPEF, tous deux représentant le personnel de l'éducation et de la formation. D'autres syndicats autonomes pourraient rejoindre la CASA, après décision de leurs direction.
(Le Matin 2.4) Le syndicat autonome des travailleurs de l'éducation et de la formation (SATEF tiendra finalement son troisième congrès à Bejaïa du 3 au 5 avril, après avoir été empêché de la faire à Alger. Près de 310 congressistes d'une vingtaine de wilayas devraient participer au congrès, en plus de nombreux invités représentants les autres syndicats autonomes, les partis politiques "de la mouvance démocratique", des associations et le monde de l'éducation et de la culture.
DECLARATION DU SATEF Syndicat Autonome des Travailleurs de l'Education et de la Formation
Encore une fois, le terrorisme administratif sévit et prend pour cible le Syndicat autonome des Travailleurs de l'Education et de la Formation (SATEF).
Le wali d'Alger vient d'interdire la tenue du 3ème congrès national du SATEF prévu à Alger au niveau de l'Institut des Techniques et de Gestion d'El Achour sous prétexte que « la loi 28/89 du 31.12.1989 interdit l'organisation des réunions dans les institutions éducatives », sachant que des partis politiques avaient organisés des réunions dans ce même établissement.
Cette interdiction porte gravement atteinte aux libertés syndicales qui sont frappées de plein fouet et dévoile la vraie nature d'un pouvoir totalitaire qui chante la démocratie à l'extérieur tout en cultivant la dictature à l'intérieur du pays.
Le SATEF appelle à la solidarité nationale et internationale pour la défense des libertés d'organisation, de réunion et d'association.
Le SATEF appelle tous ses partenaires nationaux et étrangers à condamner ces restrictions et faire barrage à l'extinction de l'espoir démocratique en Algérie.
Le SATEF informe sa base militante et l'ensemble de ses congressistes du report de son congrès dont le lieu et la date leur seront communiqués dans les plus brefs délais.
Des démarches sont entreprises au niveau d'autres wilayas pour la tenue de cet événement majeur dans la vie du SATEF.
Le SATEF appelle sa base à la vigilance pour déjouer toutes les manouvres du pouvoir et de ses relais qui tentent vainement de lui faire payer son autonomie et son engagement dans la lutte pour les libertés, la démocratie, la dignité des travailleurs et l'école citoyenne.
P/ Le SATEF Le Secrétaire Général Arab AZZI 30.3.01
(Liberté 2.4) "Liberté" a publié un sondage sur l'appréciation portée par les élèves, les enseignants et les parents algériens sur l'école primaire algérienne. Le sondage a été effectué auprès de 80 écoles, dans chaque école 10 élèves, 10 enseignants et 10 parents étant interrogés (soit au total 2400 personnes intérrogées). Les résultats du sondage sont les suivants :
- 91,7 % des élèves aiment l'école, 68,4 % ne s'y ennuient pas (31,5 % s'y ennuient au moins un peu).
- 66,8 % ont parfois ou généralement "peur" de leur maître(sse) d'école, et 69,3 % des élèves déclarent être gifflés ou bastonnés par leur maître(sse), mais 75,1 % des enseignants assurent ne jamais giffler ni bastonner les élèves (24,9 % admettent le faire) et 75,4 % des élèves déclarent ne pas être humilié ou insulté. 71 % des enseignants estiment que leurs relations avec leurs élèves sont bonnes. 46,1 % des parents déclarent que leur enfant ne se plaint pas de son/sa maître/sse, 35,1 % qu'il s'en plaint parfois, 18,8 % qu'il s'en plaint souvent.
- La matière d'enseignement préférée des élèves sont les mathématiques (42,8 % d'évocation, contre 15,1 % pour l'arabe et 12,4 % pour l'éducation religieuse).
- 82,7 % des élèves déclarent être aidés par leurs parents pour leurs devoirs, 93,4 % récompensés par leurs parents pour leurs bonnes notes, 79,1 % punis pour leurs mauvaises notes, mais les enseignants estiment que seuls un tiers des élèves sont suivie par leurs parents. Quant aux parents, 70 % d'entre eux affirment aider leur enfant à faire ses devoirs.
- 58,2 % des élèves pratiquent un sport à l'école.
- Seules 31,8 % des écoles concernées disposent d'une bibliothèque. 77,9 % des élèves et 76,3 % des enseignants n'ont jamais utilisé d'ordinateur. 13,1 % des élèves ne lisent jamais (en dehors des manuels scolaires). 51,4 % des enseignants déclarent qu'une animation culturelle existe dans leur école.
- 44,8 % des élèves affirment n'avoir pas subi de visite médicale durant l'année.
- 88,2 % des enseignants aiment leur métier, 84,9 % l'ont choisi, 60,4 % n'aimeraient pas en exercer un autre.
- 77,3 % des enseignants ont un niveau d'instruction ne dépassant pas le bac.
- 51,6 % des enseignants ne reçoivent pas les guides méthodologiques et les manuels scolaires de l'éducation nationale, mais 84,4 % ont déjà suivi des éléments de formation continue, jugés utiles par 73,3 % d'entre eux.
- 49,3 % des enseignants considèrent que leur charge horaire professionnelle est normale, 43 % la trouvent excessive.
- 62,2 % des enseignants considèrent que les programmes sont surchargés, 32,7 % les trouvent "normaux", 75,1 % les jugent inadaptés à la réalité vécue par l'élève. 67,2 % des parents considèrent que le contenu des programme ne permet pas à l'enfant d'assimiler les cours, 61,9 % qu'ils sont une source d'angoisse pour leur enfant, 33,5 % que le temps que leur enfant passe à l'école est trop long (55,6 % qu'il est "normal")
- 59,7 % des enseignants déclarent que dans leurs écoles des rencontres sont organisées entre eux, l'administration et les parents, au moins 4 fois par an. 78,3 % des parents déclarent qu'il existe dans l'école de leur enfant une association de parents d'élèves, mais 69,4 % déclarent qu'elle ne fonctionne pas régulièrement et ne les informe pas.
- 55,9 % des enseignants considèrent que leurs relations avec leur administration (directeur, inspecteur) sont bonnes, seuls 3,5 % les trouvent mauvaises. Le problème le plus urgent à régler pour les enseignants est, pour 39,3 % d'entre eux, celui des salaires (à augmenter), suivi de celui de la surcharge des classes (27,5 %.
- 65,4 % des enseignants et des parents (ensemble) font confiance à l'école algérienne.
- 77,4 % des parents déclarent constater une amélioration du comportement de leur enfant depuis qu'il fréquente l'école, 77,6 % une amélioration de leur instruction civique.
- 62,2 % des parents se prononcent en faveur de l'école mixte (garçons/filles), 37,8 % d'une école séparant les garçons des filles.
(Liberté 2.4) Dans les trois premiers mois de 2001, plus de 60 bébés ont été retrouvés abandonnées dans des cimetières et des décharges publiques, a annoncé la radio "Chaîne III", se référant à des sources policières. A l'origine de cette situation, plusieurs spécialistes ont considéré qu'il y avait une libération des moeurs non accompagnée d'éducation sexuelle, de jeunes filles se retrouvant en quelque sorte "enceintes sans savoir comment".
(Quotidien d'Oran 3.4) Les chercheurs du Commissariat à l'énergie atomique (Comena) algérien ont annoncé leur intention d'observer une grève de trois jours à partir du 8 avril, pour dénoncer ce qu'ils considèrent comme le "sacrifice programmé de l'un des fleurons des réalisations de l'Algérie post-indépendance" et la prise de décision sans consultation par le directeur du Comena. En novembre 2000, les chercheurs du Comena avaient déjà adressé à la présidence de la République une lettre dénonçant le démantèlement de leurs laborateurs, une organisation improvisée et hasardeuse, l'absence de coopération avec les universitaires, la recherche et les institutions internationales spécialisées. Le Comena gère trois centres à Birine, Drana et Aïn Ouessara, les deux derniers abritant des réacteurs nucléaires acquis par l'Algérie auprès de l'Argentine et de la Chine. Les installations nucléaires de Aïn Ouessara sont à l'arrêt depuis un mois, et les activités des laborateurs du Comena sont gelées.
(El Watan, Le Matin 4.4, 5.4) Le 3ème congrès du Syndicat autonome des travailleurs de l'éducation et de la formation (SATEF) s'est finalement ouvert le 3 avril à Bejaïa, après avoir été empêché par les autorités de se tenir à Alger où il était prévu. D'entre les nombreuses questions que le congrès a à traiter, on en note plusieurs qui ont trait à l'organisation et au fonctionnement du syndicat, avec en filigrane celles de son autonomie à l'égard de formations politiques particulières, en particulier le FFS, dont le secrétaire général du syndicat, Arab Azzi, est également député. Arab Azzi pourrait être invité par son syndicat à choisir entre son mandat syndical et son mandat politique, le principe du non-cumul de ces deux types de mandat pouvant être inscrit dans les statuts du syndicat afin de manifester clairement son autonomie. En attendant, le congrès a approuvé à la quasi unanimité le rapport du secrétaire général et le bilan financier du trésorier. Pour l'anecdote, on notera que les travaux du congrès se sont déroulés le 3 avril en grande partie dans une salle privée d'électricité par une panne, "incident" qui semble curieusement frapper assez régulièrement et de manière sélective les congrès des organisations "mal-pensantes" puisque le congrès du FFS à Tipaza, l'année passées, en fut également victime. Le SATEF fait désormais officiellement partie de la toute nouvelle Coordination des syndicats autonomes (CASA) et est membre de l'Internationale syndicale de l'éducation.
(El Khabar 5.4) Les syndicats du secteur public des finances et de la planification menacent à nouveau d'une grève, illimitée cette fois, après celle organisée le 28 mars, au cas où des négociations ne seraient pas ouvertes avec les autorités de dutelles sur les problèmes professionnels et sociaux qui font l'objet du conflit.
(El Watan 5.4) 120 femmes (sur 100'000 parturientes) décèdent chaque année en couches en Algérie, selon le ministère de la Santé, qui attribue ce taux élevé de mortalité maternelle à la fréquence des grosses à risque. Il est cependant évident que la situation socio-économique de l'Algérie, avec la paupérisation d'une grande partie de la population, joue un rôle considérable dans l'aggravation de la situation des femmes enceintes issues des catégories les plus pauvres, celles qui ont le plus difficilement accès aux soins. Les wilayas du "grand sud" sont celles qui disposent de la plus faible couverture sanitaire pour les accouchements assistés, ce qui y explique la fréquence des enfantements à risque, mais on note également un déficit en sages-felles à In Salah, Ghardaïa et Guerrara, et le manque de qualification du personnel paramédical dans les wilayas de Ouargla, Ghardaïa, El Oued, Biskra, Illizi et Tamanrasset.
(Liberté 8.4, Le Matin 9.4) Les fédérations syndicales UGTA des transports ont annoncé le 8 avril le déclenchement d'une journée nationale d'action. La journée d'action et de protestation est prévue pour le 16 avril. Elle est placée sous le signe du refus du "bradage de l'économie nationale", de "la destruction massive du secteur public" et du "démembrement des entreprises publiques". Les syndicats somment les pouvoirs publics de "surseoir à toute décision unilatérale". De leur côté, les syndicats de la sécurité sociale projettent eux aussi une journée de protestation et de grève pour faire aboutir leurs revendications salariales, après qu'un protocole d'accord sur une augmentation de 27 % des salaires de base ait été "gelé" par le ministre des affaires sociales, Bouguerra Soltani.
(El Watan, Liberté 8.4) Les travaux d'un séminaire sur les violences contre les femmes, qui se tient à Alger, ont été notamment marqué par le rejet, exprimé par quasiment tous les conférenciers, d'un "pardon qui se décide avant que le processus de réparation ne soit entamé". Faïka Medjahed, de l'Institut national algérien de la santé publique, a abordé le problème des femmes violées en Algérie, pour déplorer l'absence de données fiables sur l'ampleur du problème, mais en affirmant que le problème touchait une partie importante de la population, et que le fait de ne pas considérer les victimes de viols (par des membres de groupes armés) comme victimes du terrorisme les traumatisait douvlement, et les condamnait à souffrir en silence. Selon des statistiques très partielles établies à partir des seules sources hospitalières, et seulement à partir de 1995, cette année-là une centaine de femmes, dont 51 mineures, ont été violées par des membres de groupes armés
(Le Matin, Liberté, El Watan 12.4) Les travaux du IIIème Congrès national du SATEF (Syndicat autonome des travailleurs de l'éducation et de l'information) qui se tenait à Bejaïa, après avoir été empêché par les autorités de se tenir à Alger, ont été interrompus avant leur terme. Cette interruption est accompagnée d'une polémique entre le secrétaire général du syndicat, le député FFS Arab Azzi, et des opposants qui appellent à reprendre les 26 et 27 avril les travaux du congrès, Arab Azzi proposant quant à lui la date du 1er mai. Le risque est dès lors celui de l'éclatement du syndicat en deux congrès, prélude à deux syndicats. Le SATEF semble d'ores et déjà avoir deux directions, l'une autour du secrétaire général sortant, l'autre autour de ses opposants, qui lui reprochent par ailleurs de n'avoir pas fait tout le nécessaire pour que le congrès puisse se tenir à Alger. Le congrès devait notamment renouveler le réglement intérieur du syndicat, déterminant les attributions de ses responsables et le mode de fonctionnement de l'organisation. La question du cumul des mandats syndicaux et politiques est posée dans ce cadre, et concerne particulièrement Arab Azzi. qui, si la règle du non-cumul était finalement inscrite dans les statuts, devrait soit démissionner de son poste de Secrétaire général du syndicat, soit abandonner son mandat de député.
(Liberté 25.4) Le congrès du SATEF (Syndicat national autonome des travailleurs de l'éducation et de la formation), interrompu le 15 avril, devrait reprendre les 3 et 4 mai prochain à Bejaïa, selon un communiqué signé du secrétaire général du syndicat, Aous Azzi. La question du cumul des mandats (notamment de ceux, syndical et politique, du secrétaire général du SATEF, par ailleurs député du FFS) devrait à nouveau être posée. Cette question avait été l'une de celles qui avaient provoquéà la suspension des travaux du congrès. Aous Azzi considère en outre que le secrétaire général du syndicat doit être élu par le congrès, alors qu'une majorité de la direction est d'avis qu'il doit l'être par la direction elle-même (le Conseil national).
(Jeune Indépendant 18.4, El Watan 19.4) Les travailleurs du secteur de la Sécurité sociale devraient observer une grève nationale les 24 et 25 avril, pour défendre la nouvelle grille des salaires issues de l'accord signé le 24 février entre leur fédération syndicale et les caisses de sécurité sociale. L'UGTA a cependant demandé à la Fédérarion nationale des travailleurs de la sécurité sociale (FNTSS) de différer le mot d'ordre de grève. Le 18 mars, le ministre du Travail et de la sécurité sociale avait adressé aux six caisses en question une note perçue par les syndicats comme une demande d'annulation de la nouvelle grille des salaires, avec menaces financières à l'appui.
(AAI 19.4) Les jeunes âgés de 16 à 30 ans sont les plus exposés au chômage en Algérie, et représentent 80 % des sans-emploi, selon le ministre de la formation professionnelle, Karim Youns, qui a précisé que 76 % d'entre eux sont qualification professionnelle. Parlant du marché du travail en ouverture, le 18 avril, de la conférence régionnale (Annaba) sur la formation professionnelle par l'apprentissage, le ministre a fait état d'une proportion importante de diplômés qui ne trouvent pas d'emplois, et de postes de travail qui ne trouvent pas de travailleurs aux qualifications correspondantes. Le nombre de jeunes entrés en apprentissage a régressé entre 1997 et 1999, pour reprendre légèrement en 2000, où 11'420 apprentis ont été placés. Mais selon le ministre, 25 % seulement des opportunités de formation par apprentissage sont exploitées, et selon un représentant du ministère de l'Intérieur, les commissions communales de l'apprentissage n'ont jamais été opérationnelles
(AAI 1.5) La Confédération algérienne des syndicats autonomes (CASA) n'a toujours pas obtenu son agrément auprès du ministère du Travail, a indiqué Rachid Malaoui, secrétaire général du syndicat national du personnel de l'administration publique (SNAPAP) lors d'une conférence de presse le 1er mai à Alger. Ka conférence de presse, donnée conjointement par plusieurs syndicats autonomes (de l'éducation et de la formation, du contrôle aérien, de la cour des comptes, de l'enseigneent supérieur) devait initiatelement annoncer la naissance officielle de la CASA, dont la demande d'agrément a été déposée depuis deux mois. Les syndicalistes ont demandé que l'Algérie respecte les conventions internationales qu'elle a signées et qui permettent la libre création de syndicats sans agrément préalable des autorités. Le représentant du syndicat national des contrôleurs aériens a dénoncé l'attitude "négative" des pouvoirs publics "vis-à-vis du pluralisme syndical". Le représentant de l'union national du personnel de l'éducation et de la formation (UNPEF) a rappelé que la gestion des peuvres sociales de la seule éducation nationale représentant un budget annuel de plus de 2 milliards et demi de dinars (250 mios FF, 60 mios FS), conmfié à la seule UGTA.
(AAI 2.5) Le syndicat national des impôts a déposé le 1er mai un préavis de grève nationale de trois jours à compter du 20 mai. Le syndicat revendique la mise en place d'une mutuelle et demande des "indemnités de zone" dans les régions éloignées. Il exige également la protection du personnel face au trafic d'influence et aux abus d'autorités, une augmentation des salaires, une indemnité de risque. Les salariés du secteur des finances avaient déjé observé le 28 mars une journée de grève
(Liberté 10.5) Dans son rapport de conjoncture sur l'année 2000, le Conseil économique et social (CNES) a particulièrement traité de l'exclusion sociale. Le CNES estime à 6,4 millions le nombre des pauvres en Algérie, soit 21 % % de la population. Parmi les pauvres, un quart (soit plus de 1,6 million de personnes) ne disposent pas même d'un revenu suffisant pour assurer leur alimentation. 85 % des retraités algériens ont un revenu inférieur à 7500 DA mensuels (750 FF, 175 FS), et la moitié un revenu inférieur à 4500 DA mensuels. Le nombre de chômeurs recensés comme tels atteindrait 2,544 millions de personnes, en augmentation de 3,2 % en un an. Le taux de chômage atteindrait ainsi 29 % de la population active. 3000 enfants sont abandonnés chaque année.
(Quotidien d'Oran 16.5) Quatre militants syndicaux des douanes, dont deux membres du Conseil national du syndicat des douanes, ont été suspendus de leurs fonctions professionnelles, et font l'objet de plaintes de la part de leur direction, au motif d'"actes de violence et d'indiscipline commis dans le cadre de leurs activités syndicales (...) lors de la journée de protestation organisée le 28 mars 2001" par les syndicats des travailleurs des finances et du plan. Selon les syndicats, les mesures prises contre les syndicalistes visent directement leurs activités syndicales, et constituent "une violation manifeste" de la loi sur les relations de travail et de celle sur l'exercice du droit syndical. Les syndicats demandent l'annulation "immédiate" des mesures prises contre leurs cadres.
(AAI, Liberté 27.5) Une conférence nationale sur la protection sociale s'est ouverte le 26 mai à Alger, en vue de l'élaboration d'une "stratégie nationale de protection sociale" pour la décennie 2002/2012. La conférence, présidée par le ministre du Travail Bouguerra Soltani, réunit des représentants de l'UGTA, du patronat et 150 experts et spécialistes. Les autorités l'inscrivent "dans le cadre du passage de l'Algérie à l'économie de marché dans une économie mondialisée", dont il s'agit d'étudier les "effets sur la sphère sociale". En ouverture de la conférence, il a été rappelé que d'entre ces effets, le taux de chômage officiel approche les 30 % de la population active en Algérie, que plus de 300'000 personnes arrivent chaque année sur un marché de l'emploi qui ne leur offre que 50'000 places de travail légal, que plus de 11 millions de personnes se retrouvent au-dessous du seuil de pauvreté absolue (soit plus du tiers des 30 millions d'habitants du pays), et vivent avec moins d'un dollar par jour, que dans certaines régions du pays le taux de scolarisation n'atteint que 10 % de la population à scolariser
(El Moudjahid 14.6) 183 communes algériennes se trouvent dans un dénuement absolu : c'est ce qui ressort d'une réunion tenue le 13 juin au ministère de l’Action sociale et de la Solidarité nationale, réunion regroupant les représentants de plusieurs ministères (Santé, Education, Agriculture, Urbanisme...), du PNUD, de l’Agence nationale de l’aménagement du territoire (ANAT), de l’ANSEJ, de l’ADS, de l’Office national des statistiques (ONS) ainsi qu’un grand nombre d’experts et spécialistes en matière sociale. L'ANAT a établi une cartographie des manifestations de la pauvreté à travers le territoire en prenant en compte les critères de la santé, de l’éducation, du logement et de richesse. De cette carte, il ressort que 1541 communes sont particulièrement concernées par la pauvreté, et que 188 communes présentent une situation catastrophique. Une quinzaine de wilayas concentrent le plus grand nombre de communes défavorisées, parmi lesquelles Médéa, Chlef, Aïn Defla, Djelfa, Relizane, Tiaret et d’autres wilayas du Sud. Au plan de la santé, seules 56 % des communes bénéficient de structures suffisantes, 87 % des communes du Sud du pays sont dépourvues d’infrastructures sanitaires ou de salles de soins. Le taux de mortalité dans 168 communes est très élevé (plus de 65 pour 1000, alors que la moyenne nationale est de 39) En matière d’éducation, 98 communes comptant au total 973.555 habitants connaissent des taux d’analphabétisme qui dépassent les 97 %. Dans le domaine du logement, dans 129 communes, 2.262.036 personnes vivent dans des conditions précaires. Pour ce qui est de la richesse, dans les 2/3 des communes du pays on note un revenu moyen de seulement 500 dinars par habitant et par an. Le ministre de la Solidarité, M. Ould Abbès, a annoncé qu’un autre travail sera fait sur la pauvreté urbaine et suburbaine dont souffrent des milliers de citoyens habitant les grandes villes.
(www.algeria-interface.com 14.6) 2'427'726 d'Algériens, soit 29,77 % d'une population active estimée à 8'153'647 d'habitants, étaient sans travail en février 2000, selon une enquête de l'Office national des statistiques (ONS). Ainsi, en février 2000, seulement 5 725 921 d'Algériens ont effectué un travail rémunéré et peuvent par conséquent être considérées comme "occupés" selon les critères du Bureau international du travail (BIT), pour qui une personne est "occupée" lorsqu'elle a exercé une activité rémunérée d'au moins une heure pendant la "semaine de référence". Les chiffres de l'ONS confirment le très faible taux d'occupation des femmes algériennes. Elles ne représentent en effet que 12,18 % de la population occupée, et 12,15 % des demandeurs d'emploi. La répartition de la population occupée par secteur d'activité montre une concentration considérable (30,97 %) dans les services non marchands (administration, santé, etc.), suivis des services marchands (16,29 %), l'agriculture (15,68 %), le commerce (12,77 %), l'industrie (12,59 %) et le bâtiment-travaux publics (11,70 %) La répartition de la population occupée par statut professionnel révèle une forte dominance des salariés permanents (46,60 %), suivis des employeurs et travailleurs indépendants (29,22 %) et des salariés occasionnels (19,47 %). Une précédente enquête de l'ONS (septembre 1997) avait situé le taux de chômage à 26,41 %. La situation de l'emploi s'est donc aggravée, du fait des pertes d'empois (208 088 personnes en 1999 selon l'Inspection générale du travail) et de l'arrêt du recrutement dans de nombreux secteurs, faute de ressources. Ainsi, pour le syndicat de la compagnie des transports ferroviaires (SNTF), le refus de pourvoir les postes vacants pour cause de départ volontaire ou de mise à la retraite s'est traduit, depuis 1995, par la disparition de 9000 emplois. Rien qu'entre 1997 et 1999, le nombre de 3300 postes ont ainsi été perdus à la SNTF. L'aggravation du chômage s'est poursuivie depuis février 2000, malgré une conjoncture financière très favorable. Selon le CNES, 216 980 postes de travail ont été perdus en l'an 2000 pour cause de licenciement ou de conversion d'emplois stables en contrats précaires. Les créations d'emploi sont demeurées, elles, très insuffisantes. Elles ont par exemple été de 133 500 dans l'agriculture (tous programmes de développement confondus).
(Le Tribune 21.6) Un Rassemblement des femmes algériennes libres (RAFAL) a été créé à Alger. Dans la déclaration annonçant sa création, le RAFAL explique que «malgré la répression opposée aux citoyens depuis plusieurs semaine, les femmes algéroises ont été de toutes les luttes démocratiques aux côtés des hommes tout comme elles étaient à l’avant-garde, hier, lors du combat pour la libération nationale ou tout récemment encore dans la lutte contre l’intégrisme.» Et d’ajouter, «après avoir participé à toutes les marches et protestations qui ont eu lieu à Alger, ces derniers mois et devant le mutisme du pouvoir, nous, femmes algéroises, avons décidé de nous organiser au sein de ce rassemblement pour mieux défendre nos revendications», à savoir «la reconnaissance de l’amazighité, l’abrogation du code de la famille, le retrait des dispositions du code pénal attentatoires à la liberté de la presse». Le RAFAL plaide également pour «la refondation de l’école algérienne sur la base de valeurs universelles, la justice sociale, un Etat de droit». Il revendique «la pleine citoyenneté, la démocratie et l’unité nationale dans la diversité et la pluralité bien assumées». Le RAFAL demande au pouvoir de présenter «des solutions concrètes et immédiates aux revendications légitimes des citoyens», de «mettre fin immédiatement à la répression et (d'abroger le) code de la famille».
(Liberté 26.6) Selon une enquête de la Fondation nationale pour la promotion de la santé et le développement de la recherche (FOREM), enquête effectuée auprès de 1544 lycéens (874 filles, 670 garçons) 48 % des lycéens d'Alger consomment ou ont consommé de la drogue, et plus de la moitié (51 %) de ces consommateurs le sont quotidiennement. La drogue la plus utilisée est le haschisch (43 % des "sondés").
(Le Matin 8.7) Une grève générale illimitée des travailleurs de la SNTF (société nationale de transport ferroviaire) pourrait débuter le 19 juillet, immobilisant tous les trains en Algérie, à l'appel des syndicalistes de l'entreprise qui ont déposé un préavis de grève le 7 juillet. Les cheminots revendiquent notamment une révision du régime des indemnités et une réadaptation des salaires, qui varient actuellement entre 12'000 et 14'000 DA (1200/1400 FF, 300/350 FS), alors que les cadres de l'entreprise touchent au moins cinq fois plus. La SNTF emploie 12'300 personnes et dispose d'un monopole sur le trafic ferroviaire.
(AAI 11.7 / Jeune Indépendant 12.7) Le préavis de grève du secteur ferroviaire, déposé le 7 juillet par les syndicats, a été levé le 10 après qu'un protocole d'accord ait été signé entre la direction générale de la SNTF et le syndicat d'entreprise, sous la houlette du ministère des Transports. Le conflit portait sur le relèvement des salaires et des indemnités, exigé par les syndicats. Le protocole d'accord obtenu porte sur une augmentation des salaires dès janvier 2001 et sur le relèvement des indemnités d'expérience professionnelle et de transport, et sur l'ouverture de négociations en octobre 2001.
(AAI 11.7 / Jeune Indépendant 12.7) La demande de logements en Algérie varie entre 400'000 et 600'000 logements, a indiqué le ministre de l'Habitat Abdelmadjid Tebboune le 10 juillet. Les demandes enregistrées sont centrées surtout sur les villes d'Alger, Oran et Annaba. Le ministre a annoncé la mise en oeuvre d'une opération de "location-vente" de 20'000 logements, dont 6000 à Alger, concernant les personnes disposant de revenus allant de 12'000 à 40'000 DA/mois (1200/4000 FF, 300/1000 FS). Les logements, réalisés sous forme de tours, coûteront de 1 million de DA (100'000 FF, 25'000 FS) pour un deux pièces à 2 millions pour un quatre pièces. Le ministre a enfin indiqué que le taux de recouvrement des loyers par les offices publics de gestion immobilière ne dépassait pas 35 %, et que les créances cumulées des offices, à fin mai 2001, atteignaient 5,5 milliards de DA (550 mios FF, 130 mios FS). A Medea, des citoyens de Beni Slimane ont manifesté devant la wilaya en signe de protestation contre le retard de la distribution de logements sociaux attribuée en 1999 et squattés depuis par des "délinquants", des "drogués" et des "prostituées".
(AAI, El Watan 11.7 / Liberté, Jeune Indépendant 12.7) Selon les prévisions de l'Office national des statistiques, l'Algérie comptera 31,04 millions d'habitants le 1er janvier 2001, contre 30,6 millions le 1er janvier 2001. Le taux d'accroissement de la population a été de 1,43 % en 2000, contre 1,46 % en 1999. La population algérienne serait menacée de vieillissement, selon une étude réalisée par le ministère de la Santé et communiquée à l'occasion de la journée mondiale de la population, le 11 juilet. Le taux de natalité en Algérie est passé de 3,95 % en 1985 à 2,02 % en 1999, et le nombre des naissances de 800'000 en 1992 à 600'000 en 1995, et 588'628 en 2000 (301'498 garçons, 287'130 filles). Le nombre d'enfants par femme a diminué, l'âge moyen du mariage a augmenté pour atteindre 31,3 ans pour les hommes, 27,6 ans pour les femmes, le célibat tardif s'accroit. Le nombre de mariage a cependant légèrement augmenté en 2000 par rapport à 1999 (177'548 contre 163'126). L'étude du ministère de la Santé met également en évidence les menaces environnementales sur la population. 60 % des Algériennes et Algériens habitent dans les villes (ils n'étaient que 40 % en 1977) dont la population a été multipliée par 2,5 entre 1997 et 1998, et 85 % de la population algérienne occupe 15 % du territoire national, où se concentrent également les conséquences environnementales de la densité de population : pollution de l'eau (avec développement des maladies à transmission hydrique), du sol et de l'air.
(Quotidien d'Oran 15.7) Selon le rapport mondial sur le développement humain 2001, établi par le Programme des Nations Unies sur le développement (PNUD), l'Algérie occupe la 100ème place des 162 pays classés, avec un indice de développement humain (IDH) de 0,693 (l'indice maximum étant de 0,939 -Norvège- et l'indice minimum de 0,258 -Sierra Leone). l'IDH est un indice composite établi à partir de l'espérance de vie, du niveau d'instruction, du taux d'alphabétisation et du revenu par habitant; il doit être utilisé en relation avec un autre indice, l'indicateur de la pauvreté humaine (IPH), qui se base sur les conditions matérielles d'existence.
Classée au 100ème rang du premier indice, l'IDH, l'Algérie y est devancée par la Libye (59ème) et la Tunisie (89ème), mais devance le Maroc (112ème). Selon le rapport du PNDU, l'espérance de vie en Algérie est de 69,3 ans à la naissance, le taux d'analphabétisme des adultes (15 ans et plus) de 33,4 %, le taux de scolarisation de 72 %. La part du revenu des 20 % de la population les plus pauvres est de 2,8 %, celle des 20 % les plus riches de 42,6 %.
Classée au 40ème rang des 90 pays en voie de développement évaluée par le second indice, l'IPH, l'Algérie y devance également le Maroc (62ème). Selon le rapport du PNUD, 6 % de la population algérienne est privée d'accès à des points d'eau aménagés, 22,6 % vit en deça du seuil de "pauvreté monétaire" (un dollar par jour), 27 % n'utilise pas d'équipements sanitaires appropriés, 5 % n'ont pas accès aux médicaments et vaccins essentiels, 48 % n'utilisent pas de moyens de contraception ou n'y ont pas accès, 5 % souffrent de malnutrition. Le taux de mortalité infantile est de 3,6 % des naissances vivantes. L'Algérie enregistre selon le rapport des régressions dans plusieurs domaines, comme les dépenses publiques pour l'éducation (de 9,8 % du PNB à 5,1 % entre 1985 et 1997), pour la santé (de 3 % à 2,6 % du PNB de 1990 à 1999).
(Liberté 16.7) Le ministre de la Santé, Abdelhamid Aberkane, a dressé le 15 juillet un constat accablant de l'état du secteur algérien de la santé. Pour le ministre, "les dévalorisations du personnel de la santé ne justifient pas (des) atteintes aussi sévères aux principes et à la morale de la santé" que celles qu'il a constatées, et résumées en une phrase : "la pagaille et chacun pour soi". Selon un rapport du ministère sur la dernière décennie, la situation dans le domaine est caractérisée "par une accumulation de problèmes (...) conduisant à un destructuration progressive du système de santé" : la désorganisation du secteur est due selon ce rapport à trois facteurs essentiels : le mauvais état des équipements, le manque de spécialistes et le manque de moyens financiers. Selon le rapport, les équipements médicaux algériens n'ont pas connu de "renouvellement significatif depuis 1982", d'où de nombreuses pannes (30 % des équipements sont en panne, en moyenne : 32 % des équipements exploratoires, 24 % des équipements d'imagerie médicale, 21 % des équipements de stérilisation et de désinfection). Cette situation frappant le secteur public, les patients qui en ont la possibilité se dirigent vers le secteur privé, mais celui-ci est inaccessible à la grande majorité de la population, les plus privilégiés allant se faire soigner à l'étranger. Les établissements publics sont en outre lourdement endettés (14 milliards de dinars de dette totale, soit 1,4 mia FF, 350 mios FS, dont 8 mias de créances détenues par les principaux fournisseurs et prestataires publics et 3,6 mias d'arriérés de dépenses salariales et sociales). La dépense nationale de santé est passée de 6 % du PIB dans les années '80 à 4,6 % en 1983, et 3,6 % en 2000, et n'atteint pas 58 dollars par habitant, quand la Banque Mondiale recommande un minimum de 62 dollars pour les pays en développement. Les professionnels du secteur demandent que "pour les dix années à venir, la politique nationale de santé et de population (constitue) une priorité des tratégies de développement économique, social et culturel du pays". Ils ont élaboré un avant projet de "stratégies et perspectives" pour le développement du système national de santé, préconisant une réforme globale du secteur visant les objectifs suivants : l'équité en matière de droit à la santé, l'accès de tous aux soins curatifs et préventifs, la stabilité du système, l'amélioration de ses performances. Ils proposent l'élaboration d'une carte sanitaire pour une "répartition rationnelle des ressources" à partir d'une analyse des besoins et des ressources disponibles, la réhabilitation des unités sanitaires de base, le développement des alternatives à l'hospitalisation (soins ambulatoires, soins à domicile), le développement de la sous-traitance pour les services non strictement médicaux (entretien, maintenance, restauration etc...), l'introduction de la comptabilité analytique et une meilleure orientation du financement du secteur public, en l'axant sur la satisfaction des besoins. Ils recommandent enfin le développement de la production nationale de médicaments génériques, jusqu'à assurer une couverture de 45 % des besoins nationaux en médicaments essentiels.
(Quotidien d'Oran 18.7) La situation du "marché de l'emploi" a été évoquée en termes alarmistes lors d'un séminaire consacré aux petites et moyennes entreprises, à Alger, même si le ministre du Travail, L. Abdelmoumene, assure que le programme de relance économiquea pour objectif la création de 800'000 emplois. Il n'en reste pas moins que le taux de chômage officiel est de 29 % et que chaque année 273'000 nouveaux demandeurs d'emploi, dont 83 % ont moins de 30 ans, arrivent sur le marché, sans que des emplois soient créés en nombre comparable. Même la formation professionnelle ne garantir pas contre le chômage, puisque 120'000 chômeurs diplômés d'univeresité ont été recensés, et que seuls 30'000 ont finalement pu obtenir un emploi grâce à un dispositif spécifique. En outre, le "micro-crédit" (petits prêts à faible taux d'intérêt, ou sans intérêt, pour "lancer" une activité professionnelle indépendante) s'avère être un échec, puisque moins d'un dossier sur 73 aboutit effectivement a un prêt.
(Le Matin 23.7) En ouverture de la 18ème session du Conseil national économique et social, le ministre de l'Intérieur, Yazid Zerhouni, a estimé que l'Algérie était "sous-administrée". Il a indiqué que la fonction publique algérienne comptait environ 1,4 millions d'agents pour 30 millions d'habitants, sont un fonctionnaire pour un peu plus de 21 habitants, alors que par exemple en France ce rapport est de 1 fonctionnaire pour 12 habitants ("fonctionnaire" étant pris ici comme terme désignant tout agent de la fonction publique nationale, régionale, locale). Pour le ministre, dans ces conditions, la qualité des services fournis par la fonction publique aux citoyens ne peut qu'être meilleure en France, et plus médiocre en Algérie. Le ministre estime que l'encadrement des effectifs de la fonction publique locale est, avec 3 % de ces effectifs, excessivement insuffisant; il note que moins de 250 commune sur plus de 1500 disposent de secrétaires généraux permanents; il ajoute que le taux de recouvrement des impôts en Algérie est l'un des plus faibles au monde (20 à 30 %, pour une moyenne mondiale de 70 %, selon lui).
(Le Quotidien d'Oran 1.8) 180 personnes accusées de corruption, tentative de corruption et trafix d'influence ont été arrêtées par le Gandarmerie entre janvier 2000 et avril 2001, dans le cadre de 92 affaires de corruption. Ces chiffres sont en hausse par rapport aux années précédentes. En 2000, 40 personnes (dont une femme) ont été arrêtées pour corruption d'agent de la force publique, 38 pour corruption de fonctionnaire et d'employés, 52 pour corruption, escroquerie et trafic d'influence, 12 pour tentative de corruption d'agent de la force publique. 70 fonctionnaires et employés de la fonction publique sont impliqués dans 75 affaires. Des enquêtes se poursuivent à propos de 31 projets industriels victimes de mauvaise gestion, de corruption et de détournements de fonds publics : la plupart de ces projets (des usines) ont été achevés mais restent inexploités pour des raisons de rentabilité, liées au surcoût provoqué entre autres par la corruption et la mauvaise gestion de leur réalisation.
(El Khabar 2.8) Pour la première fois en Algérie, deux enfants (jumeaux) sont nés de fécondation artificielle (in vitro), le 1er août à Alger. "El Khabar" rappelle que les premiers médecins à avoir tenté de pratiquer en Algérie, au début des années '90, la fécondation in vitro, avaient été menacés de mort par les fondamentalistes religieux.
(El Khabar 26.7 / El Watan 6.8) Selon le dernier rapport de l'Office national des statistiques, la population algérienne s'élevait à 30,6 millions d'habitants le 1er janvier 2001, et devrait dépasser les 31 millions à la fin de l'année. Selon les dernières statistiques démographiques utilisables (1998), 58,3 % de la population algérienne vivait dans les villes. En 1977, la population urbaine ne pesait que 40 % de la population du pays. Sur 5,1 millions de familles, 3,1 millions résidaient en zone urbaine en 1998. La densité de la population atteignait 235 habitants/km2 au nord du pays, pour 1,35 au sud. Le nord abritait 19 millions de personnes (soit plus de 60 % de la population totale) sur 4,3 % du territoire national, le sud 3 millions de personnes (soit environ 10 % de la population) sur 83 % du territoire. Entre deux, les hauts-plateaux abritaient 7,7 millions de personnes. Au nord, 44 % de la population était concentrée sur le littoral. Les quatre wilayas les plus peuplées étaient Alger (2,4 millions d'habitants), Sétif (1,3 millions d'habitants), Oran (1,2 million d'habitants) et Tizi Ouzou (1,1 million d'habitants). Les wilayas les moins peuples étaient celles d'Illizi (34'000 habitants) et Tindouf (27'000 habitants).
Entre 1977 et 1987, plus d'un demi-million de personnes ont migré des campagnes vers les villes, et la proportion de la population urbaine sur la population totale est passée de 40 à 50 %. Les villes de plus de 100'000 habitants ont enregistré entre 1987 et 1998 une croissance de la population de 1,9 %, celles de 10 à 20'000 habitants une croissance de 5,75 %. Les petites villes (5000 à 10'000 habitants) ont vu leur population totale s'accroître de 12,72 %.La croissance de la population des villes a été la plus forte au centre et dans le sud.
La population algérienne tend à vieillir : alors qu'à la fin des années '80, les moins de 20 ans représentaient la majorité de la population (55,02 % en 1987), ils sont tombés au-dessous de la barre des 50 % (48,27 %) en 1998. La classe d'âge de 20 à 59 ans (la population potentielle active) est passée de 35,94 % en 1966 à 39,23 % de la population en 1987 et 45,15 % en 1998; les plus de 60 ans formaient 5,74 % de la population en 1987 et 6,59 % en 1998. Les enfants de moins de 5 ans formaient 6,6 % de la population en 1987 et 11 % en 1998. Le nombre annuel des naissances est passé de 775'000 en 1990 à 620'000 en 1998, alors que celui des mariages augmentait de 6 % dans la même période. Le taux brut de natalité est passé de 3,09 % en 1990 à 2,1 % en 1996 (taux d'accroissement naturel de la population : 2,49 % en 1990, 1,5 % en 1998). L'espérance de vie à la naissance est passée de 52,6 ans en 1970 à 63,3 ans en 1985 et 67,7 ans en 1996.
La population algérienne est majoritairement masculine (50,5 %) et célibataire 65,8 %). La taille moyenne des ménages était de 6,5 personnes en 1998 (7,1 personnes en 1987), et on dénombrait en moyenne 7,1 personnes par logement. Un peu moins d'un quart des hommes (23,6 %) mais beaucoup plus du tiers (40,2 %) des femmes étaient analphabètes en 1998.
(El Watan 12.8) Le rapport mondial 2001 sur le développement humain, publié par le PNUD, place l'Algérie à la 100ème place du classement selon l'indice de développement humain (IDH), constitué des indices d'espérance de vie à la naissance, d'alphabétisation des adultes, de scolarisation et du PIB. "El Watan" note que l'Algérie se retrouve au même niveau que le Vietnam, sorti de quarante ans de guerre et ne disposant pas des ressources naturelles de l'Algérie, et qu'elle est devancée par de petits pauvres et sans ressources naturelles stratégiques, comme le Pérou (73ème), le Sri Lanka (81ème), le Cap-Vert (91ème) ou le Salvador (95ème). Pour le quotidien, une partie de l'explication du mauvais classement de l'Algérie se trouve "dans une très mauvaise répartition de la richesse national et dans le très net recul de l'investissement culturel et social", que traduisent par exemple les mauvais chiffres de l'espérance de vie à la naissance (69 ans), de taux de pauvreté (22,6 % de la population en dessous du seuil de pauvreté absolue) ou d'alphabétisation des adultes (66,6 %, soit un tiers d'analphabètes). Le quotidien rappelle que les dépenses publiques algériennes en faveur de l'instruction ont chuté de moitié en pourcentage du PIB de 1985-87 (10 %) à 1995-97 (5,1 %), et sont passées dans la même période, en pourcentage des dépenses budgétaires, de 27 % à 16,4 %.
(El Watan 28.8) Dans une étude dont il rend compte dans "El Watan", le chercheur de l'Université de Constantine Hosni Boukerzaza, analysant les migrations internes en Algérie entre 1987 et 1998, considère qu'il y a à l'oeuvre "une véritable régionalisation par les migrations", dans la mesure où même quand ils choisissent de migrer à l'intérieur du pays, les Algériens préfèrent le faire dans leur propre région, en particulier dans le nord du pays. Dans cette région (Chlef, Bejaïa, Blifa, Bouira, Tizi-Ouzou, Alger, Djelfa, Médéa, Boumerdès, Tipaza, Aïn Defla), les échanges migratoires se font pour 71,3 % des personnes en déplacement à l'intérieur de la même région. Pour le nord-est (Oum El Bouaghi, Batna, Biskra, Tebessa, Jijel, Setif, Skikda, Annaba, Guelma, Constantine, M'sile, Bordj Bou Arreridj, El Tarf, Khenchela, Souk Ahras, M'sila), cette proportion est de 62,2 %. Elle est de 69,6 % pour la région nord-ouest (Tlemcen, Tiaret, Saïda, Sidi Bel Abbès, Mostaganem, Mascara, Oran, Tissemsilt, Aïn Temouchent, Relizane). Pour les régions du sud, les proportions sont différentes, dans la mesure où les migrants en provenance de ces régions se dirigent d'abord vers les régions du nord : 72,4 % pour les migrands du sud-ouest (Adrar, Bechar, El Bayadh, Tindouf, Naâma)et 57,4 % pour ceux du sud-est (Laghouat, Tamanrasset, Ouargla, Illizi, El Oued, Ghardaïa).
Pour la période 1987-1998, le facteur sécuritaire a été déterminant dans les migrations : de nombreux Algériens fuyant la violence ont choisi de résider dans une wilaya proche de la leur. Dans 33 wilayas sur 48, la majorité des migrants se sont dirigés vers des foyers d'accueil dans la même région. Cependant, les wilayas "frontières" entre une région ou une autre connaissent des migrations d'une région à l'autre, comme Sétif (nord-est), où 60,1 % des migrants sont passés au centre-nord (Alger, Bejaïa, Boumerdès).
D'une manière générale, les wilayas les plus attractives sont celles qui abritent les grandes villes, et d'abord Alger et Oran (36 & et 36,5 % du total des migrants installés dans leurs régions). Constantine (9,3 %) est cependant, de ce point de vue, "concurrencée" dans sa propre région par Sétif (11,1 %) et Annaba (9,5 %). L'attraction des grandes villes se manifeste d'abord sur les populations de leurs régions respectives : 68,1 % des migrants à Alger viennent de l'Algérois, 85,1 % de ceux de Constantine viennent du Constantinois, 71,4 % de ceux d'Oran de l'Oranie. La Kabylie est également fortement polarisée sur Alger.
(El Khabar 13.9) Les services de santé de la wilaya de Tamanrasset ont annoncé 28 nouveaux cas de sida dans la wilaya, s'ajoutant aux 300 déjéà recensés au 30 juin. Le premier cas de sida recensé à Tamanrasset date de 1994, et les sources médicales attribuent la propagation du sida dans la région à la fréquence des relations sexuelles "illégales" (et non protégées).
(AAI 26.9) Seuls 500 cas de sida (dont 397 concernent les personnes âgées de 20 à 49 ans) auraient été recensés en Algérie au 30 juin 2001 par le ministère de la santé, selon un responsable du ministère, et depuis l'apparition du sisa en Algérie, 1100 personnes l'auraient contracté (y compris les personnes décédées). La structure de l'ONU chargée de suivre l'évolution internationale du sida (Onusida) évalue cependant à 11'000 le nombre de personnes vivant en Algérie avec le virus VIH. Les différences entre les chiffres de l'ONU et ceux du ministère algérien tiennent essentiellement au fait que les premiers sont des évaluations globales, alors que les seconds ne concernent que les cas recensés, dans un pays où le dépistage n'est pas généralisé, où le dépistage volontaire et anonyme est marginal, et où les teste ne sont effectués qu'à l'occasion d'analyses de sang ou de bilans de santé, ou sur des prisonniers, ou encore sur des personnes "dépistées" à l'étranger (221 des 500 personnes recensées comme ayant contracté la maladie l'auraient contractée à l'étranger).
(AAI 16.10) 5 % de la population algérienne est sous-alimentée, a déclaré le 16 octobre le ministre de la Peche, à l'occasion de la Journée mondiale de l'alimentation. Pourtant, selon Amar Ghoul, l'Algérie peut assurer la nourriture de toute sa population, à raison de 1980 calories par jour et par habitant (le minimum alimentaire nécessaire étant de 1830 cal/j/hab). Il s'agit donc d'une question de répartition des ressources.
(Algeria-Interface) Selon les prévisions de l'Office national des statistiques (ONS), l'Algérie devrait compter au 1er janvier 2002 31,04 millions d'habitants, doit 440'000 de plus en un an. Le taux de croissance de la population est passé de 1,46 % en 1999 à 1,43 % en 2000, et est en ralentissement continu depuis 1996.
(Jeune Indépendant 24.10 / Liberté 25.10) Après avoir menacé à plusieurs reprises de faire grève si leurs doléances n'étaient pas prises en compte, les syndicats autonomes de l'éducation (SETE, Syndicat d'entreprise des travailleurs de l'éducation) sont passés à l'action à Tizi Ouzou, où la grève a été suivie à 100 %, et le SATEF (syndicat autonome des travailleurs de l'éducation et de la formation) a appelé à une journée "d'établissements scolaires morts" dans toute la wilaya le 28 octobre, et à un sit-in de protestation devant le siège de la direction de l'éducation de Tizi. A Staouéli (Alger), quelque 400 enseignants ont cessé le travail le 24 octobre, avec dans ce cas l'appui de l'instance locale de l'UGTA, pour protester contre les modalités d'attribution de logements. Toujours à Tizi Ouzou, les "transporteurs de voyageurs" ont observé un arrêt de travail pour protester contre la construction de logements sur un terrain public de la gare routière.
(AAI 30.10) L'interdiction de l'usage du tabac dans les lieux publics a fait l'objet d'un décret d'application. Le décret interdit tout usage du tabac (qu'il soit fumé, chiqué, prisé, maché ou sucé) dans tous les établissements scolaires et de formation et les lieux d'accueil ou d'hébergement de mineurs. La fumée est spécialement interdite dans tous les lieux fermés, couverts, affectés à un usage collectif, les établissements scolaires sans distinction de niveau, les établissements sanitaires, les lieux d'activités sportives, culturelles, scientifiques, économiques et de loisirs, les lieux de travail collectif, les lieux collectifs de réception, d'accueil et de restauration, les lieux et moyens de transport public. Des espaces équipés doivent être mis à la disposition des fumeurs dans tous les lieux où la fumée est interdite.
(Liberté 31.10) Le rapport de la commission de réforme du système éducatif ("Commission Benzaghou"), dont l'"enterrement" avait pourtant été annoncé, pourrait être examiné lors d'un Conseil des ministres spécial, a annoncé le président Bouteflika le 30 octobre. Après ce passage au Conseil des ministres, le rapport devrait être soumis au Parlement pour approbation. Or les "islamo-conservateurs", opposés à la réforme, sont potentiellement majoritaires à l'APN, et une réforme "moderniste" de l'école algérienne ne pourrait obtenir de majorité parlementaire que si le président de la République pesait de tout son poids pour la faire avaliser par le RND et le FLN (deux partis où le courant "conservateur" est présent).
(Algeria-Interface / Quotidien d'Oran 3.11) Une Association algérienne contre ls corruption (AACC) a déclaré s'être légalement constituée, malgré le refus du ministère de l'Intérieur de lui donner son agrément. Créée en 1999, l'AACC compte parmi ses fondateurs le journaliste Djillalli Hadjadj, auteur de "La Corruption en Algérie". L'association entend coordonner son action avec celle de l'ONG "Transparency International" et "interpeller les pouvoirs publics sur le dossier de la révision de la réglementation sur les marchés publics, l'exigence de transparence dans la réalisation du programme gouvernemental de relance économique, sur la promotion immobilière, sur la délinquance financière et sur la corruption dans les transactions commerciales internationales".
(Le Soir 8.11) Selon les projections démographiques du ministère de la Santé et de la Population, la population algérienne (29 millions d'habitants en 1998) devrait passer à 42 millions d'habitants en 2028, soit un accroissement d'environ 45 % en trente ans, malgré un indice de fécondité en baisse (2,6 enfants par femme en 1999). Depuis l'indépendance, la population algérienne a triplé, sans que les infrastructures suivent.
(AAI 15.11) Selon l'Office national des statistiques, plus du tiers (plus de 35 %) des actifs occupés travaillent dans une autre commune que celle de leur lieu de résidence, et 4,1 % dans une autre wilaya que celle de leur lieu de résidence. Les secteurs du bâtiment et de l'industrie sont les plus concernés par le phénomène du travail hors de la wilaya de résidence.
(Liberté 12.12) Le taux de croissance démographique de l'Algérie est passé en dix ans de 3,2 % à 1,4 % par an. Alors que les prévisions de la fin des années '80 et du début des années '90 annonçaient 34,5 millions d'habitants en 2001, les chiffres officiels ne font état que de 31 millions d'habitants.
(La Tribune, Le Quotidien d'Oran 12.12 / Al Oufok, El Watan 13.12) Les usagers des établissements hospitaliers publics devront désormais payer, au titre d'un "ticket modérateur", de 600 à 1200 dinars par journée d'hospitalisation, si le projet d'arrêté interministériel envisagé est adopté. Les malades devraient en outre contribuer à raison de 100 à 200 DA aux frais de consultation, à raison de 300 DA (pour une mamographie) à 1400 DA (pour une IRM) aux actes de radiologie et d'examens biologiques, jusqu'à 800 DA pour des "examens complexes". Depuis janvier 1995, les hospitalisés devaient verser 100 DA par jour d'hospitalisation et les patients 50 DA pour une consultation générale et 100 DA pour une consultation spécialisée. Le décret multiplierait donc d'un coup par six, au moins, le coût pour les malades d'une journée d'hospitalisation, et par deux celui d'une consultation, alors que près d'un Algérien sur trois survit avec un revenu inférieur au seuil de pauvreté. Le ministre de la Santé, Abdelhamid Aberkane, assure que les catégories sociales démunies ne seront pas concernées par la mesure, ni les patients atteints de maladie chronique lourdes (carcer, insuffisance rénale, sida, etc.), ni les patients des urgences, ni les victimes des épidémies, ni celles des catastrophes, ni les personnes suivies dans le cadre des programmes nationaux de santé (vaccinations, planification familiale, morbidité maternelle, séroprophylaxie, maladies à transmission hydrique, trachome, méningite, maladies carentielles, santé scolaire et universitaire, rhumatisme articulaire aigu, MST et sida et santé mentale). Seuls seraient mis à contribution les malades couverts à 80 % par la sécurité sociale, c'est-à-dire, selon le ministre, les catégories "aisées" de la population. Malgré tout, les recettes escomptées seraient de 2,5 à 3 milliards de DA (250 à 300 mios FF, 60 à 75 mios FS), affectées selon le ministre à l'amélioration de la qualité de l'accueil, au budget des hôpitaux publics et à l'amélioration des salaires des 180'000 travailleurs de la santé (le ministre a rappelé que le salaire d'un base d'un médecin du secteur public est encore de 8500 DA -850 FF, 200 FS) et que des situations de non-paiement des salaires, ou de ruptures de stocks de vaccins et de contraceptifs, ont été constatées à plusieurs reprises en 2000 et 2001. Pour le ministre, les mesures qu'il préconisent tendant à "préserver le système de santé du courant du libéralisme sauvage"
La centrale syndicale UGTA a exprimé au Premier ministre sa "désapprobation" à l'égard du projet de décret "dont la portée et les conséquences sociales ne sont pas aussi légèrs que semblent l'appréhender ses initiateurs"; l'UGTA fait savoir qu'elle n'a pas été associée à l'élaboration du projet d'arrêté et s'étonne que les travailleurs et les employeurs, qui financent la sécurité sociale, n'aient pas été associés à la détermination des tarifs et de la nomenclature des actes médicaux. Pour le syndicat, cette méthode est "en contradiction avec la volonté de dialogue et de concertation permanente que l'UGTA partage avec (le Premier ministre".
Quant au "Quotidien d'Oran", il constate que "le gouvernement ne trouve aucune difficulté à financer l'achat d'avions militaires alors que les hôpitaux croulent sous des dettes de 14 milliards de DA que le gouvernement hésite à effacer".
(Quotidien d'Oran 15.12) Selon les statistiques du ministère de la Santé, il n'y aurait que 507 malades du sida en Algérie (personnes infectées depuis 1985), et seuls 23 nouveaux cas auraient été recensée dans les neuf premiers mois de 2001, mais selon des projections établies par l'OMS, le nombre des séropositifs VIH serait de 11'000 en Algérie, alors que les statistiques officielles n'en dénombrent, depuis 1985, que 1225 (dont 68 dans les neuf premiers mois de 2001). Pour ce qui concerne les cas officiellement recensés, 192 concernent une transmission par rapports hétérosexuels, 92 par injection de drogue, 48 par transfusion sanguine, 23 par rapports homosexuels et 9 par transmission congénitale. Dans 214 cas, le sida a été contracté à l'étranger, et dans 194 cas en Algérie. Sur 507 cas, on compte 143 femmes. 401 des malades "recensés" sont âgés de 20 à 49 ans.
(El Watan 24.12) Le syndicat national des praticiens de santé publique (SNPSP) a appelé à une grève nationales deux jours par semaine, tous les lundi et mardi dès le 24 décembre, à l'appui de revendications portant notamment sur la revalorisation du statut des praticiens, l'augmentation (par son doublement) de leur salaire de base, l'obtention d'indemnités et de logements.
2002
(Liberté 24.1) Le tabagisme tue chaque année en Algérie, selon les services médicaux, environ 13'000 personnes, dont 7000 d'infarctus du myocarde et 2000 d'insuffisance respiratoire.
(Le Matin 24.1) 80'000 logements achevés restent vacants et non attribués, a révélé le ministre de l'Habitat Abdelmadjid Tebboune, et cela alors que le déficit en matière de logements est chronique, et de plus en plus grave, en Algérie. L'offre de logements varie entre 120'000 et 150'000 logements, alors que l'on estime à deux millions d'unités le nombre des habitations précaires. Selon le bilan officiel, 257'500 logements seraient "en voie de réalisation", dont 120'000 logements urbains. 102'000 logements ont été réalisés en 2001 (il en était prévu 150'000). Pour 2002, le programme de construction de logements porte sur 160'000 logements.
(Quotidien d'Oran 3.2) Selon une enquête menée par la sociologue Imane Hayef auprès d'un échantillon représentatif de la population algérienne de plus de 18 ans (échantillon de 1220 personnes), "une très bonne partie de la population algérienne est favorable au principe de l'égalité entre les hommes et les femmes". Les thèmes abordés par l'enquête étaient ceux du divorce, du domicile conjugal, du travail, de la violence domestique et des libertés individuelles. Sur toutes ces questions, la sociologue a constaté "une aspiration plus profonde des Algériens à des relations égalitaires entre hommes et femmes". Moins de 5 % des femmes et 16 % des hommes adhèreraient à des conceptions "traditionnelles, fondées sur la domination masculine", alors que 35 % des femmes et 18 % des hommes défendraient des valeurs d'égalité fondamentale, 60 % des femmes et 65 % des hommes se situant sur une position intermédiaire (de plus d'égalité, sans forcément aboutir à une égalité fondamentale). Dans le détail, 80 % des personnes interrogées sont faborables à l'égalité des droits au divorce, 98 % des femmes et 81 % des hommes à ce qu'après le divorce le domicile conjugal revienne à la mère si elle a la garde des enfants, 83 % des femmes et 60 % des hommes à l'accès des femmes à la mairie et 61 % des femmes et 83 % des hommes à l'accès à la députation. Par contre, si 71 % des femmes envisagent qu'une femme puisse être présidente de la République, seule une minorité des hommes (42 %) l'envisage. La violence conjugale fait aussi apparaître un clivage : 57 % des femmes, mais seulement 39 % des hommes, considèrent qu'elle ne se justifie en aucun cas, alors que 59 % des hommes (mais tout de même aussi 42 % des femmes) la justifient "dans certains cas". Globalement, les valeurs égalitaires reçoivent l'adhésion de 26,7 % des personnes interrogées, et sont combattues par 10,2 %
(El Watan 23.2) Le nombre des divorces a augmenté de manière considérable en Algérie depuis le milieu des années '90. constate "El Watan", alors que la législation algérienne pénalise les femmes divorcées (et leurs enfants), en favorisant les hommes. En 1994, 19'216 divorces ont été recensés en Algérie; en 2000, leur nombre a atteint 25'735, sont plus de la moitié (13'476) par répudiation, privilège masculin, 9'586 par consentement mutuel, 2'295 sur demande de la femme dans le cadre du "tatliq" (pour défaut d'entretien, impuissance ou stérilité, emprisonnement du mari, absence du mari sans raison justifiée, polygamie sans consentement de la femme ou iniquité entre les épouses) et 378 sur demande de la femme dans le cadre de la "khoula", la femme devant dans ce cas payer son mari (entre 8000 et 20'o00 DApour obtenir le divorce. Les femmes divorcées sont plus nombreuses que les hommes divorcés (ceux-ci étant à l'inverse plus nombreux à être remariés). Dans la plupart des cas, l'épouse doit quitter le domicile conjugal avec ses enfants, le code de la famille consacrant le droit de garde des enfants par l'épouse et le droit de l'époux de conserver le domicile conjugal, ce qui concrètement aboutit à jeter la mère et les enfants à la rue, ou à la contraindre au retour (avec les enfants) au domicile des parents (ou d'un parent).
(El Watan 3.3) Le ministre de la Santé a annoncé le 2 février que 5 % de la population algérienne (soit 1,6 million de personnes au recensement de 1998) était handicapés. Le ministre a insisisté sur la nécessité de rendre plus efficaces les mécanismes de prise en charge des victimes des différents handicaps.
(El Khabar 7.3) Selon les statistiques de l'association FOREM, 32 % des lycéens algériens auraient consommés de la drogue en 2001 (contre 14 % en 1994), et 60 % des consommateurs seraient des garçons. Le président de FOREM, le docteur Khiati, a annoncé l'ouverture d'un centre de sensibilisation et de lutte contre la toxicomanie, avec l'appui des autorités.
(Le Courrier de Genève, 7.3) A intervalles réguliers, la presse algérienne signale que le christianisme (dans sa variante protestante) semble s'implanter en Kabylie, ou selon "El Khabar" "Les chloches des églises résonnent aujourd'hui au pied du Drjurdjura". "Le Courrier" de Genève signale de son côté que plusieurs temples se sont implantés en Kabylie, l'un (aux Ouadhias) avec une autorisation officielle, les autres (à Draâ Ben Khedda ou Boghni) étant des lieux de fortune plus ou moins aménagés. Le temple de Draâ Ben Khedda est animé par un pasteur algérien converti au christianisme en 1993 et qui affirme baptiser 5 à 6 personnes par jour. Celui des Ouadhias est également animé par un pasteur algérien, qui affirme baptiser une cinquantaine de personnes par an et célébrer le culte hebdomadaire (le vendredi) pour 60 à 100 fidèles. Des conversions au christianisme se produiraient ailleurs en Algérie, mais c'est en Kabylie qu'elles seraient les plus nombreuses, par rejet de l'islamisme, mais aussi, selon certains observateurs, dans l'espoir d'obtenir des visas pour l'Europe ou de pouvoir revendiquer un statut de réfugié politique en arguant de persécutions religieuses. Un quotidien islamiste londonien aurait d'ailleurs demandé aux autorités algériennes d'appliquer la charia aux "apostats" (musulmans abandonnant leur religion pour une autre), la charia prévoyant dans ce cas la peine de mort. Sur le terrain, constate "Le Courrier", les Algériens chrétiens "semblent vivre paisiblement" et le pasteur des Ouadhias affirme n'avoir aucun problème avec la population (sauf avec un imam). Quant au choix du protestantisme plutôt que du catholicisme, aucune explication très convaincante n'en est donnée (moins de prescriptions comportementales ? Absence de normes comme le célibat des prêtres ? Rapport direct à Dieu ? Absence de clergé et rôles comparables des pasteurs et des imams ? "passif colonial" à surmonter pour le catholicisme ? )
(El Watan 17.3) 3186 cas de fugues de mineurs, dont 975 filles, ont été recensés en 2001 en Algérie, selon les services de police.
(Liberté 18.3) 450'000 élèves sont exclus chaque année du système éducatif algérien, la majorité d'entre eux avant la fin de leur scolarité obligatoire, et un grand nombre d'entre eux en ne sachant ni lire, ni écrire : c'est ce qui a été relevé le 17 mars lors d'un séminaire sur les ratés de la politique d'alphabétisation tenu à l'Institut national de recherche en éducation (INRE). Au surplus, plus de deux millions et demi d'Algériens n'auraient pas été scolarisés. Pourtant, le taux (officiel) d'analphabétisme a considérablement reculé en Algérie en vingt-cinq ans, passant de 85 % en 1962 à 43 % en 1987, et se situant actuellement aux environs de 31 à 33 % -ce qui reste d'ailleurs une proportion considérable.
(AAI 9.4 / El Watan, Liberté 11.4) Selon le ministre de la Santé Abdelhamid Aberkane, la nouvelle tarification des soins décidées par le gouvernement n'aboutirait qu'à des hausses bien plus modérées que celles évoquées dans la presse : le ministre a assuré que le prix d'une consultation spécialisée sera de 200 DA (environ 3 E, 4 FS) et non de 450, et celui d'un scanner de 2000 DA et non de 4000. Parallèlement, un arrêté ministériel du 26 janvier fixant la nature et le montant des ressources que les établissements publics hospitaliers doivent obtenir par leur activité propre met fin, de fait, à la gratuité des soins en imposant aux hôpitaux une quasi obligation de "faire payer les malades"- Pour le ministère, cependant, les personnes les plus pauvres ne seront pas concernées par cette nouvelle politique. Reste qu'il s'agit d'une forme de "désengagement" de l'Etat dans le secteur hospitalier, constate "El Watan", qui rappelle que le niveau de la dépense nationale publique de santé a régressé depuis quinze ans, et qu'aujourd'hui, l'Etat (hors sécurité sociale) n'assume que le quart de la part (4 %) du produit intérieur brut consacrée à la santé, la Sécurité sociale en assumant la moitié et les ménages le dernier quart. En chiffres absolus, alors que le niveau d'engagement public recommandé par l'OMS dans les dépenses de santé est de 5 % du PIB, soit 80 dollars par an et par habitant dans le cas de l'Algérie, l'Etat algérien n'atteint qu'un niveau d'engagement de 58 dollars par an et par habitant, soit tout juste un peu plus de la moitié de l'engagement de l'Etat tunisien (102 dollars).
Le syndicat national des praticiens de la santé publique (SNPSSP) ne conteste pas le principe du paiement des prestations par les patients qui le peuvent, mais considère qu'"on ne passe pas à une médecine payante par un texte de loi" sans travail d'information préalable, ni amélioration de la qualité des prestations fournies. Le syndicat reproche au gouvernement une mesure prise "subitement et dans la précipitation", sans l'accompagnement nécessaire.
(El Watan 11.4) A l'occasion de la Journée mondiale de la santé, placée par l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) sous le signe de la lutte contre la "sédentarité", "El Watan" note l'insuffisance de structures et de personnels pour la prise en charge des maladies "non transmissibles" liées ou non à la sédentarité, y compris dans le domaine de la santé mentale : moins de la moitié (20) des wilayas disposent de services spécialisés en psychiatrie. Le nombre de handicapés mentaux que compte l'Algérie (140'000 en 1998, soit un peu moins de 0,5 % de la population) serait en nette progression du fait du contexte général de "violence et d'anxiété". La dépression nerveuse représente plus de la moitié des consultations en psychiatrie. Dans les autres domaines de la santé, 25 % des décès seraient due à des maladies cardiovasculaires, à commencer par l'hypertension artérielle (HTA); l'insuffisance nutritionnelle et l'anémie toucheraient 3 % des hommes et 20 % des femmes. Le diabète occuperait la quatrième place parmi les maladies chroniques, et toucherait 7 % de la population adulte. Les cancers seraient également en progression (surtout des poumons et de l'appareil digestif chez les hommes, du sein et de l'uterus chez les femmes), avec 30'000 cas par année. On compterait également plus de 4000 personnes souffrant d'insuffisance rénale chronique, avec des greffes possibles seulement (et en nombre réduit) à Alger et Constantine.
(Le Matin 14.4) Le ministère de la Santé et de la population a rendu public un rapport annuel sur l'état de santé des Algériennes et des Algériens, et a annoncé qu'il le ferait régulièrement, à l'occasion de la Journée mondiale de la Santé (le 7 avril de chaque année). Le rapport rappelle d'abord le contexte général : plus de 58 % de la population vivant dans les villes, un accroissement de la pauvreté urbaine, un taux de chômage estimé à 29 %, un taux d'analphétisme de 23 % chez les hommes et de 40 % chez les femmes, un taux d'habitat précaire de 6,9 %.
Le rapport constate la persistance des maladies transmissibles (contrôlables par la vaccination, transmises par l'eau, zoonoses, MST), même si les maladies contrôlables par vaccination (diphérie, tétanos, coqueluche, poliomyélite, rougeole) sont en recul. Depuis 1996, par exemple, aucun cas de poliomyélite n'a été enregistré en Algérie.
Le premier motif d'hospitalisation reste l'accouchement (605'000 en 2000).Par contre, le déficit en eau potable, la vétusteté ou la non-conformité des réseaux d'assainissement et l'habitat précaire, non relié au réseau, provoquent une persistance, voire des poussées de recrudescence locale,des maladies à transmission hydrique, comme la typhoïde. Les zoonoses (maladies transmises par les animaux) sont endémiques dans certaines régions, la rage n'a pas été éradiquée et dans le sud, on constate le retour de certaines maladies (paludisme, trachome).
En ce qui concerne les maladies chroniques, le vieillissement de la population se traduit par une augmentation de la prévalence des maladies cardio-vasculaires. L'asthme touche 2 % de la population, le nombre des cancers progresse de 24'000 cas (toutes caususes et localisations confondues) chaque année. Le diabète est également en expansion, avec 1,2 à 1,4 millions de personnes atteintes. On compte en outre 155'000 épileptiques recensés.
Le document du ministère note que les maladies génétiques constituent une pathologie non négligeable, favorisée par une forte consanguinité (34 % des unions se feraient entre cousins/cousines), et que les maladies liées au mode de vie et à l'environnement social (par exemple au tabagisme, responsable de 80 % des cancers du poumon, et à la toxicomanie) sont en augmentation -comme les accidents de la route, les accidents domestiques, les accidents du travail et les traumatismes liés à la violence. Toutes catélgories confonues, les accidents et traumatismes concerneraient chaque année 5000 personnes, et 5000 décès (hors la violence "politique").
Le rapport signale encore le progression des problèmes de santé mentale, et note la généralisation de la carie dentaine (6 dents cariées, absentes ou obturées en moyenne par personne).
(Algeria-Watch 4.4 / Liberté 25.4) 160'000 jeunes rejoignent chaque année les rangs des chômeurs. Pour "Liberté", c'est la conséquence directe de "l'absence d'une véritable politique de relance de l'investissement". Selon un rapport de l'UGTA, 90'000 emplois sont créés chaque année, mais souvent des emplois précaires, alors qu'il faudrait en créer 250'000 pour absorber la nouvelle main d'oeuvre et les travailleurs licenciés. Le même rapport signale en outre la dégradation des conditions de vie, du fait de l'absence des équipements de première nécessité : 27 % des logements occupés ne sont pas raccordés au réseau d'alimentation en eau potable. Enfin, le rapport de l'UGTA constate que 53 % des richesses du pays sont concentrées dans 25 % des ménages (les plus aisés). Selon les chiffres les plus récents de l'Office national des statistiques, 2,3 millions d'Algériens sont au chômage, soit 27,3 % de la population active. 70,7 % des chômeurs ont moins de 30 ans, 62,2 % habitent en zone urbaine. Ces chiffres proviennent d'une enquête portant sur un échantillon d'un peu plus de 30'000 personnes, effectuée en octobre 2001. Le chômage aurait donc reculé de 1,5 % de la population active entre juin 2000 et septembre 2001, et on compterait 200'000 chômeurs de moins, mais en même temps, la population active aurait reculé de 100'000 personnes.
(AAI 11.5) 10 % de la population active algérienne est atteinte de diabète, soit environ 1 million et de demi de personnes, a-t-il été indiqué lors du VIème congrès national de diabétologie. La majorité des diabétiques est éparpillée sur l'ensemble du territoire national, et seuls 20 % d'entre eux ont accès à des spécialistes.
(El Watan 20.6) Des assises de la Confédération nationale de consultation et de coordination du mouvement associatif ont été organisées à Alger le 19 juin, avec pour objectif celui, notamment, de "promouvoir la société civile en Algérie"
(Quotidien d'Oran 27.6) Selon les statistiques de la Direction générale de la sûreté nationale (DGSN), plus d'une tonne trois quarts (1,728,258 kg) de résine de cannabis a été saisie en Algérie en 2001 (en sus de quelques centaines de grammes d'héroïne, cocaïne, pavot à opium, et de 70'000 comprimés de susbstances psychotropes diverses). 3546 personnes ont été impliquées dans des affaires de trafic de stupfiants (2217 usagers, 1329 vendeurs et trafiquants). La quasi totalité des personnes impliquées sont des hommes majeurs. Selon la police, "l'usage de produits psychotropes est en hausse en Algérie". S'agissant des saisies de résine de cannabis, la région Ouest "pèse" plus de 933 kilos, le centre plus de 500 kilos, l'est plus de 213 kilos, le sud plus de 77 kilos. Le 80 % du cannabis saisi serait destinà à l'exportation. Dans la région centre, cependant, près de 180 des 503 kilos saisis seraient destinés à la consommation locale. Outre le cannabis saisi en Algérie, la police algérienne signale que les polices et douanes étrangers ont saisi près de 200 kilos de cannabis ayant transité par l'Algérie (plus de 150 kilos saisis en Tunisie, près de 38 kilos saisie en France). Pour les cinq premiers moisn de 2002, le total des saisies de cannabis a déjà atteint plus de 887 kilos et celui des comprimés de psychotropes plus de 85'000 unités, ce qui, pour ces deux substances, indique une augmentation du trafic, et probablement de la consommation en Algérie même.
(El Khabar 7.7) Près de 900 kilos de canabbis ont été saisis dans le port d'Oran fin juin, ce qui, selon "El Khabar", menace "plusieurs grosses têtes dans la la hérarchie de l'administration" algérienne, qui seraient complices d'un réseau international de trafic de drogue, dont dix membres ont été arrêtés (et d'autres ont pris la fuite
(El Watan 21.7) Selon le classement en fonction de l'indicateur de développement humain du PNDUD (Programme des Nations Unies pour le développement), l'Algérie se trouve au 106ème rang des 173 pays classés. L'étude du PNUD signale un "net recul" de l'Algérie dans la poursuite de l'objectif de réduction des deux tiers de la mortalité infantile.
(AAI 30.7) Selon les prévisions de l'Office national des statistiques, l'Algérie devrait compter, au 1er janvier 2003, une population de 31,54 millions d'habitants (31,07 au 1er janvier 2002). En 2001, la population algérienne s'était accrue de 1,5 % (soit un excédent naturel de 463'000 habitants, avec 618'380 naissances vivantes). Le taux brut de natalité est passé de 19,76 à 20,76 de 2000 à 2001, et le taux de mortalité infantile était de 5,44 en 2001. Le taux de nuptialité est passé de 5,84 en 2000 à 6,3 en 2001.
(El Watan 25.8) L'alcoolisme progresse en Algérie, indique "El Watan", selon qui le pays compte environ un million d'alcooliques, dont un tiers de femmes.
(Liberté, El Watan 23.9) Le travail des enfants, qui serait marginal en Algérie, pourrait devenir un phénomène plus important dans les années à venir si une "nouvelle stratégie basée sur l'information et la sensibilisation" n'était pas mise en place, a averti le 22 septembre le ministre du Travail, Tayeb Louh, en rendant publics les résultats d'un sondage effectué par son ministère auprès de 6000 entreprises privées employant 16'895, sondage selon lequel seuls 95 enfants (moins de 16 ans) seraient mis au travail dans ces entreprises; "nous ne maîtrisons pas bien les chiffres", a cependant reconnu le ministre, d'autant que le sondage ne concerne que les entreprises, et ne prend donc pas en compte les "petits boulots" de rue (comme la vente de cigarettes), et moins encore le travail clandestin.
(Le Quotidien d'Oran 6.10 / Liberté 7.10) L'Algérie se place au 106ème rang (sur 173 pays classés) dans le classement du "développement humain" établi par les Nations Unies. En Afrique, l'Algérie se retrouve classée derrière les Sechelles, l'île Maurice, la Tunisie et le Cap-Vert. Les critères du classement sont essentiellement l'espérance de vie (pour l'Algérie, 69,6 ans à la naissance), le taux d'alphabétisation (66,7 % en Algérie), le taux de scolarisation (72 %) et le revenu par habitant (PIB par habitant de l'Algérie : 5308 dollars US). Le mauvais classement de l'Algérie tient essentiellement aux indicateurs de pauvreté humaine et de pauvreté monétaire : quatre millions d'Algériens, soit 15 % de la population, survivent avec au maximum deux dollars de revenu par jour. Sur 88 pays "en développement", l'Algérie se classe au 39ème rang. Le rapport des Nations Unies note en outre que près de deux millions d'algériens souffrent de malnutrition, que 20 % de la population (les plus pauvres) ne disposent que de 7 % du revenu et de la consommation globale. Selon un rapport du ministère de la Santé, le taux de mortalité infantile est passé de 141 décès pour 1000 naissances en 1970 à 57,8 en 1990 et 53,8 en 1999, le nombre des naissances diminuant par ailleurs sensiblement (900'000 en 1985, 600'000 en 2001)
(El Watan 31.10) Selon les chiffres de la Gendarmerie nationale, 3616 affaires de contrebande (de produits alimentaires, de tabac, de bétail, de véhicules et d'alcool) ont été traitées en 2001, et 10'662 personnes arrêtées. La lutte contre le contrebande a correspondu à 60 % de l'activité de la gendarmerie. Suit la lutte contre le trafic de stupfiants (22 % de l'activité de la gendarmerie), avec 1257 affaires traitées et 2005 personnes arrêtées (et trois tonnes de résine de cannabis, 3 quintaux de plants de cannabis et 12'000 comprimés de barbituriques saisis).L'immigration clandestine (12 % de l'activité de la gendarmerie) a aboutit au traitement de 73 affaires et à l'arrestation de 43 personnes.
(Le Matin 31.10) Près de 200 familles squattant des logements depuis juin 2001, après avoir assisté à leur attribution dans des conditions qu'elles contestent, ont été expulsées de cités de Bouira, en trois opérations successives le 27, le 29 et le 30 octobre. Les familles expulsées ont été conduites dans un parc communal, où elles ont passé plusieurs nuits, avant d'être jetées à la rue. Certaines ont rejoint ensuite des habitations abandonnées et en ruine dans le cimetière de Draâ El Bordj, d'autres ont regagné des baraques dans une zone forestière.
(El Watan 4.11) 2000 enfants nouveaux-nés sont abandonnés chaque année en Algérie, et retrouvés morts ou, vivants, remis à des pouponnières et des maternités : c'est ce qui a été annoncé lors d'un colloque sur l'enfance abandonnée, tenu à Alger les 3 et 4 novembre. La plupart des enfants abandonnés le sont par des mères célibataires de moins de 25 ans, qui sont contraintes à cet abandon par peur des réactions de leur famille et de leur entourage. Le phénomène prendrait de plus en plus d'ampleur, et les chiffres évoqués ne concernent que les nouveaux-nés retrouvés par les services de l'Etat -sans compter donc ceux laissés par leurs mères à des familles qui ne signalent pas cet abandon, et parfois ne déclarent même pas l'enfant, lequel ne sera souvent même pas enregistré à l'état civil, et sera totalement privé de statut social et même d'existence légale.
(Liberté 14.11) 1,359 million de familles vont bénéficier de l'opération "Solidarité Ramadan", organisée pendant le mois de jeûne pour aider les familles considérées comme sans ressources suffisantes. Selon le président de la Commission nationale de solidarité, M. Bouchenak, il s'agit de familles "ne disposant d'aucun revenu". Ces familles sont proportionnellement plus nombreuses dans les villes moyennes que dans les grandes villes : on en dénombre ainsi officiellement 238'000 à Tiaret, contre 150'000 pour Alger. A partir de l'hypothèse, plausible, d'une moyenne de cinq membres par famille démunie, le nombre total de personnes considérées comme "indigentes" dans le cadre de l'opération de solidarité du Ramadan représente près du quart de la population totale du pays (environ 7 millions de personnes sur une population totale d'un peu plus de 30 millions d'habitants). 415 restaurants ont été ouverts dans le cadre de l'opération; ils ont servi en une semaine plus de 500'000 repas et distribué plus de 150'000 couffins de nourriture. 500 millions de dinars (environ 12 mios FS, 9 mios €) ont été affectés à cette opération, pour tout le mois de Ramadan.
(Le Matin 18.11) Selon un rapport publié par le CENEAP sur les "effets du programme d'ajustement structurel sur les populations vulnérables", 35 % de la population algérienne était paupérisée en 2000, et vivait en dessous du seuil de pauvreté, avec un revenu annuel inférieur à 18'000 dinars (environ 260 Euros, 400 FS), et moins de 50 dinars (moins d'un Euro ou d'un FS) par jour. Et la tendance générale serait à la hausse de cette proportion de pauvres. Les études précédentes du CENEAP signalaient déjà que plus de 91 % des ménages n'avaient aucune possibilité d'épargne, que près de 63 % des chefs de ménages n'avaient pas d'économies et que plus des deux tiers des ménages ne pouvaient faire face à leurs dépenses courantes qu'en s'endettant. 56 % des ménages ont réduit leurs achats et renoncé à certains produits, pour des raisons financières. La moitié de la population a réduit sa consommation de viandes, de poissons, de sucres, de corps gras et de légumes.
Cette paupérisation se déroule sur fonds de crise sociale structurelle : le taux de chômage global est de 33,92 % (29,4 % pour les hommes, 45,58 % pour les femmes), le taux global d'analphétisme de 31,9 % de la population (et de 40,27 % de la population féminine), la réduction des dépenses publiques d'éducation a engendré un phénomène croissant de déscolarisation (qui touche plus les filles que les garçons). Selon le CENEAP, un revenu algérien moyen ne peut assurer au maximum que la scolarisation de deux enfants par famille -et la majorité absolue de la population se situe en dessous du revenu moyen. Dans le domaine de la santé, la réduction des dépenses publiques a dégradé la situation générale, partoiculièrement pour les femmes et les enfants : des maladies auparavant considérée comme éradiquées, ou en voie de l'être, sont revenues (typhoïde, tuberculose, gale). La mortalité maternelle frappe plus de 2 femmes sur mille (trois fois plus qu'en Tunisie). Tout cela dans un pays théoriquement "riche", qui se classe au 49ème rang de l'ensemble des Etats du monde selon le PIB.
Par ailleurs, dans la première semaine du Ramadan, plus de deux millions de repas gratuits et près de 250'000 couffins de produits alimentaires ont été distribués aux nécessiteux. 514 retaurants ont servi des repas gratuits. Des entreprises publiques comme la Sonelgaz, ou privées comme Khalifa et la BP ont également distribué des centaines de repas gratuits, ou des dizaines de couffins par jour.
(L'Actualité 24.11) "La route tue presque autant que le terrorisme en Algérie", commente "L'Actualité" à la lecture des statistiques du Centre national de prévention et de sécurité routière, qui font état pour l'an 2000 de 4025 morts et 52'506 blessés dans 35'771 accidents, et pour l'an 2001 de 3768 décès, 54'633 blessés et 38'392 accidents. De janvier à septembre 2002, 2967 personnes ont été tuées et 40'669 blessées dans 14'718 accidents. En 32 ans (1970-2002), près de 105'000 personnes ont été tuées et plus de 1,106 million blessées, dans près d'un million d'accidents. Les pertes financières sont évaluées à 32 milliards de dinars (environ 430 mios d'Euros, 600 mios FS). Les causes principales de ce bilan catastrophique sont, selon le CNPSR, le défaut d'utilisation de la ceinture de sécurité et l'excès de vitesse : "80 à 85 % des accidents de la route sont provoqués par les usagers", selon le directeur-adjoint du CNPSR, Abdelkader Boucenna. L'état des routes algériennes n'est cependant pas sans responsabilité dans ce bilan, non plus que l'état des véhicules en circulation.
(Le Quotidien d'Oran 14.11) L'âge moyen du mariage est en augmentation constante en Algérie, et atteint aujourd'hui 31 ans pour les hommes et 27 ans et demi pour les femmes, alors que le nombre moyen d'enfants par femmes est passé de 6,2 en 1985 à 2,6 en 1998 et 2,5 en 2000, ce qui représente un progrès notamble de la planification des naissances. L'indice de fécondité demeure cependant plus élevé en milieu rural (3,0) qu'en milieu urbain (2,4), plus élevé au sud (4,5, 5 à Djelfa) que dans les grandes villes côtières (2). Près de 80 % des jeunes filles de moins de 20 ans useraient d'une méthode de contraception. 64 % des femmes mariées en useraient, dont la majorité en utilisant une "méthode moderne".
(Le Quotidien d'Oran, El Watan 14.11) Les Algériens sont régionalement inégaux devant la mort, note le rapport sur la santé de la population en 2001, publié en octobre 2002 par le ministère de tutelle. Les taux de mortalité générale par wilayas se situent dans une fourchette de 2,8/1000 pour Boumerdès à 7,4/1000 pour Tindouf, et les taux de mortalité infantile entre 19 et 52/1000 pour les mêmes wilayas. Les wilayas d'Adrar, Laghouat, Tamanrasset, Tiaret, Saïda, El-Bayadh, Tindouf, Naâma et Relizane sont celles qui connaissent les plus haut taux de mortalité (générale ou infantile). Quant aux causes de mortalité, le rapport indique une prédominance des maladies non tranmissibles (55,4 % des décès, dont un tiers liés à une maladie cardio-vasculaire) et des affections périnatales (maladies de la petite enfance, complications de la grossesse) (21 % des décès). A l'occasion de la Journée mondiale du diabète, l'Institut national algérien de la santé publique a en outre annoncé qu'au moins un million et demi d'Algériens (5 % de la population), dont 80'000 à 100'000 enfants de moins de quinze ans, souffraient de diabète. Selon l'OMS, le diabète est la cause de 40 % des décès dus à des maladies non transmissibles. Selon le ministère de la Santé algérien, seuls 0,2 % des diabétiques algériens sont correctement pris en charge médicalement.
(La Tribune, L'Actualité 2.12) A l'occasion de la journée mondiale du sida, le 1er décembre, les chiffres officiels algériens concernant l'épidémie ont été rendus publics. On enregistre officiellement en Algérie 1317 personnes séropositives et 561 personnes ayant déclaré un sida. Dans les dix premiers mois de 2001, 125 cas de séropositivité (dont semble-t-il une majorité de femmes) et 34 cas de sida (dont une majorité d'hommes) ont été enregistrés par le ministère de la Santé. La majorité des cas enregistrée correspondent à une transmission hétérosexuelle du virus, et la classe d'âge la plus touchée est celle des 20-40 ans. Les régions les plus touchées sont celles d'Alger, Oran, Annaba, Bejaïa et Tamanrasset, officiellement du fait d'une forte présence d'hommes résidant fréquemment, voire habituellement, à l'étranger, y ayant été contaminés et ayant contaminé leurs épouses en rentrant au pays -ce qui permet aux autorités de considérer, implicitement ou explicitement, le sida comme une "maladie importée".
Ces chiffres ne donnent cependant, très vraisemblablement, qu'une idée partielle de la présence du VIH et de la prévalence de la maladie en Algérie, en les sous-estimant. Selon le rapport de l'ONUSIDA concernant les pays du Moyen-Orient et d'Afrique du nord, ces régions compteraient 83'000 malades du sida et 550'000 séropositifs.
Le premier cas de sida officiellement reconnu en Algérie date de 1985. Les trithérapies ont été introduites dans le pays en mars 1998, mais ne sont disponibles que dans certains centres de prise en charge.
(La Tribune 4.12) le rapport 2002 sur l'état de la population mondiale que vient de publier le Fonds des Nations Unies pour la Population (FNUAP), rapport qui met l'accent sur le lien entre la pauvreté et les questions démographiques "qualitatives" (fécondité non désirée, analphabétisme, discrimination à l'encontre des femmes), fait figurer l'Algérie parmi les 49 pays "en développement" où la fécondité et la croissance démographique sont les plus élevés (alors même qu'elles sont pourtant en baisse relative). La population algérienne (31,04 millions d'habitants le 1er janvier 2002) est la plus importante du Magreh. Elle pourrait atteindre 50 millions d'habitants en 2050. Les experts du FNUAP relève l'aggravation de la pauvreté comme phénomène de masse en Algérie, avec une proportion de "pauvres" (par rapport à la population totale) d'au moins un quart (22,6 % en 1995), et au moins 5,7 % de la population vivant dans la "pauvreté extrême" (autrement dit : la misère), avec moins de 30 dinars par personne et par jour.
(L'Expression, El Watan 2.12) Des affrontements, parfois violents, ont opposé dans les premiers jours du Ramadan des étudiants, les uns islamistes et les autres accusés par les premiers de "moeurs dissolues", dans plusieurs campus et cités universitaires, y compris à Alger. Le 28 novembre, sept étudiants ont été blessés dans ces affrontements, dans la cité Bouraoui Amar de El Harrach. Ce genre d'affrontements n'oppose pas seulement des étudiants "islamistes" à des étudiants "laïcs", mais également des "islamistes" entre eux, salafistes contre djazaristes. Plusieurs quotidiens mettent en cause une organisation étudiante réputée islamiste, et proche du MSP de Mahfoud Nahnah, l'Union générale des étudiants libres (UGEL), laquelle nie toute responsabilité dans ces affrontements (et par ailleurs tout lien avec le MSP). Le directeur de la cité universitaire Bouraoui Amar met quant à lui en cause la mosquée locale.
(Le Quotidien d'Oran 23.12) Avec 4000 morts et 40'000 blessés dans 35'000 accidents en 2002, et un coût social de 35 milliards de dinars (environ 600 mios €, 800 mios FS), soit 1,4 % du PNB en 2000 le ministre des Transports, Abdelmalek Sellal estime que l'Algérie s'est hissée "sans gloire aux premières loges des pays à taux d'accidents les plus élevés au monde". Rapporté au parc automobile du pays (2,9 millions de véhicules), le bilan algérien est 13 fois plus élevé qu'aux USA, 12 fois plus qu'en Italie et 10 fois plus qu'en France. Par rapport à 1991, le bilan de 2002 est 30 % plus élevé pour le nombre d'accidents, 35 % plus élevé pour le nombre des blessés et 14 % plus élevé pour le nombre des morts.
2003
(L'Actualité 26.1) Dans son dernier rapport, l'Organisation internationale des statistiques classe l'Algérie au quatrième rang du "palmarès" des accidents de la circulation, avec une dizaine de morts par jour, et 3193 morts (et 32'806 blessés) en 2002, soit plus que le terrorisme (selon les chiffres officiels), et cela avec un parc automobile de trois millions d'unités. Les chiffres de 2002 sont pires que ceux de l'année précédente (+ 7,57 % d'accidents, + 7,51 % de morts, + 7,48 % de blessés), et en dix ans, 33'390 personnes ont été tuées et 294'009 blessées dans des accidents de la route en Algérie. L'axe le plus meurtrier en 2002 est celui de la RN5 (Alger-Sétif-Constatine), avec 1484 accidents, suivi de la RN4 (Boufarik-Chlef-Oran), avec 1027 accidents.
(AP, L'Actualité 16.2) "La situation est au rouge" à Alger en ce qui concerne la criminalité de droit commun, selon un officier de la police criminelle d'Alger cité par "Le Soir d'Algérie". Douze crimes de sang ont été enregistrés dans la capitale à décembre, et plus de 20'000 armes blanches ont été saisies dans la zone du port en trois mois. La police note une poussée sans précédent de la criminalité de droit commun, dans les villes mais aussi dans les zones rurales, et explique ce phénomène par le climat général de violence qui prévaut dans le pays depuis dix ans, mais également par la paupérisation d'une grande partie de la population, et par la disparition des anciennes structures de solidarité collective.
Ces mêmes causes pourraient être celles d'une augmentation des suicides : dans laseule wilaya de Bejaïa, en cinq jours (du 11 au 15 février), sept personnes se sont suicidées.
(AFP 6.3) 102 personnes, dont six Français, sont mortes dans le crash au décollage d'un avion d'Air-Algérie, au décollage de Tamanrasset. L'avion assurait la liaison régulière vers Alger, vis Ghardaïa. L'avion avait à son bord 97 passagers et six membres d'équipage. Une seule personne, un passager, a survécu. Selon Air-Algérie, l'accident est dû à une défaillance technique. Il s'agit du plus grave accident d'aviation en Algérie depuis l'indépendance.
(El Wtan 6.3) La Consommation de drogue en Algérie semble en hausse, si l'on en juge par l'augmentation des saisies de drogues sur le territoire algérien : en 2002, 7,252 tonnes de kif ont été saisies par la gendarmerie, la police ou les douanes, contre 6,158 tonnes en 2001. 2,148 tonnes de résine de cannabis ont été saisies par la police en 2002, contre 1,728 tonne en 2001. Ces quantités ne représenteraient que 10 % de la quantité totale de drogues entrant en Algérie. Il est cependant vraisemblable qu'une grande partie de la drogue entrant en Algérie n'y ferait que transiter, et n'y serait donc pas consommée, puisque selon un responsable de la sûreté nationale cité par "El Watan", 73,5 % des saisies de résine de cannabis concernait une marchandise en transit, et 26,5 % une marchandise destinée à la consommation locale. Les trafiquants, eux, seraient majoritairement étrangers (55,04 % de Marocains et 12,4 % de Tunisiens, pour ce qui est des personnes arrêtées par la gendarmerie. On note par ailleurs une augmentation de la consommation des médicaments psychotropes (benzodiazépines, barbituriques) et des drogues dures, même si les quantités saisies de ces dernières (héroïne, cocaïne) restent modestes (se mesurant en kilos).
(Jeune Indépendant 16.3) Selon "Le Jeune Indépendant", le président Bouteflika s'apprêterait à désigner un "Mufti d'Algérie", en la personne de Belbay Ben Alem (mais d'autres noms sont évoqués, notamment ceux de Mebrouk Benhelal ou du docteur Stambouli).
(AAI 26.3) En un peu plus de trente ans (1966-1998), l'âge moyen des femmes au premier mariage a reculé de presque dix ans, passant de 18 à 27 ans et demi, selon une enquête du Fonds des Nations Unies pour la Population. Dans le même temps, l'âge moyen des hommes au premier mariage reculait de plus de 7 ans (de 24 à 31 ans en demi), et l'écart d'âge entre les époux se réduisait de deux ans, passant de six à quatre ans. Pour le FNUAP, les raisons du recul de l'âge au mariage sont liées à l'allongement de la durée des études, à la scolarisation des filles, et aux difficultés matérielles, notamment aux difficultés de logement.
(El Khabar 27.4) L'Algérie a enregistré 571 cas de malades du Sida et 1317 de personnes séropositives, selon un bilan arrêté fin 2002. Pour l'année 2002, 44 nouveaux cas de Sida déclaré ont été enregistrés, dont 9 dans la wilaya de Tamanrasset.
(L'Actualité 4.5) Selon le ministre du Travail et de la sécurité sociale, Tayeb Louh, 80 % de la population algérienne bénéficie de la prise en charge des services médicaux de base (ce qui laisse tout de même un-e Algérien-ne sur cinq sans couverture sociale). Parmi la part de la population qui bénéficie d'une assurance sociale, on dénombre 1,4 million de retraités, et 4,5 millions d'enfants donnant droit à des allocations familiales. Le système algérien de sécurité sociale assure (pour ceux qui en bénéficie) la couverture intégrale des frais médicaux essentiels. Il est cependant en crise financière, du fait de la dégradation du rapport entre actifs cotisants et inactifs, dégradation due à la poussée du chômage et au développement du travail au noir et du travail clandestin.
(APS 11.5) La délinquance juvénile a connu une hausse importante ces cinq dernières années, selon les statistiques officielles, constate un projet de rapport soumis au Conseil national économique et social. Le rapport signale une augmentation de 27 % des délits et crimes imputés à des mineurs dans les deux dernières années, le total des mineurs délinquants et criminels s'élevant à 47'700 entre 1998 et 2002. 57 % de ces jeunes impliqués dans des crimes, des agressions ou des affaires de moeurs sont âgés de 16 à 18 ans, 33,7 % de 13 à 16 ans, 8 % de moins de 13 ans. Les régions de l'est (wilayas de Batna, Khenchela et Constantine) seraient les plus touchées (avec 5535 cas en 2002), devant celles de l'ouest (Oran, Sidi Bel Abbès, Tlemcen, avec 2954 cas) et Alger (2231 cas). 11,7 % des mineurs concernés ont été incarcérés, 6 % pris en charge dans des centres spécialisés, 73 % ont été remis en liberté provisoire, ou relaxés.
(El Watan 21.5) Selon le ministre du Travail et de la Sécurité Sociale, Tayeb Louh, qui a annoncé une augmentation des pensions pour les plus bas revenus (125'000 retraités, dont 25'000 anciens combattants), jusqu'à atteindre "au moins 75 % du SMIG", le nombre des retraités serait en Algérie de plus d'un million quatre cent mille personnes (soit environ 4,5 % de la population totale du pays), dont 700'000 bénéficiaires directs des retraites.
(L'Actualité, El Watan 28.6) "D'année en année, le nombre de toxicomanes augmente en Algérie", constate à l'occasion de la journée mondiale de lutte contre la toxicomanie, le 26 juin, le président de la Fondation nationale pour la promotion de la santé et le développement de la recherche (FOREM), le docteur Khiati. En 2001, une enquête indiquait que 30 % des lycéens de l'Algérois consommaient, à des degrés divers, de la drogue, dans un cas sur deux à l'intérieur des établissements scolaires. Selon le Dr Khiati, la tranche d'âge de la population algérienne la plus exposée à la toxicomanie est celle des 16-28 ans. Selon la ministre déléguée à la Famille, Boutheïna Cheriet, 12'000 enfants sont concernés par l'usage des drogues en Algérie, où l'usage de la drogue "touche de large couches de la société" et une population dont "l'âge se situe entre 11 et 35 ans".
Un office national de lutte contre la drogue et la toxicomanie a été installé en novembre 2002, dirigé par Belgacem Boukhari.
(AP 9.7 / El Ribat 13.7) Se fondant sur l'analyse de la situation dans des secteurs clefs (la santé, l'emploi, la situation des enfants, l'environnement), le plan cadre 2002-2006 des Nations Unies pour la coopération au développement (UNDAF) adresse un bilan très négatif de la situation en Algérie. Le rapport de l'UNDAF évoque une crise multiforme ayant pour effet une évolution négative des indices de pauvreté qui pendant les deux premières décennies de l'indépendance avaient évolué "continuellement de façon positive". On assiste aujourd'hui en Algérie à une "aggravation de la situation de certaines couches de la population". Le rapport énumère les manifestations de la dégradation de la situation : deux fois plus de pauvreté dans les campagnes que dans les villes, élargissement des écarts de revenus, "érosion de la classe moyenne", augmentation de la malnutrition des enfants, des maladies liées à l'environnement et au mode de vie, retour de l'illétrisme et de l'analphabétisme (7,5 millions d'analphabètes, soit un quart de la population), augmentation de la "déperdition scolaire" (500'000 élèves sortent du circuit scolaire chaque année), dégradation de la situation environnementale (pollution de l'eau et de l'air, accumulation des déchets toxiques industriels, prolifération des décharges et dépotoirs non contrôlés). L'UNDAF propose un plan cadre portant sur quatre objectifs stratégiques : renforcement des ressources humaines, appui aux réformes, préservation de l'environnement et des ressources naturelles, réduction de la pauvreté.
Le rapport de l'UNDAF fait suite au rapport mondial annuel sur le développement humain, du Programme des Nations Unies pour le développement, qui place l'Algérie au 107ème rang des 175 pays examinés, en fonction de l'indice de développement humain basé sur les données concernant notamment l'espérance de vie, l'alphabétisation, le revenu réel. On estime que six millions d'Algériens, soit un cinquième de la population, vivent avec l'équivalent de moins d'un dollar de revenu journalier.
(AFP 22.9) Pour la seule journée du 21 septembre, la presse fait état de quatre suicides dans différentes villes, confirmant ainsi une tendance "lourde" depuis plusieurs mois, tendance dont on ne sait cependant si elle correspond à une augmentation du nombre des suicides ou à la levée d'un tabou social. Les rares études faites à partir des indications données par la police ou les hôpitaux signalent qu'une forte proportion des suicidants sont des jeunes de 15 à 30 ans. Pour ce qui est des femmes, le suicide semble souvent la conséquence de mariages forcés, de grossesses non désirées, de problèmes sentimentaux, alors que pour les hommes, l'hypothèse la plus répandue est que le suicide serait la conséquence de la situation économique et sociale (chômage, absence de perspectives, pauvreté).
(Le Jeune Indépendant 29.9) Selon une enquête menée par le ministère de l'Emploi et de la Solidarité nationale, seule une minorité de victimes de la violence familiale, et en particulier de celle contre les femmes, déposent plainte contre leur agresseur -lequel reconnaît encore plus minoritairement ses actes. Ainsi, 74 % des femmes battues ne déposent pas plainte cont